10 octobre 2019

Valse triste pour piano & orchestre pour un soir d'automne, sous le regard de la lune blafarde, dans une nuit glaciale ...

La lune est ronde, elle a deux yeux, un nez, une bouche ...
Dans un carrefour peu éclairé, un couple danse une valse, une valse lente et triste ...
Des feuilles tombent des arbres en silence. Elle sont mortes.

C'est la morte saison qui commence. Là-bas très loin on entend comme un bruit sourd, le ressac de l'Atlantique.

La lune est ronde,  elle a deux yeux, un nez, une bouche ...
La valse lente s'abime dans la tristesse, au milieu d'un carrefour peu éclairé.
Des notes jouées sur un piano s'échappent d'un vasistas entrouvert.

Un couple danse une valse triste au clair d'une lune blafarde dans une nuit glaciale.

Plus tard, inévitablement, un chat passera en siflotant un air de jazz ...

Paul Ladmirault est un compositeur français, né à Nantes le 8 décembre 1877 et mort dans son ermitage de Kerbili à Camoël dans le Morbihan le 30 octobre 1944. Militant breton, revendiquant l'autonomie culturelle de la Bretagne, il parle breton et prend part à des groupements culturels et artistiques.

Paul Emile Ladmirault, Valse triste pour piano & orchestre

Colette Diard, piano
Orchestre de Bretagne
Stefan Sanderling, chef d'orchestre

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07 octobre 2019

Le pont en pierre

Devoir de Lakevio du Goût N° 11

"Ce serait bien que ces mots, par lesquels vous commencerez votre devoir, vous inspirent :

« Sur l’onde calme et noire où dorment les étoiles… »

Et vous le terminerez par cette phrase de Patrick, non, pas « Patriiiick ! », l’autre, Modiano : « Encore aujourd’hui, il m’arrive d’entendre, le soir, une voix qui m’appelle par mon prénom, dans la rue. » Entre les deux, vous contez sans compter… À lundi."
Le goût se lit ICI


Le pont en pierre

« Sur l’onde calme et noire où dorment les étoiles… »
Accoudé sur le parapet d’un pont en pierre qui surplombe la rivière, je fixe l’eau sombre. Les arbres, touffus à cet endroit, forment un toit au-dessus du cours d’eau. Il est presque minuit, les feuillages cachent la voûte céleste. L’obscurité est accrue par cette nuit sans lune. 

Tous les soirs, quand retentit une cloche lointaine qui égrène les douze coups de minuit, une forme blanche, légère et irréelle dérive au gré du courant de la rivière. Elle flotte entre deux eaux. Quelques grillons chantent des amours disparus. Des lucioles, lumignons argentés, accompagnent le passage de ce fantôme blanc. L’hiver, quand la rivière est gelée, la glace se retire pour laisser passer ce lys immaculé qui depuis la nuit des temps passe sous le pont de pierre.

Tous les soirs je quitte le pavillon que je loue pendant l’Été, le bel été. C’est un vestige de l’exposition nationale de 1896 qui se déroulait à Genève. Démonté, il a été reconstruit 150 kilomètres plus loin, au bord du plus grand lac entièrement en Suisse, à l’extrémité d’une plage de galets. La rivière que je remonte chaque soir jusqu’au pont de pierre se jette dans le lac où meurt lentement cette plage de galets, rongée par les vagues. Avant de traverser la plaine, le cours d’eau a creusé des gorges qui, à la belle saison attirent les promeneurs.

Un falot-tempête que je porte à bout de bras me guide sur le sentier qui borde la rivière. Le silence est bercé par une brise légère, quelques hululements d’une chouette (une chouette histoire dixit Le Goût !) qui part à la chasse aux rongeurs inquiètent, les grillons se sont tus. 

Un froissement d’aile, des brindilles qui volent en tous sens, le cris d’un mulot, une tache sombre qui se fond dans le ciel noir, les respirations reprennent, la souris compte ses petits, le concert des grillons redouble d’ardeur, la nuit sera douce.

Je pose le falot-tempête sur le parapet du pont en pierre. L’eau sombre glisse, saupoudrée d’étoiles, vers les eaux saumâtres du lac.  
Un silure inspecte les lieux puis l’ombre blanche passent, ses voiles blancs font comme une traîne. Je jette une tresse de fleurs qui s’accroche à son bras. Je murmure « Je t’aime Ophélie ». 

Les rumeurs de la ville chuchotent que ce vieillard qui bat le pavé de sa cane, tard dans la nuit, passait les Étés, les beaux étés de sa jeunesse dans un pavillon au bord du lac. On raconte l’avoir vu à minuit sur un pont en pierre parlant tout seul. Un berger qui gardait un troupeau de moutons dans la plaine ajoute qu’il aurait entendu prononcer le prénom d’une jeune femme, mais c’est si lointain cette histoire il a oublié. Il se dit qu'un fantôme en forme de lys passe sous le pont de pierre. Des poètes en parlent dans des textes énigmatiques.

Parfois des fêtards se postent sur le pont en pierre à minuit. Ils braillent, ils pissent dans l'eau sombre debout sur le parapet. Tout se fige de stupeur dans ces instants de désordre. La troupe repart, bruyante et hilare, l'un d'eux trempé est tombé dans la rivière.  Ils n'ont pas vu de fantôme, personne n'a jamais rien vu.

Si l'on s'approchait du vieillard qui, toutes les nuits arpente la ville en cherchant désespérément un pont dans cette ville désertique, et que l'on collerait son oreille contre ses lèvres qui bouge sans fin, on l'entendrait murmurer ...
« Encore aujourd’hui, il m’arrive d’entendre, le soir, une voix qui m’appelle par mon prénom, dans la rue. »

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05 octobre 2019

Lapins et chat

Samedi soir
La suite pour violoncelle et orchestre op. 50, Im Walde, de David Popper nous plonge dans une soirée automnale, pluvieuse et mystérieuse. Les papillons de nuit et les abeilles égarées ne participent plus aux soirées musicales dans la cuisine. La rigueur du climat d'automne en est la cause indique, en lettres cyrilliques, un petit imprimé collé sur l'oeil de boeuf. Seule la cafetière traverse sans rechigner les saisons.
L'oeil de boeuf est ouvert et on entend, en fond sonore, comme le grattement lorsqu'on écoute un disque 78 tours minute sur un gramophone, la pluie qui mouille la musique de David Popper.
Le café fume dans le tasse blanche. Le violoncelle joue la danse des gnomes et une furieuse envie de danser une valse saisi les jambes du chroniqueurs. Il s'échine, sur une vieille machine à écrire Remington, à taper le compte rendu de la journée. 
La troisième et dernière semaine des vacances scolaires commence lundi. La Ville fédérale est encore très calme. Dans la maison, les enfants du rez-de-chausée et ceux du premier étage ont emmené leurs parents en voyage. La maison est silencieuse et vide. Il n'y a de la lumière que dans la cuisine et dans le salon du 2e étage. Les étudiants du minuscule appartement sous les toits sont encore en Italie.
Me voilà donc responsable des lapins et de Paola, la chatte. Je prépare un plat de légumes le soir pour les lapins nains et deux fois par jour je rempli la gamelle de Paola. Désoeuvrée, Paola erre à la recherche d'une âme qui lui donnerait un petit supplément de nourriture. Si on l'écoutait, elle dévorerait des paquets entiers toute la journée. Pour ce premier soir, j'ai craqué à ses avances, elle sait nous charmer, et elle a reçu un supplément...

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Musique pour un samedi soir automnal et pluvieux
David Popper, né à Prague le 6 juin 1843 et mort à Baden bei Wien le 7 août 1913, est un violoncelliste (et compositeur) originaire de Bohême, sujet austro-hongrois qui fit carrière dans l'Empire autrichien.
David Popper, Im Walde, suite pour violoncelle et orchestre op. 50 (1882)

David Popper, Im Walde, suite pour violoncelle et orchestre op. 50 (1882)

1. Eintritt
2. Gnomentanz
3. Andacht
4. Reigen
5. Herbstblume
6. Heimkehr

Antonio Meneses, violoncello
Sinfonieorchester Basel
Ronald Zollman, chef d'orchestre

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03 octobre 2019

Encore un beau ciel, un coucher de soleil de premier ordre, demain la pluie est prévue sur les cartes des météorologues

La saison des couchers de soleil est courte. Le soleil ne tenant pas en place et se délaçant sans cesse sur la ligne d'horizon, c'est maintenant qu'il est visible depuis la cuisine et le balcon. Il faut se gaver de ce spectacle avant les nuits d'hiver.
La symphonie no1 de Paul Le Flem illustre à la perfection ces minutes où le soleil jette ses derniers rayons dans l'espace avant de se coucher ici et de se lever ailleurs. En fait il ne se couche jamais. Il est increvable.
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Marie Paul Achille Auguste Le Flem, dit Paul Le Flem, né à Radon (Orne) le 18 mars 1881, et mort à Tréguier le 31 juillet 1984 à l'âge de 103 ans, est un compositeur français. Ses compositions vont du genre symphonique (quatre symphonies) à la sonate en passant par la musique de chambre et les œuvres lyriques. Attaché à la Bretagne, il s'inspire de la langue, des paysages, des légendes et du folklore. (Source Wikipédia)

La symphonie no1 est composée entre 1906 et 1908, la 2e entre1956 et 1958, la 3e entre 1967-1970 et la 4e en 1974 et 1975.

Il est contraint d'abandonner la composition en 1976, à l'âge de 95 ans, en raison de sa cécité.

Paul le Flem, Symphony No 1 in A Major

1. Lent – animé
2. Lent
3. Scherzo: assez animé
4. Finale: assez animé

Orchestre de Bretagne
Claude Schnitzler, chef d'orchestre

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01 octobre 2019

Il cielo

Ciel du 1er octobre à Berne vers 17h20
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Lucio Dalla: il cielo - 45 giri "Il cielo / 1999" (1967)

Il cielo,
la terra finisce e lì comincia il cielo
Lo sguardo,
ed anche stasera fa pensare a te

Il cielo,
vicino e lontano vedo sempre il cielo
Ricordo,
lo stesso colore in fondo agli occhi tuoi

Si può volare oltre le nuvole,
ma sempre in alto lo vedrai

Il cielo,
si perde il pensiero quando guardo il cielo
ed ecco
ritorna il ricordo dolce che ho di te

Si può volare fra le stelle
ma sempre in alto troverai

La terra finisce e la comincia il cielo
oh cielo
perché non la fai tornare insieme a me

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29 septembre 2019

Journée automnale baignée de soleil. Une journée magnifique.
Bref passage à Interlaken :
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La Ville fédérale est calme. Une semaine de vacances scolaires est passée, il en reste deux. A partir de lundi, c'est pratiquement toutes les écoles de la Suisse romande qui seront fermées pour quinze jours.
Mon réveil n'en a cure et sonnera demain matin à 04h03 !

En fin de journée, café au Colonial bar. Un espresso "orang outan". Dans un coin du bar, un splendid bouquet aux parfums de l'automne.

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Leevi Madetoja (prononciation : /ˈmɑdet.ˈojɑ/) est un compositeur finlandais, né le 17 février 1887 à Oulu, mort le 6 octobre 1947 à Helsinki.

Leevi Madetoja, Symphony No 2 (1916)

Leevi Madetoja, Symphony No. 2 (1916) (histoire de la composition de cette symphonie ICI)

1. Allegro Moderato
2. Andante
3. Allegro Non Troppo
4. Epilogue - Andantino

Helsinki Philharmonic Orchestra
John Storgårds, chef d'orchestre

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28 septembre 2019

Regarder les couchers de soleil, encore et encore ...

Coucher de soleil du 28 septembre 2019

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MUSIQUE POUR UN SAMEDI SOIR DE FIN SEPTEMBRE...

Une musique un peu abstraite, à écouter dans un mobilier urbain des années 1950. J'imaginais écouter ce concerto chez ma grand-mère paternelle, dans son appartement faisant partie d'une maisonnette construite à l'aube de 1960. Elle possédait dans son salon un poste de radio sur lequel j'écoutais le monde entier, Radio Tirana, Radio Moscou ou Chine Nouvelle. Tous ces programmes racontaient des récoltes record de blé, des ouvriers heureux de vivre, des statistiques de production en hausse constante et passaient des musiques que je trouvais démodées. J'étais fasciné par ces rapports interminables lus d'une voix monocorde, et je me demandais qui écoutait ces charabias.
Cette musique me rappelle ces moments.

Ernest Bloch
, né à Genève (Suisse) le 24 juillet 1880 et mort le 15 juillet 1959 à Portland (États-Unis), est un compositeur, un violoniste, un chef d'orchestre et un pédagogue suisse naturalisé américain.

Ernest Bloch, Concerto Grosso No 1

Ernest Bloch, Concerto Grosso No. 1

1. Prelude: Allegro Energico e Pesante
2. Dirge: Andante Moderato
3. Pastorale and rustic dances
4. Fugue

Eastman-Rochester Orchestra
Herman Herbert, chef d'orchestre

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25 septembre 2019

La désalpe - Le film

Samedi 21 septembre c'était la désalpe dans le village des vacances de mon enfance. J'ai filmé quelques plans de cette 44e éditions.

La désalpe de Lignières - 44e édition

La désalpe de Lignières - 44e édition
Un été en Suisse
Les actualités
Un regard subjectif sur le cortège de la 44e désalpe de Lignières
Filmé le samedi 21 septembre 2019 à Lignières
Parmi les spectateurs :
Ariane, Alfred, Luce
Susanne et Mariella dans la loge VIP

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23 septembre 2019

Un été en Suisse - Dernier tour de piste

 

L'Été, le bel été s'en va à 09h49

Équinoxe d'automne à 09h50

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Brigerbad, le 11 septembre 2019

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C'est l'automne...

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22 septembre 2019

Un été en Suisse - Histoire de roses, un café à la Roseraie, une escapade à Berthoud avec un café à la clé, de la musique

Les vacances scolaires commencent demain. La Ville fédérale se vide, elle va vivre trois semaines au ralenti. Ces vacances automnales ont toujours eu plus de répercutions sur la vie de la capitale que les vacances d'été. Les familles partent à cette période.
Ce soir, il pleut un peu, un tout petit peu. Il faut beaucoup de pluie. La nature est desséchée.
Promenade dans la roseraie de la Ville fédérale ce dernier dimanche de l'Été, du bel été.

Photographies de haut en bas, de gauche à droite :
Eclipse, Nicolas 1935 ; Charlie Chaplin, Tschanz 1989 ; Circus Knie, Huber 1975 ; Black Night, Huber 1975 ; Wunter Sun, Kordes 2010 (2 photographies)
Ce sont toutes des hybrides de thé
De haut en bas de gauche à droite
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Concert pour un été finissant
Johann Baptist Cramer, né à Mannheim le 24 février 1771 et mort à Londres le 16 avril 1858, est un compositeur et pianiste britannique d'origine allemande.

Johann Baptist Cramer: Concerto no2, en ré mineur, op.16, Howard Shelley (piano, chef d'orchestre)

Johann Baptist Cramer
Concerto no2, en ré mineur, op.16,
Howard Shelley (piano, chef d'orchestre)
London Mozart Players

I. Allegro non tanto – 00:00
II. Andante cantabile – 12:28
III. Rondo: Allegretto – 18:23