15 décembre 2017

Veillée


Gustave Courbet Nature morte aux fruits : pommes et grenades en 1871 huile sur toile H. 0.22 ; L. 0.27 musée d'Orsay, Paris, France
 
LES GRENADES

Dures grenades entr’ouvertes
Cédant à l’excès de vos grains,
Je crois voir des fronts souverains
Éclatés de leurs découvertes !

Si les soleils par vous subis,
Ô grenades entre-bâillées,
Vous ont fait d’orgueil travaillées
Craquer les cloisons de rubis,

Et que l’or sec de l’écorce
À la demande d’une force
Crève en gemmes rouges de jus,

Cette lumineuse rupture
Fait rêver une âme que j’eus
De sa secrète architecture.

Extrait de "Charmes"

Paul VALÉRY (1871 - 1945)

Paul Valéry est un écrivain, poète et philosophe français, né à Sète (Hérault) le 30 octobre 1871 et mort à Paris le 20 juillet 1945. (Wikipédia)

Antonín Leopold Dvořák est un compositeur tchèque, né le 8 septembre 1841 à Nelahozeves à 30 kilomètres au nord de Prague en Bohême (actuelle République tchèque), et mort à Prague le 1er mai 1904. Son prénom est parfois orthographié en français « Anton » dans une forme germanisée. Il est l'auteur de la Symphonie du Nouveau Monde. (Wikipédia)

Camille Saint-Saëns, né à Paris le 9 octobre 1835 et mort à Alger le 16 décembre 1921, est un pianiste, organiste et compositeur français de l'époque post-romantique. (Wikipédia)

Antonin Dvorak - Concerto pour piano, Op. 33 (1875)

 Concerto pour piano, Op. 33 (1875)

I. Allegro agitato
II. Andante sostenuto
III. Allegro con fuoco

Rudolf Firkušný, piano et le Saint Louis Symphony Orchestra 
Direction, Walter Susskind


Théodore Auguste RIBOT, Nature morte à la grenade, XIXe siècle, huile sur toile, 45,5 x 55,5 cm. Musée des Beau-Arts, Arras

Saint-Saëns: Concerto pour piano No.5 - Thibaudet / Concertgebouw Orchestra - Live Concert HD

Camille Saint-Saens: Pianoconcert nr. 5 in F gr.t., opus 103, 'Het Egyptische'
Koninklijk Concertgebouworkest o.l.v. Andris Nelsons
Jean-Yves Thibaudet, piano

Opgenomen 16 november 2011, Concertgebouw Amsterdam

Posté par jeanjacques1957 à 23:26 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , ,


14 décembre 2017

Paris - Épilogue 3 - Florilège de photographies

Quelques instantanés de mon voyage à Paris (du 4 au 9 décembre 2017)
Canal Saint Martin - Le Sacré Coeur - Un temple protestant - Un explorateur - Salut à la fin de "La Clémence de Titus" à l'opéra Garnier - Dans les rues de Paris - Les toits - Jardin du Luxembourg - Le Louvre - Place de la Concorde, l'hommage à Johnny, samedi 9 décembre - Boulevard des Invalides, immeuble des années 1920

Posté par jeanjacques1957 à 22:15 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :

13 décembre 2017

Fruits de saison

    

Noix de Grenoble AOC
Pommes, variété "Orange suisse"
Pommes cloches
Figue de barbarie
Clémentines
Grenade

Posté par jeanjacques1957 à 22:15 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

12 décembre 2017

Paris - Épilogue 2 - Lumières à Paris

     

 

 

 

 

 

Quelques décorations de Noël prisent sur le vif, au cours de mon séjour à Paris, la semaine passée.

Posté par jeanjacques1957 à 22:15 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,

11 décembre 2017

La vérité

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)
Joseph Lorusso

 

Jeu - devoir à consigne N°5 - Témoignages croisés.

Sur ce tableau à trois personnages, donnez la version de chacun sur la scène.


"Ce soir, il ne faut pas que j'oublie mon accessoire. Hier, j'ai eu 5 francs d'amende. Il manquait le verre et la bouteille sur la table du banquet. Ce benêt de de Georges aurait pu me dire que j'avais oublié la vinasse. Il n'a de yeux que pour sa nouvelle copine. A chaque production, il trouve une nouvelle copine. Bon dans cinq minutes on est sur scène. Cette Bohème dans une station spatiale ça me gonfle. En plus les spectateurs sifflent au lever de rideau après l'entracte. Bonjour l'ambiance"

" Elle ne peut pas s'empêcher de boire. C'est une poivrote. Le vin la rend chiante. Elle nous raconte sa vie, ça assomme ma copine Lola. On la connaît par coeur sa vie. Elle nous saoule. En plus elle boit de la piquette. Jamais elle ne nous a offert un verre. On va pas tarder à se casser. Lola on se tire, je n'en peux plus."

"Maman veut qu'on passe les vacances en Grèce. Pour nous convaincre, elle a ouvert une bouteille de vin grec. Moi je veux aller à L.A. J'essaye de convaincre mon petit papa. Il dit que c'est trop cher L.A. Allez papa, dit oui. Je boude jusqu'à ce que maman dise oui pour les States. Ils ne sont pas drôles les parents de notre époque. Ils ne comprennent rien à rien."

QUI DIT LA VÉRITÉ?


Posté par jeanjacques1957 à 20:22 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags :


10 décembre 2017

2e dimanche de l'Avent

Ce matin, fortes chutes de neige sur la Ville fédérale. La pluie à ensuite pris place, pendant une pause, à la piscine d'Interlaken. Au fil de l'après-midi, la pluie est devenue plus forte. Ce soir, c'est le déluge. Le décor de neige part en miette.
En ce 2e dimanche de l'Avent, les magasins de la capitale étaient ouverts. Il en sera de même dimanche prochain.
Depuis quelques années, un opticien, situé près de la gare, transforme ses vitrines en village miniature avec neige. J'aime rêver devant cette vitrine. Ci-dessus, quelques scènes de cette merveille.
Le retour aux réalités helvétiques est un peu rude après une vie parisienne passionnante.

Posté par jeanjacques1957 à 22:15 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , ,

09 décembre 2017

Nuit 16/16 - Paris - Épilogue

Rue Monge, Place Monge, Rue Ortolan, Rue du Pot de fer, Rue Rataud, Rue Erasme, Rue Louis Thuillier, Rue Gay Lussac, traversée du Jardin du Luxembourg, Rue Guynemer, Rue Bonaparte, (Place Saint Sulpice, Place du Canada, Place Saint Germain des Prés), Quai Malaquais, Quai Anatol France, Pont de la Concorde, Place de la Concorde, Pont de la Concorde, Quai d'Orsay, Rue E. Pelterie, Rue de Constantine, Boulevard des Invalides, Boulevard du Montparnasse, Rue Oudinot, Rue Vaneau, Rue de Sèvres, Rue Bomain, Rue du Cherche Midi, Boulevard du Parnasse, Place du 18 juin 1940, Boulevard Port Royal, Avenue des Gobelins, Rue Monge, Rue de l'Arbalète, Rue Claude Bernard, Rue Gay Lussac, Boulevard Saint Michel, RER B Luxembourg

Les critiques qui donnaient six mois de vie artistique à ces chanteurs "yé yé" à la mode au début des années 1960, seraient très surpris d'apprendre que 50 ans plus tard l'un d'eux bloquerait Paris, où des milliers de personnes se rassembleraient, pour son enterrement. Aimé ou détesté, tout le monde le connait, Il s'appelle Johnny.

La pièce d'eau centrale du jardin du Luxembourg a été vidée pour l'hiver. Les mouettes, les pieds au sec, protestent. Les flaques d'eau, dans les allées du parc sont de petites patinoires. Il fait froid ce matin à Paris. Le soleil est revenu. Ie ciel est bleu, avec un bout de lune blanchissant.

La Place Saint Sulpice, sous le soleil, avec ses arbres presque nus, me plonge dans une ambiance majorquine en hiver.

Café et croissant pris en face de l'Église Saint Germain des Prés.
Il est 11:00

Place de la Concorde, samedi 9 décembre 2017, 12:30
Un événement extraordinaire a lieu. Un événement qui laisse perplexe les journalistes étranger. Cela ne c'est jamais produit et ne se produira plus. Des milliers de fans sont venues rendre un dernier hommage à leur chanteur, une icône française. Une grande photographie est accrochée à la grande roue, on y lit "Johnny au revoir".

Sur le Boulevard du Montparnasse passe une manif qui bloque le secteur. C'est une manifestation pour la paix au Pays Basque.

A l'angle de la rue Vaneau et de la rue de Sèvres, une boutique d'habits a remplacé, depuis longtemps, l'hôtel Vaneau. La station de métro est à un pas. Je descendais dans cette hôtel fin des années 1970, début des années 1980. C'est le réceptionniste qui m'avait annoncé un jour d'octobre, en fin d'après-midi, quand je rentrais à l'hôtel que le président Egyptien Anouar el-Sadate venait d'être assasiné.

Boulevard Port Royal, un marché est en train de fermer. Les cageots d'invendus sont chargés sur des camions. J'ai vu des paniers remplis d'huîtres. Je n'ai pas de couteau à huîtres sur moi...

Devant le Jardin du Luxembourg, perdue au milieu des travaux, il semble que la chaussée soit en réparation, à l'extrémité de la Rue Gay Lussac, une bouche de RER B m'a aspiré méchamment. Je résiste puis je lâche prise et je me retrouve assis, manu militari, dans un train, qui, à partir de la Gare du Nord, sera direct, il se dirige vers d'autres aventures. Paris s'estompe. Dans le ciel, un point lumineux, un vaisseau spatial* en perdition qui cherche une planète d'accueil. Mimi...
Le rideau tombe.

*Voir entrée d'avant hier

Posté par jeanjacques1957 à 23:03 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , ,

08 décembre 2017

Nuit 15/16 - Paris 5/5 Buona sera

Rue Oberkampf, boulevard de Ménilmontant, rue de la Roquette, Place du Père Chaillet, avenue Ledru Rollin, Pont d'Austerlitz, Place Valhubert, L'Allée principale du Jardin des Plantes, rue Dubenton, rue Monge, rue de Mirbel, rue Mouffetard, Place de la Contrescarpe, rue Descartes, rue Clovis, rue du Cardinal Lemoine, tue Tournefort, rue de l'Arbalète, rue Mouffetard, avenue des Gobelins, boulevard Saint Marcel, rue Poliveau, rue du Fer à Moulin, rue de la Clef, rue Monge

Les mausolées du Cimetière du Père Lachaise forment une ville silencieuse, sans habitants, morte. Rien ne perturbe ce monde figé pour l'éternité, ni les touristes, ni les visiteurs, une rose à la main, ni les familles en deuil, encore moins la pluie.

Une classe et ses accompagnants traverse l'Avenue Ledru Rollin à l'intersection avec la rue de Bercy. Les élèves doivent avoir une dizaine d'années. Dans 50 ans, ils auront mon âge, j'en aurai 110 et je déambulerai dans Paname, avec mon déambulateur dernier cri. Je serai dans la Ville Lumière pour fêter les 100 ans (à quelques mois près) de ma première visite à Paris (oct. 68). C'est jouable!

En marchant dans l'allée principale du jardin des plantes, un vent froid soufflait. J 'ai soudain eu la nostalgie de Vienne. Le vent parisien était devenu ce vent pannonien, qui balaye les plaine de l 'Est et qui glace Vienne. Le musée d'histoire naturel a une ressemblance avec le Belvédère. J'ai failli me retourner pour voir Vienne, en arrivant près du bâtiment. Je pensais au Café Central. J'aurai commandé un café mélange et je me serai plongé dans la lecture de la presse.

La rue Mouffetard grouille d'activité. Dans le bas de la rue, poissonniers, bouchers, restaurants, dans le haut, boutiques et restaurant. Au début du siècle passé et surement avant, il y avait un marché rue Mouffetard.

Au 39 de la rue Descartes, mourut Verlaine le 8 janvier 1896 et Hemingway vécu dans cet immeuble de 1921 à 1925. "Paris est une fête"
Au 37 de la même rue, l'écrivain japonais Kunio Tsuji a vécu de 1980 à 1999 signal une plaque. Je ne trouve nulle part de traces de cette vie à Paris pour cet écrivain. En revanche, il a vécu à Paris de 1957 à 1960...
Le cabaret Le Cheval d'or, dédié à la chanson française et à l 'expression artistique, occupait, de 1955 à 1969, le 33 de la rue Descartes

Sur le Boulevard Saint Marcel, presque au milieu de sa longueur, presque au milieu du boulevard, un pucelle tient un étendard. Jeanne...

15:42, il neige! Enfin, une pluie mêlée...

Le théâtre des Champs Élysées fut inauguré en 1913. C'est un beau théâtre avec de vrai fauteuils au parterre et à la 1ère galerie. Une architecture et un mobilier assez sécession viennoise. Il est situé dans l'élégante et onéreuse avenue Montaigne. La Tour Eiffel, éclairée sur la moitié de ses faces, économies oblige, trône non loin de là. A son sommet, un phare tourne. C'est pour signaler sa présence si un vaisseau spatial en perdition passait par-là. Mimi...*
19:30, le chef lève sa baguette et "Le barbier de Séville" démarre. On est aspiré par le système Rossini. La musique monte lentement puis explose dans un tourbillon qui emporte tout sur son passage. Les chanteurs sont de bonne qualité, le décor surprenant, nous emmène au coeur de la partition. On rit beaucoup. Soirée réussie.
Retour à la rue Monge avec des notes de musique plein la tête...
buona sera, etc...

*Voir entrée de hier

Posté par jeanjacques1957 à 23:42 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , ,

07 décembre 2017

Nuit 14/16 - Paris 4/5 La vie de bohème

Jeudi 7 décembre 2017

Il pleut sur Paris. Les parapluies courent dans les rues.
C'est une journée à boire des cafés Place de la Bastille.
Le ciel est bas, le vent court pour rattraper les parapluies.
"L'étrange bibliothèque" d'Haruki Muraki est posé sur la table, à côté d'un dessert.
Dehors, la nuit est tombée, la place bouillonne.
Des voitures, feux bleus tournant sur le toit, essayent, toutes sirènes allumées, de se frayer un passage dans un embrouillamini de voitures, de scooter et de bus.
Il est temps de gagner le paquebot "Opéra Bastille", amarré à la place éponyme. L'intérieur ressemble à un aéroport. 4e étage, porte 9.
Mimi va mourir pour la 197e fois sur les planches de l'Opéra national de Paris et la 3e fois dans cette mise en scène.
L'immense volume de la salle est plongé dans le noir, il est 19:30. La fosse est éclairée. Manuel López-Gómez, le chef vénézuélien, prend place, sous les applaudissements du public. Le rideau se lève. C'est normal pour un opéra de Puccini. Il n'y a pas d'ouverture, quelques mesures et l'action démarre. Nous sommes dans un vaisseau spatial, un décor qui rappelle le film "2001 l'odyssée de l'espace". Ce soir, rien ne va comme prévu. Des bruits bizarres se font entendre. La fosse est plongée dans le noir. Un message s'inscrit
sur sur un tableau. Le vaisseau à une panne irréparable et dérive dans l'espace. Nourriture, eau et oxygène sont presque épuisés. La lumière revient dans la fosse et le chef lance l'orchestre.
Ce qui me frappe dès les premières notes, c'est la puissance de l'orchestre qui couvre bien trop souvent les voix.
Au début du 2e tableau, la situation à bord du vaisseau est de plus en plus critique. Le tableau s'achève dans une fête hallucinante.
A l'entracte j'interroge mes voisins pour connaitre leur impression au sujet de l'orchestre. Comme moi, ils trouve que l'équilibre entre l'orchestre et les voix n'est pas toujours satisfaisant.
Le public à d'autres griefs. Après l'entracte, quand le rideau se lève sur une planète désolée, glaciale, balayée par vent et neige, le vaisseau ayant du atterrir en urgence, il y a des huées du public, des sifflets, des invectives, une voix puissante dit son dégoût, c'est le chaos, pendant quelques instants, à l'Opéra Bastille. Des "chut" et "silence" sont criés par les partisans de cette production. Le calme revenu, la suite du drame reprend.
Malgré la puissance souvent trop forte de l'orchestre, il y a tout de mêmes de belles envolées puccinienne, quand l'orchestre et la voix sont en fusion et que j'ai la chair de poule. Fugace mais extraordinaire.
Rodolfo, désespéré hurle "Mimi". Le rideau tombe, Mimi est morte.
Triomphe musical, quelques sifflets pour la voie choisie sur le plan artistique.
Retour à la rue Oberkamf à pied. Le métro de la ligne 5 est bloquée jusqu'à 22:30. Un colis suspect en est la cause.
A travers un voile de nuage, la lune fait un clin d'oeil. Un point lumineux est également visible, dans ce ciel nuageux, un vaisseau spatial en perdition. Mimi...

Posté par jeanjacques1957 à 22:44 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , , ,

06 décembre 2017

Nuit 13/16 - Paris 3/5 “Picasso 1932, année érotique”

Paris, mercredi 6 décembre 2017

C'est la Saint Nicolas. Gamins, nous mettions nos chaussures derrière la porte le 5 au soir et le 6 décembre, au réveil, nous trouvions des friandises, déposées par le Saint Nicolas, dans nos pantoufles...

Tôt, j'ai branché la France Inter. C'était vers 07:30, il parlait de Johnny, j'ai tout de suite compris. J'ai vu Johnny deux fois sur scène, à Genève en 1977 et 79.

Vers les onze heures je suis parti à l'aventure dans Paname.
Rue Oberkampf, Boulevard des Filles du Calvaire, rue Saint Claude, rue de Turenne, rue des Francs Bourgeois, Place des Vosges, rue de Bearn, rue Saint Gilles, rue Royal, rue de Thorigny, rue de La Perle, rue Vieille du Temple, et retour à la rue Oberkampf.
Le projet était de passer sur l'autre rive. Et puis j'ai été happé par la musée Picasso. Avant le musée, j'ai musardé Place des Vosges...

“Picasso 1932, année érotique”

En entrant dans le musée, je pensais, en ressortir une grande heure plus tard. Le billet indiquait 12:30, il était 16:00 quand je suis sorti, heureux, totalement conquis. Si je n'avais pas eu un horaire à tenir, je serai resté jusqu'à la fermeture.

Notes que j'ai prisent pendant la visite. Elle sont extraites de mon carnet de moleskine noir. Brut de décofrage:
[l'expo est sous forme d'un éphéméride de 1932. Toutes les oeuvres présentées sont de 1932. Je ne suis ni peintre, ni connaisseur des techniques, ni spécialiste de Picasso, juste un visiteur qui aime rêver en regardant des tableaux]

"L'oeuvre qu'on fait est une façon de tenir son journal"
Pablo Picasso 1932

Janvier

"La jeune fille à la mandoline"
Chaise avec dossier rectangulaire rouge, bordé de points jaunes

"La ceinture jaune" (Marie-Thérèse Walther)
Dossier de chaise rectangle rouge points jaunes
Quelle fut la réaction de Marie-Thérèse, maitresse du peintre, en voyant son portrait décomposé?

Peut-on rêver au milieu des oeuvres peintes par Picasso en 1932?

Les sièges des fauteuils ou des chaises sur lesquels sont assises des femmes déstructurées sont rouges parfois piqués de points jaunes

"Nature morte à la fenêtre", me plait. Le moule d'une tête de femme est placé sur un rectangle de bois. Trois fruits sur une assiette, peut-être des pommes. Un vase qui contient des feuilles de trèfle, un napperon, la fenêtre.
Le brun du rectangle de bois, un brun clair-foncé répond au vert sombre des trèfles. Ce bouquet aux feuilles éparses attire l'oeil. La tête de la femme est crayeuse, les traits qui dessinent son visage, sont noirs et minimalistes. Les fruits sont rouges et verts. Un rouge sombre, un vert pomme sombre également. Le vase, avec anse, l'assiette des pommes et le napperon ont chacun un blanc différent mais pas le même que la tête de la femme. La fenêtre est grise et opaque, comme un jour de décembre à Paris, un jour gris et froid. Un jour idéal pour s'enfermer dans une nature morte de Picasso.

Des chinois photographies tout. Un couple, jeune, anglais, se marre en découvrant ces toiles aux motifs colorés et aux personnages, des femmes, qui ressemblent à des dessins d'un enfants de 5 ans.

Je reste longtemps dans la salle où est accrochée la nature morte. Nous sommes en janvier 1932.

Je vais aller voir l'été.

"Femme assise dans un fauteuil rouge" janvier 1932
Certains aspects de ce tableau aux couleurs sombres me font penser à Magritte. Surtout la tête, une boule avec des trous.

Février

"L'Etude pour une joueuse de mandoline", février, indique les couleurs qui seront utilisées. On dirait une machine. Un robot des années 1930.

Nous sommes en février 1932, "Compotier avec guitare", me plonge dans le spleen. C'est des bruns, des gris très foncés. On imagine une table, un napperon, un compotier et une guitare. L'oeil se fixe sur un morceau de guitare brun clair avec 4 cordes noires. Le compotier est blanc. Les trois pommes de tout à l'heure, ont, ici, passé un mauvais quart d'heure, dans le traitement de la forme et de la couleur. Il faut plusieurs minutes pour que ce tableau se révèle.
Les gens passent à la sauvette. Je suis assis sur un banc au milieu de cette salle no 5, fin février, début mars. La nature morte "buste, coupe et palette" ne me tente pas. Le buste dégouline de vert foncé, le nombre de pommes est passé de 3 à 4 par rapport aux autres tableaux. C'est peut-être des oranges (un fruit rare à cette époque). Un napperon un peu plié avec des bleus gris est posé sur une table. On dirait un meuble Louis XIV, revisité. La palette flotte et le pinceau ressemble à un chalumeau, la palette ressemble, elle, à une noix de coco. Le chalumeau permet donc de boire le lait. (Photo 1 ci-dessous, cartes postale de l'expo)
Dans cette salle il y a également un plâtre, "Tête de femme", c'est le titre qui le dit...

Les visiteurs passent, photographie chaque oeuvre et filent à la salle suivante. Je ne comprends pas. Ils vont regarder l'expo à la maison, en photo.
La plupart des oeuvre sont exposées pour la première et dernière fois. C'est magique... Bref!!!
Je suis entré à 12:30, il est 13:50 et je n'ai vu que 5 salles!
Je quitte "Compotier et guitare", les chinois sont déjà repartis, ils sont dans un car, en route pour Bruxelles. Ils envoient des vidéos de l'expo en Chine. On a vu PICASSO.

"Nu dans un fauteuil noir", huile sur toile. Le noir du fauteuil remplace le rouge, on retrouve les feuilles de trèfle
(Photo 2 ci-dessous, cartes postale de l'expo)

"La femme au jardin", fer soudé et peint en blanc, reprend les feuilles de trèfle.

Toujours en mars, "Nu sur la plage", huile sur toile, est un prêt de la Scottisch National. Sous ce tableau, un petit sigle, un appareil de photo barré. Une interdiction inutile! Les visiteurs mitraillent... On ne peut donc pas photographier cette oeuvre osée, remarque taquine (Simple rainson de droits). Là, il faut du temps pour y voir clair. C'est ultra complexe. J'y reviendrai, si j'ai le temps.
La salle 7, outre le "Nu sur la plage", présente des nus couchés, des documents, et des peintures de Boisgeloup. C'est des interprétations psychédéliques de la femme, que ces nus couchés.

Mai, le mois de mon anniversaire. Encore Boisgeloup, ici sous la pluie et arc-en-ciel.

Juin, l'Été, le bel été
C'est la déprime. Des nus couchés. On dirait, parfois, des calamars ou des poulpes. Les couleurs sont moyennement estivales.

Des lettres de Michel Leiris (1901-1990), adressées à Picasso, décrivent son voyage en Afrique en 1932. Elles sont éparpillées dans les salles.

Juillet
"Femme nue dans un fauteuil rouge", on retrouve sur le fauteuil les points jaunes qui sont, ici, blancs. Le tableau est assez érotique.

La salle 11, présente des documents sur la première rétrospective de Picasso qui s'est tenue du 16/06 au 31/07 1932
5 tableau, un bronze et une sculpture évoque la scénographie de cette rétrospective des galeries Georges Petit.

Août

"Nageuse", huile sur toile. Une vague cache une partie des seins de la nageuse. Ce sont des ronds avec un point au milieu. Ils sont placé au bas du corps. Les couleurs sont assez estivales. Elle est coiffée d'un bonnet rouge.

"La Sieste"
Une femme couchée, elle est mauve, nue, elle a les jambes croisées, la tête renversée en arrière. On voit un peu de ses cheveux. Elle est couchée sur l'herbe. Le corps est lascif. C'est déstructuré de façon harmonieuse comme un trompe l'oeil. On voit les fesses, les seins, le pubis.
La plupart de visiteurs, ils passent si rapidement devant cette merveille, qu'ils ne voient pas l'érotisme brûlant qui se dégage de cette toile.

Septembre, il est 15:00

"Nu couché et joueur de flûte", encre de Chine, gouache et huile sur papier.
Le jouer de flûte est assis, appuyé contre un arbre, la femme est allongée à côté. Il sont nus les deux. Le décor est coloré dans les verts et gris. C'est d'une facture assez classique, mais assez chaud, dans le sens érotique du terme.
Dans cette même salle, la 13, est présenté une importante documentation d'un rétrospective, reprise avec une légère modification de celle de Petit, à Zurich, au Kunsthaus.

Salle 14
Octobre - novembre - décembre

"Femme assise près de la fenêtre", huile sur toile, octobre
La chaise est noire. Un morceau de son vêtement est rouge.

"Le sauvetage", huile sur toile, novembre
C'est une toile qui intrigue. Il y a une femme debout, avec des seins, des ballons rouges, situés à la base du cou, un nombril sous les bras. Elle est nue. Elle a la peau violine. Ses fesses, vues de profil, avec son corps de face lui donne un air trapu. D'une main, elle soulève le corps d'une autre femme qui à l'air dans les vapes.
Une autre femme s'enfonce dans la vase, au bas du tableau. On ne voit plus que la tête et les bras qui appellent au secours.
L'arrière plan est un pré vert foncé avec des fleurs blanches. Au premier abord, je ne comprenait rien. Maintenant tout est limpide. La scène de sauvetage se passe en silence. Une seule des deux femmes pourra être sauvée. Il est trop tard. Les trius visages se ressemblent. Est-ce la même femme? Sa vie, sa mort? Elle n'a pas en envie de mourir. Chacun doit prendre soin de soi et aider les autres. Utopie.
Le tableau est sombre sur tous les plans, les couleurs, l'esthétique et la poésie qui s'en dégage. On pourrait associé à ce tableau une musique de Schubert.
Je vais quitter ce tableau à regret. J'avais toujours pensé que les oeuvres de Picasso ne me faisaient pas rêver. En entrant dans la 1ère salle j'y songeais encore. Il faut plusieurs minutes pour être en phase avec les tableaux. Pour la première fois, je rêvasse en regardant les peintures de Picasso.
Les chinois ont passé en coup de vent, photographiant chaque toile, ils n'étaient d'ailleurs pas les seuls. Il y avait une frénésie de pixels. Un monsieur écrivait ses impressions sur son bloc note électronique. Une femme, habillée et structurée, écrivait, comme moi, sur un carnet papier.
Adieu femme violine...

Salle 15, décembre
L'année s'achève avec des couleurs hivernales, assez joyeuses.
"Nu couché à la mèche blonde"

Les notes se terminent là.

C'est rare de pouvoir circuler dans une expo avec peu de monde et de pouvoir prendre le temps de regarder longuement les tableaux.
Je suis ivre, sous le choc, tant de folies picturales. Le retour à pied, dans le froid et la grisaille me permet de reprendre pied dans la réalité.
Le choix du titre de l 'expo est, même si cela paraît osé, justement choisi. C'est un érotisme puissant pour qui regarde vraiment.

Le soir, autre registre, théâtre avec deux pièces , "12 hommes en colère " et "Les jumeaux vénitiens" de Goldoni au théâtre Hébertot. Une soirée réussie.