13 décembre 2017

Fruits de saison

    

Noix de Grenoble AOC
Pommes, variété "Orange suisse"
Pommes cloches
Figue de barbarie
Clémentines
Grenade

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12 décembre 2017

Paris - Épilogue 2 - Lumières à Paris

     

 

 

 

 

 

Quelques décorations de Noël prisent sur le vif, au cours de mon séjour à Paris, la semaine passée.

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11 décembre 2017

La vérité

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)
Joseph Lorusso

 

Jeu - devoir à consigne N°5 - Témoignages croisés.

Sur ce tableau à trois personnages, donnez la version de chacun sur la scène.


"Ce soir, il ne faut pas que j'oublie mon accessoire. Hier, j'ai eu 5 francs d'amende. Il manquait le verre et la bouteille sur la table du banquet. Ce benêt de de Georges aurait pu me dire que j'avais oublié la vinasse. Il n'a de yeux que pour sa nouvelle copine. A chaque production, il trouve une nouvelle copine. Bon dans cinq minutes on est sur scène. Cette Bohème dans une station spatiale ça me gonfle. En plus les spectateurs sifflent au lever de rideau après l'entracte. Bonjour l'ambiance"

" Elle ne peut pas s'empêcher de boire. C'est une poivrote. Le vin la rend chiante. Elle nous raconte sa vie, ça assomme ma copine Lola. On la connaît par coeur sa vie. Elle nous saoule. En plus elle boit de la piquette. Jamais elle ne nous a offert un verre. On va pas tarder à se casser. Lola on se tire, je n'en peux plus."

"Maman veut qu'on passe les vacances en Grèce. Pour nous convaincre, elle a ouvert une bouteille de vin grec. Moi je veux aller à L.A. J'essaye de convaincre mon petit papa. Il dit que c'est trop cher L.A. Allez papa, dit oui. Je boude jusqu'à ce que maman dise oui pour les States. Ils ne sont pas drôles les parents de notre époque. Ils ne comprennent rien à rien."

QUI DIT LA VÉRITÉ?


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10 décembre 2017

2e dimanche de l'Avent

Ce matin, fortes chutes de neige sur la Ville fédérale. La pluie à ensuite pris place, pendant une pause, à la piscine d'Interlaken. Au fil de l'après-midi, la pluie est devenue plus forte. Ce soir, c'est le déluge. Le décor de neige part en miette.
En ce 2e dimanche de l'Avent, les magasins de la capitale étaient ouverts. Il en sera de même dimanche prochain.
Depuis quelques années, un opticien, situé près de la gare, transforme ses vitrines en village miniature avec neige. J'aime rêver devant cette vitrine. Ci-dessus, quelques scènes de cette merveille.
Le retour aux réalités helvétiques est un peu rude après une vie parisienne passionnante.

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09 décembre 2017

Nuit 16/16 - Paris - Épilogue

Rue Monge, Place Monge, Rue Ortolan, Rue du Pot de fer, Rue Rataud, Rue Erasme, Rue Louis Thuillier, Rue Gay Lussac, traversée du Jardin du Luxembourg, Rue Guynemer, Rue Bonaparte, (Place Saint Sulpice, Place du Canada, Place Saint Germain des Prés), Quai Malaquais, Quai Anatol France, Pont de la Concorde, Place de la Concorde, Pont de la Concorde, Quai d'Orsay, Rue E. Pelterie, Rue de Constantine, Boulevard des Invalides, Boulevard du Montparnasse, Rue Oudinot, Rue Vaneau, Rue de Sèvres, Rue Bomain, Rue du Cherche Midi, Boulevard du Parnasse, Place du 18 juin 1940, Boulevard Port Royal, Avenue des Gobelins, Rue Monge, Rue de l'Arbalète, Rue Claude Bernard, Rue Gay Lussac, Boulevard Saint Michel, RER B Luxembourg

Les critiques qui donnaient six mois de vie artistique à ces chanteurs "yé yé" à la mode au début des années 1960, seraient très surpris d'apprendre que 50 ans plus tard l'un d'eux bloquerait Paris, où des milliers de personnes se rassembleraient, pour son enterrement. Aimé ou détesté, tout le monde le connait, Il s'appelle Johnny.

La pièce d'eau centrale du jardin du Luxembourg a été vidée pour l'hiver. Les mouettes, les pieds au sec, protestent. Les flaques d'eau, dans les allées du parc sont de petites patinoires. Il fait froid ce matin à Paris. Le soleil est revenu. Ie ciel est bleu, avec un bout de lune blanchissant.

La Place Saint Sulpice, sous le soleil, avec ses arbres presque nus, me plonge dans une ambiance majorquine en hiver.

Café et croissant pris en face de l'Église Saint Germain des Prés.
Il est 11:00

Place de la Concorde, samedi 9 décembre 2017, 12:30
Un événement extraordinaire a lieu. Un événement qui laisse perplexe les journalistes étranger. Cela ne c'est jamais produit et ne se produira plus. Des milliers de fans sont venues rendre un dernier hommage à leur chanteur, une icône française. Une grande photographie est accrochée à la grande roue, on y lit "Johnny au revoir".

Sur le Boulevard du Montparnasse passe une manif qui bloque le secteur. C'est une manifestation pour la paix au Pays Basque.

A l'angle de la rue Vaneau et de la rue de Sèvres, une boutique d'habits a remplacé, depuis longtemps, l'hôtel Vaneau. La station de métro est à un pas. Je descendais dans cette hôtel fin des années 1970, début des années 1980. C'est le réceptionniste qui m'avait annoncé un jour d'octobre, en fin d'après-midi, quand je rentrais à l'hôtel que le président Egyptien Anouar el-Sadate venait d'être assasiné.

Boulevard Port Royal, un marché est en train de fermer. Les cageots d'invendus sont chargés sur des camions. J'ai vu des paniers remplis d'huîtres. Je n'ai pas de couteau à huîtres sur moi...

Devant le Jardin du Luxembourg, perdue au milieu des travaux, il semble que la chaussée soit en réparation, à l'extrémité de la Rue Gay Lussac, une bouche de RER B m'a aspiré méchamment. Je résiste puis je lâche prise et je me retrouve assis, manu militari, dans un train, qui, à partir de la Gare du Nord, sera direct, il se dirige vers d'autres aventures. Paris s'estompe. Dans le ciel, un point lumineux, un vaisseau spatial* en perdition qui cherche une planète d'accueil. Mimi...
Le rideau tombe.

*Voir entrée d'avant hier

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08 décembre 2017

Nuit 15/16 - Paris 5/5 Buona sera

Rue Oberkampf, boulevard de Ménilmontant, rue de la Roquette, Place du Père Chaillet, avenue Ledru Rollin, Pont d'Austerlitz, Place Valhubert, L'Allée principale du Jardin des Plantes, rue Dubenton, rue Monge, rue de Mirbel, rue Mouffetard, Place de la Contrescarpe, rue Descartes, rue Clovis, rue du Cardinal Lemoine, tue Tournefort, rue de l'Arbalète, rue Mouffetard, avenue des Gobelins, boulevard Saint Marcel, rue Poliveau, rue du Fer à Moulin, rue de la Clef, rue Monge

Les mausolées du Cimetière du Père Lachaise forment une ville silencieuse, sans habitants, morte. Rien ne perturbe ce monde figé pour l'éternité, ni les touristes, ni les visiteurs, une rose à la main, ni les familles en deuil, encore moins la pluie.

Une classe et ses accompagnants traverse l'Avenue Ledru Rollin à l'intersection avec la rue de Bercy. Les élèves doivent avoir une dizaine d'années. Dans 50 ans, ils auront mon âge, j'en aurai 110 et je déambulerai dans Paname, avec mon déambulateur dernier cri. Je serai dans la Ville Lumière pour fêter les 100 ans (à quelques mois près) de ma première visite à Paris (oct. 68). C'est jouable!

En marchant dans l'allée principale du jardin des plantes, un vent froid soufflait. J 'ai soudain eu la nostalgie de Vienne. Le vent parisien était devenu ce vent pannonien, qui balaye les plaine de l 'Est et qui glace Vienne. Le musée d'histoire naturel a une ressemblance avec le Belvédère. J'ai failli me retourner pour voir Vienne, en arrivant près du bâtiment. Je pensais au Café Central. J'aurai commandé un café mélange et je me serai plongé dans la lecture de la presse.

La rue Mouffetard grouille d'activité. Dans le bas de la rue, poissonniers, bouchers, restaurants, dans le haut, boutiques et restaurant. Au début du siècle passé et surement avant, il y avait un marché rue Mouffetard.

Au 39 de la rue Descartes, mourut Verlaine le 8 janvier 1896 et Hemingway vécu dans cet immeuble de 1921 à 1925. "Paris est une fête"
Au 37 de la même rue, l'écrivain japonais Kunio Tsuji a vécu de 1980 à 1999 signal une plaque. Je ne trouve nulle part de traces de cette vie à Paris pour cet écrivain. En revanche, il a vécu à Paris de 1957 à 1960...
Le cabaret Le Cheval d'or, dédié à la chanson française et à l 'expression artistique, occupait, de 1955 à 1969, le 33 de la rue Descartes

Sur le Boulevard Saint Marcel, presque au milieu de sa longueur, presque au milieu du boulevard, un pucelle tient un étendard. Jeanne...

15:42, il neige! Enfin, une pluie mêlée...

Le théâtre des Champs Élysées fut inauguré en 1913. C'est un beau théâtre avec de vrai fauteuils au parterre et à la 1ère galerie. Une architecture et un mobilier assez sécession viennoise. Il est situé dans l'élégante et onéreuse avenue Montaigne. La Tour Eiffel, éclairée sur la moitié de ses faces, économies oblige, trône non loin de là. A son sommet, un phare tourne. C'est pour signaler sa présence si un vaisseau spatial en perdition passait par-là. Mimi...*
19:30, le chef lève sa baguette et "Le barbier de Séville" démarre. On est aspiré par le système Rossini. La musique monte lentement puis explose dans un tourbillon qui emporte tout sur son passage. Les chanteurs sont de bonne qualité, le décor surprenant, nous emmène au coeur de la partition. On rit beaucoup. Soirée réussie.
Retour à la rue Monge avec des notes de musique plein la tête...
buona sera, etc...

*Voir entrée de hier

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07 décembre 2017

Nuit 14/16 - Paris 4/5 La vie de bohème

Jeudi 7 décembre 2017

Il pleut sur Paris. Les parapluies courent dans les rues.
C'est une journée à boire des cafés Place de la Bastille.
Le ciel est bas, le vent court pour rattraper les parapluies.
"L'étrange bibliothèque" d'Haruki Muraki est posé sur la table, à côté d'un dessert.
Dehors, la nuit est tombée, la place bouillonne.
Des voitures, feux bleus tournant sur le toit, essayent, toutes sirènes allumées, de se frayer un passage dans un embrouillamini de voitures, de scooter et de bus.
Il est temps de gagner le paquebot "Opéra Bastille", amarré à la place éponyme. L'intérieur ressemble à un aéroport. 4e étage, porte 9.
Mimi va mourir pour la 197e fois sur les planches de l'Opéra national de Paris et la 3e fois dans cette mise en scène.
L'immense volume de la salle est plongé dans le noir, il est 19:30. La fosse est éclairée. Manuel López-Gómez, le chef vénézuélien, prend place, sous les applaudissements du public. Le rideau se lève. C'est normal pour un opéra de Puccini. Il n'y a pas d'ouverture, quelques mesures et l'action démarre. Nous sommes dans un vaisseau spatial, un décor qui rappelle le film "2001 l'odyssée de l'espace". Ce soir, rien ne va comme prévu. Des bruits bizarres se font entendre. La fosse est plongée dans le noir. Un message s'inscrit
sur sur un tableau. Le vaisseau à une panne irréparable et dérive dans l'espace. Nourriture, eau et oxygène sont presque épuisés. La lumière revient dans la fosse et le chef lance l'orchestre.
Ce qui me frappe dès les premières notes, c'est la puissance de l'orchestre qui couvre bien trop souvent les voix.
Au début du 2e tableau, la situation à bord du vaisseau est de plus en plus critique. Le tableau s'achève par une fête hallucinante.
A l'entracte j'interroge mes voisins pour connaitre leur impression au sujet de l'orchestre. Comme moi, ils trouvent que l'équilibre entre l'orchestre et les voix n'est pas toujours satisfaisant.
Le public à d'autres griefs. Après l'entracte, quand le rideau se lève sur une planète désolée, glaciale, balayée par vent et neige, le vaisseau ayant du atterrir en urgence, il y a des huées du public, des sifflets, des invectives, une voix puissante dit son dégoût, c'est le chaos, pendant quelques instants, à l'Opéra Bastille. Des "chut" et "silence" sont criés par les partisans de cette production. Le calme revenu, la suite du drame reprend.
Malgré la puissance souvent trop forte de l'orchestre, il y a tout de mêmes de belles envolées puccinienne, quand l'orchestre et la voix sont en fusion et que j'ai la chair de poule. Fugace mais extraordinaire.
Rodolfo, désespéré hurle "Mimi". Le rideau tombe, Mimi est morte.
Triomphe musical, quelques sifflets pour la voie choisie sur le plan artistique.
Retour à la rue Oberkamf à pied. Le métro de la ligne 5 est bloquée jusqu'à 22:30. Un colis suspect en est la cause.
A travers un voile de nuage, la lune fait un clin d'oeil. Un point lumineux est également visible, dans ce ciel nuageux, un vaisseau spatial en perdition. Mimi...

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06 décembre 2017

Nuit 13/16 - Paris 3/5 “Picasso 1932, année érotique”

Paris, mercredi 6 décembre 2017

C'est la Saint Nicolas. Gamins, nous mettions nos chaussures derrière la porte le 5 au soir et le 6 décembre, au réveil, nous trouvions des friandises, déposées par le Saint Nicolas, dans nos pantoufles...

Tôt, j'ai branché la France Inter. C'était vers 07:30, il parlait de Johnny, j'ai tout de suite compris. J'ai vu Johnny deux fois sur scène, à Genève en 1977 et 79.

Vers les onze heures je suis parti à l'aventure dans Paname.
Rue Oberkampf, Boulevard des Filles du Calvaire, rue Saint Claude, rue de Turenne, rue des Francs Bourgeois, Place des Vosges, rue de Bearn, rue Saint Gilles, rue Royal, rue de Thorigny, rue de La Perle, rue Vieille du Temple, et retour à la rue Oberkampf.
Le projet était de passer sur l'autre rive. Et puis j'ai été happé par la musée Picasso. Avant le musée, j'ai musardé Place des Vosges...

“Picasso 1932, année érotique”

En entrant dans le musée, je pensais, en ressortir une grande heure plus tard. Le billet indiquait 12:30, il était 16:00 quand je suis sorti, heureux, totalement conquis. Si je n'avais pas eu un horaire à tenir, je serai resté jusqu'à la fermeture.

Notes que j'ai prisent pendant la visite. Elle sont extraites de mon carnet de moleskine noir. Brut de décofrage:
[l'expo est sous forme d'un éphéméride de 1932. Toutes les oeuvres présentées sont de 1932. Je ne suis ni peintre, ni connaisseur des techniques, ni spécialiste de Picasso, juste un visiteur qui aime rêver en regardant des tableaux]

"L'oeuvre qu'on fait est une façon de tenir son journal"
Pablo Picasso 1932

Janvier

"La jeune fille à la mandoline"
Chaise avec dossier rectangulaire rouge, bordé de points jaunes

"La ceinture jaune" (Marie-Thérèse Walther)
Dossier de chaise rectangle rouge points jaunes
Quelle fut la réaction de Marie-Thérèse, maitresse du peintre, en voyant son portrait décomposé?

Peut-on rêver au milieu des oeuvres peintes par Picasso en 1932?

Les sièges des fauteuils ou des chaises sur lesquels sont assises des femmes déstructurées sont rouges parfois piqués de points jaunes

"Nature morte à la fenêtre", me plait. Le moule d'une tête de femme est placé sur un rectangle de bois. Trois fruits sur une assiette, peut-être des pommes. Un vase qui contient des feuilles de trèfle, un napperon, la fenêtre.
Le brun du rectangle de bois, un brun clair-foncé répond au vert sombre des trèfles. Ce bouquet aux feuilles éparses attire l'oeil. La tête de la femme est crayeuse, les traits qui dessinent son visage, sont noirs et minimalistes. Les fruits sont rouges et verts. Un rouge sombre, un vert pomme sombre également. Le vase, avec anse, l'assiette des pommes et le napperon ont chacun un blanc différent mais pas le même que la tête de la femme. La fenêtre est grise et opaque, comme un jour de décembre à Paris, un jour gris et froid. Un jour idéal pour s'enfermer dans une nature morte de Picasso.

Des chinois photographies tout. Un couple, jeune, anglais, se marre en découvrant ces toiles aux motifs colorés et aux personnages, des femmes, qui ressemblent à des dessins d'un enfants de 5 ans.

Je reste longtemps dans la salle où est accrochée la nature morte. Nous sommes en janvier 1932.

Je vais aller voir l'été.

"Femme assise dans un fauteuil rouge" janvier 1932
Certains aspects de ce tableau aux couleurs sombres me font penser à Magritte. Surtout la tête, une boule avec des trous.

Février

"L'Etude pour une joueuse de mandoline", février, indique les couleurs qui seront utilisées. On dirait une machine. Un robot des années 1930.

Nous sommes en février 1932, "Compotier avec guitare", me plonge dans le spleen. C'est des bruns, des gris très foncés. On imagine une table, un napperon, un compotier et une guitare. L'oeil se fixe sur un morceau de guitare brun clair avec 4 cordes noires. Le compotier est blanc. Les trois pommes de tout à l'heure, ont, ici, passé un mauvais quart d'heure, dans le traitement de la forme et de la couleur. Il faut plusieurs minutes pour que ce tableau se révèle.
Les gens passent à la sauvette. Je suis assis sur un banc au milieu de cette salle no 5, fin février, début mars. La nature morte "buste, coupe et palette" ne me tente pas. Le buste dégouline de vert foncé, le nombre de pommes est passé de 3 à 4 par rapport aux autres tableaux. C'est peut-être des oranges (un fruit rare à cette époque). Un napperon un peu plié avec des bleus gris est posé sur une table. On dirait un meuble Louis XIV, revisité. La palette flotte et le pinceau ressemble à un chalumeau, la palette ressemble, elle, à une noix de coco. Le chalumeau permet donc de boire le lait. (Photo 1 ci-dessous, cartes postale de l'expo)
Dans cette salle il y a également un plâtre, "Tête de femme", c'est le titre qui le dit...

Les visiteurs passent, photographie chaque oeuvre et filent à la salle suivante. Je ne comprends pas. Ils vont regarder l'expo à la maison, en photo.
La plupart des oeuvre sont exposées pour la première et dernière fois. C'est magique... Bref!!!
Je suis entré à 12:30, il est 13:50 et je n'ai vu que 5 salles!
Je quitte "Compotier et guitare", les chinois sont déjà repartis, ils sont dans un car, en route pour Bruxelles. Ils envoient des vidéos de l'expo en Chine. On a vu PICASSO.

"Nu dans un fauteuil noir", huile sur toile. Le noir du fauteuil remplace le rouge, on retrouve les feuilles de trèfle
(Photo 2 ci-dessous, cartes postale de l'expo)

"La femme au jardin", fer soudé et peint en blanc, reprend les feuilles de trèfle.

Toujours en mars, "Nu sur la plage", huile sur toile, est un prêt de la Scottisch National. Sous ce tableau, un petit sigle, un appareil de photo barré. Une interdiction inutile! Les visiteurs mitraillent... On ne peut donc pas photographier cette oeuvre osée, remarque taquine (Simple rainson de droits). Là, il faut du temps pour y voir clair. C'est ultra complexe. J'y reviendrai, si j'ai le temps.
La salle 7, outre le "Nu sur la plage", présente des nus couchés, des documents, et des peintures de Boisgeloup. C'est des interprétations psychédéliques de la femme, que ces nus couchés.

Mai, le mois de mon anniversaire. Encore Boisgeloup, ici sous la pluie et arc-en-ciel.

Juin, l'Été, le bel été
C'est la déprime. Des nus couchés. On dirait, parfois, des calamars ou des poulpes. Les couleurs sont moyennement estivales.

Des lettres de Michel Leiris (1901-1990), adressées à Picasso, décrivent son voyage en Afrique en 1932. Elles sont éparpillées dans les salles.

Juillet
"Femme nue dans un fauteuil rouge", on retrouve sur le fauteuil les points jaunes qui sont, ici, blancs. Le tableau est assez érotique.

La salle 11, présente des documents sur la première rétrospective de Picasso qui s'est tenue du 16/06 au 31/07 1932
5 tableau, un bronze et une sculpture évoque la scénographie de cette rétrospective des galeries Georges Petit.

Août

"Nageuse", huile sur toile. Une vague cache une partie des seins de la nageuse. Ce sont des ronds avec un point au milieu. Ils sont placé au bas du corps. Les couleurs sont assez estivales. Elle est coiffée d'un bonnet rouge.

"La Sieste"
Une femme couchée, elle est mauve, nue, elle a les jambes croisées, la tête renversée en arrière. On voit un peu de ses cheveux. Elle est couchée sur l'herbe. Le corps est lascif. C'est déstructuré de façon harmonieuse comme un trompe l'oeil. On voit les fesses, les seins, le pubis.
La plupart de visiteurs, ils passent si rapidement devant cette merveille, qu'ils ne voient pas l'érotisme brûlant qui se dégage de cette toile.

Septembre, il est 15:00

"Nu couché et joueur de flûte", encre de Chine, gouache et huile sur papier.
Le jouer de flûte est assis, appuyé contre un arbre, la femme est allongée à côté. Il sont nus les deux. Le décor est coloré dans les verts et gris. C'est d'une facture assez classique, mais assez chaud, dans le sens érotique du terme.
Dans cette même salle, la 13, est présenté une importante documentation d'un rétrospective, reprise avec une légère modification de celle de Petit, à Zurich, au Kunsthaus.

Salle 14
Octobre - novembre - décembre

"Femme assise près de la fenêtre", huile sur toile, octobre
La chaise est noire. Un morceau de son vêtement est rouge.

"Le sauvetage", huile sur toile, novembre
C'est une toile qui intrigue. Il y a une femme debout, avec des seins, des ballons rouges, situés à la base du cou, un nombril sous les bras. Elle est nue. Elle a la peau violine. Ses fesses, vues de profil, avec son corps de face lui donne un air trapu. D'une main, elle soulève le corps d'une autre femme qui à l'air dans les vapes.
Une autre femme s'enfonce dans la vase, au bas du tableau. On ne voit plus que la tête et les bras qui appellent au secours.
L'arrière plan est un pré vert foncé avec des fleurs blanches. Au premier abord, je ne comprenait rien. Maintenant tout est limpide. La scène de sauvetage se passe en silence. Une seule des deux femmes pourra être sauvée. Il est trop tard. Les trius visages se ressemblent. Est-ce la même femme? Sa vie, sa mort? Elle n'a pas en envie de mourir. Chacun doit prendre soin de soi et aider les autres. Utopie.
Le tableau est sombre sur tous les plans, les couleurs, l'esthétique et la poésie qui s'en dégage. On pourrait associé à ce tableau une musique de Schubert.
Je vais quitter ce tableau à regret. J'avais toujours pensé que les oeuvres de Picasso ne me faisaient pas rêver. En entrant dans la 1ère salle j'y songeais encore. Il faut plusieurs minutes pour être en phase avec les tableaux. Pour la première fois, je rêvasse en regardant les peintures de Picasso.
Les chinois ont passé en coup de vent, photographiant chaque toile, ils n'étaient d'ailleurs pas les seuls. Il y avait une frénésie de pixels. Un monsieur écrivait ses impressions sur son bloc note électronique. Une femme, habillée et structurée, écrivait, comme moi, sur un carnet papier.
Adieu femme violine...

Salle 15, décembre
L'année s'achève avec des couleurs hivernales, assez joyeuses.
"Nu couché à la mèche blonde"

Les notes se terminent là.

C'est rare de pouvoir circuler dans une expo avec peu de monde et de pouvoir prendre le temps de regarder longuement les tableaux.
Je suis ivre, sous le choc, tant de folies picturales. Le retour à pied, dans le froid et la grisaille me permet de reprendre pied dans la réalité.
Le choix du titre de l 'expo est, même si cela paraît osé, justement choisi. C'est un érotisme puissant pour qui regarde vraiment.

Le soir, autre registre, théâtre avec deux pièces , "12 hommes en colère " et "Les jumeaux vénitiens" de Goldoni au théâtre Hébertot. Une soirée réussie.

05 décembre 2017

Nuit 12/16 - Paris 2/5 Arpenter Paris, Mozart

Mardi 5 décembre 2017

Ça commence vers 10:30, sous un ciel gris, dans le froid, à pied. Rue Oberkampf, avenue Parmentier, rue Alibert, quai de Jemmapes, rue des Recollets, (au large de la gare de l'Est), boulevard de Magenta, (gare du Nord), boulevard de Barbes, rue Custine, rue Becquerel, rue Lamarck, rue du Chevalier de la Barre, rue du Cardinal Guilbert, rue Azais, Place du Tertre, rue Norvins, rue Lepic, rue Caulaincourt, boulevard et Place Clichy, boulevard des Batignolles, rue du Rocher, rue de Monceau, boulevard Malesherbes, avenue Velasquez, allée Comtesse de Ségur ( dans le parc Monceau), avenue Hoche, avenue des Champs Elysées, avenue Montaigne, cours Albert 1er, cours de la Reine, Place de la Concorde, rue Royale, boulevard de la Madeleine, boulevard des Capucines, Place de l'Opéra. (pour des raisons d'horaire, retour à la rue Oberkampf en métro no 3, direct, arrêt Parmentier), rentré à 17:30. 1h15 de pause en deux partie et quelques station de métro, soit 5h45 de marche.

Au fil de la balade, on passe d'un Paris populaire à un Paris villageois puis le Paris chic

Le cris des mouettes du quai de Jemmapes me renvoie aux mouettes qui suivent la charrue en quête de vers, lors des labours dans mes campagnes.
Le canal Saint-Martin évoque Venise.
En passant pas très loin de la Place Raoul Follereau, j'ai eu un souvenir d'écolier. Notre classe, en 1971 ou 1972, avait assister à un conférence, à la Maison du Peuple à La Chaux-de-Fonds, de ce journaliste écrivain qui récoltait de fonds pour lutter contre la lèpre.
Boulevard de Barbes, un bug, une embrouille, un accroc à l'itinéraire, je m'évapore une petite demi-heure dans une grande surface avec espace librairie. Je ne peux pas résister, c'est une chaîne, il faudrait pas, mais je sors de là avec 3 livres.
Au début de la rue Custine pause. Café (d'assez bonne tenue) servi avec un verre d'eau et un sandwich au pâté. Ecriture et lecture.
Rue Becquerel, je monte les escaliers de la Butte au pas de course.
J'ai toujours aimé la vue et l'ambiance du Parvis du Sacré Coeur.
La Place du Tertre, je l'ai vue pour la première fois en 1968 ( j'avais 11 ans)!
La rue Caulaicourt passe au-dessus du cimetière Montmartre. C'est une passerelle en fer, on voit au loin La Dame de fer, un morceau, le haut.
En 1968, avec mon frère et ma soeur, nous avions fait une balade sur des ânes, sans doute au parc Monceau. Aujourd'hui, je n'ai pas vu d'équidés. Mais une belle collection d'arbres aux essences multiples.
Une mendiante se fond, avenue Hoche entre les grosses voitures et les palaces. Nous arrivons dans un autre monde.
Les Champs, c'était sympa en 1975...
J'ai toujours aimé la Place de la Concorde. Dans mes rêves, je descends au Crillon...
J'ai connu le vrai Olympia, boulevard des Capucines. J'y ai vu trois soectacles. En 1975, Monsieur 100.000 Volts, en 78 ou 79 Véronique Sanson et début des années 1980, Paolo Conte.
Opéra, il y a une dizaine d'année j 'ai vu La Flûte enchantées de Mozart à Garnier. La grève, je ne sais plus quel corps de métier, empêchait la mise en scène et les décors. On a pu se concentré sur le chant et la musique.
Hasard, ce soir c'est aussi Mozart. Je partage une baignoire avec deux chinois, un abandonnera à l'entracte, deux anglais, un espagnol et deux français. Baignoire intercontinentale. Il y avait du monde dans le bain.
On jouait La Clémence de Titus de Mozart.
Après avoir écouté pendant des mois de la musique compressée, il faut quelques minutes pour remettre les paramètre du son pur, sans micro et autres techniques, à niveau.
Sur scène (à Genève, Vienne et Paris) j'ai vu Les Noces (plusieurs fois), Don Giovanni, La Flûte (plusieurs fois), l'Enlèvement et le Cosi (plusieurs fois). Je ne connaissais pas, à part quelques airs, la Clémence de Titus. J'ai eu un choc musical. C'est un Mozart différent, magnifique.
Le "Parto, parto" (acte 1), soutenu par la clarinette était un moment hors du temps, un instant magique, j'en avais les frissons.
Un coup de foudre pour cet opéra.
Le public a été très chaleureux à la fin du spectacle.

La une du journal "Le Monde", annonce la mort de Jean D'Ormesson.

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04 décembre 2017

Nuit 11/16 - Paris 1/5 - La marquise

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

Antoni Caba - Portrait de la marquise de Castellflorite - 1880

"Voici votre carte d'embarquement, sortie F16, siège 22a, embarquement à 12:30. Bon voyage".
Le secteur français de l'aéroport de Genève/Cointrin est minuscule. Les passagers patientent sur des chaises inconfortables. Un magasin de souvenirs, de journaux et de chocolat suisse permet d'écouler les devises restantes avant de s'envoler. Un vague restaurant propose des boissons et quelques nourritures, hors de prix. On règle en € ou en CHF.
Le tableau affichant le départ des vols est clair, c'est la pagaille.
Départ retardé de 30 mn, en raison de l'arrivée tardive de l'avion..! 
La prochaine fois, on ira à pied, comme Rousseau.

La salle de bain ressemble à un sauna, la marquise aime les bains très chaud. Elle paresse depuis une heure dans la mousse aux effluves de verveine.

Le téléphone couine, un messager apporte des nouvelles par TEXTO "Le départ du vol AF1743 est maintenant prévu à 13:45 le 04/12. Merci de respecter l'heure limite d'enregistrement initiale indiquée sur la carte d'embarquement".
Des toiles d'araignées se forment entre les sièges de la salle d'attente et les passagers. Un concierge époussette tous les quart d'heure ces méfaits provoqué par l'engorgement du ciel. 

Hortense, la bonne à tout faire, habille, parfume et coiffe la marquise. C'est lundi, jour de réception. La marquise reçoit de 5 à 7. 

Trois petites notes de musique puis une voix masculine, enjoué et encourageante annonce que le vol AF1743 décollera à 13:50.
Une jeune femme se ronge les ongles, elle ne trouve pas de fumoir et le temps d'attente de sa correspondance  à CDG, pour La Havane, fond comme neige au soleil.


La marquise ne prend jamais l'avion, ni le bateau. Elle commande, pour aller vagabonder, des Uber, c'est si émoustillant.


13:00, secteur français de l'aéroport de Genève/Cointrin, l'encéphalogramme est plat.


La marquise déjeune. Hortense lui a préparé des pieds de porc au madère. La marotte du moment avec les carottes Vichy et le rösti au lardon. Pour le dessert elle dévore une Sacher XXL, envoyée de chez Demel, café/pâtisserie situé à deux pas de la Hofburg à Vienne. Le meilleure moment de la journée, pour aller chez Demel, c'est le matin vers 10:00. La foule dort encore. Commander un café et un morceau d'Apfelstrudel, c'est un moment de grâce avant d'entamer une journée viennoise.  Le lyonais, le tourangeau et même le parisien ignore le Gemütlichkeit qui se pratique de Vienne à Berlin en passant par la Ville fédérale.


"PNC, décollage dans une minute"
Le vol AF1743 décolle avec son lot de passagers entassés,  6 par rangée dans un Airbus A318 d'Air France. L'avion survole le Léman avant de faire un virage, de passer au-dessus de la Dôle et de disparaitre à l'horizon. Les sommets jurassiens sont enneigés.
Des sandwichs au fromage de brebis et poivronade et des boissons chaudes, thé ou café, sont servis  à bord. Deux hôtesses de l'air en font la distribution. 


La marquise habite au  132 Boulevard Richard-Lenoir, dans le 11e à Paris. La cuisine, et, en enfilade, la salle à manger, le salon de musique et la bibliothèque occupent le rez-de-chaussée.  Le lundi de réception, le valet de pied ouvre les cloisons pour former un grand salon. les chambres sont à l'étage.


"Charles!", s'écrie la marquise.
Malgré un espace aérien surchargé, le tapis des bagages en panne, un RER B bondé, Charles arrive à temps pour un baise main conventionnel. 
La marquise est vêtue d'une robe bleue, assortie au papier peint de la cage d'escalier.
La marquise et Charles s'éclipsent pour un 5 à 7 en tête à tête dans un pied à terre avec terrasse, situé dans une impasse du 11e. 


Dans le murmure des conversations une bouche de ténor,  remplie de petits four, lance "Et la Marquise?" Une basse, se gargarisant au Dom Perignon 1966, répond "La marquise sortit à cinq heures"." Paul Valéry" ajouta Jim, qui ne manquait aucun goûter dînatoire concocté par la marquise et qui louchait sur le béluga. "Phrase attribuée au poète par André Breton" rectifia Miss Marpel qui avait accaparé le plat d'ortolans, spécialité prisée par Napoléon III, Alexandre Dumas et F.M."mais, il y a des doutes..." pensa Anne, trop absorbée à décortiquer un homard bleu, pour parler à voix haute.
La pendule marque 18:55 et le valet de pied commence à évacuer les invités, avec gentillesse et fermeté. Le buffet est dévasté, les cadavres de Dom Perignon 1966, s'entassent dans les rafraîchissoirs. 


Il fait froid, le ciel est couvert, on entend au loin les avion qui décollent. C''est l'hiver. Rousseau arrive aux portes de Paris.

 

"La marquise sortit à cinq heures"...

phrase attribuée par André Breton à Paul Valéry, mais, il y a des doutes...

 

Devoir-Jeu Numéro 4 !

Il s'agit d'étoffer cette simple phrase pour en faire... toute une histoire !

Posté par jeanjacques1957 à 23:15 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
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