Il est est presque dix heures du soir, la température plonge sous la barre du zéro degré. Il faut organiser un rapatriement nocturne du gardénia. Descente au pas de course de la colline, trajet en tram et en bus dans la nuit glaciale, arrivée aux portes de la forêt noyée dans le brouillard où, armé d'une lampe de poche le sauveteur brasse les feuilles mortes.
Le faisceau de la lampe fouille le tapis végétal à la recherche du sentier. Une ombre, masse noire, détale, un chat contrarié dans sa chasse nocturne. Le rond de lumière rencontre le chemin qui a été dégagé des cadavres de feuilles!
Le gardénia installé dans son pot trône au milieu des hellébores Niger. Les feuilles fragiles de la plante sont pailletées de givre.
Prestement l'élégant arbuste est placé dans un sac et emporté dans la nuit, hors du gel.
Installé dans l'entrée Jugendstil de la maison des delphiniums le gardénia, sauvé des rigueurs de l'hiver naissant, narre ses aventures à deux camélias compagnons d'infortune.