06 décembre 2017

Nuit 13/16 - Paris 3/5 “Picasso 1932, année érotique”

Paris, mercredi 6 décembre 2017

C'est la Saint Nicolas. Gamins, nous mettions nos chaussures derrière la porte le 5 au soir et le 6 décembre, au réveil, nous trouvions des friandises, déposées par le Saint Nicolas, dans nos pantoufles...

Tôt, j'ai branché la France Inter. C'était vers 07:30, il parlait de Johnny, j'ai tout de suite compris. J'ai vu Johnny deux fois sur scène, à Genève en 1977 et 79.

Vers les onze heures je suis parti à l'aventure dans Paname.
Rue Oberkampf, Boulevard des Filles du Calvaire, rue Saint Claude, rue de Turenne, rue des Francs Bourgeois, Place des Vosges, rue de Bearn, rue Saint Gilles, rue Royal, rue de Thorigny, rue de La Perle, rue Vieille du Temple, et retour à la rue Oberkampf.
Le projet était de passer sur l'autre rive. Et puis j'ai été happé par la musée Picasso. Avant le musée, j'ai musardé Place des Vosges...

“Picasso 1932, année érotique”

En entrant dans le musée, je pensais, en ressortir une grande heure plus tard. Le billet indiquait 12:30, il était 16:00 quand je suis sorti, heureux, totalement conquis. Si je n'avais pas eu un horaire à tenir, je serai resté jusqu'à la fermeture.

Notes que j'ai prisent pendant la visite. Elle sont extraites de mon carnet de moleskine noir. Brut de décofrage:
[l'expo est sous forme d'un éphéméride de 1932. Toutes les oeuvres présentées sont de 1932. Je ne suis ni peintre, ni connaisseur des techniques, ni spécialiste de Picasso, juste un visiteur qui aime rêver en regardant des tableaux]

"L'oeuvre qu'on fait est une façon de tenir son journal"
Pablo Picasso 1932

Janvier

"La jeune fille à la mandoline"
Chaise avec dossier rectangulaire rouge, bordé de points jaunes

"La ceinture jaune" (Marie-Thérèse Walther)
Dossier de chaise rectangle rouge points jaunes
Quelle fut la réaction de Marie-Thérèse, maitresse du peintre, en voyant son portrait décomposé?

Peut-on rêver au milieu des oeuvres peintes par Picasso en 1932?

Les sièges des fauteuils ou des chaises sur lesquels sont assises des femmes déstructurées sont rouges parfois piqués de points jaunes

"Nature morte à la fenêtre", me plait. Le moule d'une tête de femme est placé sur un rectangle de bois. Trois fruits sur une assiette, peut-être des pommes. Un vase qui contient des feuilles de trèfle, un napperon, la fenêtre.
Le brun du rectangle de bois, un brun clair-foncé répond au vert sombre des trèfles. Ce bouquet aux feuilles éparses attire l'oeil. La tête de la femme est crayeuse, les traits qui dessinent son visage, sont noirs et minimalistes. Les fruits sont rouges et verts. Un rouge sombre, un vert pomme sombre également. Le vase, avec anse, l'assiette des pommes et le napperon ont chacun un blanc différent mais pas le même que la tête de la femme. La fenêtre est grise et opaque, comme un jour de décembre à Paris, un jour gris et froid. Un jour idéal pour s'enfermer dans une nature morte de Picasso.

Des chinois photographies tout. Un couple, jeune, anglais, se marre en découvrant ces toiles aux motifs colorés et aux personnages, des femmes, qui ressemblent à des dessins d'un enfants de 5 ans.

Je reste longtemps dans la salle où est accrochée la nature morte. Nous sommes en janvier 1932.

Je vais aller voir l'été.

"Femme assise dans un fauteuil rouge" janvier 1932
Certains aspects de ce tableau aux couleurs sombres me font penser à Magritte. Surtout la tête, une boule avec des trous.

Février

"L'Etude pour une joueuse de mandoline", février, indique les couleurs qui seront utilisées. On dirait une machine. Un robot des années 1930.

Nous sommes en février 1932, "Compotier avec guitare", me plonge dans le spleen. C'est des bruns, des gris très foncés. On imagine une table, un napperon, un compotier et une guitare. L'oeil se fixe sur un morceau de guitare brun clair avec 4 cordes noires. Le compotier est blanc. Les trois pommes de tout à l'heure, ont, ici, passé un mauvais quart d'heure, dans le traitement de la forme et de la couleur. Il faut plusieurs minutes pour que ce tableau se révèle.
Les gens passent à la sauvette. Je suis assis sur un banc au milieu de cette salle no 5, fin février, début mars. La nature morte "buste, coupe et palette" ne me tente pas. Le buste dégouline de vert foncé, le nombre de pommes est passé de 3 à 4 par rapport aux autres tableaux. C'est peut-être des oranges (un fruit rare à cette époque). Un napperon un peu plié avec des bleus gris est posé sur une table. On dirait un meuble Louis XIV, revisité. La palette flotte et le pinceau ressemble à un chalumeau, la palette ressemble, elle, à une noix de coco. Le chalumeau permet donc de boire le lait. (Photo 1 ci-dessous, cartes postale de l'expo)
Dans cette salle il y a également un plâtre, "Tête de femme", c'est le titre qui le dit...

Les visiteurs passent, photographie chaque oeuvre et filent à la salle suivante. Je ne comprends pas. Ils vont regarder l'expo à la maison, en photo.
La plupart des oeuvre sont exposées pour la première et dernière fois. C'est magique... Bref!!!
Je suis entré à 12:30, il est 13:50 et je n'ai vu que 5 salles!
Je quitte "Compotier et guitare", les chinois sont déjà repartis, ils sont dans un car, en route pour Bruxelles. Ils envoient des vidéos de l'expo en Chine. On a vu PICASSO.

"Nu dans un fauteuil noir", huile sur toile. Le noir du fauteuil remplace le rouge, on retrouve les feuilles de trèfle
(Photo 2 ci-dessous, cartes postale de l'expo)

"La femme au jardin", fer soudé et peint en blanc, reprend les feuilles de trèfle.

Toujours en mars, "Nu sur la plage", huile sur toile, est un prêt de la Scottisch National. Sous ce tableau, un petit sigle, un appareil de photo barré. Une interdiction inutile! Les visiteurs mitraillent... On ne peut donc pas photographier cette oeuvre osée, remarque taquine (Simple rainson de droits). Là, il faut du temps pour y voir clair. C'est ultra complexe. J'y reviendrai, si j'ai le temps.
La salle 7, outre le "Nu sur la plage", présente des nus couchés, des documents, et des peintures de Boisgeloup. C'est des interprétations psychédéliques de la femme, que ces nus couchés.

Mai, le mois de mon anniversaire. Encore Boisgeloup, ici sous la pluie et arc-en-ciel.

Juin, l'Été, le bel été
C'est la déprime. Des nus couchés. On dirait, parfois, des calamars ou des poulpes. Les couleurs sont moyennement estivales.

Des lettres de Michel Leiris (1901-1990), adressées à Picasso, décrivent son voyage en Afrique en 1932. Elles sont éparpillées dans les salles.

Juillet
"Femme nue dans un fauteuil rouge", on retrouve sur le fauteuil les points jaunes qui sont, ici, blancs. Le tableau est assez érotique.

La salle 11, présente des documents sur la première rétrospective de Picasso qui s'est tenue du 16/06 au 31/07 1932
5 tableau, un bronze et une sculpture évoque la scénographie de cette rétrospective des galeries Georges Petit.

Août

"Nageuse", huile sur toile. Une vague cache une partie des seins de la nageuse. Ce sont des ronds avec un point au milieu. Ils sont placé au bas du corps. Les couleurs sont assez estivales. Elle est coiffée d'un bonnet rouge.

"La Sieste"
Une femme couchée, elle est mauve, nue, elle a les jambes croisées, la tête renversée en arrière. On voit un peu de ses cheveux. Elle est couchée sur l'herbe. Le corps est lascif. C'est déstructuré de façon harmonieuse comme un trompe l'oeil. On voit les fesses, les seins, le pubis.
La plupart de visiteurs, ils passent si rapidement devant cette merveille, qu'ils ne voient pas l'érotisme brûlant qui se dégage de cette toile.

Septembre, il est 15:00

"Nu couché et joueur de flûte", encre de Chine, gouache et huile sur papier.
Le jouer de flûte est assis, appuyé contre un arbre, la femme est allongée à côté. Il sont nus les deux. Le décor est coloré dans les verts et gris. C'est d'une facture assez classique, mais assez chaud, dans le sens érotique du terme.
Dans cette même salle, la 13, est présenté une importante documentation d'une rétrospective, reprise avec une légère modification de celle de Petit, à Zurich, au Kunsthaus.

Salle 14
Octobre - novembre - décembre

"Femme assise près de la fenêtre", huile sur toile, octobre
La chaise est noire. Un morceau de son vêtement est rouge.

"Le sauvetage", huile sur toile, novembre
C'est une toile qui intrigue. Il y a une femme debout, avec des seins, des ballons rouges, situés à la base du cou, un nombril sous les bras. Elle est nue. Elle a la peau violine. Ses fesses, vues de profil, avec son corps de face lui donne un air trapu. D'une main, elle soulève le corps d'une autre femme qui à l'air dans les vapes.
Une autre femme s'enfonce dans la vase, au bas du tableau. On ne voit plus que la tête et les bras qui appellent au secours.
L'arrière plan est un pré vert foncé avec des fleurs blanches. Au premier abord, je ne comprenait rien. Maintenant tout est limpide. La scène de sauvetage se passe en silence. Une seule des deux femmes pourra être sauvée. Il est trop tard. Les trois visages se ressemblent. Est-ce la même femme? Sa vie, sa mort? Elle n'a pas en envie de mourir. Chacun doit prendre soin de soi et aider les autres. Utopie.
Le tableau est sombre sur tous les plans, les couleurs, l'esthétique et la poésie qui s'en dégage. On pourrait associé à ce tableau une musique de Schubert.
Je vais quitter ce tableau à regret. J'avais toujours pensé que les oeuvres de Picasso ne me faisaient pas rêver. En entrant dans la 1ère salle j'y songeais encore. Il faut plusieurs minutes pour être en phase avec les tableaux. Pour la première fois, je rêvasse en regardant les peintures de Picasso.
Les chinois ont passé en coup de vent, photographiant chaque toile, ils n'étaient d'ailleurs pas les seuls. Il y avait une frénésie de pixels. Un monsieur écrivait ses impressions sur son bloc note électronique. Une femme, habillée et structurée, écrivait, comme moi, sur un carnet papier.
Adieu femme violine...

Salle 15, décembre
L'année s'achève avec des couleurs hivernales, assez joyeuses.
"Nu couché à la mèche blonde"

Les notes se terminent là.

C'est rare de pouvoir circuler dans une expo avec peu de monde et de pouvoir prendre le temps de regarder longuement les tableaux.
Je suis ivre, sous le choc, tant de folies picturales. Le retour à pied, dans le froid et la grisaille me permet de reprendre pied dans la réalité.
Le choix du titre de l 'expo est, même si cela paraît osé, justement choisi. C'est un érotisme puissant pour qui regarde vraiment.

Le soir, autre registre, théâtre avec deux pièces , "12 hommes en colère " et "Les jumeaux vénitiens" de Goldoni au théâtre Hébertot. Une soirée réussie.


05 décembre 2017

Nuit 12/16 - Paris 2/5 Arpenter Paris, Mozart

Mardi 5 décembre 2017

Ça commence vers 10:30, sous un ciel gris, dans le froid, à pied. Rue Oberkampf, avenue Parmentier, rue Alibert, quai de Jemmapes, rue des Recollets, (au large de la gare de l'Est), boulevard de Magenta, (gare du Nord), boulevard de Barbes, rue Custine, rue Becquerel, rue Lamarck, rue du Chevalier de la Barre, rue du Cardinal Guilbert, rue Azais, Place du Tertre, rue Norvins, rue Lepic, rue Caulaincourt, boulevard et Place Clichy, boulevard des Batignolles, rue du Rocher, rue de Monceau, boulevard Malesherbes, avenue Velasquez, allée Comtesse de Ségur ( dans le parc Monceau), avenue Hoche, avenue des Champs Elysées, avenue Montaigne, cours Albert 1er, cours de la Reine, Place de la Concorde, rue Royale, boulevard de la Madeleine, boulevard des Capucines, Place de l'Opéra. (pour des raisons d'horaire, retour à la rue Oberkampf en métro no 3, direct, arrêt Parmentier), rentré à 17:30. 1h15 de pause en deux partie et quelques station de métro, soit 5h45 de marche.

Au fil de la balade, on passe d'un Paris populaire à un Paris villageois puis le Paris chic

Le cris des mouettes du quai de Jemmapes me renvoie aux mouettes qui suivent la charrue en quête de vers, lors des labours dans mes campagnes.
Le canal Saint-Martin évoque Venise.
En passant pas très loin de la Place Raoul Follereau, j'ai eu un souvenir d'écolier. Notre classe, en 1971 ou 1972, avait assister à un conférence, à la Maison du Peuple à La Chaux-de-Fonds, de ce journaliste écrivain qui récoltait de fonds pour lutter contre la lèpre.
Boulevard de Barbes, un bug, une embrouille, un accroc à l'itinéraire, je m'évapore une petite demi-heure dans une grande surface avec espace librairie. Je ne peux pas résister, c'est une chaîne, il faudrait pas, mais je sors de là avec 3 livres.
Au début de la rue Custine pause. Café (d'assez bonne tenue) servi avec un verre d'eau et un sandwich au pâté. Ecriture et lecture.
Rue Becquerel, je monte les escaliers de la Butte au pas de course.
J'ai toujours aimé la vue et l'ambiance du Parvis du Sacré Coeur.
La Place du Tertre, je l'ai vue pour la première fois en 1968 ( j'avais 11 ans)!
La rue Caulaicourt passe au-dessus du cimetière Montmartre. C'est une passerelle en fer, on voit au loin La Dame de fer, un morceau, le haut.
En 1968, avec mon frère et ma soeur, nous avions fait une balade sur des ânes, sans doute au parc Monceau. Aujourd'hui, je n'ai pas vu d'équidés. Mais une belle collection d'arbres aux essences multiples.
Une mendiante se fond, avenue Hoche entre les grosses voitures et les palaces. Nous arrivons dans un autre monde.
Les Champs, c'était sympa en 1975...
J'ai toujours aimé la Place de la Concorde. Dans mes rêves, je descends au Crillon...
J'ai connu le vrai Olympia, boulevard des Capucines. J'y ai vu trois soectacles. En 1975, Monsieur 100.000 Volts, en 78 ou 79 Véronique Sanson et début des années 1980, Paolo Conte.
Opéra, il y a une dizaine d'année j 'ai vu La Flûte enchantées de Mozart à Garnier. La grève, je ne sais plus quel corps de métier, empêchait la mise en scène et les décors. On a pu se concentré sur le chant et la musique.
Hasard, ce soir c'est aussi Mozart. Je partage une baignoire avec deux chinois, un abandonnera à l'entracte, deux anglais, un espagnol et deux français. Baignoire intercontinentale. Il y avait du monde dans le bain.
On jouait La Clémence de Titus de Mozart.
Après avoir écouté pendant des mois de la musique compressée, il faut quelques minutes pour remettre les paramètre du son pur, sans micro et autres techniques, à niveau.
Sur scène (à Genève, Vienne et Paris) j'ai vu Les Noces (plusieurs fois), Don Giovanni, La Flûte (plusieurs fois), l'Enlèvement et le Cosi (plusieurs fois). Je ne connaissais pas, à part quelques airs, la Clémence de Titus. J'ai eu un choc musical. C'est un Mozart différent, magnifique.
Le "Parto, parto" (acte 1), soutenu par la clarinette était un moment hors du temps, un instant magique, j'en avais les frissons.
Un coup de foudre pour cet opéra.
Le public a été très chaleureux à la fin du spectacle.

La une du journal "Le Monde", annonce la mort de Jean D'Ormesson.

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04 décembre 2017

Nuit 11/16 - Paris 1/5 - La marquise

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

Antoni Caba - Portrait de la marquise de Castellflorite - 1880

"Voici votre carte d'embarquement, sortie F16, siège 22a, embarquement à 12:30. Bon voyage".
Le secteur français de l'aéroport de Genève/Cointrin est minuscule. Les passagers patientent sur des chaises inconfortables. Un magasin de souvenirs, de journaux et de chocolat suisse permet d'écouler les devises restantes avant de s'envoler. Un vague restaurant propose des boissons et quelques nourritures, hors de prix. On règle en € ou en CHF.
Le tableau affichant le départ des vols est clair, c'est la pagaille.
Départ retardé de 30 mn, en raison de l'arrivée tardive de l'avion..! 
La prochaine fois, on ira à pied, comme Rousseau.

La salle de bain ressemble à un sauna, la marquise aime les bains très chaud. Elle paresse depuis une heure dans la mousse aux effluves de verveine.

Le téléphone couine, un messager apporte des nouvelles par TEXTO "Le départ du vol AF1743 est maintenant prévu à 13:45 le 04/12. Merci de respecter l'heure limite d'enregistrement initiale indiquée sur la carte d'embarquement".
Des toiles d'araignées se forment entre les sièges de la salle d'attente et les passagers. Un concierge époussette tous les quart d'heure ces méfaits provoqué par l'engorgement du ciel. 

Hortense, la bonne à tout faire, habille, parfume et coiffe la marquise. C'est lundi, jour de réception. La marquise reçoit de 5 à 7. 

Trois petites notes de musique puis une voix masculine, enjoué et encourageante annonce que le vol AF1743 décollera à 13:50.
Une jeune femme se ronge les ongles, elle ne trouve pas de fumoir et le temps d'attente de sa correspondance  à CDG, pour La Havane, fond comme neige au soleil.


La marquise ne prend jamais l'avion, ni le bateau. Elle commande, pour aller vagabonder, des Uber, c'est si émoustillant.


13:00, secteur français de l'aéroport de Genève/Cointrin, l'encéphalogramme est plat.


La marquise déjeune. Hortense lui a préparé des pieds de porc au madère. La marotte du moment avec les carottes Vichy et le rösti au lardon. Pour le dessert elle dévore une Sacher XXL, envoyée de chez Demel, café/pâtisserie situé à deux pas de la Hofburg à Vienne. Le meilleure moment de la journée, pour aller chez Demel, c'est le matin vers 10:00. La foule dort encore. Commander un café et un morceau d'Apfelstrudel, c'est un moment de grâce avant d'entamer une journée viennoise.  Le lyonais, le tourangeau et même le parisien ignore le Gemütlichkeit qui se pratique de Vienne à Berlin en passant par la Ville fédérale.


"PNC, décollage dans une minute"
Le vol AF1743 décolle avec son lot de passagers entassés,  6 par rangée dans un Airbus A318 d'Air France. L'avion survole le Léman avant de faire un virage, de passer au-dessus de la Dôle et de disparaitre à l'horizon. Les sommets jurassiens sont enneigés.
Des sandwichs au fromage de brebis et poivronade et des boissons chaudes, thé ou café, sont servis  à bord. Deux hôtesses de l'air en font la distribution. 


La marquise habite au  132 Boulevard Richard-Lenoir, dans le 11e à Paris. La cuisine, et, en enfilade, la salle à manger, le salon de musique et la bibliothèque occupent le rez-de-chaussée.  Le lundi de réception, le valet de pied ouvre les cloisons pour former un grand salon. les chambres sont à l'étage.


"Charles!", s'écrie la marquise.
Malgré un espace aérien surchargé, le tapis des bagages en panne, un RER B bondé, Charles arrive à temps pour un baise main conventionnel. 
La marquise est vêtue d'une robe bleue, assortie au papier peint de la cage d'escalier.
La marquise et Charles s'éclipsent pour un 5 à 7 en tête à tête dans un pied à terre avec terrasse, situé dans une impasse du 11e. 


Dans le murmure des conversations une bouche de ténor,  remplie de petits four, lance "Et la Marquise?" Une basse, se gargarisant au Dom Perignon 1966, répond "La marquise sortit à cinq heures"." Paul Valéry" ajouta Jim, qui ne manquait aucun goûter dînatoire concocté par la marquise et qui louchait sur le béluga. "Phrase attribuée au poète par André Breton" rectifia Miss Marpel qui avait accaparé le plat d'ortolans, spécialité prisée par Napoléon III, Alexandre Dumas et F.M."mais, il y a des doutes..." pensa Anne, trop absorbée à décortiquer un homard bleu, pour parler à voix haute.
La pendule marque 18:55 et le valet de pied commence à évacuer les invités, avec gentillesse et fermeté. Le buffet est dévasté, les cadavres de Dom Perignon 1966, s'entassent dans les rafraîchissoirs. 


Il fait froid, le ciel est couvert, on entend au loin les avion qui décollent. C''est l'hiver. Rousseau arrive aux portes de Paris.

 

"La marquise sortit à cinq heures"...

phrase attribuée par André Breton à Paul Valéry, mais, il y a des doutes...

 

Devoir-Jeu Numéro 4 !

Il s'agit d'étoffer cette simple phrase pour en faire... toute une histoire !

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03 décembre 2017

Nuit 10/16 - 1er dimanche de l'Avent

1er dimanche de l'Avent

  

Les amaryllis de Lignières

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02 décembre 2017

Nuit 9/16 - Jazz

Samedi soir, c'est jazz

Dans la cuisine, c'est le chaos..., clef USB, araignées, eau pour le thé, trop de café, roulette russe, pas un chat en vue, température négative dehors, hiver, décembre, 2018 en vue..., terre! terre!

Un peu de jazz dans les écoutilles, le bruit du réfrigérateur, un souvenir du matin: un cappuccino à l'Adriano's bar..., le téléphonne qui sonne, l'horloge parlante, 21:56, péter un plomb, tombe la neige, Adamo, trop de café, éléphants roses qui volent dans la cuisine, docteur, camisole de force, cellule de dégrisement, un verre de vin, terre!

Le chaos de la cuisine, les secrets de la clef USB, des araignées dans le plafond, la folie douce du café, les chats du quartier, la roulotte russe, 1 degré, décembre... terre!

Samedi soir, c'est jazz



Anita O'Day
(née Anita Belle Colton) était une chanteuse américaine de jazz (18 octobre 1919 à Chicago - West Hollywood, 23 novembre 2006).

Anita O' Day - Hip Jazz, Bebop & Swing

00:00 - Let Me Off Uptown
03:02 - Key Largo
05:54 - Malaguena
08:50 - Them There Eyes
11:30 - Don't Explain
14:40 - Singing the Blues
18:02 - Travellin' Man
20:55 - Senor Blues
23:41 - Tea for Two
27:28 - Hi Ho Trailus Boot Whip
29:56 - Miss Brown to You
33:57 - I Want a Grown Up Man
36:42 - Have You Met Miss Jones ?
38:53 - Drum Boogie
42:00 - I Hear Music
44:14 - Memories of You



Thomas Lee “Tommy” Flanagan, né le 16 mars 1930 à Détroit (Michigan), mort le 16 novembre 2001 à New York, était un pianiste américain de jazz.

Tommy Flanagan Ft. Elvin Jones / Wilbur Little - Overseas - Remastered 2016



Jamesetta Hawkins, dite Etta James (Los Angeles, 25 janvier 1938 - 20 janvier 2012 à Riverside, Californie) est une chanteuse américaine de jazz, soul et rhythm and blues.
Sa carrière s'étend sur six décennies. En 1960, elle connaît le succès avec sa reprise de At Last, écrite par Mack Gordon et Harry Warren. Etta James a remporté six Grammy Awards et dix-sept Blues Music Awards.

Etta James - All The Best Of (By Classic Mood Experience)

Tracklist:
00:00 I Just Want To Make Love To You (1960)
03:05 A Sunday Kind Of Love (1960)
06:20 All I Could Do Is Cry (1960)
09:12 Trust In Me (1960)
12:09 Stormy Weather (1960)
15:12 My Dearest Darling (1960)
18:09 Something's Got a Hold on Me (1962)
20:52 At Last (1960)
23:46 Fool That I Am (1961)
26:38 Tough Mary (1960)
28:58 W-O-M-A-N (1955)
31:34 Spoonful (1962)
34:18 Anything To Say You're Mine (1960)
36:50 Stop the Wedding (1962)
39:33 Girl Of My Dreams (1960)
41:50 Tough Lover (1956)
43:56 Don't Cry Baby (1961)
46:09 Seven Day Fool (1961)
48:55 Dream (1961)
51:11 Someone to Watch Over Me (1962) 🎷🎶 🎷🎶 🎷🎶

 

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01 décembre 2017

Nuit 8/16 - Calendrier de l'avent

Le calendrier de l'avent est une boîte, aux décors de Noël, contenant 24 sachets de thé et de tisane. Il y a également un minuscule livret avec 24 pensées, citations ou réflexions ayant la période de Noël pour sujet.
Les voisins du rez-de-chaussée ont installé une étoile à leur porte d'appartement.
Un peu de neige sur la Ville fédérale donne le ton de ce 1er jour de l'avent. La température à été négative une bonne partie de la journée.
C'est le premier jour de l'hiver météorologique.

       

Un documentaire extraordinaire:

Parlons Cinéma Eric Rohmer (1977)

 

 

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30 novembre 2017

Nuit 7/16 - Neige

Jeudi 30 novembre 2017

Dernier jour de l'automne météorologique. Il neige sur la Ville fédérale. Le soir, le ciel se lèvera, au loin quelques lueurs. Un vague coucher de soleil ponctuera une journée de vague à l'âme. Une journée à rester au chaud, à boire des café et à rêvasser à la mer. Dans la cuisine, sur un poste à galène on peut entendre Boris Vian chanter "La java des bombes atomiques". Une chanson toujours actuelle.

 Une petite escale, vers 15:00, au Colonial Bar pour un doppio macchiato...
Le soir, nouvelles averses de neige...

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29 novembre 2017

Nuit 6/16 - Rêveries...

Baccara était une formation musicale composée de deux chanteuses et danseuses espagnoles, Mayte Mateos (née à Logroño, le 7 février 1951) et María Mendiola (née à Madrid, le 4 avril 1952), découvertes dans la foulée du rythme disco et pop à Fuerteventura par le producteur allemand Rolf Soja pour RCA en 1977


Baccara - Yes Sir, I Can Boogie

En 1977, ce titre a cartonné sur les platines et dans les juke-box, qui se souvient de cette chanson et où sont les juke-box?




Concerto pour 3 pianos fa majeur K.242 de Mozart
Andras Schiff (piano )
Daniel Barenboim (piano )
Georg Solti (piano )
English Chamber Orchestra

Je vous présente Paola

"Je vous présente Paola, scène 1, plan 1, 1re, moteur"
CLAP!
Paola est assise sur l'escalier. Une seconde de tranquillité, pour celle qu'un souffle d'air, un lacet ou une mouche est prétexte à des cabrioles. Elle va jouer, dans une minute, avec une brindille, miauler et faire la cajoleuse pour qu'on ouvre une porte.
Elle habite au premier étage, elle a ses entrées au rez-de-chaussée, et, malgré ses tentatives, elle n'a pas accès au 2ème. Parfois elle s'infiltre. Je la saisi prestement et la dépose sur le palier. En août, nous avons vécu deux semaines d'un grand amour. La maison avait été désertée et j'étais l'objet de tous les câlins et miaulements, pour ouvrir, fermer, ouvrir, fermer les portes afin que mademoiselle puisse sortir puis vouloir rentrer mais finalement dehors c'est mieux... Dès que les enfants des deux étages en-dessous de chez moi sont rentrés, je n'existais plus. Quelle ingratitude ces félin.
Son nom est Paola, les chenapans en ont décidé ainsi. Elle est jaune comme Léo, qu'elle remplace. Léo avait, en début d'année, traversé la route en dehors des clous! L'enterrement, dans le jardin, avait été digne d'obsèques présidentielles, avec la présence de toute la maison, d'amis des enfants, de musique, une prière et l'installation d'une stèle. La dépouille de Léo avait discrètement été remplacée, dans la caissette faisant office de cercueil, par du lest. Il est interdit d'enterré les animaux domestiques dans les jardins. Pendant un mois la tombe a été fleurie, illuminée le soir par des bougies, puis on a de moins en moins parlé de Léo.
En juin, Paola est arrivée...

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L'orthographe n'a été imposé qu'au XIXe siècle par la bourgeoisie triomphante qui impose ainsi son carcan à toute la société française, écrire au XVIIIe siècle et aux siècles précédents se faisait donc dans une plus grande liberté même s'il y avait de nombreuses coutumes.
(Lu quelque part dans un journal)

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Rhapsody in Blue - Fantasia 2000

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28 novembre 2017

Nuit 5/16 - Soirée poétique

Paul Verlaine est un écrivain et poète français du XIXe siècle, né à Metz (Moselle) le 30 mars 1844 et mort à Paris le 8 janvier 1896 (à 51 ans).


Il pleure dans mon coeur - Paul Verlaine

Poème récité par Mano : il pleure dans mon coeur est une poésie de Paul Verlaine.
Comment réciter le poème de Verlaine à 10 ans.


Ferré/Verlaine - Je Vous Vois Encor

Colloque sentimental de Paul Verlaine


                                    Âme, te souvient-il au fond du paradis
                                    De la gare d'Auteuil et des trains de jadis
                                    T'amenant chaque jour, venus de la Chapelle ?
                                    Jadis déjà ! Combien pourtant je me rappelle
                                    Après les premiers mots de bonjour et d'accueil
                                    Mon vieux bras dans le tien, nous quittions cet Auteuil
                                    Et, sous les arbres pleins d'une gente musique
                                    Notre entretien était souvent métaphysique
                                    Ô tes forts arguments, ta foi du charbonnier
                                    Non sans quelque tendance, ô si franche ! à nier
                                    Mais si vite quittée au premier pas du doute !
                                    Et puis nous rentrions, plus que lents, par la route
                                    Un peu des écoliers, chez moi, chez nous plutôt
                                    Y déjeuner de rien, fumailler vite et tôt
                                    Et dépêcher longtemps une vague besogne
                                    Mon pauvre enfant, ta voix dans le bois de Boulogne !

                                    Poème de Paul Verlaine

Julos Beaucarne, pseudonyme de Jules Beaucarne, né le 27 juin 1936 à Bruxelles (Belgique), est un artiste (conteur, poète, comédien, écrivain, chanteur, sculpteur) belge, chantant en français et en wallon. Il vit à Tourinnes-la-Grosse en Brabant wallon (Belgique).

Mon reve familier (Paul Verlaine)

Poème de Paul Verlaine interprété par Julos Beaucarne


Samir Barris est un auteur-compositeur-interprète bruxellois. Il se fait connaître pour son rôle au sein du groupe Melon Galia. Après la séparation du groupe en 2004, il se lance dans une carrière solo. Déjà auteur de deux albums, il est aussi actif dans le trio « Le beau Geste » et le projet jeune public « Ici Baba ». En 2010, il est invité à représenter la Belgique aux Découvertes du Printemps de Bourges.

Samir Barris chante Paul Verlaine, "Les soleils couchants"

D-Day


Gabriel Fauré, né à Pamiers (Ariège) (17 rue major) le 12 mai 1845, et mort à Paris le 4 novembre 1924, est un pianiste, organiste et compositeur français.

Gabriel Fauré Quintette pour piano No.1 en ré mineur - The Schubert Ensemble

Enregistré en direct, le 29 septembre 2016, au Festival Tetbury (GB).

 

"Poiché l'alba si accende..." di Paul Verlaine

 

Dans l'interminable ennui de la plaine (Verlaine) - M.Laplaine @ Piston Pelican (08/12/11)

 

"Verlaine" by Charles Trenet

 

Léo Ferré - Chanson d'Automne

 

Philippe Jaroussky est un contreténor français né le 13 février 1978 à Maisons-Laffitte (Yvelines, France).

Philippe Jaroussky : "Colloque Sentimental" de Debussy et Verlaine

PAUL VERLAINE -A UNA MUJER-

 

27 novembre 2017

Nuit 4/16 - Les jaunes du Doubs

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

A partir du tableau proposé, écrire un texte  en prose ou un poème en plaçant judicieusement les dix mots de la liste suivante que vous mettrez en gras dans votre texte. (Comme vous êtes doués, j'ai ajouté deux mots à la liste , ce qui est plus conforme au vrai jeu des Papous dans la Tête, émission diffusée le samedi soir de 20h à 21h sur France-Culture ou en podcast quand vous voulez ou presque !)

soierie

excellent

éliminer

explication

tranchant

éclaireur

douceâtre

dominer

effet

hostile

Il n'est pas permis de changer l'orthographe des mots. Impossible donc de les accorder ou de conjuguer les verbes. je vous conseille de copier-coller la liste avant la composition de votre texte. Mettez en gras ou soulignez les mots utilisés dans votre texte.


Le marché du samedi, Berne

Les chalands sont clairsemés au marché ce samedi matin. Il pleut averse. L'horloge du Zytglogge sonne neuf heures.
C'est dans un mélange de dialecte bernois et de français qu'une botte de carottes, des jaunes du Doubs, parfois étiquetées longues jaunes du Doubs, une variété au goût DOUCEÂTRE, passe de l'étal du marchand au cabas du client. Il règle ses achats et quitte la Place Fédérale abrité sous un parapluie noir. Les fanes de carottes dépassent du sac.

 

CAC* Voltaire, Genève

À la salle Michel Simon, le dernier quarteron de cinéphile, regarde un florilège du Ciné-Journal suisse. En 1940, au début de la guerre, le Conseil fédéral reçoit les pleins pouvoirs. C'est à la demande de celui-ci que le Ciné-Journal suisse est crée. Il présentait, avant chaque séance de cinéma, un résumé des événements de la semaine. Il a perduré, après la guerre, jusqu'en 1975, devenant à partir de 1973, un magazine avec un sujet unique. Un EFFET, parmi tant d'autres, de l'emprise rapide de la télévision explique l'abrupte disparition du Ciné-Journal suisse.
Les spectateurs sont figés devant une séquence saisissante:
"Pour lutter contre la faim dans le monde, des savants suisses ont manipulé génétiquement la carotte jaune du Doubs pour la rendre géante. Une seule apiacée pourra nourrir des centaines de personnes. Pour extraire cette géante de 15 m de haut et de 18 tonnes, des grues spéciales, dites les arracheuses de carottes, seront construites". Le speaker débite son texte d'une voix monocorde. "La communauté scientifique internationale est HOSTILE à ces manipulations. Les effets secondaires dus à une absorption massive de carottes jaunes du Doubs ne sont pas connus. La peau risque de devenir jaune, préviennent les scientifiques. Cette EXPLICATION est balayée d'un revers de la main par les créateurs de ces géantes alimentaires. Il suffira d'ÉLIMINER la pelure avec le TRANCHANT d'un couteau suisse et la carotte sera un EXCELLENT nutriment."
Le mot fin s'inscrit sur l'écran, les lumières s'allument et les spectateurs disparaissent dans la grisaille pluvieuse de cet fin d'après-midi dominicale de novembre agonisant.

*Centre d'Annimation Cinématographique

 

"-Quoi de neuf docteur?"

Bugs Bunny, appuyé à la barrière du jardin croque dans une carotte. Il est en ÉCLAIREUR pour inspecter les lieux.
Un carré de carottes, sans doute des jaunes du Doubs, lui font de l'oeil.
La télévision hurle. Et, juste au moment du suspens, quand le canon du fusil du jardinier est braqué sur Bugs Bunny, la main d'une ménagère de moins de 40 ans change de chaîne. Un échange de balles, une montée au filet, indiquent qu'une partie de tennis se déroule quelque part sur la planète Terre. Le commentateur, flanqué d'un consultant, indique aux téléspectateurs qui rejoignent la chaîne "Rien que du sport, tout sport 24/24", que Roger semble DOMINER la partie.

 

Vernissage

Noyée dans la SOIERIE orange, la galerie de Lakevio, va ouvrir dans quelques instants. Des flûtes attendent des bulles, des carottes râpées patientent dans des saladiers en cristal de Bohême. La grande prêtresse de l'art brut nouveau, Miranda López de la Fabada (MLF), va ensorceler ses admirateurs avec sa nouvelle installation: "La carotte de A à C".
La galerie est transformée en long couloir revêtu de tissus en soie orange avec des motifs de carottes imprimés. Tout au fond de la galerie, un tableau, un seul, de dimension modeste, 10 cm sur 10 cm, "La jaune du Doubs",  signé MLF, participe au clou de ce spectacle. Miranda est aux anges, les critiques ont déjà écrit des papiers dithyrambiques qui satureront les réseaux sociaux. Le vernissage est prévu ce lundi 27 novembre à 22:15.

 

Nous interrompons la diffusion de ce programme, pour annoncer, qu'en début de soirée une partie de la vieille ville de Berne à disparu sous une botte de carottes géantes. Selon la police, un quidam a eu l'imprudence d'acheter samedi, au marché, des jaunes du Doubs. Il a déposé la botte de ces légumes dans son frigo. Manipulées génétiquement dans les années 50, la jaune du Doubs ne supporte pas la fraîcheur et se transforme en monstre. L'Adriano's bar n'a pas été touché!

 

Posté par jeanjacques1957 à 22:15 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
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