Dans le sillon du disque noir de ma mémoire, une valse triste enivre mes pensées.
Les carreaux de la chambre, striés de gouttes de pluie, laissent entrevoir l'été qui achève sa vie.
Gris, le ciel se traîne en brume rasant la cime des arbres. un frisson parcourt l'échine de la saison estivale.
La brume s'évapore, les nuages se dissipent et, dans un ultime effort un dernier jour d'été charme la campagne, avant de se fondre dans l'automne et de mourir dans un rougeoiement crépusculaire.
L'été ne reviendra plus; dans un album des photographies étalent le souvenir des étés disparus.
Vevey, le 1er août 1914, une belle nuit soirée d'été où flotte l'odeur des glycines juste avant le grand égorgement.
Berlin, un dimanche d'été 1929 pique-nique dans les environs de la ville.
Arrivée dans la port de Dubrovnik un jour de semaine en août 1968.
Anthéor, villa Si-Ma-Y, le phare de St-Tropez au loin, la brise dans le feuillage des eucalyptus, une soirée de fin juin 1976.
Dans le sillon du disque noir de ma ménoire, une valse triste enivre mes pensées.
Les carreaux de la chambre, séchés par le soleil laissent entrevoir la fin de l'été.
une main invisible et ennemie tend un miroir où le reflet de l'automne imprime sa mélancolie à la vie.

Fin d'été 2004