14 octobre 2019

La Vltava

Devoir de Lakevio du Goût N° 12

Aldo Balding.jpg

Vous avez déjà une idée de ce qui surgit de cette toile d’Aldo Balding. Racontez l’histoire que vous avez à coup sûr imaginée et prévenez en le disant en commentaire du devoir que je vous présenterai lundi. Le Goût, c'est ICI

 

La Vltava roulait des eaux automnales. Sur les égoportraits envoyés aux quatre points cardinaux, au moyen de I-Truc et autres androïdes, le bleu de la plus longue rivière de la République tchèque, en arrière-plan des sourires de circonstance, plus généralement on tirait la langue, montrait des bleus fantaisistes obtenus par l’artifice de logiciels pernicieux qui permettaient surtout de s’offrir des chirurgies esthétiques à moindre frais, exemptes de complications sanitaires. La vie sur la toile virtuelle est une si jolie vie !

 

Le pont de pierre qui relie Staré Město pražské au quartier Malá Strana, était presque désert. Un soleil d’octobre, tiède et lumineux inondait de ses rayons l’ouvrage vieux de plusieurs centaines d’années. Une femme marchait en direction de la vieille ville. Un homme la dépassa, fit volte-face et lui lança « Patricia sur le Pont Charles, quelle bonne nouvelle ! » Elle s’arrêta. De dos, elle avait l’air d’une madone. Le soleil irradiait sa chevelure. Elle l’interrogea « Vous foutez quoi ici ? » Elle n’avait rien perdu de sa verve. « Vous vous souvenez de notre dernière rencontre ? », elle grimaça, après une brève hésitation elle tenta « En 2004, à la fête de mes 40 ans ». « Archi faux, en 2012, Cité des Doges, Harry’bar, à la table qu’occupait Ernest ». Elle éclata de rire, et ajouta « Vous lisiez Paris est une fête dans une édition revue et augmentée parue chez Gallimard en 2011, na ! » Il resta songeur. Elle compléta « Vous aviez acheté l’exemplaire à la librairie Descombes, à Genève, juste avant sa fermeture définitive »

 

Ils s’étaient connus à Genève à la fin des années septante. Ils avaient écumé bars, discothèques, salles de cinéma, de concert et de théâtre de la cité de Calvin. Ils avaient fait l’amour dans une loge du Grand Théâtre lors d’une générale. Ils étaient souvent, dans leurs virées nocturnes, accompagnés d’une bande de joyeux fêtards. Ils étaient amis, parfois amants. Enfant unique, ils se considéraient comme frère et sœur. Par jeu, pour épater la galerie, à l’époque de leur rencontre, ils avaient décidé de se vouvoyer. Ils n’avaient jamais dérogé à cette règle.
Ils se voyaient quand le destin les mettait sur le même chemin, comme ce lundi d’octobre à Prague.

 

« Vous êtes libre ? » lui demanda-t-il
« Jusqu’à demain à 11 heures »
« Ma chambre d’hôtel est une double » précisa-t-il.
« La mienne aussi, na ! »
« On tirera à la courte paille »
Ils parcouraient les derniers mètres du pont côte à côte, insensibles aux bruits extérieurs, en faisant des projets pour la journée.
Elle le tira par le bras « Vous avez lu le dernier Sagan ? »
« J’ai lu beaucoup de ses romans et de ses pièces de théâtre, mais pas ses dernières productions ».
« Je parle de son roman paru en septembre ».
« 2019 ? » demanda-t-il.
« Oui »
« Apprenez ma bonne dame, que Françoise est morte en 2004 ! »
« Apprenez mon bon ami que les mystères de l’édition sont insondables. Un manuscrit éparpillé, rabiboché par un fils aimant, qui concocte des préfaces pour les rééditions des romans de sa mère et qui a la chance de préfacer un inédit... »
« Oui, je vois... ».
Il prit Patricia par le bras. Il lui demanda si elle avait lu le roman.
« Il est en lecture, actuellement en attente dans ma chambre d’hôtel ».
« Donc, pas besoin de tirer à la courte paille, affaire conclue »
Ils éclatèrent de rire. Ils iront à la place Venceslas, se recueillir sur le mémorial Jan Palach puis s’égareront dans la vieille ville sur les traces de Franz.
« Finalement vous ne m’avez pas dit ce que vous foutez ici ... »
La réponse se perdit dans le brouhaha ambiant.

Octobre 2020
Il trouva devant sa porte un colis. Il n’y avait ni expéditeur ni message d’accompagnement, juste un tableau. Il fut ébahi. De dos on reconnaissait Patricia avec sa chevelure irradiée de soleil. Lui était de face. Les pavés du pont Charles occupaient une grande place du décor. Au fond, en légère ombre chinoise, la vieille ville de Prague. La toile était signée Aldo Balding et datée d’octobre 2019. Quelques jours plus tard, le tableau avait été encadré et trouvé sa place dans le salon du bénéficiaire de ce souvenir inattendu. Entre deux Baratelli*, le Balding attirait le regard.

 

Octobre 2021
Patricia en rentrant chez elle, trouva, glissée sous la porte de son appartement, une lettre au parfum de mystère. Elle contenait un billet pour un concert accompagné d'un programme. Un chef d’orchestre prestigieux, des artistes connus et un programme alléchant ne manquant pas de retenir l’attention. Elle découvrit rapidement l’expéditeur de ce présent. Parmi les œuvres jouées, l'une était passée au surligneur jaune : Bedrich Smetana (1824 – 1884) La Moldau.
Rêveuse, elle pensa à cette rencontre sur le pont Charles et à la Moldau qui roulait des eaux automnales …

 

*Carlo Baratelli, peintre chaux-de-fonnier est mort en novembre 2017 à l’âge de 92 ans.

 

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07 octobre 2019

Le pont en pierre

Devoir de Lakevio du Goût N° 11

"Ce serait bien que ces mots, par lesquels vous commencerez votre devoir, vous inspirent :

« Sur l’onde calme et noire où dorment les étoiles… »

Et vous le terminerez par cette phrase de Patrick, non, pas « Patriiiick ! », l’autre, Modiano : « Encore aujourd’hui, il m’arrive d’entendre, le soir, une voix qui m’appelle par mon prénom, dans la rue. » Entre les deux, vous contez sans compter… À lundi."
Le goût se lit ICI


Le pont en pierre

« Sur l’onde calme et noire où dorment les étoiles… »
Accoudé sur le parapet d’un pont en pierre qui surplombe la rivière, je fixe l’eau sombre. Les arbres, touffus à cet endroit, forment un toit au-dessus du cours d’eau. Il est presque minuit, les feuillages cachent la voûte céleste. L’obscurité est accrue par cette nuit sans lune. 

Tous les soirs, quand retentit une cloche lointaine qui égrène les douze coups de minuit, une forme blanche, légère et irréelle dérive au gré du courant de la rivière. Elle flotte entre deux eaux. Quelques grillons chantent des amours disparus. Des lucioles, lumignons argentés, accompagnent le passage de ce fantôme blanc. L’hiver, quand la rivière est gelée, la glace se retire pour laisser passer ce lys immaculé qui depuis la nuit des temps passe sous le pont de pierre.

Tous les soirs je quitte le pavillon que je loue pendant l’Été, le bel été. C’est un vestige de l’exposition nationale de 1896 qui se déroulait à Genève. Démonté, il a été reconstruit 150 kilomètres plus loin, au bord du plus grand lac entièrement en Suisse, à l’extrémité d’une plage de galets. La rivière que je remonte chaque soir jusqu’au pont de pierre se jette dans le lac où meurt lentement cette plage de galets, rongée par les vagues. Avant de traverser la plaine, le cours d’eau a creusé des gorges qui, à la belle saison attirent les promeneurs.

Un falot-tempête que je porte à bout de bras me guide sur le sentier qui borde la rivière. Le silence est bercé par une brise légère, quelques hululements d’une chouette (une chouette histoire dixit Le Goût !) qui part à la chasse aux rongeurs inquiètent, les grillons se sont tus. 

Un froissement d’aile, des brindilles qui volent en tous sens, le cris d’un mulot, une tache sombre qui se fond dans le ciel noir, les respirations reprennent, la souris compte ses petits, le concert des grillons redouble d’ardeur, la nuit sera douce.

Je pose le falot-tempête sur le parapet du pont en pierre. L’eau sombre glisse, saupoudrée d’étoiles, vers les eaux saumâtres du lac.  
Un silure inspecte les lieux puis l’ombre blanche passent, ses voiles blancs font comme une traîne. Je jette une tresse de fleurs qui s’accroche à son bras. Je murmure « Je t’aime Ophélie ». 

Les rumeurs de la ville chuchotent que ce vieillard qui bat le pavé de sa cane, tard dans la nuit, passait les Étés, les beaux étés de sa jeunesse dans un pavillon au bord du lac. On raconte l’avoir vu à minuit sur un pont en pierre parlant tout seul. Un berger qui gardait un troupeau de moutons dans la plaine ajoute qu’il aurait entendu prononcer le prénom d’une jeune femme, mais c’est si lointain cette histoire il a oublié. Il se dit qu'un fantôme en forme de lys passe sous le pont de pierre. Des poètes en parlent dans des textes énigmatiques.

Parfois des fêtards se postent sur le pont en pierre à minuit. Ils braillent, ils pissent dans l'eau sombre debout sur le parapet. Tout se fige de stupeur dans ces instants de désordre. La troupe repart, bruyante et hilare, l'un d'eux trempé est tombé dans la rivière.  Ils n'ont pas vu de fantôme, personne n'a jamais rien vu.

Si l'on s'approchait du vieillard qui, toutes les nuits arpente la ville en cherchant désespérément un pont dans cette ville désertique, et que l'on collerait son oreille contre ses lèvres qui bouge sans fin, on l'entendrait murmurer ...
« Encore aujourd’hui, il m’arrive d’entendre, le soir, une voix qui m’appelle par mon prénom, dans la rue. »

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12 février 2019

Les mois d'hiver - La caserne

Hier après-midi et hier soir, Canalblog avait disparu des écrans radar. Impossible de consulter les blogs et pas d'accès à l'envers du décor. Il m'étais donc impossible de poster mon devoir du lundi. Il semble que ce mardi matin, la liaison soit rétablie...

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style.Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

 

Dix mots à caser, histoire de trouver des serrures à ces clés...

Tardivement

Symphonie

Eclat

Bordure

Ergot

Influence

Grenat

Correct

Fracasser 

Parloir

 

Ouverture, lundi !

La caserne

Un carton, de couleur GRENAT circule dans le PARLOIR de la caserne construite sur une falaise. À force de se FRACASSER contre la paroi de craie blanche, l’océan ronge, grignote, par un ressac incessant, les assises de l’ouvrage militaire. 

Des figuiers de barbarie forment une BORDURE autour de la caserne, fragiles remparts contre l’envahisseur, des hordes de lapins affamés. Un ECLAT de verre, abandonné dans la cour d’honneur, ultime vestige du monocle d’un général, un homme CORRECT, démobilisé depuis de longues années, brille quand le soleil est au zénith. Les jours de beau temps offrent, en fin de journée, une SYMPHONIE visuelle, un camaïeu de rose qui vire au rougeoiement quand l’astre de feu s’enfonce dans l’horizon pour prendre ses quartiers de nuit.  Ce spectacle fugace a une INFLUENCE positive sur le moral de la troupe. 

Cette année, c’est TARDIVEMENT que la nouvelle s’est répandue, novembre est proche, toute la compagnie, réunie dans le parloir retient son souffle. L’énigme, qui permettra à l’un deux de partir en permission, passe de main en main, parmi les hommes en tenue de gala. Un mot unique est écrit sur un rectangle de carton grenat, ERGOT. Celui qui résout ce problème peut choisir entre une grande ou une petite clé. Elles sont accrochées à côté de la porte, la porte que tous espèrent franchir. Une seul clé fonctionne.

Un jeune soldat marche avec détermination dans un long couloir. De lourdes grilles s’ouvrent puis se ferment sur son passage. Dans une de ses poches, roulée  dans un étui, la permission convoitée par tous. Ce jeune soldat est le seul qui a osé retourner le carton sur lequel figurait l’énigme. Un épi de seigle, dessiné à l’encre de chine, côtoyait les contours de la petite clé, esquissée à la mine de plomb. 

Le couloir où chemine la jeune recrue, creusé pendant un siège de la caserne, débouche à mi-hauteur de la falaise, dans un endroit découpé. Un pont permet de passer l’anfractuosité sous lequel se déchaîne l’océan. 

Le visage joyeux du militaire, en une fraction de seconde, devient livide. Le pont en bois, rongé par les intempéries et le sel, a disparu depuis longtemps. Les multiples grilles qui se sont refermées sur son passage s’ouvriront à nouveau lors de la prochaine énigme, dans dix ans.

Une larme ou un embrun coule sur la joue du soldat.


Ergot : Petit corps oblong et vénéneux formé par un champignon parasite des céréales. L'ergot du seigle.

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28 janvier 2019

Les mois d'hiver - La Cigale

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style.Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)



Aujourd'hui, Lakevio dit:

Je vous propose d'en réécrire l'histoire dans un style différent.

 

Nouvelle, Témoignage, Théâtre, Intrigue policière, Biographie, Conte, Publicité...

 

Ou bien, Compte-rendu sportif, Actualité TV, article de presse ...

 

Vous avez le choix ! 

 

20 heures – Le journal – Laurent D.

Bonsoir.
Une nouvelle de l’ATS*, reprise par l’AFP*, nous apprend que La Cigale, qui a chanté tout l’été, est morte cette nuit. Des videurs de poubelles ont trouvé son cadavre dans un caniveau, près de l’Aar, dans le quartier du Marzili. Il semblerait que le talon d’un pochard ait écrasé la célèbre chanteuse. La Ville fédérale est en état de choc.
Cet été, toute l’Europe a dansé sur les chansons de La Cigale. Ses spectacles affichaient complet et ses prestations télévisuelles affolaient l’audimat.
A l'automne, les réseaux sociaux se sont émus de la déchéance de la chanteuse de charme. La Fourmi, sa productrice, a obligé la Cigale, pour subsister jusqu’à la saison nouvelle, à participer à l’émission « Danse avec les stars », diffusée sur une chaîne privée.
La dépouille de la chanteuse sera rapatriée, par train spécial, à Paris. L’inhumation aura lieu lundi 28 janvier au cimetière du Père Lachaise. La Cigale reposera dans un mausolée de marbre rose, entre Cocteau et Piaf.

L’émotion est grande et tout le monde affiche #Je suis Cigale.



*ATS, Agence télégraphique suisse (ICI)
*AFP, Agence France-presse (ICI)

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23 juillet 2018

Un été sans fin - Le bain, carte postale

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style.Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)
Tracey Sylvester Harris_Luscious_Swim

 Tracey Sylvester Harris

Votre histoire devra être "étoffée" autour de la phrase suivante :
"Ah ! qui n'a pas eu envie d'un pastis après un bain de mer pris en Méditerranée ne sait pas ce qu'est un bain de mer pris le matin en Méditerranée."
C'est Marguerite Duras qui nous le dit, dans Le marin de Gibraltar (1952).

 Splash et Tchin, lundi !

LE BAIN, CARTE POSTALE

"Ah ! qui n'a pas eu envie d'un pastis après un bain de mer pris en Méditerranée ne sait pas ce qu'est un bain de mer pris le matin en Méditerranée."
Elle quitte quelques instants les pages du livre qu’elle lit. Cette image d’un pastis après un bain de mer s’insinue en elle. On est au coeur de l’été, d’un été sans fin. Ce dimanche de juillet, la température est basse. Dans son tube, le mercure indique 24 degrés centigrades. Les météorologues prédisent toutefois de fortes chaleurs pour la dernière semaine de juillet. Le ciel est chaotique en ce milieu d’après-midi. Les nuages, pressés de gagner le sud, là, où le temps dure longtemps, forment d’immenses bouchons qui masquent le soleil. 

La lectrice, allongée sur une serviette de bain, reprend la lecture du roman qui donne envie de déguster un pastis. Elle a abandonné l’idée de se précipiter au restaurant de la plage. Ici, on carbure à la bière, une bière généralement insipide et bon marché.
Le long du chemin au bord de l’eau,  un interminable chapelet de baigneurs se dirige ostensiblement en direction du camping. Ce cortège de chair blanche ou bronzée, véritable défilé de mode à la gloire du maillot de bain, « costume de bain », dans nos régions, germanisme oblige, ce morceau de tissus, savamment disposé, pour cacher ces choses que l’on ne saurait voir, « n’affecte en rien la lectrice plongée dans la lecture d’un roman de Marguerite Duras, « Le marin de Gibraltar ». Elle fait semblant de lire, elle rêve d’un pastis. L’évocation d’un 51, dans ce roman maritime, lui a mis l’anis à la bouche. N’y tenant plus, elle se précipite au restaurant de la plage. Dépitée devant le manque d’audace de la carte des vins et spiritueux, elle opte pour Le Negroni. Un cocktail composé à parts égales de 3 cl de gin, de Campari et de vermouth rouge, capable de faire oublier Marguerite. Après ces effluves alcooliques, la lectrice décide de prendre un bain. L’après-midi est presque écoulée, la belle lumière du soir s’est installée et les baigneurs se font rares. Elle prend le chemin du camping.

Comme tous les soirs, du haut du pont Monbijou, une foule nombreuse tente de voir la lectrice muée en nageuse. Dans une brasse élégante, elle se laisse porter par le courant. Ses longs cheveux noirs flottent dans l’eau verte.
Comme des milliers de baigneurs, elle perpétue la tradition bernoise de la descente l’Aar, depuis le camping jusqu’au Marzili.

A voir ici

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16 juillet 2018

Un été sans fin - Le Gimlet

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style.Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

Fernando Saenz Pedrosa 

Elle part !

Peut-être en week-end, peut-être en vacances ? 

Ou juste au bal du 14 juillet...

 Votre avis, lundi !

 

Dans un shaker rempli à moitié de cubes de glace, verser 6 cl de gin et 4 cl de Rose's lime juice, frapper quelques secondes au rythme  d’une samba endiablée et passer dans un verre à martini en retenant les glaçons à l’aide d’une passoire. La passoire qui a servi à réaliser un égoportrait peu de temps avant de concocter un Gimlet. 

En 1953, Raymond Chandler, dans son roman policier « The Long Goodbye » écrit « qu’un vrai Gimlet, c’est une moitié de gin, l’autre moitié de Rose’s Lime et rien d’autre. Cela bat l’apathique martini. »

La légende dit q’Ernest Hemigway se serait damné pour un Gimlet. Peut-être à l’Harry’s Bar à Venise, où Ernest avait sa table...

La gare, construite au milieu de nulle part, entourée de tilleuls et de noyers est en perpétuelle somnolence. Deux quais, face à face, reliés par un passage sous voie peu engagent permettent de gagner la ville, quai 1 ou la mer, quai 2. Il y a longtemps que la compagnie de chemin de fer ne paie plus un chef de gare pour quatre trains par jour. Une billetterie automatique, au logiciel révolutionnaire, propose de billets pour toutes les destinations européennes et même jusqu’à Irkoutsk, en Sibérie orientale, par le transsibérien. La fantaisie des rares voyageurs empruntant cette gare, située en marge de trois bourgs, se limite à la ville voisine. Ils n’ont pas de temps à perdre au bord de la mer à étaler leur chair blanche sur des serviettes de bain, le corps enduit de gras, et d’attendre un rôtissage à point, en se retournant touts les quarts d’heure.

Ce lundi matin, lendemain de la finale du championnat du monde masculin de balle au pied 2018, finale remportée par les Bleus, ce qui a fortement agité l’Hexagone, ce lundi 16 juillet donc, quelques jours avant le 49e anniversaire du premier alunissage de deux hommes, sur l’astre des sélénites, à bord d’un engin extravagant, le LEM (Lunar Excursion Module) dans un lieu propice à la baignade, la mer de la Tranquillité, une seule passagère attend le train. Une jeune fille de seize ans, vêtue d’une robe couleur du ciel en été, d’une jaquette en coton, d’un bleu nocturne et chaussée de ballerines noires. Elle tient un sac en jean enjolivé d’une pièce en cuir.

Le train, composé d'un wagon de 1re classe, de deux wagons de seconde classe et d'une motrice fourre-tout s'arrête brièvement en gare. La jeune fille saisit un sac posé sur le quai, son bagage et, a peine installée, le convoi s'ébranle pour la ville.

Ce n'est que plusieurs heures plus tard, alors que la jeune fille, à bord d'un aéronef, immatriculé HB-666, volant vers l'Amérique, que l'on découvre, Au Grand Hôtel, la disparition du précieux cahier de recettes des cocktails. La recette secrète du Gimlet y figure, on vient de loin déguster cette splendeur...

Le cahier, soigneusement emballé, est dissimulé dans le sac de la jeune fille qui part faire fortune en Californie.

La gare est déserte. Un chat se chauffe au soleil. Le prochain train est annoncé à l'heure de la belle lumière du soir... C'est l'été, l'été sans fin...

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02 juillet 2018

Un été sans fin - Rosās amāmus

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Les roses blanches

Oubliez, s'il vous plait, Berthe Sylva ou Tino Rossi.

Pas de drame, ici !

Au gué, vivent les roses sous la tonnelle !

Un petit tour à Bagatelle ?

Enivrez-vous d'odeurs.

Saisissez l'heure !

Revenez lundi avec un joli bouquet d'idées !

Igor Levashov

Igor Levashov

Rosās amāmus

Je t’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout, je t’aime...

Pour la troisième journée consécutive la bise court sur le Plateau suisse. Elle soulève les jupes des filles, couche les blés presque mûrs, emporte avec elle, dans sa course folle, les parasols mal arrimés et croûte la terre.
Dans la ruelle, abritée par une grande bâtisse, les tilleuls arrivent en fin de floraison. Les narines sont encore chatouillées par ce parfum enivrant qui s’échappe des fleurs. En passant au pied des arbres, on entend un bourdonnement, un grondement sourd. Ce sont des milliers d’abeilles qui, sans relâche, du lever au coucher du soleil, butinent. Le miel d’automne aura des notes de tilleul.

Je t’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout, je t’aime...

Dans la cuisine, la cafetière italienne est sous pression. Sur le poste à galène, Mélina Mercouri égrène  une chanson en grec. Une ritournelle d’un film, oublié, dont elle fut la vedette. La belle lumière du soir s’est installée. Des bulles paressent dans une flûte à champagne. 

Je t’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout, je t’aime...

Quelque part en Russie, dans la surface de réparation d’un stade, l’Uruguay mène 2 à 1 contre la Lusitanie. La rencontre en est à la 75e minute. Tout peut encore basculer et parfois cela se termine par des tirs au but. Cette agitation sportive, qui secoue le globe terrestre, pour autant que la terre soit ronde, certains pensent qu’elle est plate et soutenue par quatre tortues, est nourrie par le championnat du monde masculin de balle au pied, #RussieFIFA2018.

Je t’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout, je t’aime...

Dans le jardin, La Fée des neiges, un cultivar fort répandu de rosier floribunda, est resplendissant. Cré en 1958 en Allemagne par Reimer Kordes, ce rosier a été commercialisé sous le nom de “Schneewittchen”, Blanche Neige. Dans les pays anglophones, ce rosier est connu sous le nom d' "Iceberg". C'est un croisement de "Robin Hood" (1927, Pemberton), hybride de Rosa moschata, et de "Virgo" (1947, Charles Mallerin), hybride de thé. Planté dans le jardin depuis plus de 30 ans, c’est la propriété et l’orgueil de la vieille mégère, apprivoisée depuis le temps, du troisième.

Je t’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout, je t’aime...

Peu à peu le paysage s’assombrit. La nuit tombe. Les chats du quartier partent à la conquête de territoires. Des cris perçants retentissent aux coins des rues. Après la bataille, dans le silence retrouvé, les vaincus, estampillés d’un œil au beurre noir, rentrent penauds au bercail. Ils échafaudent déjà des plans revanchards pour le prochain samedi.

Je t’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout, je t’aime...

En fin d’après-midi, à l’heure des quatre heures, une tragicomédie en 3 actes, s’est déroulée dans le jardin. Zoé quatre ans a crié “Maman, je t’aime à la folie” en brandissant fièrement les restes d’une rose. Au même moment, un coup de bise plus violent que les autres passa par dessus le mur du jardin. Le courant souleva des centaines de pétales de roses blancs qui jonchaient le sol, tandis que la mégère du troisième tombait en pâmoisons dans un cageot de pommes en murmurant “ma fée des neiges”. Le rosier se balançait, déshabillé de ces fleurs, dans le souffle d’air mourant.

Dans la boîte aux lettres du locataire du premier, dort une carte postale. Le cachet postal, illisible, s’étale en pâté sur un timbre italien.  Sur la photographie, prise d’avion, on voit des parasols alignés qui cachent la plage de sable. La bise n’est pas passée par Rimini. Au dos de la carte, on pourra lire, "Mon cher Franz, je te souhaite un été sans fin. Eva."

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25 juin 2018

Un été infini - Quoi de neuf?

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style.Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

couloumy anne francoise la lettre pliee 82

 Anne-Françoise Couloumy

Dans quelques jours, Blondine déménage.

 

Quand on déménage, on trie, on jette, parfois on oublie...

 

Cette fois-ci, la "lettre oubliée" doit être prise au pied de la lettre si j'ose dire !

 

Il s'agit du caractère et non du feuillet !

 

Pouvez-vous écrire une courte histoire sans utiliser la lettre A ?...



Lettre oubliée

Blondine quitte les lieux. Les meubles enlevés, les pièces vides résonnent. Les sols en pont de goélette, cirés, brillent. Les portes ouvertes donnent l’illusion d’infini. Quelques poussières oubliées tournoient, les fenêtres sont ouvertes, le vent s’engouffre. Le long du couloir désert, un clou retient un bélino, coupure d’une vieille revue, qui oscille et tombe, dès qu’une montgolfière survole cette ville construite sur les berges d’une rivière. Une rivière que personne ne nomme. Son nom contient trop de cette première lettre issue d’un idiome teutonique. Sur ce bélino, on distingue cette voyelle, première de cordée, interdite, décret présidentiel numéro 746, imprimé sur une feuille officielle en juin 2018. Il semble que cette  censure d’une voyelle très en vogue, soit orchestrée depuis le blog « En gondole,  L ..! », juste pour rendre dingue les élèves du cours du lundi.
C’est une belle journée, un été infini, merlettes et rouges-gorges expriment leur joie mélodieusement.
L’oubli d’une lettre, consigne imposée pour le devoir du lundi, torture l’esprit, rend folles plume et gomme et me prive de mon petit noir, boisson fétiche qui rythme mes journées. Les T.S.F sont muettes, pour respecter l’ordre de l’institutrice, les orchestres qui font swinguer chôment. Dehors, une belle lumière du soir s'estompe, un bout de lune luit, les félins domestiques feulent.
« Bon congé d’été les juilletistes, ceux du huitième mois seront privés d’oisiveté ! »

 

 

P.-S. Merci, Vero Reve pour cette correction urgente totalement oubliée !

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28 mai 2018

Le café pause

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style.Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)
poesie de la cafetiere nonsens

Treize vers à la douzaine (douze plus le titre)
en ...OSE !

Versification libre mais certains sont doués pour les alexandrins, les quatains ou les sonnets,

donc, c'est comme vous voulez !

C'est sûr, nous serons tous applaudis,

dès lundi !

La toile de Anne-Marie Heme n'est là que pour illustrer le sujet du jour.

Vous n'êtres pas obligés de l'utiliser pour la rime proposée !

Treize vers à la douzaine (douze plus le titre)

en ...OSE !

Versification libre mais certains sont doués pour les alexandrins, les quatains ou les sonnets,

donc, c'est comme vous voulez !

C'est sûr, nous serons tous applaudis,

dès lundi !

 


Café-pause

Il faut que j'ose
raconter en prose
l'histoire de machin-chose
buvant du café en virtuose.
Chaque jour, il lui faut sa dose
pour atteindre l'overdose,
cette artificielle narcose.
Chaque jour, il tente la surdose,
pour éviter la névrose.
La cafetière, sur la table, grandiose
attend la métamorphose
que lui assènera le glucose.


(Ode au café que j'ai filmé cet hiver)

La cafetière italienne

La cafetière italienne
Essai
Réalisation jeanjacques666
14 mars 2018

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23 avril 2018

La belle lumière du soir

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style.Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

La vie est un roman.



Gueorgui Pinkhassov  - 1996.  Cafe Paris

Devoir :

1) Commencez impérativement votre texte par la phrase suivante : "Notre première expérience, chose remarquable, est celle d'une disparition." Emprunt à Lou qui nous raconte sa Vie.

 2) Terminez impérativement votre texte par la phrase suivante : "Referme un instant sur le monde la porte et la fenêtre, tourne-toi vers le journal pour toutes ses notations musicales, et commence un autre roman." Emprunt à Anaïs qui écrit son Journal.

Entre les deux, casez ce que vous voulez !

Votre roman, lundi.

 

"Notre première expérience, chose remarquable, est celle d'une disparition."
Cette phrase, écrite à l‘encre bleue royale, sur un morceau de feuille à gros carreaux, venait de choir sur la table, poussée là par un vent saharien. Il n‘est pas rare que l‘Afrique s‘invite jusqu’à la Ville fédérale. Le ciel est jaunâtre et le capot des voitures devient un désert. On y voit quelques chameaux blatérer dans des oasis luxuriantes. Les stations de lavage de voitures font fortune en ces périodes de dunes. Ce phénomène météorologique n‘altère en rien la belle lumière du soir. Anaïs, assise à la terrasse de l‘Adriano‘s bar, compulse un dossier. Elle a saisi le billet tombé du ciel et l‘a calé sous son verre. Elle boit une Gazosa, limonade fabriquée à Mendrisio, au Tessin, depuis 1883. Trams et bus passent, ainsi que quelques voitures. Des piétons traversent la rue. D‘une fenêtre ouverte, s‘échappe l‘adagio de "La Gran partita“. Mozart, lors de son voyage de retour de Paris, a séjourné à Berne et y a donné un concert, avant de regagner Salzbourg. Cette musique pour treize instruments à vent et contrebasse se fond harmonieusement dans la belle lumière du soir. Le soleil diffuse cette lumière magique, peu avant son coucher, en toute saison. C'est un moment où le temps semble suspendu, où tout semble permis, comme dans la chanson de Brel, "Les timides", ces timides qui tissent des projets fantastiques, et puis tout retombe, le soleil se couche.
A côté d'Anaïs, un client est plongé dans la BZ*. Il est vêtu d'une chemise à manches courtes. A son poignet gauche, il porte une Vénus. Cette marque de montres à été fondée à La Chaux-de-Fonds, en 1912. Il lit un article sur les réseaux sociaux, sur les gens qui livrent leurs données personnelles à des entreprises américaines sans penser aux conséquences.
L'automne particulièrement chaud permet, en cette mi-octobre, de rêvasser sur les terrasses des cafés en assistant au coucher du soleil. La chaleur arrive du désert du Sahara. Une fine poussière de sable signale ce fait, que relaye également la BZ. Un groupe de jeunes, des élèves de l'école française, passent en faisant des égoportraits avant de les expédier au moyen de leur téléphone portable. Ils ne se soucient pas des entreprises américaines qui pompent leur vie privée. Ils ne connaissent pas Lou, la dame de la phrase écrite sur un morceau de feuille à gros carreaux. "On s'en bat les couilles", martèlent-ils.
Anaïs, sort de son sac à main, un crayon à papier et un taille-crayon en forme de mappemonde. En taillant son crayon, elle fait tourner la terre. Les spécialistes des sciences de la terre sont inquiets. Jusqu'à présent, il y a en permanence quelqu'un qui taille un crayon, quelque part sur le globe terrestre. La rotation de la terre sur elle-même est régulière, avec l'apparition des écrans et des claviers, la rotation de la terre va à vau-l'eau.
Elle saisit le morceau de feuille à gros carreaux, le retourne, griffonne une phrase et un coup de vent saharien emporte le bout de papier. Un astronome qui scrute l'infini au moyen d'une longue-vue voit passer au ralenti, 48 images seconde, le texte d'Anaïs. Il lit ceci,
"Referme un instant sur le monde la porte et la fenêtre, tourne-toi vers le journal pour toutes ses notations musicales, et commence un autre roman."

*BZ, Berner Zeitung

Mozart / Serenade for 13 Winds in B-flat major, K. 361 "Gran Partita" (Mackerras)

 

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)

Serenade No. 10 for 13 Winds in B-flat major, K 361/370a "Gran Partita" (1781-82)

00:00 - Largo. Allegro molto
09:14 - Menuetto - Trio I - Trio II
19:31 - Adagio
25:02 - Menuetto. Allegretto - Trio I - Trio II
30:24 - Romanze. Adagio - Allegretto - Adagio
37:45 - Thema mit Variationen
47:18 - Rondo. Allegro molto

List of Performers:
Oboe - Stephen Taylor (principal) & Melanie Field
Clarinet - William Blount (principal) & Daniel Olsen
Bassett Horn - Gary Koch (principal) & Mitchell Weiss
Horn - Stewart Rose (principal), Scott Temple, William Purvis, and Russell Rizner
Bassoon - Dennis Godburn (principal) & Marc Goldberg
String Bass - John Feeney

Performed by members of the Orchestra of St. Luke's under the direction of Sir Charles Mackerras. Recorded by Telarc in 1994.

Posté par jeanjacques1957 à 23:29 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
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