09 avril 2018

Les sans-têtes

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style.Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

Les dix ...  

Sans-têtes


karin jurick -hands of time

Karin Jurick

Sur ce que vous inspire la toile de Karin Jurick, vous voudrez bien placer les dix mots suivants dans votre texte en les soulignant ou surlignant. pour mieux les repérer.

complémentaire

epoustouflant

respirait

baignade

tortionnaire

chanteur

juger

aberrant

pénitencier

profitera

 

A vos claviers.  Retour lundi. Mais n'en perdez pas la tête !

La salle, vaste, avec une hauteur sous plafond de plus de quatre mètres, n‘avait pas de nom, contrairement à toutes les salles et bureaux de l‘établissement. Elle ne portait pas de numéro et aucun horaire des consultations n‘était visible. La seule fantaisie, dans ce lieu austère, était un petit autocollant fixé sur la chambranle de la porte. On pouvait lire "BAIGNADE interdite“.

Les murs de la salle, noirs, étaient percés de deux fenêtres. Le sol et le plafond, jaune sable, faisaient comme un coin de désert. L‘endroit RESPIRAIT le propre avec une vague odeur de désinfectant. Des bancs, alignés dans la largeur, étaient, pour l‘instant, inoccupés. Au-dessus se balançaient des câbles.

Au fond de la salle un imposant écran plasma diffusait le tirage du numéro COMPLÉMENTAIRE de la loterie nationale. Un fondu enchaîné fit apparaître un CHANTEUR qui se lança dans une reprise "des portes du PÉNITENCIER“, une chanson qui avait, jadis, fait chauffer les saphirs. C‘était au siècle passé, à l‘époque du yéyé. La voix peu assurée de ce chanteur d‘opérette rendait le numéro, à en JUGER, par la passivité du public de ce télé-crochet, peu ÉPOUSTOUFLANT. Un TORTIONNAIRE n’aurait pas mieux réussi pour arracher un aveu ABERRANT de la bouche d’un réfractaire au régime autoritaire mis en place par une junte militaire.

Sur un des bancs, quelqu’un avait gravé, au moyen d’un couteau de poche, “à qui PROFITERA le crime?”

Les premiers patients arrivèrent. C’était un couple de retraités. Ils portaient des tenues estivales, dans les tons ciel. Elle et lui tenaient précieusement un sac de jute. Ils contenaient leur fil de vie, encodé sur des disque durs. Aussitôt assis, des infirmiers se précipitèrent pour s’occuper d’eux. Cette salle, sans nom,  austère et indiquée nulle part dans l’établissement, accueillait les sans-têtes. Ils venaient ici, trois fois par semaine pour une dialyse de l’âme. Les infirmiers branchaient les câbles qui se balançaient au-dessus des bancs sur le reste de leur tête. Ils glissaient ensuite les disques durs, qui se trouvaient dans les sacs de jute, dans des lecteurs de puissants ordinateurs et les patients revivaient leur souvenirs. Officiellement, cette étrange maladie, qui efface peu à peu la tête n’existe pas. La médecine, impuissante, est dans le déni. Peu à peu, la tête s’efface. Il n’y a pas de guérison et l’effacement est plus ou moins rapide. La dialyse de l’âme est la seule parade. 

Bientôt, la salle est pleine et l’on peut observer le ballet-pantomime des infirmiers. Ils connectent les sans-têtes à leur bride de souvenirs.

Par l’une des fenêtres de la salle, on voit le printemps qui démarrent. Dans un pré, un troupeau de vaches est couché sous les arbres. On les imagine ruminer. Elles n’ont pas de têtes.

Jeanne Moreau - Peuplades

 

 

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31 juillet 2017

L'été russe - 31 juillet

En fin de journée, dans la belle lumière du soir, pavois et drapeaux accrochés au Palais fédéral (Parlement), se balançaient dans une brise chaude et mollissante.
Le gens se hâtaient dans la vieille ville. L'horloge du Zytglogge n'allait pas tarder à sonner 5 heures. Aujourd'hui, les magasins fermaient à 17h. Demain c'est le 1er août.
En passant devant l'Adriano's bar, on pouvait entendre une chanson, qui avait en ce lundi, des accents tristes. Une voix familière chantait:
"On s'est connu, on s'est reconnu,
On s'est perdu de vue, on s'est r'perdu d'vue
On s'est retrouvé, on s'est réchauffé,
Puis on s'est séparé.…"

Adieu Jeanne

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04 mai 2017

Cette lumière?

RUMBA DES ÎLES

Le 45 tours, aujourd'hui disparu, éparpillé avec d'autres disques lors d'un déménagement, était devenu presque inaudible tant il avait tourné sur ma platine...
C'est envoûtant...

Jeanne} Cette lumière ?
{Marguerite} La mousson, dessous : le Bengale
{Jeanne} Cette poussière là-bas ?
{Marguerite} Calcutta Central
{Jeanne} Cette rumeur ?
{Marguerite} Le Gange
{Jeanne} Où est-on ?
{Marguerite} L'Ambassade de France aux Indes
{Jeanne} Il y a comme une odeur de fleurs ?
{Marguerite} La lèpre

{Jeanne} Cette couleur verte, elle grandit
{Marguerite} L'océan Indien
{Jeanne} Ces jonques ?
{Marguerite} Le riz. Elles vont vers le grand Mandel
{Jeanne} Sur les talus, ces taches sombres ?
{Marguerite} Les gens. La densité la plus élevée du
monde
{Jeanne} Ces miroirs noirs ?
{Marguerite} La rizière indienne
{Jeanne} Ces lueurs là-bas ? On brûle les morts de la faim?
{Marguerite} Oui. Le jour vient

{Jeanne} Cet amour ?
{Marguerite} L'amour
{Jeanne} On danse à l'autre bout du hall ?
{Marguerite} Des touristes de Ceylan
{Jeanne} Qu'elle est blanche ! Qu'elles sont blanches les
femmes de Calcutta !
{Marguerite} Pendant six mois, elles ne sortent qu'avec le
soir, fuient le soleil
{Jeanne} Morte là-bas ?
{Marguerite} Aux îles, trouvée morte, une nuit

{Jeanne} Ce mot ?
{Marguerite} Désir

{Jeanne} Celle qui vient dans cette odeur de fleurs ?
{Marguerite} Une mendiante
{Jeanne} Folle ?
{Marguerite} C'est ça ! Elle vient de Birmanie
{Jeanne} Maigre !
{Marguerite} La faim
{Jeanne} À Calcutta, elles étaient ensemble ?
{Marguerite} Oui, c'était pendant les mêmes années

Rumba des Îles (Jeanne Moreau/Marguerite Duras)

℗ 1975 Polydor (France). Texte de Marguerite Duras. Musique de Carlos D'Alessio.

 

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20 janvier 2017

Boris Vian

Boris Vian, né le 10 mars 1920 à Ville-d'Avray (Seine-et-Oise, aujourd'hui Hauts-de-Seine) et mort le 23 juin 1959 à Paris 7e arrondissement), est un écrivain français, poète, parolier, chanteur, critique et musicien de jazz (trompettiste), directeur artistique. Ingénieur de l'École centrale, inventeur, normalisateur à l'Association française de normalisation (AFNOR), il est aussi scénariste, traducteur (anglo-américain), conférencier, acteur et peintre.

Boris Vian - "La java des bombes atomiques"

 

Jean-Louis TRISTAN
28/09/1922 - 19/07/2008 Chanteurs Acteurs
De son vrai nom Tristan Georges BASSIÈRE est un acteur et chanteur français né dans le 14ème arrondissement de Paris et décédé à Soissons (Aisne).


Jean Louis Tristan - "C'était un gars" chanson de Boris Vian (Boris Vian/Luiz Bonfa, 1959)

 

boris vian interview

 

Hélène Delavault, née le 2 juin 1950 à Paris, est une chanteuse lyrique.

Hélène Delavault - J'suis snob

 

Visite exclusive chez Boris Vian


Jeanne Moreau est une actrice, chanteuse et réalisatrice française, née le 23 janvier 1928 dans le 10e arrondissement de Paris.

"fais moi mal johnny", chanson de Boris Vian - jeanne moreau

 

Boris Vian à l'ombre du Moulin Rouge1

 

Boris Vian à l'ombre du Moulin Rouge2

Les Frères Jacques est un quatuor vocal français, actif de 1946 à 1982, composé d'André Bellec, Georges Bellec, François Soubeyran et Paul Tourenne. Le groupe a atteint un sommet dans l'art de combiner le chant et le mime, et a interprété des chansons de nombreux auteurs, notamment de Prévert et Kosma (Barbara, En sortant de l'école, parmi de nombreuses autres), de Serge Gainsbourg (Le Poinçonneur des Lilas), de Stéphane Golmann (La Marie-Joseph), ou de de Ricet-Barrier.

"Tango interminable des perceurs de coffre forts" de Boris Vian par Les frères Jacques

 

Boris Vian - "Je Bois"