08 janvier 2018

Olga

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

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Sur une toile de Dod Procter


Sur le marbre noir aux veines ivoires, pêle-mêle, sont abandonnés une paire de gants, un sac à main en tissus, un bouquet de tulipes. On y découvre aussi une boîte ouverte laissant voir des bâtonnets de chocolat blanc, ainsi qu’une boîte d’allumettes. Les jumeaux, quinze ans, turbulents  d’ordinaire, se sont enfermés dans la bibliothèque. Avec minutie, ils dégarnissent le sapin. La décoration du sapin, c’est leur monopole. Ils connaissent par cœur chaque pièce du décor.

Le bouquet compte un nombre pair de tulipes, quatre violettes et deux rouges. La paire de gants est en soie blanche et le sac à main, d’un tissus blanc veiné de noir. Dans le corridor flotte un parfum, « Vétiver pour elle », fleur d’oranger, bergamote, chèvrefeuille, noix de muscade, vétiver, fève de tonka, création 2007. Tous ces indices indiquent qu’Olga est là.
-Olga est là! La nouvelle se propage dans la maison.

On se précipite à la cuisine. On entoure Olga. On rejoue la Saint-Nicolas, Noël, on sabre le champagne. C'est grand-père qui s'en charge. Il est le fils de l'aide de camps de feu le général Guisan. C'était pendant la deuxième guerre mondiale. On danse la valse de Paris de Strauss père. Olga virevolte, Olga raconte Vienne, Olga coupe le gâreau des Rois, Olga s'ennivre, Olga rit.... On presse de question Olga. Quand Olga est là, c'est pur folie dans la maison. Grand-mère remet pour la troisième fois la valse de Paris, qui tourne sur le vieux gramophone.

Sur le marbre noir aux veines ivoires, les gants et le sac à main ont disparu. Il reste le bouquet de tulipes. Grand-père s'empresse de mettre les fleurs dans un vase en faïence, peint à la main à Charolles. Il flotte dans les pièces une odeur de vétiver et la valse tourne sans fin...

Valse de Paris ICI

Posté par jeanjacques666 à 23:04 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
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