22 janvier 2018

Paris...

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style.Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

La consigne dit: "Texte libre".

paris annees 50
Cette semaine, c'est une photographie de Paris, que nous propose Lakevio. Une photo magnifique, un très beau noir et blanc. Les branches des arbres font des signes, ils miment l'hiver. Une mère tire son enfant vers la station de métro que l'on devine au loin. Le boulevard est inondé de soleil. Un mystérieux personnage vêtu d'un imperméable et d'un chapeau, semble échappé d'un roman de Simenon. La datation par le radiocarbone, le célèbre carbone 14, dit que la photographie à été prise vraisemblablement vers le milieu du siècle passé. Les voilures sont nombreuses et ne sont pas dessinées comme en 2018. Ce doit être la période du Tabou.
« Très vite, le Tabou est devenu un centre de folie organisée. Disons-le tout de suite, aucun des clubs qui suivirent n'a pu recréer cette atmosphère incroyable, et le Tabou lui-même, hélas ! ne la conserva pas très longtemps, c'était d'ailleurs impossible. » Dixit Boris Vian.



Paris


Sept heures. Octobre.

Brume matinale. La Seine.
Gare de Lyon. Débarquement.
Une tour. Eiffel.
Un arc. Triomphe.
Trois âmes déambulent dans les rues.
Une feuille jaunie s'écrase sur le sol.
Un sourire.
Café-tabac, heure de lecture.
France-Soir. Le Monde Diplomatique.
Quelques cartes postales lancées à travers l'univers.
Il fait bon.
Les grands boulevards, Haussmann, Poissonnières, Capucines.
Nocturne. Saint-Germain-des-Prés. Lumières.
Musique.
Ô Paris.
Trois âmes frôlent les murs, inquiètes, en regagnant leur hôtel.
Nuit. Silence.
Aube naissante, klaxons de voiture.
Bruits matinaux.
Les trois âmes repartent à l'assaut de la vie parisienne.
Métro. Couloirs. Escaliers. Fatigue.
Quelques moments de bonheur.
Rires. Plaisanteries. Cinéma.
Stations de métro.
Huit heures. Soir.
Les trois âmes se serrent la main et s'éloignent chacune dans une direction.
Balard. Créteil.
Un dernier signe depuis le quai.
Le métro démarre, la ville se referme sur les âmes.
Au loin un violon déchire la nuit.
Le rêve s'estompe, la réalité reprend ses droits.

Paris, le 5 octobre 1979


Extraites de mon journal, ces notes racontent un court séjour passé dans la capitale française aux portes des années 1980. J'avais emmené deux collègues de travail, Johanna et Hugo. Ils arrivaient d'un petit village des Grisons et la Ville lumière était, pour eux, un perpétuel émerveillement. Ils n'avaient jamais visité de musées et l'exposition Paris-Moscou au Centre Georges Pompidou les avait fasciné.

                                                         Paris-Moscou

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15 janvier 2018

Les boeufs

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

Devoir :
1) Commencez impérativement votre texte par la phrase suivante : "Alors, tu vas vraiment faire ça ?" (emprunt à Nathalie, qui retourne en Enfance.)
2) Terminez impérativement votre texte par la phrase suivante : "Je ne veux pas mécontenter ces messieurs dont les articles sont si utiles." (emprunt à Paul, le petit ami.)
Entre les deux, casez ce que vous voulez !

Tableau de Bertha Wegmann 

"-Alors, tu vas vraiment faire ça?", deux actrices, buvant un thé, dans un coin du studio 4, transformé en atelier de peinture, répétaient leur scène. Filmée à la sauvette, balancée sur Le Tube, la scène faisait le buzz. Elle passait en boucle sur l'écran du téléphone portable, installé sur le grille pain. L'endroit était idéal pour servir de chronographe lors de la cuisson d'une dinde farcie ou de patates douces et l'écoute de la France Inter, souvent, de la Radio Suisse romande, parfois. Il fallait juste déplacer l'appareil téléphonique quand l'envie d'une tranche de pain à l'engrain ou petit épeautre grillée se faisait pressante. Les carreaux de la fenêtre de la cuisine, ceux situés devant l'évier, étaient couverts, côté extérieur, de gouttes de pluie. La dame de la météo n'avait pas menti. Dès la nuit venue, la pluie s'était mise à tomber.
La cuisine était déserte. La cafetière italienne bouillait, prête à produire un café d'excellente qualité. Un calepin de moleskine et une plume abandonnés sur la table, attendaient l'inspiration. Un dérèglement modifia la chaîne, sur Le Tube, et Armand Mestral chantant la chanson des blés d'or, se fit entendre. Une chanson nostalgique des campagnes d'antan. Le poète Gustave Roud parlait de campagnes perdues. Les boeufs, tirant la charrue, se regardent au musée. A Orsay, on peut admirer un tableau magnifique, "Labourage nivernais, dit aussi Le sombrage" peint en 1849 par Rosa Bonheur (1822-1899). Un tableau imposant de 1,34 m de haut et de 2,6 m de long. Un tableau qui montre la rudesse du labour. Faire avancer un équipage de six boeufs en cadence, puis opérer un demi tour, c'est autre chose que de faire youtubeur...
Le téléphone grésilla, arrêtant net, musique, ténor et description d'un tableau.
"-Pronto."
"-Tu vas participer ou pas?"
"-Je ne veux pas mécontenter ces messieurs dont les articles sont si utiles." 

La chanson des blés d'or (ICI)
Labourage nivernais (ICI)

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11 janvier 2018

Cartes

Deux collages que j'ai réalisé en février 2016. Une carte a été envoyée en Suisse et l'autre en France. Elles avaient pour titre: "Les fauteuils en été"(1 et 2).

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10 janvier 2018

Jardin

Brouillard

La brouillard se traîne dans le Seeland. Il fait cru. Les voitures circulent avec prudence sur la route de ce qui furent des marécages; région humide, infestée de moustiques et propice à la malaria. Au XIXe et au début du XXe siècle, les différentes corrections des eaux du Jura permirent à de grandes étendues de devenir des  terres arables et de chasser les épidémies, les marais asséchés rendaient le Seeland salubre.
Le soleil devient visible depuis les hauteurs du Landeron, là où meurt la garrigue. Quelques plantes spécifiques fait que la garrigue fini ici. Cette confidentialité botanique permet de rêver à la mer, qui bat la grève à des centaines de kilomètres des pentes du Landeron. 
Quelques kilomètres d'une route avec épingles, parcourue à la vitesse de l'éclair et c'est l'arrivée dans le village des vacances de mon enfance.
Le décor est immuable, au loin, Le Chasseral haut de 1606,2 mètres.
Le brouillard vient de se retirer,le jardin somnole. Une primevère, deux perce-neiges et la fleur d'un souci, maintenue par le gel,égayent la journée grise.

 Le jardin de Lignières vers 09:45...

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08 janvier 2018

Olga

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

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Sur une toile de Dod Procter


Sur le marbre noir aux veines ivoires, pêle-mêle, sont abandonnés une paire de gants, un sac à main en tissus, un bouquet de tulipes. On y découvre aussi une boîte ouverte laissant voir des bâtonnets de chocolat blanc, ainsi qu’une boîte d’allumettes. Les jumeaux, quinze ans, turbulents  d’ordinaire, se sont enfermés dans la bibliothèque. Avec minutie, ils dégarnissent le sapin. La décoration du sapin, c’est leur monopole. Ils connaissent par cœur chaque pièce du décor.

Le bouquet compte un nombre pair de tulipes, quatre violettes et deux rouges. La paire de gants est en soie blanche et le sac à main, d’un tissus blanc veiné de noir. Dans le corridor flotte un parfum, « Vétiver pour elle », fleur d’oranger, bergamote, chèvrefeuille, noix de muscade, vétiver, fève de tonka, création 2007. Tous ces indices indiquent qu’Olga est là.
-Olga est là! La nouvelle se propage dans la maison.

On se précipite à la cuisine. On entoure Olga. On rejoue la Saint-Nicolas, Noël, on sabre le champagne. C'est grand-père qui s'en charge. Il est le fils de l'aide de camps de feu le général Guisan. C'était pendant la deuxième guerre mondiale. On danse la valse de Paris de Strauss père. Olga virevolte, Olga raconte Vienne, Olga coupe le gâreau des Rois, Olga s'ennivre, Olga rit.... On presse de question Olga. Quand Olga est là, c'est pur folie dans la maison. Grand-mère remet pour la troisième fois la valse de Paris, qui tourne sur le vieux gramophone.

Sur le marbre noir aux veines ivoires, les gants et le sac à main ont disparu. Il reste le bouquet de tulipes. Grand-père s'empresse de mettre les fleurs dans un vase en faïence, peint à la main à Charolles. Il flotte dans les pièces une odeur de vétiver et la valse tourne sans fin...

Valse de Paris ICI

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07 janvier 2018

Quoi de neuf?

Hier, Les Rois terminaient le cycle des fêtes de Noël, commencé le 6 décembre par la Saint-Nicolas.
Ce soir, en une grande heure, j'ai dépouillé le sapin de ses décorations. J'ai emballé, une par une, les boules en verre, en papier mâché, Des soldats, la locomotive, des oiseaux, des anges, une pive en paille, des ours, un poisson, des chevaux, la pointe, des rennes, les deux guirlandes, les bougies électriques...
Le sapin trône au coin de la rue pour sa dernière nuit. Demain le ramassage des déchets verts l'enverra à la station de fabrication du biogaz. Quand je prendrai le bus, je roulerai quelques mètres grâce à la dernière énergie de mon beau sapin.
Il était super beau, il reste un souvenir visuel en date du 22 décembre...(ICI)

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01 janvier 2018

1er janvier

Bonne et heureuse année 2018; santé et prospérité!

Jan Smeterlin joue Strauss/Schulz-Evler, un arrangement sur le thème du Beau Danube bleu. Enregistrement 1929

Un arrangement virtuose de la célèbre valse de Johann Strauss II, réalisée par Adolf Schulz-Evler (1851-1905), malheureusement abrégée dans cet étonnant enregistrement de Jan Smeterlin (1892-1967) qui l'enregistre en 1929.

Oeuvre: Koloman Moser - Les vagues du Danube (1901)



Oratorio de Noël de Bach
Cantate no4 Détail ICI

Bach: Weihnachtsoratorium BWV 248 - Cantate no.4 - Combattimento Consort Amsterdam - Live

Het Combattimento Consort Amsterdam o.l.v. Jan Willem de Vriend
m.m.v. Cappella Amsterdam
Andreas Weller, Evangelist
Lenneke Ruiten, Sopraan
Cécile van de Sant, Alt
Alberto ter Doest, Tenor
Panajotis Iconomou, Bas

Opgenomen vrijdag 21 december 2012 om 19.30 in de Grote Kerk in Naarden.

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27 décembre 2017

Quoi de neuf?

Il pleut sur la Ville fédérale. Les chats du quartier sont invisibles. Ils assistent, dans les profondeurs de caves humides à des concerts de heavy metal. Ils ont les yeux rouges et hors des orbites. Leur langue pend jusqu'à terre. Ils se déhanchent au rythme de la musique qui hurle.Ils abusent de petites pastilles multicolores, des pastilles qui envoient leur cerveau dans des contrées au confin du réel.Cette pilule magique a pour nom extasy. Elle provoque l'extase puis, quand l'effet s'efface, les chats sont déprimés et rentrent penauds dans leur foyer. Ils sont tellement HS, qu'ils n'arrivent plus à soulever la trappe de la chattière. Ils s'effondrent sous la pluie battante, et ronflent...

                                           Résultat de recherche d'images pour "extasy"

                                                                                                 (Photo empruntée sur la toile virtuelle)
                                          
Oratorio de Noël de Bach

Cantate no3   détail: ICI

Bach: Weihnachtsoratorium BWV 248 - Cantate no.3 - Combattimento Consort Amsterdam - Live

Het Combattimento Consort Amsterdam o.l.v. Jan Willem de Vriend
m.m.v. Cappella Amsterdam
Andreas Weller, Evangelist
Lenneke Ruiten, Sopraan
Cécile van de Sant, Alt
Alberto ter Doest, Tenor
Panajotis Iconomou, Bas

Opgenomen vrijdag 21 december 2012 om 19.30 in de Grote Kerk in Naarden.

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25 décembre 2017

NOËL

 

      

Oratorio de Noël de Bach                                                                                     

Premières exécutions

Église Saint-Nicolas

 

L'oratorio a été écrit pour les fêtes de Noël de l'hiver 1734-1735. La partition originale montre les détails des exécutions. Les cantates ont été entendues dans les deux plus importantes églises de Leipzig, Saint-Thomas et Saint-Nicolas. Comme on peut le voir ci-dessous, l'œuvre a été donnée en entier à Saint-Nicolas :
  • 25 décembre 1734 : Partie I – "tôt le matin" à Saint-Nicolas ; "dans l'après-midi" à Saint-Thomas
  • 26 décembre 1734 : Partie II – le matin à Saint-Thomas ; l'après-midi à Saint-Nicolas
  • 27 décembre 1734 : Partie III – le matin à Saint-Nicolas
  • 1er janvier 1735 : Partie IV – le matin à Saint-Thomas ; l'après-midi à Saint-Nicolas
  • 2 janvier 1735 : Partie V – le matin à Saint-Nicolas
  • 6 janvier 1735 : Partie VI – le matin à Saint-Thomas ; l'après-midi à Saint-Nicolas

Bach: Weihnachtsoratorium BWV 248 - Cantate no.1 - Combattimento Consort Amsterdam - Live

Het Combattimento Consort Amsterdam o.l.v. Jan Willem de Vriend
m.m.v. Cappella Amsterdam
Andreas Weller, Evangelist
Lenneke Ruiten, Sopraan
Cécile van de Sant, Alt
Alberto ter Doest, Tenor
Panajotis Iconomou, Bas

Opgenomen vrijdag 21 december 2012 om 19.30 in de Grote Kerk in Naarden.

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22 décembre 2017

Mon beau sapin...

                                                           

Noël allemand "ô Tannenbaum Mon beau Sapin"

O Tannenbaum, O Tannenbaum,
Wie grün sind deine Blätter
Du grünst nicht nur zur Sommerzeit,
Nein auch im Winter wenn es schneit.
O Tannenbaum, O Tannenbaum,
Wie grün sind deine Blätter!

Il y a bien dix ans qu'un sapin n'avait pas trôné dans le salon. Cette année, c'est fête! Il est magique, éphémère et plein de poésie.
Ma grand-mère maternelle disait, quand nous arrivions à la ferme le matin de Noël: "Il faudra garnir l'arbre de Noël"...Le sapin, encore nu, attendait, dans la grande chambre, que nous puisions dans un grand carton, le décor qui l'habillerait pour quelques jours.

                                                           

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