28 janvier 2012

Nuit 9/16 - Road movie

Midi, à l'Adrianos la machine à café est sous pression. Les clients avalent des doppi accompagnés de croissants ou de sandwiches. Les quotidiens valsent d’une table à l’autre distillant une actualité morose. Dans les pages culturelles, Léonard Cohen et Juliette Gréco ont des articles pour la sortie de leur galette respective.
« Suzanne takes you down to her place near the river »

Treize heures trente, la Ville des ambassadeurs fait la sieste sous un édredon nuageux. Les 47e journées de Soleure s’achevaient hier. Le soleil tente une percée, les nuages résistent. Le Jura, au loin est blanc.

Dix-sept heures, retour à Berne. La piscine de Wyler est agitée par les baigneurs. Près du plongeoir, une serviette de bain, une serviette de bain verte avec des coccinelles imprimées sur le tissus, oubliée il y a quelques jours retrouve son propriétaire. Les bêtes à Bon Dieu qui batifolaient sur le plongeoir ont repris place instantanément sur la serviette de bain verte.

Dix-neuf heures, les coccinelles sont de retour dans la Maison des delphiniums. Il neige…

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Judy Collins & Leonard Cohen - "Suzanne"

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Au sujet des journées de Soleure:

Les journées de Soleure ont célébré hier leur cérémonie de clôture. L’heure est donc venue de faire un petit retour sur ce qu’a présenté cette riche édition 2012.
Palmarès
Cœur battant du festival, la section « Panorama Suisse » a présenté un choix de films de tous genres et de toutes durées qui amenèrent à Soleure plus de 55'000 spectateurs (un record). Certains d’entre eux étaient en compétition pour le « Prix de Soleure » car ils se distinguaient par un thème « traitant de l’homme et de questions touchant à la vie en société ». Sous ce slogan (des plus vagues), ce sont donc huit films (documentaires et fictions) relativement engagés qui ont concouru à un prix qu’a remporté, logiquement, le poignant « Vol spécial » de Fernand Melgar (dont vous trouverez notre critique ici) . Le « Prix du Public », quant à lui, est revenu au merveilleux « Die Wiesenberger », portait émouvant d’un groupe de montagnards suisses-allemands qui, entre tradition et show-business, essaient de conserver l’authenticité de leur yodel.
La rédaction de cinéma.ch, elle, aura aussi remarqué – entre autres – un documentaire au regard extrêmement intelligent et sans pathos sur l’intégration de Tziganes dans une petite ville de Roumanie : « Scoala Noastra » de Miruna Coca Cozma et Mona Nicoara ; le fort sombre portrait dressé de la société campagnarde suisse dans « Verdingbub » de Markus Imboden ; et « Giochi d’estate » de Rolando Colla, sur lequel nous parions pour le quartz 2012 du meilleur film suisse !
Cinéma ?
Le cycle « Au-delà du cinéma » mettait lui à l’affiche dix films qui questionnent les frontières du cinéma classique. Quelles sont les nouvelles formes de réalisation que permettent les technologies actuellement disponibles ? A l’ère du « Do It Yourself », il était temps de donner une vraie place à ce type de productions souvent hybrides et profondément originales qui ont constitués certains des plus beaux moments de la semaine (ainsi « People I Could Have Been and Maybe Am », de Boris Gerrets).
Autour des films
Mais au-delà de la projection de films, il est important de noter que les Journées de Soleure sont aussi un rendez-vous incontournable pour la profession. Ainsi, toute une série de discussions ouvertes au public ont eu lieu lors de ces journées 2012. Par exemple, une réflexion sur « comment lire un scénario » en la présence de la réalisatrice Anna Luif qui présentait à cette occasion son propre travail d’écriture ; ou un débat sur les frontières entre fiction et documentaire animé, entre autres, par Jean Perret (responsable du Département cinéma à la HEAD-Genève) et François Bovier (professeur à l’université de Lausanne).
Tout un programme passionnant qui aura permis au nombreux public de circuler librement entre films les plus divers et les conférences, afin de se faire une image nouvelle d’un cinéma suisse en pleine ébullition !
Seul regret : de nombreuses œuvres en allemand ou en suisse allemand n’étaient pas sous-titrées, ce qui n’est pas particulièrement encourageant quant à la communication entre cinéastes et cinéphiles dans notre pays…

Par Adrien Bordone – le Vendredi 27 Janvier 2012


27 janvier 2012

Nuit 8/16 - Pluie

 

Notes griffonnées à la hâte sur les pages virtuelles d'un calepin électronique. 

Il pleut sur la capitale helvétique. À la gare, une foule de jeunes se pressent chez le dépanneur. Dans une minute il frappera dix coups à l'église du Saint Esprit; dix heures du soir marque la fin de la vente d'alcool.
Les cafés et les bars sont plein, devant les établissements les fumeurs devisent.
Au Cesary la techno à fond les manettes caresse les oreilles!!!
Un prosecco fait des bulles dans une coupe.
Dehors, la pluie continue de tomber sur le tarmacadam.
C'est la mi-vacances...

Berne, Cesary
Vendredi 27 janvier 2012

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26 janvier 2012

Nuit 7/16 - Vallée de Conches

Pour échapper au brouillard, la peuf comme on dit parfois dans nos régions, il a fallu courir pour ne pas manquer le tram, folle course dans la pente de la colline qui abrite la Maison des delphiniums jusqu’à l’arrêt du tram 9.
Assis à l’arrière du serpent d’acier, soit on regarde défiler le décor soit on allume l’écran numérique de sa tablette et on vit dans la virtualité. Une voix synthétique égrène les arrêts : Wander, Sulgenau, Monbijou, Bahnhof…
Le train pour Brig départ 10H07 est rempli de retraités, poumons de l’économie touristique suisse ! Par un tube percé sous les Alpes, le train nous dépose au soleil.
A Brig, pour échapper à la foule qui se presse sur le quai de la compagnie du Matterhorn Gotthard Bahn, on saute dans une Smart et départ pour la vallée de Conches, en allemand : Goms. La neige est abondante. En décembre une neige record a enseveli les maisons. Les charpentes ploient sous le poids des flocons. La petite voiture semble naine en passant entre les montagnes de neige.
A Münster, il faut chausser les lunettes de soleil pour partir en balade. Le reflet du soleil est éblouissant. Un chemin pour les piétons permet d’atteindre l’extrémité de la vallée. Parfois il se confond avec la piste de ski de fond. Un lointain cousinage avec la vallée des Belleville en Savoie semble pertinent. C’est le baroque des églises qui lie les deux vallées.
Les fous de lumière, nus un peu décharnés attendent une saison plus douce pour retrouver leurs aiguilles.
Petit en-cas à Ulrichen, village qui a reçu le plus de neige, avant de rebrousser chemin et de faire crisser la neige sur le chemin du retour.
Gavés de lumière, il est temps de regagner la peuf par le trou de souris sous les Alpes.

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25 janvier 2012

Nuit 6/16 - Oldelafe


Oldelaf, La Tristitude

La tristitude des jours d'hiver sans soleil...
Oldelaf, un nom à retenir.

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24 janvier 2012

Nuit 5/16 - La vie devant soi (1975)

la vie devant soi

Sur le lit de la chambre d'amis située au 1er étage de la Maison des delphiniums un roman est posé sur l'oreiller, "La vie devant soi" d'Emile Ajar. Il s'agit d'une édition de 1975 à l'époque du Prix Goncourt, avant que le nom de Romain Gary ne reprenne place sur la page titre.
Quelqu’un relit l'histoire de Madame Rosa et de Momo. Les pages ont un peu jaunies, le temps a bouffé le papier qui avec constance se désagrège.
Dehors, une averse de neige blanchit le jardin et le décor. La maison est silencieuse. Dans la cuisine du 2e, la vaisselle entassée dans un lave-vaisselle est ripolinée dans un ronron de félin. Du salon télé s'échappent des bouts de dialogue d'une dramatique, les coccinelles ont disparu, dans la salle de bain du 1er l'eau du lavabo goutte en rythmant les secondes.
Le fantôme de Flora passe dans la cage d'escalier, les marches en chêne massif craquent et la robe en mousseline fait un léger courant d'air.

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23 janvier 2012

Nuit 4/16 - Hallauer 2009

Grand Prix
du Vin Suisse
2010
Argent

 

2009
Hallauer
Schaffhauser AOC

Graf von
SpiegelberG

Blauburgunder  -  Pinot Noir

14,3% vol.                 75cl
WEIN-KELLERREI AG - HALLAU SH

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22 janvier 2012

Nuit 3/16 - Bassin

Dix minutes avant quatre heures et demie de l'après-midi, une voix féminine douce mais ferme annonce aux nageurs que la piscine va fermer dans moins d'un quart d'heure. C'est l'exode vers les sorties. Les douches sont prises d'assaut, certaines n'ont plus d'eau chaude! Les habitués qui alignent des longueurs crawlent jusqu'à l'ultime instant. Peu à peu l'eau du bassin de 25 mètres devient lisse comme un miroir. Dans l'agitation du départ quelqu'un a oublié près du plongeoir une serviette de bain, une serviette verte avec des coccinelles imprimées sur le tissu. A l'extérieur un vent modéré frisquet permet aux nuages, aux merveilleux nuages, de filer vers l'est.

 Berne, piscine de Wyler
Dimanche 22 janvier 2012

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21 janvier 2012

Nuit 2/16 - Compagnie des wagons-lits

Dans le salon télé de la Maison des delphiniums le maître des lieux regarde un épisode de Le Floch enregistré la veille sur une bande magnétique. Les coccinelles ont volé du deuxième au premier étage. Elles tricotent des moufles pour la Croix-Rouge, des moufles à trois doigts pour les lépreux de Djakarta! Elles se sont installées dans le petit salon Charles X - Louis XV. Sur un écran à plasma sanguin où est projeté "Le père Noël est une ordure", Thérèse apprend les points de croix aux bêtes à bon Dieu. Devant la Maison des delphiniums passe une route en tarmacadam. Des automobiles s'y faufilent croisant parfois un bus rouge, le 26 de Bernmobil. En contrebas de la chaussée, une ligne de chemin de fer longe le flan de la colline du Gurten. Tard dans la soirée passe un train international, un train de nuit. Parti de Londres, il relie Venise. Une puissante locomotive tracte des voitures de la Compagnie des wagons-lits, un wagon restaurant situé au milieu du convoi et en queue de train une voiture bar. Dans les luxueux compartiments dorment de petites filles qui rêvent de princesses... A une table du wagon restaurant un couple hors d'âge rabâche des histoires de la vieille Europe... Dans la voiture bar envahies par la fumée de cigares, un pianiste joue "jolie môme" chanson de Ferré. Le train de nuit disparait dans une courbe. Deux phares rouges, cul du train, s’estompent dans la nuit. Les barrières du passage à niveau se lèvent libérant le passage. A cette heure proche de la mi-nuit seul un chat traverse les voies. Il part en chasse. Dans la cuisine de la Maison des delphiniums, le vent hurle dans le conduit d’aération. Un Super Constellation atterrit dans la tempête sur la piste de l’aéroport de Belp-Bern. Les coccinelles, depuis la fenêtre du petit salon Charles X - Louis XV distinguent les lumières de l’élégant avion qui arrive de l’Amérique.

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20 janvier 2012

Nuit 1/16 - Nabucco

 

Percile, 'Va pensiero' Nabucco Roma 2011.mp4 per Percile


va pensiero extrait de Nabucco deVerdi


Riccardo Muti, s'exprime sur la culture en Italie à la fin du choeur des esclaves.
Plutôt qu'un bis, il propose aux spectateurs de chanter avec le choeur.
Un moment exeptionel.

Une version plus confortable pour la vision:
http://www.youtube.com/watch?v=gaXE0v0bJoE

 

 jeudi 31 mars 2011 - par Roosevelt_vs_Keynes

Berlusconi renversé par le choeur des esclaves de Nabucco de Giuseppe Verdi, le 12 mars 2011 à l’Opéra de Rome…

Pour comprendre la portée de cet épisode lyrique dans  la conscience italienne humiliée comme jamais par son actuel gouvernement (comme  la France l'est d'ailleurs chez elle), il faut se souvenir que l'immense succès  du Nabucco en 1842 (peu de temps avant le Printemps des peuples de  1848) évoquait l'épisode biblique de l'esclavage des juifs à Babylone, avec  notamment le fameux choeur de la troisième partie, "Va, pensiero", des hébreux,  auxquels s'identifiait la population italienne de Milan, alors sous l'occupation  autrichienne dans le cadre de la "Sainte-Alliance".

Silvio Berlusconi  renversé par Giuseppe Verdi

Le 12 mars dernier, Silvio Berlusconi a dû faire  face à la réalité. L’Italie fêtait le  150èmeanniversaire de sa création et à cette occasion  fut donnée, à l’opéra de Rome, une représentation de l’opéra le plus symbolique  de cette unification : Nabucco de Giuseppe Verdi, dirigé par Riccardo  Muti.

Nabucco de  Verdi est une œuvre autant musicale que politique : elle évoque l'épisode de  l'esclavage des juifs à Babylone, et le fameux chant « Va pensiero »  est celui du Chœur des esclaves opprimés. En Italie, ce chant est le symbole de  la quête de liberté du peuple, qui dans les années 1840 - époque où l'opéra fut  écrit - était opprimé par l'empire des Habsbourg, et qui se battit jusqu'à la  création de l’Italie unifiée.

Avant la  représentation, Gianni Alemanno, le maire de Rome, est monté sur scène pour  prononcer un discours dénonçant les coupes dans le budget de la culture du  gouvernement. Et ce, alors qu’Alemanno est un membre du parti au pouvoir et un  ancien ministre de Berlusconi.

Cette  intervention politique, dans un moment culturel des plus symboliques pour  l’Italie, allait produire un effet inattendu, d’autant plus que Sylvio  Berlusconi en personne assistait à la représentation…

Repris par  le Times, Riccardo Muti, le chef d'orchestre, raconte ce  qui fut une véritable soirée de révolution : « Au tout début, il y a eu une  grande ovation dans le public. Puis nous avons commencé l’opéra. Il se déroula  très bien, mais lorsque nous en sommes arrivés au fameux  chant Va Pensiero, j’ai immédiatement senti que  l’atmosphère devenait tendue dans le public. Il y a des choses que vous ne  pouvez pas décrire, mais que vous sentez. Auparavant, c’est le silence du public  qui régnait. Mais au moment où les gens ont réalisé que le Va  Pensiero allait démarrer, le silence s’est rempli d’une  véritable ferveur. On pouvait sentir la réaction viscérale du public à la  lamentation des esclaves qui chantent : « Oh ma  patrie, si belle et perdue ! ».

Alors que le  Chœur arrivait à sa fin, dans le public certains s’écriaient déjà :  « Bis ! » Le public commençait à crier « Vive l’Italie ! » et  « Vive Verdi ! » Des gens du poulailler (places tout en haut de  l’opéra) commencèrent à jeter des papiers remplis de messages patriotiques –  certains demandant « Muti, sénateur à vie ».

Bien qu’il  l’eut déjà fait une seule fois à La Scala de Milan en 1986, Muti hésita à  accorder le « bis » pour le Va pensiero. Pour lui, un  opéra doit aller du début à la fin. « Je ne voulais pas faire simplement  jouer un bis. Il fallait qu’il y ait une intention particulière.  »,  raconte-t-il.

Mais  le public avait déjà réveillé son sentiment patriotique. Dans un geste théâtral,  le chef d’orchestre s’est alors retourné sur son podium, faisant face à la fois  au public et à M. Berlusconi, et voilà ce qui s'est produit :

[Après que  les appels pour un "bis" du "Va Pensiero" se soient tus, on entend dans le  public : "Longue vie à l'Italie !"] > > Le chef  d'orchestre Riccardo Muti : Oui, je suis d'accord avec ça, "Longue vie à  l'Italie" mais... > >  [applaudissements] >  Muti : Je n'ai plus 30 ans et j'ai vécu ma vie, mais  en tant qu'Italien qui a beaucoup parcouru le monde, j'ai honte de ce qui se  passe dans mon pays. Donc j'acquiesce à votre demande de bis pour le "Va  Pensiero" à nouveau. Ce n'est pas seulement pour la joie patriotique que je  ressens, mais parce que ce soir, alors que je dirigeais le Choeur qui chantait  "O mon pays, beau et perdu", j'ai pensé que si nous continuons ainsi,  nous allons tuer la culture sur laquelle l'histoire de l'Italie est bâtie.  Auquel cas, nous, notre patrie, serait vraiment "belle et  perdue". > >  [Applaudissements à tout rompre, y compris des  artistes sur scène] > Muti :  Depuis que règne par ici un "climat italien", moi, Muti, je me suis tu depuis de  trop longues années. Je voudrais maintenant... nous devrions donner du sens à ce  chant ; comme nous sommes dans notre Maison, le théatre de la capitale, et avec  un Choeur qui a chanté magnifiquement, et qui est accompagné magnifiquement, si  vous le voulez bien, je vous propose de vous joindre à nous pour chanter tous  ensemble.

C’est alors  qu’il invita le public à chanter avec le Chœur des esclaves. « J’ai vu des  groupes de gens se lever. Tout l’opéra de Rome s’est levé. Et le Chœur s’est lui  aussi levé. Ce fut un moment magique dans l’opéra. »

« Ce  soir-là fut non seulement une représentation du Nabucco, mais également une  déclaration du théâtre de la capitale à l’attention des  politiciens.

 

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18 janvier 2012

Crépuscule...

Les coccinelles regardent avec envie le jardin de la Maison des delphiniums à travers la fenêtre du salon télé. La température est en dessous de zéro.
Au fil des jour, le cépuscule se fait de plus en plus tard.

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