02 octobre 2017

L'offre et la demande, jusqu'à saturation...

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

Parfois, comme cette-fois-ci, il y a une consigne supplémentaire:

Jeu des Papous

1) Commencez impérativement votre texte par la phrase suivante : "Ça a débuté comme ça." (emprunt à Louis-Ferdinand, qui voyage au bout de la nuit.)

2) Terminez impérativement votre texte par la phrase suivante : "En fait, Madame Polant déléguée par la famille avait seule suivi le corbillard." (emprunt à Maurice des Grandes familles.)

Entre les deux, casez ce que vous voulez !

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Ça a débuté comme ça. Le père Maxime, béret vissé sur la tête, vêtu d'un costume aux couleurs indéfinissables, s'est penché vers la vitrine pour regarder un éclair au chocolat. Il en avait envie. Il soupira, réfléchit, il regarda longuement la pâtisserie et se décida. Il franchit la porte de la boulangerie-pâtisserie. La patronne fut surprise de voir le père Maxime dans son magasin. On chuchotait, dans le village, qu'il dormait sur un magot et que son porte-monnaie avait des toiles d'araignée.
-C'est un pingre et un grippe-sou disait de lui Martha, une parente éloignée.
-Bonjour, monsieur...
-Bonjour, bonjour, je voudrais l'éclair au chocolat qui est dans la vitrine.
La patronne mit la pâtisserie dans un petit carton. Elle encaissa, le père Maxime salua et sortit.
Le lendemain il restait une tartelette aux framboises. Il salua et emporta la fine pâtisserie. Personne, dans le village ne se souvenait l'avoir vu faire des dépenses, encore moins pour des sucreries.
Le troisième jour, il restait un diplomate et un baba au rhum. Le père Maxime salua prestement en emportant son butin.
Le village commença à jaser. Que se passait-il?
On interrogea Martha, sa proche parente. Elle criait à qui voulait l'entendre:
-Balivernes que tout cela. C'est un pingre et un grippe-sou.
Au fil des jours les pâtisseries se mirent à fourmiller dans la vitrine. Il prenait tout.
Les semaines passèrent et l'on vit le père Maxime à l'étroit dans son costume aux couleurs indéfinissables.
Madame Polant, une autre parente, qui suivait tous les cortège funèbres, disait à voix basse:
-Si c'est pas malheureux de dilapider son patrimoine dans de la pâtisserie.
Madame Polant et Martha étaient les principales héritières du père Maxime. Elles veillaient à leur façon sur le magot. Il y avait bien de la famille à Paris, mais on oublierait de les prévenir. Martha en ferait son affaire auprès du notaire, un cousin à elle.
La patronne de la boulangerie-pâtisserie avait engagé un commis. On ne cuisait presque plus de pain. On faisait des pâtisseries jour et nuit. Il n'y en avait jamais assez.
Le père Maxime devint énorme. Une fillette le poussait désormais dans une fauteuil roulant.
On passait directement à l'arrière-boutique située sur le côté du magasin. Les cartons de babas, de Paris-Brest, d'éclairs au chocolat, au café ou à la vanille, de tartelettes et de bien d'autres merveilles étaient entassé sur une charrette que tirait le frère de la fillette.
Les saisons rythmaient le choix de la garnitures des différentes pâtisseries. Les années passaient. Il y avait maintenant 3 commis qui faisaient les 3 huit. On avait testé toutes les recettes existantes.
A trois heures de l'après-midi, l'activité du village cessait. Les habitants se massaient dans la rue principale pour regarder un étrange cortège. Une fauteuil roulant avançait lentement au milieu de la rue. Trois fillettes, poussaient l'énorme masse de chair du père Maxime. Trois garçons tiraient une charrette lourdement chargée de cartons débordant de pâtisseries. Les six enfants du clerc de notaire avaient étés réquisitionnés au fil du temps.
Martha courrait les ruelles du village en chemise de nuit en braillant:
-Du baratin, c'est un pingre et un grippe-sou.
Madame Polant scrutait avec anxiété la diminution du magot.
Le notaire se décida à écrire une lettre urgente aux cousins de Paris de son client, pour décrire le chaos qui régnait au village. Tout cela est crée par votre oncle Maxime. Je vous signale qu'il y a un testament. Il écrivit en lettres minuscule la suite. Il ne devrait pas, mais la situation l'exigeait. Les deux folles du village pensent hériter, mais elles ne toucheront que le minimum légal. C'est vous les héritiers. Le magot sera dans quelques mois dilapidé sous forme de sucre, farines diverses et avariées (parfois), d'oeufs, de vanille et autres cerises sur le gâteau. Bientôt il n'y aura plus que quelques miettes de baba.
Marthe mourut un matin d'octobre. Madame Polant jubila, la voie était libre.
Elle se précipita chez le père Maxime. En ouvrant la porte, elle resta interdite sur le palier, blanche comme un linge.
Une ribambelle de cousins de Paris, attablés à la cuisine dévoraient le stock de pâtisserie de la veille. Le père Maxime se noyait lentement dans sa propre graisse. Il n'avait rien pu manger depuis la veille.
-Entrez, ma très lointaine cousine. Il faut que vous alliez chercher Marthe.
-Oui, cette autre lointaine cousine, ajouta une autre voix.
-Elle est morte Marthe. On l'enterre dans trois jours.
Il y eu un long silence. On entendait juste le bruit des mandibules des cousins de Paris, qui s'empiffraient, et le ronronnement de la liposuceuse qui dégonflait l'oncle.
On vit madame Polant, ressortir de chez sont très lointain oncle, cramoisie de colère, un baba au rhum en travers de la gorge. Elle ne digérait pas cette humiliation que lui infligeait les cousins gloutons de Paris.
L'enterrement de Marthe se déroula dans l'indifférence générale.
En fait, Madame Polant déléguée par la famille avait seule suivi le corbillard.

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01 octobre 2017

Balade urbaine et nocturne

Balade au clair d'un croissant de lune, dans la Ville fédérale.
Café au Colonial bar, où trône, sur le bar, un magnifique bouquet composé de lys blancs.

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30 septembre 2017

Soir d'automne

Samedi soir, c'est jazz...
Il pleut... L'Été, le bel été n'est plus qu'un souvenir merveilleux...
La cafetière italienne siffle dans la solitude froide de ce samedi soir. Laurent Terzieff dit des poèmes de René Char, ailleurs c'est une magnifique production de La donna del lago, de Rossini, qui charme l'oreille.
Mais c'est le silence, un étrange silence, qui déchire l'âme.

OPÉRA

La Donna del Lago
, de Gioachino Rossini Livret d'Andrea Leone Tottola d'après le poème 'La Dame du Lac' de Sir Walter Scott
The Metropolitan Opera Orchestra & Chorus, Michele Mariotti (direction) Donald Palumbo (chef de choeur)
Paul Curran (mise en scène) Kevin Knight (décors et costumes), Duane Schuler (lumières), Driscoll Otto (projection)
Joyce DiDonato (Elena) Juan Diego Flórez (Giacomo V) Daniela Barcellona (Malcolm) Eduardo Valdes (Serano) Oren Gradus (Duglas d'Angus) John Osborn (Rodrigo Di Dhu) Olga Makarina (Albina) Gregory Schmidt (Bertram)
Enregistré au Metropolitan Opera de New York en 2015
Prochaines diffusions
03/10 - 08h36 sur mezzo
07/10 - 08h36 sur mezzo
19/10 - 12h35 sur mezzo
22/10 - 16h35 sur mezzo

Les voix sont extraordinaire et la musique de Rossini brillante.
Le public du Met est enthousiaste.
On cite souvent une lettre du grand poète italien, Giacomo Leopardi, qui écrivit à son frère, après avoir vu La Donna au Teatro Argentina de Rome : " exécutée par des voix surprenante, voilà une chose prodigieuse; je pourrais presque en pleurer, si le don des larmes ne m'avait été enlevé"
Dans mille et un opéras de Piotr Kaminski (Ed. Fayard 2003), l'article sur La Donna se termine ainsi: "Il flotte, sur cette partition, une brume mélancolique tout à fait nouvelle chez Rossini"

Un extrait de cette production:

La Donna del Lago: "Cielo! in qual estasi" (DiDonato, Flόrez)


POÉSIE

Poètes d'aujourd'hui: René Char dit par Laurent Terzieff


JAZZ

Nathaniel Adams Coles
, dit Nat King Cole, est un chanteur et pianiste américain de jazz et de rhythm and blues, né le 17 mars 1919 à Montgomery (Alabama), et mort le 15 février 1965 à Santa Monica (Californie). Associé au courant du jazz vocal, il est l'un des plus grands crooners des année 1950.


nat king cole caravan

 

Nat King Cole - You're Looking At Me (Alternate Take) (1957)

 

NAT KING COLE TRIO - Pitchin' Up the Boogie (1943)

 

Let There Be Love - Nat 'King' Cole (1962) (Vinyl Rip)

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27 septembre 2017

Dimanche (suite)

Balade de dimanche 24 septembre 2017

... Traversée du village Wahlendorf puis arrivée à Säriswil...

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26 septembre 2017

Nostalgie du soir...

 

Gabriel Fauré - Apres un Reve, Cello and Piano


Erik Satie - Gymnopédie No.1

Erik Satie - Once Upon A Time In Paris

 

Dvorak - Romance for piano and violin, Op.11

 

Léopold Simoneau; "Abendempfindung" Wolfgang Amadeus Mozart

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25 septembre 2017

Bern - La roseraie

Debussy Pélude No 2. Feuilles mortes.

La roseraie, le lundi 25 septembre 2015

Encore quelques jours de congé... Quelques jours pour s'enivrer de l'automne naissant...
Les cerisiers du Japons de la roseraie sont rouges, cramoisis
Asters, colchiques, roses
Encore quelques jours de congé... Quelques jours pour se gaver de l'automne naissant...
L'automne, les brumes dans la plaine
Des mouettes qui piaillent derrière un tracteur qui laboure un champs
Une pluie de feuilles qui tombent sur la rue
Un gars qui tous les matins balaie les feuilles déclarées mortes

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24 septembre 2017

Dimanche

Balade du coté de Wahlendorf, dans une campagne silencieuse et baignée de soleil. Les couleurs d'automne s'affichent peu à peu.

Encore un beau dimanche

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23 septembre 2017

Automne - Vacances scolaires

Cohue à l'aéroport de Berne-Belp, c'est le début des vacances scolaires d'automne. Les écoles ferment pour trois semaines. Il y avait 12 vols de prévus au départ du petit aéroport de campagne.
En ville, l'Adriano's bar ronronne. Les deux ventilateurs fichés au plafond font de la figuration jusqu'aux prochaines chaleurs. La presse du jour tente de rassurer les lecteurs sur la marche du monde.
Dans la campagne de Wabern, les arbres se colorent...
Dégustation de framboises, achetées dans une  ferme.
En rentrant, on bute sur des armes laissées devant la porte. Les enfants du rez-de-chaussée et du premier ont joué à la guerre...

                                                                               

JAZZ

Albert George Shearing (né le 13 aout 1919 à Londres et mort le 14 février 2011 à New York) est un pianiste anglais, aussi accordéoniste, compositeur et chef d'orchestre de jazz.

The George Shearing Quintet: Caravan, grabado En Vivo At The Claremont College (California)

 

George Shearing Early Autumn

 

george shearing - september in the rain

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22 septembre 2017

Equinoxe d'automne


Équinoxe d'automne à 22:02

L'été russe - Fermeture définitive

 

Ce vendredi 22 septembre, à 22:02, heure locale en Suisse, ce sera l'équinoxe d'automne. L'été astronomique s'achèvera à 22:01. L'été météorologique est depuis longtemps dans les poubelles de l'histoire. Il s'est terminé le 31 août à minuit. L'été phénologique a pris fin courant août, avec, pour Berne, la maturation des quetsches. L'Été, le bel été se maintient donc à coup d'artifice depuis plusieurs jours. La belle lumière du soir, elle, traverse toutes les saisons...
Une pancarte clouée sur la porte d'entrée indique: "Fermeture définitive". L'été russe, c'est fini...
L'expression "musique à programme" est apparue avec Franz Liszt au XIXe siècle. Parfois, les compositeurs, gardaient secret ce qui inspirait leur programme. Il en sera de même pour le choix du titre "L'été russe", leitmotiv de cet été 2017. Le choix et l'explication resteront confinés à quelques initiés. C'est une réponse possible à une lectrice, qui, dans un commentaire, s'interrogeait de ce que de russe avait cet été 2017.
Les étés en Suisse devraient être pluvieux. En lisant le volumineux journal de Frédéric Amiel, on compte un ou deux jours de beau temps par semaine les mois d'été. En parcourant mes carnets, il est souvent question de pluie en été. L'Été, le bel été, a modifié son profil depuis quelques années. L'été est devenu brûlant et semble interminable. En lisant les blogs et en regardant les youtubeurs, on constate cette lassitude de la belle saison. Pour la première fois, je n'échappe pas à cette grogne générale! Trop d'été tue la saison. Cette nausée pourrait être l'accumulation de moult étés au fil des décennies. Les guérisseurs de l'âme se penchent sur la question.
La cafetière italienne siffle sur la gazinière, les chats du quartier s'enfoncent dans la nuit pour une partie de chasse et l'Été, le bel été, déballe ses malles dans un autre hémisphère.
Il ne reste plus qu'à s'enfoncer dans le voluptueux spleen d'automne.

Adieu donc
enfants de mon coeur

 

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21 septembre 2017

L'été russe - Hohsaas, 3142m

Magnifique journée...
Berne - Viège en wagon restaurant
Viège - Saas-Grund en car postal
Saas-Grund - Kreuzboden en télécabine
Kreuzboden - Hohsaas en télécabine

Hohsaas est à 3142m. Petite marche d'une vingtaine de minutes pour atteindre un point de vue situé une centaine de mètres plus haut. La vue est extraordinaire. On voit le Dom (dernière photo) qui culmine à 4545m. C'est le plus haut sommet entièrement en Suisse.

 

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