Pour échapper au brouillard, la peuf comme on dit parfois dans nos régions, il a fallu courir pour ne pas manquer le tram, folle course dans la pente de la colline qui abrite la Maison des delphiniums jusqu’à l’arrêt du tram 9.
Assis à l’arrière du serpent d’acier, soit on regarde défiler le décor soit on allume l’écran numérique de sa tablette et on vit dans la virtualité. Une voix synthétique égrène les arrêts : Wander, Sulgenau, Monbijou, Bahnhof…
Le train pour Brig départ 10H07 est rempli de retraités, poumons de l’économie touristique suisse ! Par un tube percé sous les Alpes, le train nous dépose au soleil.
A Brig, pour échapper à la foule qui se presse sur le quai de la compagnie du Matterhorn Gotthard Bahn, on saute dans une Smart et départ pour la vallée de Conches, en allemand : Goms. La neige est abondante. En décembre une neige record a enseveli les maisons. Les charpentes ploient sous le poids des flocons. La petite voiture semble naine en passant entre les montagnes de neige.
A Münster, il faut chausser les lunettes de soleil pour partir en balade. Le reflet du soleil est éblouissant. Un chemin pour les piétons permet d’atteindre l’extrémité de la vallée. Parfois il se confond avec la piste de ski de fond. Un lointain cousinage avec la vallée des Belleville en Savoie semble pertinent. C’est le baroque des églises qui lie les deux vallées.
Les fous de lumière, nus un peu décharnés attendent une saison plus douce pour retrouver leurs aiguilles.
Petit en-cas à Ulrichen, village qui a reçu le plus de neige, avant de rebrousser chemin et de faire crisser la neige sur le chemin du retour.
Gavés de lumière, il est temps de regagner la peuf par le trou de souris sous les Alpes.