la vie devant soi

Sur le lit de la chambre d'amis située au 1er étage de la Maison des delphiniums un roman est posé sur l'oreiller, "La vie devant soi" d'Emile Ajar. Il s'agit d'une édition de 1975 à l'époque du Prix Goncourt, avant que le nom de Romain Gary ne reprenne place sur la page titre.
Quelqu’un relit l'histoire de Madame Rosa et de Momo. Les pages ont un peu jaunies, le temps a bouffé le papier qui avec constance se désagrège.
Dehors, une averse de neige blanchit le jardin et le décor. La maison est silencieuse. Dans la cuisine du 2e, la vaisselle entassée dans un lave-vaisselle est ripolinée dans un ronron de félin. Du salon télé s'échappent des bouts de dialogue d'une dramatique, les coccinelles ont disparu, dans la salle de bain du 1er l'eau du lavabo goutte en rythmant les secondes.
Le fantôme de Flora passe dans la cage d'escalier, les marches en chêne massif craquent et la robe en mousseline fait un léger courant d'air.