18H00, Ostring. Dans la belle lumière du soir, le carrousel des voitures tourne dans le gigantesque giratoire urbain sur un air d'accordéon. Debout, devant l'entrée du centre commercial construit sous l'autoroute, qui à cet endroit de la ville fédérale se fraie un passage entre les maisons, un accordéoniste égrène des mélodies, une mélodie, un extrait de mélodie, un fragment qui se répète à l’infini. Une petite sébile posée sur la valise qui une fois le concert achevé permettra à l’instrument de se reposer, attend les pièces de monnaie. L’autoroute crache des flots de voitures, avec parfois un camion, d’un côté et absorbe d’autres flots de chariotes d’un autre. Au loin un bus orange de la compagnie RBS approche de l’arrêt planté à deux pas de l’accordéoniste. Ce bus permettra de quitter le monde bruyant des voitures en regardant un « Harleytiste » comme crucifié au guidon de sa Harley, guidon perché haut dans le ciel, qui rejoint la cohue qui roule au ralenti sur le ruban de béton en direction de Thoune...
Un peu plus loin, on entend les oiseaux chanter.