MERCREDI, 27 SEPTEMBRE
Prétextant quelques courses à faire, balade à Köniz, la frontière entre la Ville fédérale et la riche cité bâtie au pied du Gurten passe derrière la maison. La lumière du soir est sublime. Il fait doux. On sent que c'est les vacances. La circulation est moindre et il y a peu de monde dans les magasins. Cette balade dans la douceur d'un mardi de fin septembre est aussi le prétexte de faire un égoportrait  au coeur bleu. Il me semble que la perche à égoportrait est passée de mode. Les touristes chinois, eux, en sont encore très friands. J'avais oublié de noter cet accessoire sur ma liste de cadeaux de Pâques , si bien que cet objet de tous les désirs m'échappe totalement. Plus crûment, on la désigne sous le sobriquet de perche à selfie. 
Dans le centre de Köniz, il y a un magasin turc. On y trouve des fruits et légumes pas chers. Des dattes fraîches, des grenades d'Espagne, des figues d'Italie, des pastèques énormes, des pommelons géants et des scoubidous, bidous, bidous...
Les clients de ce havre méditerranéen sont des quatres coins du monde.  On y entend toutes les langues, mais la drague se fait en dialecte bernois, avec de répliques cultes. Le caissier turc lance à une habituée thaïlandaise, "Vous êtes tout en beauté cette après-midi. Vous êtes plus belle que ma femme!"
Pendant ce temps, jeunesse se passe,sur l'immense terrain de verdure, baigné d'un étang où nénuphars et canards font bon ménage, espace vert sauvé de justesse des griffes des promoteurs et aménagé de façon ludique.
Chargé de paquets, il est temps de rentrer.