cuitvapeur

Le cuit-vapeur
Le soleil s'extirpa des limbes, dès l'aube, et consentit à éclairer cette journée de "Fin des temps". Les arbres nus, immobiles et muets, attendent une douillette couverture neigeuse, voile pudique; les courants d'air ne font plus frissonner les feuillages disparus.
Phébus réchauffe les journées de cette semaine, historiquement frileuses. 
Sur des postes à galène, dans le grésillement des ondes, l'oreille attentive perçoit les agitations du monde. Et les agitations sont violentes, convulsives, des idéologies contradictoires s'entretuent là-bas. Dans l'espace, imperméable à ces agitations terrestre, l'astéroïde C1400065XB5 chemine dans la froideur du néant. A une vitesse folle, elle fonce droit devant elle. Personne ou presque ne connaît son secret. La trajectoire de cet immense caillou, issu de la cuisse de Jupiter, passe juste dans l'axe de l'orange bleue... Tel un vagabond, remuant de son bâton une fourmilière, l'astéroïde C1400065XB5 remuera nos vanités et mettra un terme à nos vaines querelles...
En fin de journée, l'astre du jour, dans un ciel limpide, se coucha en grande pompe. La nuit étendit ses tentacules sombres sur la ville verte. Dans la cuisine de l'appartement aux papillons, un cuit-vapeur, installé sur la gazinière, souffle, sue et embue un choix de légumes qui accompagneront un dîner de la mer. Celle que l'on voit danser au long des golfes clairs.
Un à un, les avions regagnent leur port d'attache à Belp en passant au-dessus de la cuisine.
Dans la nuit de novembre, armé d'une lunette astronomique, on distingue un minuscule point lumineux qui grossit...