Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style.Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)
Juillet 56 Ladies home journal Harry Anderson

Une illustration d'Harry Anderson


La voiture freina brusquement. Le chemin devenait une collection d'ornières impossible à franchir. Trois enfants sortirent de l'arrière de la vieille guimbarde , un couple de l'avant. Le père saisi la cadette et la porta.  Elle était habillée d 'une veste jaune, un fichu à carreaux multicolores cachait ses cheveux blonds. Elle hurlait de frayeur. L'aîné des garçons avait mis une main sur l'épaule de son frère comme pour le protéger.  La mère, vêtue d'un manteau bleu s'accrochait à sa fille. La famille regardait devant eux avec angoisse.  Seul le cadet faisait une moue dubitative. Il pensait aux parties de baby-foot qu'il allait manquer.

Soudain une voix puissante hurla "coupez, c'est très mauvais, on recommence". Cette voix furieuse sortait d'un petit gros bonhomme assis sur un pliant. Sur le dossier en toile on pouvait lire AH.
La famille repris place dans la voiture, un assistant cria: "Les oiseaux, scène 104, plan 18, 21e prise, moteur"...
Cette scène, coupée au montage, a été évoquée une fois, par François Truffaut, grand spécialiste de Hitchcock. Il ne subsiste qu'une illustration faite par Harry Anderson.