Samedi soir, la cuisine de l'appartement des papillons tourne au ralenti. Le display de la gazinière indique 23H15. Un petit transistor diffuse le prélude de l'acte 1 de "Parsifal". Cette musique envoûtante plonge les auditeurs dans le spleen du samedi soir. On n'est pas couché...
Samedi soir, des boissons à base de coca moussent dans de grands verres. Des élégantes fument des cigarettes vissées au bout de longs porte-cigarettes en conversant avec des magnats du pétrole déguisés en pingouin.
La musique de Wagner, flotte comme un parfum No5 dans l'air irrespirable de "Beijing". Un bar à la mode où flotte une odeur de sardines grillées et de Gauloises bleues. Sur le paquet, c'est écrit: Fumer tue!
Un panneau lumineux clignote soudain, indiquant: APPLAUDISSEZ. Le public se lève et applaudit avec ferveur un clône de Maria. La diva salue et entame un bis. Elle chante un extrait de Parsifal. Le public baille. Les corneilles croassent. Les chats du quartier ne sont toujours pas rentrés du ski.
Samedi soir, un bus passe. La pizzeria d'en face est déserte. Le néon ne va pas tarder de s'éteindre. Le patron compte la recette du jour. Deux francs cinquante et un bouton. Les affaires vont mal. Il ferme boutique et met la clef sous le paillasson. 
Sur les réseau dit sociaux, c'est la foire d'empoigne à coup de mot dièse. #jesuispartout!!!
Les émissions de la télévision se terminent et la mire est lancée..

                                                                                mire

 

Wagner - 'Parsifal' - Act I Prelude (Georg Solti)