04 septembre 2017

L'été russe - Le tableau vérité

Nota Bene: le samedi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: www.lakevio.canalblog.com

La cafetière italienne grésille sur les flammes de la gazinière.
Lundi, jour de congé, jour propice pour faire la balade dite de "la classique de l'aéroport".
Une petite heure de marche de Wabern jusqu'à l'aéroport de Belp-Berne. Le ciel est un peu voilé. La température agréable laisse songer que l'arrière-été va se prolonger jusqu'à Noël!  Les asters fleurissent, les framboisiers remontent, les pommes arrivent à maturité et les vaches ruminent, couchées en ligne à la lisière d'un petit bois de sapin. Pendant la pause café, au restaurant de l'aéroport, arrivée du vol SX0601 en provenance de Vienne et du vol AGV33L, vol affrété par Air Glacier, en provenance de "La Madrague" (Saint-Tropez). Les passagers pour Berlin ne vont pas tarder à embarquer...
La cuisine embaume le café. C'est un Candelaria, torréfié à l'Adriano's bar.
Lundi soir, les chefs du monde imaginent, comme tout les débuts de semaine, des scénarios pour déclencher une guerre thermonucléaire.
Lundi soir, je sèche en regardant un tableau qui pourrait nourrir un billet. Ce tableau a été entrevu à l'aéroport. Un passager l'a reçu d'un coursier à vélo. Il a décloué du chassis, roulé et glissé la toile dans sa besace. Il a tranquillement passé la sécurité et s'est installé dans la salle d'attente. On le distingue sur la photographie ci-dessous, en ombre chinoise, portant une casquette. Il a embarqué sur le vol de Berlin.
Lundi soir, l'odeur du café titille les narines. La TSF annonce, au journal de 22h00, le vol d'un tableau au musée d'art de la Ville fédérale. Une toile de valeur. On y voit deux personnages. Les couleurs de cette toile disparue sont automnales. La particularité de ce tableau, est que les deux personnages sont des personnes réelles qui jouent un morceau de leur vie. La police recherche donc un tableau et signale la disparition d'un homme et d'une femme. Après la téléréalité, le tableau vérité remplit les musées de visiteurs avides d'histoires croustillantes.
Je suis donc un témoin clé de cette étrange histoire. Je suis enfermé chez moi. Les chats du quartier font le guet. Une bande très organisée est à l'origine de ce vol.
Lundi soir, je vais me mettre au vert quelques temps. Je quitterai mon appartement par la tuyauterie du lavabo et je passerai une quinzaine à Gspon...

                                                  

Ci-dessous, le tableau...

Posté par jeanjacques1957 à 22:15 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , , , ,


27 août 2017

L'été russe - Nouvelles de la nuit

Un papillon veille sur la nuit. Une nuit d'arrière été...
Un gramophone distille le thème d'Amarcord, mon film culte de Fellini.
Une annonce dans le quotidien Le Temps daté de samedi 26 donne envie d'aller au cinéma. Deneuve-Depardieu, deux monstres, plein de souvenirs sur grand écran...
Vendredi, vu à la librairie Payot, à La Chaux-de-Fonds, la ville de mon enfance, le nouveau Notomb... Déjà! encore? J'ai pas encore lu l'opus 2016...
Quand Amélie émerge au-dessus des piles à lire, c'est signe de fin d'été, de reprise, de rentrée, d'automne, la saison préférée de Lakevio et de Ric.
La musique de Rota passe en boucle...
Les chats du quartier, totalement hermétiques à la musique de Nino et de Schubert, partent à la chasse aux scoops...

Posté par jeanjacques1957 à 22:15 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

14 août 2017

L'été russe - La rentrée

Nota Bene: le samedi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: www.lakevio.canalblog.com
marc chalme

CANULAR

Deux fous, orgueilleux et sourds aux conseils, brûlent d'impatience d'expérimenter, grandeur nature, la guerre thermonucléaire...

 ... Pendant ce temps, attablé au Colonial bar , Jim sirote des espressi en lisant "Ada", un roman d'Antoine Bello. Les perspectives de cette histoire sont inquiétantes...

 ... Une jeune femme, vêtue d'une robe de couleur vert bouteille, tenant un livre à la main, descend avec nonchalance l'escalier de la maison familiale. Elle lit "L'Exil et le Royaume" de Camus. Copyright Librairie Gallimard 1957, Achevé d'imprimer 4 mars 1957, Dépôt Légal 1er Trimestre 1957...

 ... 4 mars 1957, un peu plus de deux mois après la parution du livre, naissait un humanoïde, qui, soixante ans plus tard, se saoulera d'espressi dans la Ville fédérale. Dans deux autres capitales, les maîtres joueront au jeu de "qui perd gagne" afin de savoir qui déclenchera le premier le cataclysme nucléaire...

 ... Pendant ce temps, la jeune femme à la robe de couleur vert bouteille, cherchait sa mère dans les pièce du rez-de-chaussée. Elle avait trouvé dans le recueil de nouvelles une lettre datée de mars 1967. Elle avait reconnu l'écriture de sa grand-mère et la dessinatrice semblait être sa mère...

 ... A Paris, Lakevio, la célèbre galériste, peaufinait l'accrochage de son exposition automnale. Une entreprise de transport réputée venait de lui livrer un tableau mystérieux. Aucun document n'accompagnait cette peinture. On voyait une jeune femme descendant nonchalamment l'escalier de la maison familiale. Elle tenait dans une main les feuillets d'une lettre. La jeune femme, d'une trentaine d'années, vêtue d'une robe de couleur vert bouteille, cherchait sa mère. Elle voulait des explications concernant un embriolo familial dont elle n'avait eu que des explications de façade et qui était détaillé dans une missive oubliée dans un bouquin. Lakevio décida de placer cette toile mystère à l'entrée de la galerie...

 ... - j'ai placé des notes à mettre au propre de façon à créer une histoire, à côté de votre ordi.
- Bien chef, répondit une jeune femme vêtue d'une robe couleur vert bouteille.
- Il faudra faire un effort. La semaine passée, nous avons fait une audience nulle, votre texte était nul. On a perdu 26% de parts de marché. Encore un faux-pas et nous nous quitterons en bons termes....

 ... Pendant ce temps, Jim pensif imagine Ada, intelligence artificielle, vêtue d'une robe vert bouteille. Selon les magazines de mode, la tendance de l'automne 2017 est à la robe de couleur vert bouteille unisexe...

 ... Dans son bureau paysager, la jeune femme ruminait. Elle ne voulait pas être virée. Elle composa un numéro sur le cadran d'un vieil appareil. Elle murmura dans le combiné: - Allô New-York, je voudrais le 22 à Asnières...

 ... Un feuillet du précieux manuscrit par un curieux courant d'air c'est retrouvé dans la rue. Il a échoué sur le comptoir d'un food truck et a servi de cornet pour une portion de frites...

 - c'est toi Amélie? -Oui, Ada -Je t'envoie le brouillon du patron. Il faut que tu me fasses un texte brillant. Je suis virée au moindre point virgule de travers. - Je ferai mon possible, mais je suis en tournée promotionnelle pour mon nouveau roman qui va sortir.

 

NOTES DE BAS DE PAGE Le début du texte est un gazouillis envoyé dimanche. Le compte Twitter peut être identifié en sachant que deux mots ont un #, guerre et thermonucléaire. L'auteur de ce gazouillis tient un blog où la rêvasserie est de mise. Ce n'est pas @pontifex_in. Le feuillet qui a servi de cornet, gras d'huile et de mayonnaise, est illisible. Il contait la brève arrestation de Lakévio par la police des douanes. Accusée de trafic de tableaux et de séquestration de la mère d'une jeune fille vêtue d'une robe couleur vert bouteille, elle a finalement été lavée de tout soupçon, cette veille de 15 août.

 La canicule a repris son bâton de pèlerin, dans la villa familiale résonne la 7e symphonie de Bruckner jouée par le Symphoniaorchester des Bayerischen Rundfunks dirigé par Eugen Jochum. C'est une oeuvre difficile d'accès, mais après quelques écoutes, elle devient plus familière. Elle évoque l'été.

 Les devoirs de vacances me donne des céphalées. Je vais prendre un cachet. Sur la boîte d'Alka-Seltzer, il est écrit: À prendre à minuit, parce qu'il est minuit à Alka-Seltzer!

 Si le temps le permet et la technique ne s'y oppose pas, les entrées du journal électronique sont mises en ligne à 22h15.

 ... Dans la nuit tombante, une voiture noire, conduite par Jim, ralentit. La glace arrière se baissa. Une jeune femme, vêtue d'une robe couleur vert bouteille se pencha et cria: - Et les chats, vous avez oublié de parler des chats du quartier. La voiture accéléra et se fondit dans la nuit. Furtivement il avait été possible de voir Lakevio, assise à côté de la jeune femme, tapotant sur une tablette. Elle composait les invitations pour son exposition d'automne...

 

(A SUIVRE)

Posté par jeanjacques1957 à 22:22 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : ,

07 août 2017

L'été russe - Un été à Cumberland

Nota Bene: le samedi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: www.lakevio.canalblog.com

James Durden, été à Cumberland (1925)

Un canapé coudé en toile était adossé à la baie vitrée. Au loin, on voyait un paysage de plaine, de lac au pied de montagnes abruptes. Les couleurs étaient celles d'un été finissant, tirant sur le jaune et l'ocre. Devant le canapé, une table basse nappée de blanc sur laquelle reposait un plateau garni de tasses, soucoupes, théière et coupelles remplies de biscuits signalait au chat, qui ne se trompait jamais en matière de gastronomie, que l'heure du goûter avait sonné. Yvonne et Eva s'assirent de part et d'autre du canapé. Le chat jouait le séducteur, il savait qu'il gagnerait quelques miettes du festin. Un diamant, à la vitesse de 33 tours et demi minute, sillonnait un vinyle.
Le haut parleur situé au-dessus de la machine à café... [Ce plan a été intégré par erreur. Ceux qui suivent l'actualité auront reconnu un fragment de l'Adriano's bar. Le lobby du café a imposé à la production cette fraction de seconde subliminale.] La musique de Mozart emplissait la pièce. Marc arrivé de l'extérieur se tenait dans l'embrasure de la fenêtre ouverte. Yvonne remplit les tasses d'un thé vert japonais de premier ordre, un Sencha No5 de la région de Kagoshima, cueillette 2016, et tendit une tasse reposant sur une soucoupe à chacun. L'Été, le bel été dansait. Vieillissant, il ne tarderait pas à disparaître, rongé par l'automne qui en catimini prenait ses marques. L'image se figea, le mot FIN apparut en surimpression, les lumière se rallumèrent. Trois secondes de silence, qui parurent des siècles, s'égrenèrent avant que les 8000 spectateurs de la Piazza Grande, debout, ne fassent une très longue ovation au film "Un été à Cumberland". Une fois encore, la magie de la place avait agit. La voûte étoilée avait inspiré les spectateurs. Ce qui, selon les rumeurs, devait être un navet, un film de série Z, était un chef-d'oeuvre. Les réseaux sociaux étaient saturés, le public applaudissait depuis une demi-heure. "Un été à Cumberland" semblait bien parti pour obtenir le Léopard d'or. Le 70ème Locarno Festival - Films battait son plein. Il se produisit ce dimanche soir 6 août un événement qu'aucun festivalier n'avait jamais vécu et qui probablement ne se reproduirait pas avant septante ans, le film fut projeté une seconde fois. Minuit sonnait au clocher d'une église voisine de la place. Le chat du film, grisé par le triomphe dévorait des sardines en cachette au "Bar de l'entracte". Il flottait un air de fête sur la Piazza Grande. Le cinéma n'était pas encore mort.

 

NOTES:
Le Locarno Festival-Film se déroule cette année du 2 au 12 août.
En plus des sept salles de cinéma utilisées, la Piazza Grande peut accueillir chaque soir jusqu’à 8 000 personnes. La récompense principale décernée par le jury est le Léopard d'or (Pardo d'oro).
Plus d'infos: https://www.rts.ch/info/culture/cinema/8806501-le-festival-du-film-de-locarno-fete-ses-70-ans.html

(Photos tirées de la toile)

Posté par jeanjacques1957 à 22:48 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

24 juillet 2017

L'été russe - Le rocker

Nota Bene: le samedi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: www.lakevio.canalblog.com

 

Il pleut. C'est soir de fête chez les gastéropodes. Des lampions, protégés par de grandes feuilles d'hosta, éclairent la piste de danse. Des grillons jouent des polkas endiablées. Limaces et escargots se trémoussent jusqu'à pas d'heure. Un voisin, agacé par le tintamarre, lance une pantoufle par la fenêtre. Elle s'écrase sur une fourmilière. La panique, crée par cette astéroïde tombée du ciel, provoque une grande agitation chez les fourmis, qui, selon la légende ne sont pas prêteuses.
Il pleut.
Médor, le bouvier bernois, dort sur le canapé à côté d'Odile qui fait ses devoirs de vacances. Ce mois de juin est particulièrement pluvieux et Odile a sauvé quelques fleurs de pivoine. Disposées dans un vase en verre de Murano, placé sur la table basse, devant le canapé, les rescapées de la pluie égaient la soirée pluvieuse. La pluie abîme les fleurs de pivoine.
Odile s'applique à décrire cinquante nuances de gris, un tableau chic peint par un artiste de choc.
Gygé, son mari, chasse, armé d'une boîte Agfa modèle 1927, les papillons de nuit planqués dans la maison. Le poste à galène diffuse "La truite" de Schubert. Soudain le concert est interrompu. Un speaker annonce la mort de Polo Hofer. il s'est éteint samedi à l'âge de 72 ans, communique sa famille. «Samedi peu avant minuit, ma dernière heure a sonné et je me suis endormi paisiblement à la maison», peut-on lire en suisse allemand dans l'avis de décès qu'il a lui-même écrit. «Je dis au revoir tout le monde, c'était bien».
Polo Hofer a su lier comme personne avant lui le dialecte et la musique rock, a aussitôt réagi le ministre de la culture Alain Berset.
Considéré comme le fondateur du «Mundartrock» en Suisse, littéralement «rock en dialecte», il a marqué la musique rock des années 1970 et 1980 avec son groupe Rumpelstilz, souligne le quotidien "Le matin"
A noter que son morceau «Alperose», qu'il a composé avec Hanery Amman, a été élu hit de tous les temps par les téléspectateurs helvétiques en 2006.
Polo hofer chantait en dialecte bernois.
Odile abandonne son devoir. Elle ne distingue que du gris dans ces cinquante nuances. Un éclaire de magnésium embrase la maison. Gygé vient de surprendre un papillon qui pose pour la postérité. Coup de tonnerre chez les collectionneurs.
Odile choisit un disque de Polo et met le volume à font. Elle se trémousse jusqu'à pas d'heure sur le tapis de tante Violaine.
Soudain une vitre vole en éclat et une pantoufle expédiée dans la nuit par un voisin agacé s'écrase sur la truffe de Médor. Il pousse un hurlement de loup et disparaît sous le canapé.
Le mardi matin, le canard était toujours vivant, un gars en pyjama, pieds nus, cherche ses pantoufles dans le dédale des rues de son quartier. Odile dort, elle a dansé le rock toute la nuit. Une famille d'araignées, adepte des plats à l'emporter, grignote les restes calcinés de papillons de nuit grillés par les éclairs de magnésium. Médor rentre bredouille de sa chasse aux chats. Les félins bronzent sur une plage à Agay. La pluie s'est éclipsée. Les dernières gouttes s'étirent sur le feuillage d'un lilas. Des coins de ciel bleu annonce le retour de Phébus (Φοῖβος). Il est 08h05, les cloches d'une église voisine sonnent. C'est l'enterrement des illusions.

Alperose - Polo Hofer

Posté par jeanjacques1957 à 23:59 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : , ,


10 juillet 2017

L'été russe - Le rouge est mis... Moteur!

PUZZLE

Les jours d'été, les notes égrenées par une pianiste, s'enfuient par les persiennes entrouvertes et ruissellent dans la rue inondée de soleil, déserte et brûlante.
Persiennes, ce mot évoque des souvenirs d'été.
Les persiennes entrouvertes laissent entendre une musique inlassablement répétée par une pianiste déchiffrant une partition. Absorbée par les fa# du monde, elle sursaute, quand une paire de chaussures rouges à talon tombe sur le clavier, provoquant une dissonance du plus bel effet...

Ding ding dong!
- Maman, on a sonné à la porte
- J'y vais
Elle se trouve nez à nez avec la bande de gosses du quartier.
- 'Jour M'dame. Si ces chaussures sont votre pointure, vous pourrez épouser le prince charmant.
Tous les regards se tournent vers Jules, un pré-adolescent boutonneux et rouge comme une pivoine.
Une gamine brandit, devant les yeux ébahis de la mère de famille, une paire de souliers à talon de couleur rouge.
- D'où sortent ces godasses demande la M'dame.
- On les a trouvées sous la haie, près de la boucherie.
Elle essaye les chaussures, elle lui plaise.
- Pas de chance M'dame, votre pied est beaucoup trop petit.
On lui arrache les escarpins et la bande s'en va.
En refermant la porte, la mère entend un bonhomme haut comme trois pommes dire gravement à son copain:
- Dommage, Jules, elle était bien roulée la nana...

- Tu pourrai mettre des annonces sur les réseaux sociaux.
- Tu as une photo?
- Oui.
- Montre.
Isis montra le cliché qu'elle venait de récupéré du Cloud.
- Elles sont belles
- Tu les a perdues où?
- Oubliées à la piscine. Je suis effondrée, je venais de les recevoir.
- A nous trois on a un large réseau. On met des avis sur Twitter, Instagram, Snapchat et une vidéo sur Youtube.
- On va les retrouver, tes belles chaussures rouge à talon...

- Lot No 434, une paire de chaussure rouge à talon. Nous démarrons à 5 francs.
Chaque année, les objets trouvés mettent en vente une partie des objets orphelins de leur propriétaire.
Roseline, la fille de la chanson, patiemment, par tranche de cent sous, obtient le lot pour 20 francs.
Roseline, la fille de la chanson, était à la traine. Son amoureux marchait loin devant. Les belles chaussures rouges la faisaient atrocement souffrir. Ses pieds meurtris refusaient d'avancer.
Son amoureux se porta à son secours. Il la saisit dans ses bras. Il retira les souliers des pieds gonflés et les expédia aussi loin que possible. Ils virent les chaussures rouges à talon disparaitre, engloutie par une persienne.
Ils éclatèrent de rire, s'embrassèrent longuement et poursuivirent leur route.

LE CHAINON MANQUANT
La pianiste, dépourvue d'intérêt pour une paire de chaussures rouges à talon a discrètement égaré les souliers sous la haie près de la boucherie...

Posté par jeanjacques1957 à 23:21 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags :

03 juillet 2017

L'été russe - L'écharpe rouge

Nota Bene: le samedi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: www.lakevio.canalblog.com

VOYAGE EN CHEMIN DE FER, COURTE FANTAISIE
Les chats avaient discrètement quitté le quartier. Chargés de bagages, ils avaient contacté un Uber. C'est un hérisson, plutôt jeune, qui les a conduit à la gare à bord de son Alfa Roméo. Le train pour Lecce partait de la voie 6 à 15h07. Les félins, après avoir semé le chaos dans la gare, s'engouffrèrent dans un wagon de 1ère classe. Ils bousculèrent une dame, vêtue d'une robe et de talons aiguilles blancs qui rêvassait dans le couloir.
Un coup de sifflet retentit sur le quai
- En voiture, cria le contrôleur.
Le train s'ébranla.
L'Été, le bel été sirotait un verre de bulles au wagon restaurant.
Un téléviseur installé dans le wagon fumoir, permettait de voir,en noir et blanc, l'arrivée de l'étape du jour du Tour de France.
Un air de vacances flottait dans le train qui filait vers le talon de la botte italienne.
Un hippopotame faisait des arabesques devant la grande porte de Kiev.
A New York, sur la scène de Radio City, les girls faisaient des claquettes.
Oublié sur une banquette de seconde, "La modification", roman ferroviaire de Butor, attendait une lectrice (chérie).
"Marie-Chantal contre le docteur Kha", un film franco-italo-hispano-marocain réalisée par Claude Chabrol, sorti en 1965, comporte une scène, avec Marie Laforêt, qui se déroule dans un wagon restaurant.
Au petit matin, alors que le train roulait dans la campagne italienne, un voyageur trouva la dame aux talons aiguilles pendue à son écharpe rouge dans les WC. Son corps se balançait doucement.
Les chats avaient quitté le train depuis longtemps.
On pouvait voir, sur Instagram, des égoportraits en maillot de bain de ces chères félins...
Le commissaire Montalbano, dépêché sur les lieux, par autorisation spéciale de Camilleri, élucida le mystère de la pendue en deux minutes. Au pied du cadavre un billet disait ceci: "J'ai perdu tous mes amis FB. Adieu monde cruelle."
Encore une victime des chimères virtuelles.
Ce soir le coucher de soleil fut de toute beauté.
Dans la rue on peut humer les derniers parfums des tilleuls.
Tout est calme, les chats du quartier sont en vacances.
A l'Adriano's bar, un client écrit, sur un carnet de moleskine, une histoire abracadabrante. Les deux ventilateurs, fichés au plafond, sont à l'arrêt. Le haut-parleur, situé au-dessus de la machine à café diffuse un nocturne de Schubert.

Posté par jeanjacques1957 à 22:44 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , , ,

19 juin 2017

L'imprimante

Nota Bene: le samedi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: www.lakevio.canalblog.com

Aujourd'hui, on pouvait choisir un des sept portrait proposé. Il fallait faire une biographie ou évoquer le portrait choisi.

 

- Salut.
- Salut.
- C'est qui ce mec sur l'imprimante?
- Je n'ai aucune idée. J'ai fait un clic erroné en voulant imprimer un rapport et voilà, un inconnu s'est pointé. En plus je n 'ai plus de connexion depuis une heure.
- Ce mec me dit quelque chose.
- Salut les ploucs, c'est la bourre? 
- Salut Julie. Georges est en panne de connexion.  Il est imbuvable. Dis, tu connais ce mec qui est sur l'imprimante?
- Tu es naze ou quoi, Mireille? Tu ne reconnais pas François Barrière?
- Le fils d'Alain? Ironisa Georges.
- Non, je ne crois pas précisa Julie. J'ai l'impression d'avoir affaire à des ploucs de chez plouc... François Barrière, un acteur qui casse la baraque en ce moment, ajouta-t-elle.
- Le cinéma, pour moi c'est un peu dépassé. A part ça, il est sexy ce mec, ajouta Mireille en regardant la photo sur l'imprimante. 
- Il a 28 ans, il a raflé le César du meilleur acteur en début d'année, le grand prix d'interprétation à Cannes au printemps. Il est en couple avec Lucia, une actrice italienne...
- Julie, au lieu de débiter le bottin mondain, au boulot, tonna Georges.
- Je prends la photo, annonça Mireille.
- Je prends la photo, imita Julie.
- Bon, les midinettes, la connexion est revenue. On bosse.
On entendit les mouches voler dans le bureau.
Le portrait de François Barrière, oublié dans le bac de l'imprimante, termina sa carrière dans la poubelle.
Le philadelphus parfume les interminables soirées de juin.  L'Été, le bel été se pavane...
Adieu donc
Enfants de mon coeur

Posté par jeanjacques1957 à 23:25 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : ,

05 juin 2017

Portrait minute - L'Été, le bel été

Nota Bene: le samedi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: www.lakevio.canalblog.com

 

Il somnolait sur une banquette mal commode. Il avait peu dormi. La veille, un orage avait éclaté et la pluie s'était installée pour la nuit. Les chats du quartier, peu enclins à se mouiller, avaient organisé une rave party clandestine dans les combles d'une maison voisine. Ils se moquent des lois, qu'ils ignorent, ne sachant pas lire et font un vacarme toute la nuit. Le volume est poussé à fond, les basses font trembler toute la Ville fédérale, les félins éructent, pissent dans les coins, fument de l'herbe, boivent des litres de bière et font des égoportraits qu'ils envoient sur la toile virtuelle.
Un crissement de freins, l'ouverture des portes automatiques le tira d'un cauchemar. Il était en train d'épouser les thèses du président des États-Unis. Une vitre le séparait d'une dame lisant une revue vegan. Elle portait des lunettes de soleil et ressemblait à la fille qui joue Lolita dans le film de Kubrick. Soudain il tressaillit. Derrière la Lolita se tenait une femme. Il la voyait de profil. Il reconnaissait les traits d'un visage familier, elle avait vieilli, comme lui. Elle portait les boucles d'oreille qu'il avait offertes à Gabrielle il y a près de cinquante ans. Il avait devant lui l'amour de sa jeunesse. Il se leva et se précipita vers la porte de sortie, mais le bus démarrait. Il vit la femme disparaître dans la foule puis le bus obliqua... Il retourna s'asseoir au fond du bus.
Le vol SX021, en provenance de Berlin Tegel, passa au-dessus de la vieille ville.
Les nuages s'étaient dissipés, le soleil commençait à chauffer l'air. Les philadelphus embaumaient, de leur parfum enivrant et entêtant les rues de la ville verte.
L'Été, le bel été s'installait...

Posté par jeanjacques1957 à 21:15 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : ,

22 mai 2017

Une journée d'été

 Nota Bene: le samedi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: www.lakevio.canalblog.com

Danielle Richard 4

 Il marchait d'un pas rapide. Les deux pneus de sa Trans Am étaient crevés, quand il avait voulu reprendre la route après une courte pause cigarette.Son téléphone était inutilisable, il n'y avait pas de réseau. Il avait aperçu à travers les arbres d'un parc une villa. Il courait presque. Il avait un rendez-vous important avec son éditeur. L'Été, le bel été s'était installé. La journée était radieuse. Il arriva en vue de la maison. Il respira. Volets et fenêtres étaient ouverts, il y avait donc quelqu'un. Il pourra appeler un garage et prévenir son éditeur qu'il serait en retard pour la conférence de presse. Une fillette, campée devant la porte d'entrée lui faisait des signes. Il buta sur la racine d'un chêne. Il réussi à éviter la chute. Quand il se rétabli totalement, il écarquilla les yeux. La maison était close, portes et volets fermés. Il s'approcha de la porte et frappa. La maison semblait vide. Il senti un souffle chaud dans le coup. Il se retourna. La fillette qui lui avait fait des signes se tenait à quelques mètres de lui. Des oiseaux se chamaillaient sur un arbre. Un seconde d'inattention et la fillette avait disparu. Soudain il l'a vit à l'orée de la forêt. Il se mit à courir et la suivi dans un dédale d'arbres et de fougères. Ils arrivèrent dans une clairière, un étang occupait une partie de l'espace. Le silence était absolu. Un coup de tonnerre retentit. Il leva la tête. Le ciel était d'un bleu limpide. Soudain, il vit la fillette dans l'étang. Elle était en train de se noyer. Il se jeta à l'eau pour la secourir. La fillette le saisit au poignet. Il entendit un ricanement et il fut entraîné au fond de l'étang. La surface retrouva le calme et les oiseaux reprirent leur gazouillis...

Fréhel - Si tu n'étais pas là

Posté par jeanjacques1957 à 22:41 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , ,