05 juin 2017

Portrait minute - L'Été, le bel été

Nota Bene: le samedi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: www.lakevio.canalblog.com

 

Il somnolait sur une banquette mal commode. Il avait peu dormi. La veille, un orage avait éclaté et la pluie s'était installée pour la nuit. Les chats du quartier, peu enclins à se mouiller, avaient organisé une rave party clandestine dans les combles d'une maison voisine. Ils se moquent des lois, qu'ils ignorent, ne sachant pas lire et font un vacarme toute la nuit. Le volume est poussé à fond, les basses font trembler toute la Ville fédérale, les félins éructent, pissent dans les coins, fument de l'herbe, boivent des litres de bière et font des égoportraits qu'ils envoient sur la toile virtuelle.
Un crissement de freins, l'ouverture des portes automatiques le tira d'un cauchemar. Il était en train d'épouser les thèses du président des États-Unis. Une vitre le séparait d'une dame lisant une revue vegan. Elle portait des lunettes de soleil et ressemblait à la fille qui joue Lolita dans le film de Kubrick. Soudain il tressaillit. Derrière la Lolita se tenait une femme. Il la voyait de profil. Il reconnaissait les traits d'un visage familier, elle avait vieilli, comme lui. Elle portait les boucles d'oreille qu'il avait offertes à Gabrielle il y a près de cinquante ans. Il avait devant lui l'amour de sa jeunesse. Il se leva et se précipita vers la porte de sortie, mais le bus démarrait. Il vit la femme disparaître dans la foule puis le bus obliqua... Il retourna s'asseoir au fond du bus.
Le vol SX021, en provenance de Berlin Tegel, passa au-dessus de la vieille ville.
Les nuages s'étaient dissipés, le soleil commençait à chauffer l'air. Les philadelphus embaumaient, de leur parfum enivrant et entêtant les rues de la ville verte.
L'Été, le bel été s'installait...

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05 février 2006

Le déambulateur

Cramponnée à son déambulateur, elle arpente les couloirs blanchis de l’asile ; invectivant tout le monde de psalmodies incompréhensibles, elle paraissait imperméable au bavardage des autres…

Posté par jeanjacques1957 à 08:51 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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01 novembre 2002

Portrait minute

Il pleuvait des feuilles mortes. Assise sur la marche d'un piédestal de statue, une jeune femme attendait. Serrée dans un jean couleur bleu délavé, moulée d'un chandail aux couleurs dissipées, réchauffée par un manteau beige posé sur ses épaules, la tête coiffée d'un bonnet de laine rouge, elle attendait. Les genoux serrés, les pieds en dedans, elle avait l'air d'une petite fille prise en faute. Le soleil, son fiancé, arriva enfin et éclaira son visage. Les voitures, en longues files, passaient leur route indifférentes à ce visage illuminé par l'amour.

Genève, 1er novembre 2002002

Près de l'Hôtel Métropole
Genève

                                                                                                       

Posté par jeanjacques1957 à 18:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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