27 mars 2017

Le beau Serge

Nota Bene: le samedi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: www.lakevio.canalblog.com

Aaron Westerberg

Les murs de la cuisine avaient été repeint à la va-vite, gris foncé pour le bas et gris clair pour la partie supérieur, blanc pour le plafond. Serge, vêtu d'un jean, d'un t-shirt, d'un pardessus et de chaussures de sport, appuyé contre le mur faisant face à la gazinière, fumait un petit cigare.Il avait les cheveux en bataille et portait une barbe hipster.  La braise, quand il tirait une bouffée faisait un halo rouge, comme un phare sur une côte avec une mer en furie à son socle. Immobile, habillé de ton gris, il passait inaperçu, tel un caméléon. Sur la table, une pile de factures impayées, un vieux réveil et un cendrier remplit de cendre et de mégots. Quand le café fut coulé, il se versa une tasse qu'il avala d'une traite. Le petit cigare avait rejoint les mégots.Le display de la gazinière diffusait la symphonie en do dièse mineur d'Ernest Bloch. Un compositeur suisse, naturalisé américain, mort en 1959.Il mis les factures et quelques documents en vrac dans une serviette en cuir qui trainait sur une chaise. Il remplit l'assiette du chat avec les restes d'une boîte ouverte la veille. Il éteignit la lumière et quitta la cuisine. 

Une Tesla XL rouge franchit la frontière à Vallorbe et entra en France à 04h30, ce dimanche de fin mars. l''heure d'été n'était pas bien vieille! La puissante voiture électrique circulait à vive allure, dans un silence presque absolu. Le conducteur regarda dans le rétroviseur. Le miroir noir indiquait que la route était déserte. Il quitta la N57 pour la D45, s'engagea sur un petit chemin , roula phares éteints sur une courte distance et gagna la cour d'une ferme abandonnée. Il brancha, à une prise électrique extérieure, le câble pour la recharge de la voiture. En moins de dix minutes, il avait échangé le jeux de plaques du canton de Berne contre une immatriculation française de la Charente-Maritime. Les plaques suisses, enfermées dans un sac de jute lesté de pierres disparut dans le puits à purin. Les papiers de la voiture, les papiers d'identité du conducteur ainsi que quelques documents brûlèrent, sur un grill portatif, qui trainait par là. Il ouvrit une enveloppe, dissimulée dans un établi abandonné dans une resserre, et y trouva sa nouvelle identité, cartes de crédit et papier de la voiture. Il sortit du coffre du véhicule une glacière et une bouteille de Chasse-Spleen. Il but un verre de vin, ouvrit six huîtres puis, appuyé contre le mur du bâtiment principal, un mur peint à la va-vite de gris foncé en bas et gris clair en haut, il fuma un petit cigare. Il était rayonnant. Il se prénommait toujours Serge, mais avait changé de nom et de nationalité. Dans quelques heures, son patron serait alerté que le chauffeur n'était pas au rendez-vous à l'aéroport de Zurich pour prendre en charge un client important. La braise du cigare faisait un halo rouge dans la nuit. Il vérifia que rien ne trainait, et la Tesla disparu, silencieuse, dans le jour naissant. Elle filait vers l'océan...

 

Ernest Bloch - Symphony en do dièse mineur(1903)

I. Lento - Allegro Agitato Ma Molto Energico - 00:00
II. Andante Molto Moderato - 22:05
III. Vivace - 33:17
IV. Allegro Energico E Molto Marcato - 43:36

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26 mars 2017

Récital

                                                Récital

Notre prof de français, madame S., avait réunis quelques élèves de plusieurs classes pour monter une soirée de poésie, théâtre et musique. Le récital a eu lieu il y a 46 ans à l'aula du collège des Forges à La Chaux-de-Fonds. C'était un vendredi.
J'avais un trac fou. Je passais 2 fois sur scène, en début de spectacle pour dire un poème et vers le milieu pour jouer, avec un camarade, une histoire mimée. J'ai encore en mémoire les indications de mise en scène que m'avait donné la prof pour dire "Anachronique" de Guy Béart. Je connais toujours le texte par coeur.
Quelques mois avant notre récital, toutes les classes des écoles secondaires de la ville avaient vu un spectacle des Colombaioni, ce duo de clowns virtuose de la comedia dell'arte. Avec un camarade, nous avions repris un de leur mime.
Nous avons joué devant un parterre de parents, frères et soeurs, familles et amis.
Il reste de cette soirée quelques souvenirs enfouis dans les strates de ma mémoire et une feuille sur laquelle est imprimé le programme. Imprimé sur un duplicateur à alcool, le texte est encore bien lisible...


Note: J'ai caviardé le nom de famille des participants.


Le chat
Charles Baudelaire

Viens, mon beau chat, sur mon coeur amoureux ;

Retiens les griffes de ta patte,

Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux,

Mêlés de métal et d’agate.

Lorsque mes doigts caressent à loisir

Ta tête et ton dos élastique,

Et que ma main s’enivre du plaisir

De palper ton corps électrique,

Je vois ma femme en esprit. Son regard,

Comme le tien, aimable bête

Profond et froid, coupe et fend comme un dard,

Et, des pieds jusques à la tête,

Un air subtil, un dangereux parfum

Nagent autour de son corps brun.

Charles Baudelaire, Les fleurs du mal

 

Guy, Tirolien, Prière d'un petit enfant nègre


Guy Béart
Anachroniques

Anachroniques
Les saltimbanques
Sont là
Salut
Salut nomades
Voici le monde
Qui vient
A vous

Ouvrez la tente
Qui tenait toute
En u-
-ne main
Écoute écoute
Ça ne te coûte
Que ça
Qu'un sou

Sur son bicycle
D'un autre siècle
Rivé
Rêvant
L'homme titube
Chavire et tombe
On rit
Hourra

Un âne maigre
Sur scène émigre
Clopin
Flapi
On dit qu'il compte
Jusqu'à cinquante
C'est beau
Sabot

Sur son trapèze
Le temps repose
Son pas
Si peu
La corde casse
Clouons la caisse
L'ami
Est mort

Roulez roulotte
Ma voix sanglote
Pour qui ?
Pour quoi ?
Poussière ou neige
Dans un nuage
Tout va
Tout vient.

LES CONFITURES

Le jour que nous reçûmes la visite de l'économiste, nous

faisions justement nos confitures de cassis, de groseille et de

framboise.

L'économiste, aussitôt, commença de m'expliquer avec toutes

sortes de mots, de chiffres et de formules, que nous avions le

plus grand tort de faire nos confitures nous-mêmes, que

c'était une coutume du moyen âge, que, vu le prix du sucre,

du feu, des pots et surtout de notre temps, nous avions tout

avantage à manger les bonnes conserves qui nous viennent

des usines, que la question semblait tranchée, que, bientôt,

personne au monde ne commettrait plus jamais pareille faute

économique.

-Attendez, monsieur! m'écriai-je. Le marchand me vendra-t-il ce

que je tiens pour le meilleur et le principal ?

-Quoi donc? Fit l'économiste.

-Mais l'odeur, monsieur, l'odeur! Respirez : la maison toute

entière est embaumée. Comme le monde serait triste sans l'odeur

des confitures!

L'économiste, à ces mots, ouvrit des yeux d'herbivore. Je

commençais de m'enflammer.

- Ici, monsieur, lui dis-je, nous faisons nos confitures uniquement

pour le parfum. Le reste n'a pas d'importance. Quand les

confitures sont faites, eh bien! Monsieur, nous les jetons.

J'ai dit cela dans un grand mouvement lyrique et pour éblouir

le savant. Ce n'est pas tout à fait vrai. Nous mangeons nos

confitures, en souvenir de leur parfum.

GEORGES DUHAMEL, Fables de mon Jardin

(7ème édition, Mercure de France, Paris, 1936)

 

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22 mars 2017

Vu de l'extérieur

 

Cela fait des mois que nous suivons, depuis l'extérieur, sur les chaînes de télévision ou de radiodiffusion françaises ce grand roman-savon intitulé: "Qui, dimanche soir, sera invité à la table de l'Élysée?"
Les scénaristes ont une imagination débordante, un palmipède s'est invité dans le synopsis, et la demi-finale approche. 
Les candidats sont nombreux, une partie, triée sur le volet, a pu participer à la "prime time", l'autre jour; une femme dont tout le monde veut barrer la route, un ex-banquier aux airs de dandy, un gars qui pilotera, en cas de victoire,  l'Hexagone depuis une cellule V.I.P., installée aux Baumettes à Marseille... Etc.
Dommage que Dany le Rouge ne participe pas à cette téléréalité, viré en 1968 des facs parisiennes, un retour triomphal dans l'Élysée eût été du plus grand des effets.
Dans l’Odyssée, Protée décrit l'Élysée ainsi à Ménélas:
« Les Immortels t'emmèneront chez le blond Rhadamanthe,
Aux champs Élyséens, qui sont tout au bout de la terre.
C'est là que la plus douce vie est offerte aux humains ;
Jamais neige ni grands froids ni averses non plus ;
On ne sent partout que zéphyrs dont les brises sifflantes
Montent de l'Océan pour donner la fraîcheur aux hommes. »
— (Trad. Frédéric Mugler, 1995)
Et quid d'Arlette? Cette année aurait été, à ne pas en douter, l'année de son grand soir...
Pendant que ce petit monde tente de rassembler les brebis égarées, un vieux général, dont tout le monde politique semble issu, se retourne dans sa tombe, on se souvient de ce bal tragique à Colombey...
De l'extérieur, nous avons un avantage, le soir du scrutin, nous aurons les éléments de réponse 30 minutes avant la fille aînée de l'Église!
P.-S. Les photos sont tirées de la Toile

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20 mars 2017

Equinoxe

L'équinoxe de printemps est à 11:28:38

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13 mars 2017

Poussière d'or

Nota Bene: le samedi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: www.lakevio.canalblog.com

Chris-Aggs-Echo & Narcissus

Le tintement des nivéoles, qui s'épanouissent au pied du tilleul, dans le parc, l'a tirée de sa torpeur.
Vite, vite, le printemps arrive, le printemps est arrivé.
Quatre à quatre, Elle monte les marches de l'escalier qui mène aux combles. Elle rassemble le décor de printemps disséminé ça et là. Elle empoigne sacs, gravures, tapis, petits meubles et, en quatre aller et retour, tout est posé au milieu du salon.
Vite, vite, le printemps arrive, le printemps est arrivé. 
La radio est allumée. Le programme ronronne jusqu'à ce que le speaker annonce une chanson de Pierre Perret, "C'est le printemps". Il prie les oreilles chastes de s'éloigner des transistors. Elle sourit, elle adore cette chanson pleine de rythme et un peu... leste!
Vite, vite, le printemps arrive, le printemps est arrivé.
Prestissimo, en suivant la cadence effrénée de la chanson, elle décroche les tableaux aux paysages d'hiver, remplace les tentures par de légers volages, achève le bonhomme hiver au chalumeau, elle installe d'élégantes aquarelles printanières aux murs du salon. 
Vite, vite, le printemps arrive, le printemps est arrivé.
Elles sélectionne les disques du moments, "Au printemps" de Jacques Brel, "Le printemps est arrivé" Michel Fugain et le Big Bazar, Le sacre du printemps de Stravinsky, un LP de 1958, Ernest Ansermet dirige l'Orchestre de la Suisse romande, une version jazz du printemps, extraite des quatres saisons de Vivaldi, Richard Galliano à l'accordéon...
Vite, vite, le printemps arrive, le printemps est arrivé.
Le printemps météorologique a commencé depuis le 1er mars, le début du printemps phénologique est commencé, dans les alentours de la Ville fédérale, depuis la floraison des crocus botaniques, l'équinoxe de printemps est prévue pour bientôt.
Elle se dépêche pour tout mettre en place. Elle peste de ne plus être agile, comme dans sa jeunesse.
Vite, vite, le printemps arrive, le printemps est arrivé.
Elle installe un vase avec quelques narcisses sur le marbre devant la fenêtre. Elle remporte le décor d'hiver dans les combles de la maison, vérifie que tout est en place.  Elle maudit le réchauffement climatique qui avance les saisons. Elle aime tant les grasses matinées. Elle jette un dernier regard sur le parc et dans le salon. Tout est prêt. Elle saisit un petit bocal, posé sur le rebord de la fenêtre, ouvre le couvercle. Une poussière d'or s'échappe du bocal et envahit le salon, le parc, le ciel,la poussière brille dans le soleil. Le printemps est lancé. Elle referme prestement le couvercle. Il ne faut pas gaspiller la précieuse poussière. Épuisée par tous ces travaux, la fée Mélusine, se laisse tomber dans un fauteuil. Malgré son grand âge, son souffle court et ses rhumatismes, elle vient, une fois de plus, de créer le printemps. Depuis la nuit des temps, c'est Mélusine qui chasse le général Hiver.
Elle s'endort, sereine.
Le petit réveil, posé sur la coiffeuse Charles X, fait un tic-tac  joyeux. L'aiguille du réveil est placé sur "printemps", mais la fée Mélusine, qui déjà ronfle, a oublié de remonter la sonnerie...


 

Pierre Perret C'est l' printemps

 

Richard Galliano - Le Printemps (Vivaldi) - Nancy Jazz Pulsations (2014)


Richard Galliano joue "Le Printemps", extrait de Les Quatre Saisons de Vivaldi, à l'Opéra National de Lorraine dans le cadre du festival Nancy Jazz Pulsations, édition 2014.

Production : SUPERMOUCHE PRODUCTIONS.
En coproduction avec Vosges Télévision.
En association avec Arte France, Mezzo et GIE Lorraine Télévisions.


Printemps

Victor Hugo

Voici donc les longs jours, lumière, amour, délire !
Voici le printemps ! mars, avril au doux sourire,
Mai fleuri, juin brûlant, tous les beaux mois amis !
Les peupliers, au bord des fleuves endormis,
Se courbent mollement comme de grandes palmes ;
L’oiseau palpite au fond des bois tièdes et calmes ;
Il semble que tout rit, et que les arbres verts
Sont joyeux d’être ensemble et se disent des vers.
Le jour naît couronné d’une aube fraîche et tendre ;
Le soir est plein d’amour ; la nuit, on croit entendre,
A travers l’ombre immense et sous le ciel béni,
Quelque chose d’heureux chanter dans l’infini.

Victor Hugo, Toute la lyre

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12 mars 2017

Dimanche de mi-mars...

Dimanche
un café au Colonial
Balade dans la campagne de Wabern, jusqu'à l'aéroport de Belp-Bern
Vue sur les Alpes, température très clémente
Vu l'envol de l'Amsterdam et le superbe Concordino s'envolant pour Berlin
Un air de printemps flotte sur la campagne
Tout va renaître....

Encore un beau dimanche

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11 mars 2017

Samedi, ça te dit? ça me dit!

Hémorragie verbale du samedi soir...

 Un verre d'Aragonia 2013 déclenche une hémorragie verbale sévère. Ambulance, camisole de force, chambre capitonnée... Le grand jeu. Un seul verre, et, le lendemain, c'est une gueule de bois monstrueuse... Café additionné de jus de citron bio, douche chaude puis glacée, aspirine, hémorragie buccale de divers déchets stomacaux...
"L’extrait stomacal est capable d’hydrolyser la lactoglobuline dénaturée, mais non la forme native. La pepstatin-A, inhibiteur spécifique de la pepsine, inhibe, complètement, les effets du suc gastrique […] (Pierre Jouan , Lactoprotéines et lactopeptides : propriétés biologiques, 2002, page 33)"

Bla...bla.

Normalement, samedi soir, c'est jazz.

                       
Vendredi 17 mars, ce sera la nuit des musées.

                                                  +"*ç%&/()=?`+"*ç%%&&/()=?"*ç*"%&/()(&%ç**""

Les chats du quartier sont en deuil. Un des leurs manque à l'appel. Léo, le chat jaune des voisins du dessous fut retrouvé écrasé le 28 février. Les enfants sont restés inconsolables plusieurs jours.
Léo est enterré dans le jardin. Les enfants ont dessiné sur une stèle la vie de Léo...
La vie a repris son cours, on évoque de moins en moins souvent Léo...

                                                                          

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Printemps

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Samedi, après le marché, un café fut bu au Colonial...

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Un vestige de la vieille Europe passe à la gare..

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Un vin bu en février. Un vin corse pour repas ordinaire. Rien de transcendantal...

            

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La France Inter est en deuil...

Le magazine de Pierre Bouteiller sur France Inter | Archive INA

Pierre Bouteiller est mort hier. Il avait 82 ans. 

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06 mars 2017

Nord - Sud

Nota Bene: le samedi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: www.lakevio.canalblog.com

john mckenzie 47

NORD - SUD
Actualités
Mes chers auditeurs, voici le bulletin d'informations de 15h06. Tou, tou, tou ( générique)...
-l'inspecteur Laboulette tient en ce moment une conférence de presse dans l'arrière boutique du poste de police. Notre envoyée spéciale, HB, tirée abruptement de l'écoute en boucle du duo des chats, dans une version de concert opposant des félines de choc, Schwarzkopf et De Los Angeles, s'est rendue sur place pour tendre le micro à l'inspecteur...
-Miaou! Ici, l'arrière boutique du poste de police, nous écoutons l'inspecteur...
-Chut! (Un quidam)
-Un clochard nous a signalé, ce matin à 04h00, que la porte du mur avait été fracturée. Nous avons envoyé toutes nos brigades sur place, soit 3 hommes. J'ai réussi à me lever vers 08h00, vu qu'il y avait urgence. Les indices que nous avons sont les suivants: La porte verdâtre, laminée, tel les dentelures d'un timbre poste, par une mitraillette, a pu être ensuite défoncée par le coup de pied d'un mastard.  La porte, inscrite au patrimoine de l'humanité, a disparu. Il semble qu'un passant, croyant voir un timbre géant, a collé la porte sur une lettre. Les bureaux de poste et les boîtes aux lettres sont sur écoute. Nous avons découvert un carnage. Huit lapins, déguisés en humain, gisaient dans une mare de sang, sur laquelle barbotaient des canards numéroté, en attente de gagner la Tour d'Argent. C'est le gang des lapins du Nord qui a abattu le gang de lapins du Sud. Le butin, un milliard de carottes, a disparu. Les jardins potager sont sur écoute.
-Miaou, je rends l'antenne, à vous Cognack Jay.

Photographie
L'instantané est légèrement flou. On voit un mur, derrière ce mur, une ligne de chemin de fer et au-delà un quartier de la ville. Deux ensembles qui auraient pu être dessinés par Le Corbusier, sortes de cages à humains pour des lapins (du gang nord) s'égaient du haut de leur septième ciel entre des maisons basses avec toit en pente. Sur le mur, des affiches annonçant des spectacles joués depuis longtemps, des affiches en train de se décoller.  Une porte verte, flanquée d'une petite lampe, intrigue les passants. Elle n'est pas au niveau de la rue. Elle est à environ 50cm de hauteur. De l'autre côté, une affichette, clouée sur le linteau, dit: "Attention  à la marche en quittant le bar". C'est l'entrée secrète d'un casino-bar tenu par un groupe de lapins au moeurs peu recommandable.
Cette photographie ressemble à une case de BD, catégorie la ligne claire, Gaston, Achille ou La rubrique à brac. 
-C'est pas un peu vieux jeu, la ligne claire? (Un quidam)
-Miaou...
-"Vieux jeux" doit être totalement "out". (Le narrateur)
-Et celle-là, bien que culte, aussi (Une lectrice, au hasard, HB!):
"Je voudrais pas te paraître vieux jeu ni encore moins grossier. L’homme de la Pampa, parfois rude, reste toujours courtois mais la vérité m’oblige à te le dire : ton Antoine commence à me les briser menu ! — (Michel Audiard, Les Tontons flingueurs, film de Georges Lautner, 1963)"
C'est généralement à ce moment, qu'un garçon vacher, chevauchant une jument blanche, hurlant sa solitude disparaît au loin dans la belle lumière du soir; un coucher de soleil somptueux comme on en voit depuis la plage d'Honolulu.
Rideau.


Histoire
Lorsque les pontes de la Compagnie de chemin de fer du Nord ont décidé de construire une ligne reliant la gare du Nord avec la gare du Sud, pour éviter des dépenses inutiles, ils ont choisi le plan remblai sur 200m plutôt que le pont suspendu. Il n'y a pas de plan B. Ils ont construit un mur sur 150m pour contenir les éboulements futurs. Une porte verte, située au milieu de ce passage délicat devait servir de porte de secours. Rapidement, la pègre locale a mis le grappin sur ce lieu stratégique.
 

Géographie
Le mur est construit sur le 38e parallèle nord. Une porte verte, est le seul accès entre le Nord et le Sud. Cette porte s'ouvre parfois pour un échange de prisonniers, d'espions ou de téléphones dit "I-Truc". C'est un général suisse qui possède la clef. (Pour les besoins de sa fonction, le divisionnaire fribourgeois est le seul officier suisse à porter le titre de général, afin de pouvoir traiter d'égal à égal avec ses interlocuteurs de la CSNN, tous officiers généraux.)
-C'est quoi ces fuites? (Un quidam)
-Miaou
-C'est de la géopolitique... (Un clochard éméché et vieux jeu). 


Lettre
Mon Cher  Lino,
C'est agité en ville. L'inspecteur Laboulette dit que le gang des lapins du Sud a été anéanti. C'est l'inverse, sinon je ne serais pas en train de composer cette prose. Un conseil, reste en voyage d'affaire à Palerme.  Quand le calme sera revenu je te ferai signe.
Pensée affectueuses
Antoine  


Actualité
Nous interrompons nos émissions pour vous annoncer une triste nouvelle. Léo, le chat jaune des voisins du dessous, a été découvert mort. Il gisait au pied du mur. Les faits ce sont passée le jeudi 23 février. Aucun lien avec la limousine du gang de lapins du Nord. Il a été écrasé par un déambulateur  piloté par une mémé folle de vitesse.


Epilogue

Voilà, c'était ma nouvelle vidéo. J'espère que cette vidéo vous a plu. Mettez un pouce bleu et liker un max. Partagez sur les réseaux... N'oubliez pas de vous abonner à ma chaîne. Vous avez dans la barre d'infos ci-dessous tous les liens. Ma chaîne va bientôt dépasser les 15 millions d'abonnés. On enfonce Cyprien avec ses minables 10 494 319 abonnés. Na!  Moi aussi, je vais partir faire un tour du monde à la rencontre de mes abonnés.
-Miaou
A noter que Norman stagne avec seulement 8 581 434 abonnés.
J'ai un nouveau partenariat avec "La chaussure qui pue des pieds". En barre d'infos, vous avez un code confidentiel qui vous permet d'avoir des offres promotionnelles. Chacune de vos commandes me rapporte du pognon ainsi que chaque clic!
Je vous donne RDV samedi à 15H03 pour une nouvelle vidéo. merci de liker.
Bisous, bisous
Tchao, tchao
(Ma main s'avance vers l'objectif. Fondu.)

On referme la porte verte. Le mur sépare à nouveau le monde interlope des Youtoubeurs et celui plus calme des bloggeurs...
-Miaou

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27 février 2017

24 décembre. (Étude)

Nota Bene: le samedi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: www.lakevio.canalblog.com

andrew wyeth

Andrew Wyeth 

 

24 décembre
(Étude)

Imprimés dans la neige fraîche, des reliefs très striés, sans doute, des semelle de bottes sortaient de la forêt. Les traces d'un animal, probablement un chat,  semblaient suivre ce sentier improvisé. Il neigeait. Le ciel était gris, les flocons tourbillonnaient. La chatte noire, qui accompagnait une silhouette grise, celle qui laissait des empreintes, attirait le regard dans ce camaïeux de gris.  Elle ronronnait et se frottait contre les bottes du marcheur.
-Oui, Minette, on n'est pas encore arrivé. 
La cloche de l'église frappa quatre coups. Le jour commençait à ce confondre avec la nuit. Le voyageur passa devant le pensionnat de l'Alice. L'hiver, une vingtaine de jeunes filles venaient de Suisse alémanique pour apprendre le français. On les voyaient parfois se promener dans le village, on les côtoyait tous les dimanches au culte. Une seule fenêtre était éclairée dans la grande bâtisse, en ce vendredi 24 décembre. Le pensionnat était fermé. Les pensionnaires avaient rejoint leur famille, en Suisse centrale ou orientale. Pendant deux semaines, elles renoueront avec leur dialecte, uranais, schwitzois  ou appenzellois. 
-Bonjour Martha
-T'es qui toi?
-Aline, la petite fille d'Adrienne
-Mais, je ne t'avais pas reconnue, avec ce manteau, ces bottes et cette besace.
-j'ai bien chaud.
-Tu n'est pas venue avec l'autobus. Il est pas encore cinq heures.
-je suis montée à pied, depuis Le Landeron
Elle aimait l'endroit juste au-dessus du Landeron, entre les vignes et la forêt. C'est là que viennent mourir les dernières garrigues.  Aujourd'hui, la neige amortissait les sons et donnait au paysage un air vaporeux. Le paysage qui, à la belle saison, permet de voir les trois lacs, ne ne laissait entrevoir qu'un morceau du lac de Bienne et la bande de terre qui fait de l'île Saint-Pierre une presqu'île. Avant la correction des eaux du Jura, c'était une île. Jean-Jacques Rousseau, chassé de partout, y avait trouvé refuge pendant quelques semaine. 

- je dois passer à la poste. Bon Noël, Martha
-Bon Noël, Aline
La poste était en face du café du commerce et d'un magasin où l'on trouvait les denrées principales et les bouteille de gaz. A deux pas de la poste se trouvait une des six fontaine du village; la plus récente, installée pendant la 1ère guerre mondiale. Seule, celle du bas du village avait encore sa fonction originelle, abreuver le bétail. En hiver, quant les vaches restent à l'écurie, on pouvait voir les bovins du Camille boire à la fontaine, soir et matin.
-Salut, Willy, je voudrais des timbres pour ces deux lettres. C'est pour le Canada, par avion.
-Tu es toujours à Lugano?
-Oui.
Dans la besace d'Aline ouverte devant le guichet, on distinguait de petits paquets cadeau et un roman paru en 1903, Le régent de Lignières d'Oscar Huguenin. 
Elle paya les affranchissements discuta quelques instants avec le buraliste et sorti.  Il neigeait de plus belle. Elle était heureuse, elle aimait la neige à Noël. Elle passa à la boulangerie. 
-Bonjour Ilda.
-Eh! Bonjour, bonjour.
-Il y a quelque chose à prendre?
-Oui, c'est préparé. Tu seras là demain soir?
-Oui, bien sur!
Demain soir, à huit heures les cloches du temple sonneront à toute volée pour le culte de Noël. La grand-mère d'Aline tiendra l'orgue, les enfants de l'école du dimanche joueront le mystère de Noël. Les anciens d'églises allumeront les bougies qui orneront un immense sapin dressé près de la chair. Le temple sera plein à craquer. 
Elles pris les paquets et reparti sous la neige. Chaque personne rencontrée retardait son arrivée à la maison. Ce soir, tout le village chuchotera que l'Aline était là pour Noël. Que sa soeur et son frère étaient arrivés par l'autobus de six heures et que...
Elle arriva "aux Broues" en brassant la neige.  La traite des vaches avait commencé.  On entendait le moteur de la machine à traire. Elle entra par la grange. Un corridor mal éclairé donnait accès aux chambres et,au fond, à la cuisine. Elle couru à la cuisine embrasser sa grand-mère, puis gagna sa chambre. Elle ouvrit la fenêtre afin de tirer les volets. Il ne neigeait plus. Le ciel se dégageait. La nuit sera froide. Aline pensa que si le soleil se déciderait demain, le paysage sera magnifique., une vraie journée de Noël. Au loin, on entendit sonner cinq heures. Aline sourit, elle avait mis plus de temps pour traverser le village que pour monter depuis la gare, à travers les vignes et la forêt, et atteindre les premières maisons du village.
Ce soir, comme disait la gramd-mère, on garnira le sapin.
Aline ferma les volets de sa chambre.
  
 

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20 février 2017

Emma, Anna, Madeleine

Nota Bene: le samedi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: www.lakevio.canalblog.com

Charles-W-Hawthorne -Three-Women-of-Provincetown
 Charles W. Hawthorne - Trois femmes de Provincetown

Emma, Anna, Madeleine
Pierre se cala dans le fauteuil directorial. Il appuya sur la touche 2 de l'interphone. 
-Marthe, je suis en conférence.
-monsieur Trompe, votre client, est arrivé pour la signature du contrat.
-je ne suis pas là!
-Mais...
Il lâcha la touche. Clic.
Le bureau, situé au 124e étage d'une tour, offrait une vue splendide sur la ville. La pièce était grande et meublée avec parcimonie. Un chat jaune, roulé en boule, ronronnait sur le radiateur. Un vaste bureau en verre occupait le centre de la pièce. Ses six pieds transparents reposaient sur un parquet en chêne, disposé en  point de hongrie.
Une bibliothèque Charles X contenait des microsillons 33tours 1/2 minute. Une platine et des enceintes complétaient le mobilier, sans oublier une chaise du Corbusier et quelques ratons laveur.  C'est sur la table qu'était concentrée la technologie du XXIe siècle.
Une tablette clignota. 
-Bonsoir Monsieur Pierre, je suis Iris de la galerie K und K. Nous passons dans trois numéros.
-Je suis branché sur votre site.
Le silence était presque total dans la pièce. Seul le bruit du ron ron du chat se faisait entendre.
Quelques minutes s'écoulèrent. Sur le bureau,   le catalogue de la galerie K und K était ouvert à la page 110...
-Lot No 410, annonça le commissaire priseur. "Les trois soeurs" peint par P.P. en 1957. L'enchère démarre à 12 millions.
Pierre se concentra.
-13 millions au téléphone, 17 millions dans la salle.
Les trois soeurs, qui posaient pour P.P., l'année de la naissance de Pierre, étaient des tantes de son père, les soeurs de son grand-père. A gauche du tableau, Emma, la cadette. Pierre s'étaient gavé de ses confitures de groseille à maquereau. En 1965 ou 66, sa tante Emma avait été amputée d'une jambe gangrenée. Le dernier souvenir fut d'une dame courageuse allongé sur un lit d'hôpital. Il était gamin et cela le troubla.
Au milieu du tableau, Anna, une maïeuticienne qui mit au monde tous les enfants de la famille de Pierre. Une femme de caractère.
A droite, Madeleine, la plus petite de toutes. Elle avait épousé un banquier.
Ces trois soeurs, toujours vêtues de noir, étaient mortes au début des années 1980.
-200 millions au téléphone, 215 millions dans la salle.
Pierre rassembla ses forces et annonça 250 millions. Il ne pouvait aller au-delà. Il ferma les yeux et attendit.
-250 millions une fois... Deux fois...
Le visage de Pierre se crispa.
-Trois fois, le marteau tomba.
Pierre sourit. Il se leva, posa un disque sur la platine. La symphonie No1 de Beethoven. Un enregistrement d'octobre 1957.  Le Philarmonia Orchestra est dirigé par Klemperer. Il poussa le volume au maximum. Le chat jaune, qui faisait sa toilette, perché sur le radiateur, resta perplexe. Il n'aimait que Mozart!
Pierre remplit un verre de whisky, alluma une cigarette, une de celle qui tue et regarda le lumière de la ville. Personne ne savait encore, qu'une toile célèbre peinte en 1957 par P.P., un peintre connu mondialement, échappait de justesse à l'appétit du Joker, retournait dans la famille de Pierre, ruinant au passage son empire financier. La nuit sera longue et agitées à Gotham City, pensa Pierre. 

Posté par jeanjacques1957 à 22:15 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
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