05 février 2018

Les crêpes

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style.Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

 

aujourd'hui, on mange des crêpes !

 

alfred de richemont - crepes-waffles-pancakes

 

Alfred de Richemont

 

 Bon Appétit !

 

Mais attention, avant de manger, il faut travailler !...

 

 Sur cette heure délicieuse d'Alfred de Richemont, je vous propose un texte à trous. Il s'agit d'en trouver essentiellement les verbes ( au nombre de  15 ) qui animeront votre histoire. Faites un récit comme il vous sied, humoristique, sombre, scientifique, philosophique, ésotérique, voire érotique !... Bien sûr, vous pouvez étoffer et compléter les phrases mais ne rajoutez pas de verbes.

 

 (X, personne 1) et ( Y, personne 2) ... 

Ils ne ... 

Pourtant X ... mais Y ....

Tandis qu'il ... , elle ... mais elle ne ...

Parfois, elle ... , alors il ... 

Cependant, il... ; elle ...

Souvent, ils...

Surtout lorsqu'elle... et qu'il... 

Mais, en fait, ils...

 

LES CRÊPES
(Comptine)

Ariane et Jules se retrouvaient dans la cuisine, chaque année, à la Chandeleur.
Ils ne se voyaient guère pendant les douze mois de l'an.
Pourtant Ariane irradiait de beauté mais Jules courait le guilledou.

Tandis qu'il cuisinait, elle le regardait tendrement mais elle ne mettait jamais la main à la pâte.
Parfois, elle trempait son doigt dans l'appareil à crêpes, alors il élevait la voix, une voix de baryton.
Cependant, il ne frappait jamais ; elle romprait sur le champ.

Souvent, ils s'embrassaient.
Surtout lorsqu'elle baillait sur sa chaise, une assiette à la main, impatiente et qu'il agitait la poêle.

Mais, en fait, ils n'aimaient pas les crêpes !

 

 

(Tournez le disque)

 

 

Face B
La recette des crêpes

Pierre Repp "La recette des crêpes" | Archive INA

Champs Elysées : émission du 06 novembre 1982
Pierre REPP joue la "Recette des crêpes"

Posté par jeanjacques666 à 08:06 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags : , ,


29 janvier 2018

La crue

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style.Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)
jorge santos-love-letters-submission

Sur ce que vous inspire la toile de Jorge Santos, peintre surréaliste américain, vous voudrez bien placer les dix mots suivants dans votre texte en les soulignant ou surlignant. pour mieux les repérer.

pourriture

dilettante

carpaccio

ecchymoses

roulage

tenture

équivoque

pourchasser

s'abstiendra

P.-S. Lakévio avait oublié le 10e mot dans son sac à malices. Elle nous l'a donc tramsmis par télex. Il s'agit de: saumâtre.

   

A Paris, la Seine grossie par des pluies inédites, en cette fin du mois de janvier 2018, a une couleur SAUMÂTRE. Les touristes traînent du côté des quais dans l’espoir de voir un débordement. Les CRS veillent, prêt à POURCHASSER la moindre goutte d’eau dépassant le niveau de 6 mètres. Le directeur du musée du Louvre regarde, en DILLETANTE de la science météorologique, le fleuve qui tente d’assassiner, par noyade, le Zouave du pont de l’Alma.

Dans la salle 123 Bis, sous le regard du gardien chef, des petits rats de l’opéra terminent le ROULAGE d’une TENTURE.
 C’est une tapisserie inachevée, tissée par Pénélope (Πηνελόπεια), la fille D’Icarios, l’épouse d’Ulysse. Télémaque, leur fils, traîne souvent dans les salles du Louvre, des écouteurs collés aux oreilles. Il écoute toujours la même musique, un LP numérisé, « American Garage » de Pat Metheny Group, gravé en 1979 et commercialisé en 1980 sous le label ECM Records
. C’est une musique aux nombreuses influences, un vaste delta de jazz, folk, rock, musique country et world music. La copie, pillée sur Le Tube, a des enchaînements douteux entre les morceaux. C'est un leurre pour tromper les algorithmes avides de droits d'auteur.

Le jeune homme, à la démarche féline, lorgne du côté de la salle 123 Bis. Les petits rats, qui font des arabesques dans la salle, leur travail achevé, rappellent à l’adolescent que le printemps, temps de la montée de la sève, est proche.
Une rumeur court sur la toile virtuelle, Pénélope serait la mère de Pan. Elle aurait, selon une vidéo un peu scabreuse, qui circule sous le manteau, couché avec Apollon. Un teste ADN a dissipé l’ÉQUIVOQUE, la guerre de Troie a bien eu lieu. Ulysse S’ABSTIENDRA de commenter l’affaire, il s’est contenté de poster sur son compte IG une photo de son déjeuner. On y voit un CARPACCIO d’ananas et une bouteille d’un gros rouge qui tache.

Les danseurs étoiles du Bolchoï transporteront la tapisserie, roulée, par des petits rats de l’opéra, en forme de boudin noir, dans les combles du musée. Elle y sera à l’abri de la POURRITURE due à l’humidité générée par un surpeuplement de gouttes d’eau dans la Seine.


Le catalogue général du musée du Louvre est une mine de renseignements complété d’une riche iconographie. La page 3647 est consacrée à la tapisserie tissée par Pénélope. L’artiste est actuellement écrouée à la Prison de la Santé, à Paris, pour une sombre histoire d’inceste. Elle aurait couché avec Pan, son fils supposé. Des faits prescrits, selon son avocat, puisqu’ils datent de l’époque de la guerre de Troie. L’arrachage de la photographie représentant la tapisserie, par un SDF ne pouvant s’offrir le catalogue, a également emporté une grande partie de l’analyse et de la description de la tenture. On peut tout de même lire qu’on distingue une femme couchée sur une table. Elle est couverte d’ECCHYMOSES et porte une robe bleue. Un homme en marcel blanc, les yeux empreints d’une certaine folie,
 regarde dans le vague. Une porte entrouverte laisse entendre le grondement d’un fleuve prêt à bondir hors de son lit. Un chien assiste à la scène. Il détient la clé de ce tableau énigmatique. Ulysse a violemment battu sa femme Pénélope.

Une chaîne de télévision d’utilité publique, organisera, dans le cadre d’une émission spéciale, ce lundi soir, un débat en direct, sur la violence conjugale dans les tableaux surréalistes.

 

Pat Metheny Group - American Garage (1979) [FULL ALBUM]

 

Posté par jeanjacques666 à 09:35 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
Tags : , , ,

22 janvier 2018

Paris...

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style.Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

La consigne dit: "Texte libre".

paris annees 50
Cette semaine, c'est une photographie de Paris, que nous propose Lakevio. Une photo magnifique, un très beau noir et blanc. Les branches des arbres font des signes, ils miment l'hiver. Une mère tire son enfant vers la station de métro que l'on devine au loin. Le boulevard est inondé de soleil. Un mystérieux personnage vêtu d'un imperméable et d'un chapeau, semble échappé d'un roman de Simenon. La datation par le radiocarbone, le célèbre carbone 14, dit que la photographie à été prise vraisemblablement vers le milieu du siècle passé. Les voitures sont nombreuses et ne sont pas dessinées comme en 2018. Ce doit être la période du Tabou.
« Très vite, le Tabou est devenu un centre de folie organisée. Disons-le tout de suite, aucun des clubs qui suivirent n'a pu recréer cette atmosphère incroyable, et le Tabou lui-même, hélas ! ne la conserva pas très longtemps, c'était d'ailleurs impossible. » Dixit Boris Vian.



Paris


Sept heures. Octobre.

Brume matinale. La Seine.
Gare de Lyon. Débarquement.
Une tour. Eiffel.
Un arc. Triomphe.
Trois âmes déambulent dans les rues.
Une feuille jaunie s'écrase sur le sol.
Un sourire.
Café-tabac, heure de lecture.
France-Soir. Le Monde Diplomatique.
Quelques cartes postales lancées à travers l'univers.
Il fait bon.
Les grands boulevards, Haussmann, Poissonnières, Capucines.
Nocturne. Saint-Germain-des-Prés. Lumières.
Musique.
Ô Paris.
Trois âmes frôlent les murs, inquiètes, en regagnant leur hôtel.
Nuit. Silence.
Aube naissante, klaxons de voiture.
Bruits matinaux.
Les trois âmes repartent à l'assaut de la vie parisienne.
Métro. Couloirs. Escaliers. Fatigue.
Quelques moments de bonheur.
Rires. Plaisanteries. Cinéma.
Stations de métro.
Huit heures. Soir.
Les trois âmes se serrent la main et s'éloignent chacune dans une direction.
Balard. Créteil.
Un dernier signe depuis le quai.
Le métro démarre, la ville se referme sur les âmes.
Au loin un violon déchire la nuit.
Le rêve s'estompe, la réalité reprend ses droits.

Paris, le 5 octobre 1979


Extraites de mon journal, ces notes racontent un court séjour passé dans la capitale française aux portes des années 1980. J'avais emmené deux collègues de travail, Johanna et Hugo. Ils arrivaient d'un petit village des Grisons et la Ville lumière était, pour eux, un perpétuel émerveillement. Ils n'avaient jamais visité de musées et l'exposition Paris-Moscou au Centre Georges Pompidou les avait fasciné.

                                                         Paris-Moscou

Posté par jeanjacques666 à 09:31 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : ,

15 janvier 2018

Les boeufs

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

Devoir :
1) Commencez impérativement votre texte par la phrase suivante : "Alors, tu vas vraiment faire ça ?" (emprunt à Nathalie, qui retourne en Enfance.)
2) Terminez impérativement votre texte par la phrase suivante : "Je ne veux pas mécontenter ces messieurs dont les articles sont si utiles." (emprunt à Paul, le petit ami.)
Entre les deux, casez ce que vous voulez !

Tableau de Bertha Wegmann 

"-Alors, tu vas vraiment faire ça?", deux actrices, buvant un thé, dans un coin du studio 4, transformé en atelier de peinture, répétaient leur scène. Filmée à la sauvette, balancée sur Le Tube, la scène faisait le buzz. Elle passait en boucle sur l'écran du téléphone portable, installé sur le grille pain. L'endroit était idéal pour servir de chronographe lors de la cuisson d'une dinde farcie ou de patates douces et l'écoute de la France Inter, souvent, de la Radio Suisse romande, parfois. Il fallait juste déplacer l'appareil téléphonique quand l'envie d'une tranche de pain à l'engrain ou petit épeautre grillée se faisait pressante. Les carreaux de la fenêtre de la cuisine, ceux situés devant l'évier, étaient couverts, côté extérieur, de gouttes de pluie. La dame de la météo n'avait pas menti. Dès la nuit venue, la pluie s'était mise à tomber.
La cuisine était déserte. La cafetière italienne bouillait, prête à produire un café d'excellente qualité. Un calepin de moleskine et une plume abandonnés sur la table, attendaient l'inspiration. Un dérèglement modifia la chaîne, sur Le Tube, et Armand Mestral chantant la chanson des blés d'or, se fit entendre. Une chanson nostalgique des campagnes d'antan. Le poète Gustave Roud parlait de campagnes perdues. Les boeufs, tirant la charrue, se regardent au musée. A Orsay, on peut admirer un tableau magnifique, "Labourage nivernais, dit aussi Le sombrage" peint en 1849 par Rosa Bonheur (1822-1899). Un tableau imposant de 1,34 m de haut et de 2,6 m de long. Un tableau qui montre la rudesse du labour. Faire avancer un équipage de six boeufs en cadence, puis opérer un demi tour, c'est autre chose que de faire youtubeur...
Le téléphone grésilla, arrêtant net, musique, ténor et description d'un tableau.
"-Pronto."
"-Tu vas participer ou pas?"
"-Je ne veux pas mécontenter ces messieurs dont les articles sont si utiles." 

La chanson des blés d'or (ICI)
Labourage nivernais (ICI)

Posté par jeanjacques666 à 21:51 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags :

08 janvier 2018

Olga

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

2EB86D86-B771-423A-9990-DC80EC54CCC3

Sur une toile de Dod Procter


Sur le marbre noir aux veines ivoires, pêle-mêle, sont abandonnés une paire de gants, un sac à main en tissus, un bouquet de tulipes. On y découvre aussi une boîte ouverte laissant voir des bâtonnets de chocolat blanc, ainsi qu’une boîte d’allumettes. Les jumeaux, quinze ans, turbulents  d’ordinaire, se sont enfermés dans la bibliothèque. Avec minutie, ils dégarnissent le sapin. La décoration du sapin, c’est leur monopole. Ils connaissent par cœur chaque pièce du décor.

Le bouquet compte un nombre pair de tulipes, quatre violettes et deux rouges. La paire de gants est en soie blanche et le sac à main, d’un tissus blanc veiné de noir. Dans le corridor flotte un parfum, « Vétiver pour elle », fleur d’oranger, bergamote, chèvrefeuille, noix de muscade, vétiver, fève de tonka, création 2007. Tous ces indices indiquent qu’Olga est là.
-Olga est là! La nouvelle se propage dans la maison.

On se précipite à la cuisine. On entoure Olga. On rejoue la Saint-Nicolas, Noël, on sabre le champagne. C'est grand-père qui s'en charge. Il est le fils de l'aide de camps de feu le général Guisan. C'était pendant la deuxième guerre mondiale. On danse la valse de Paris de Strauss père. Olga virevolte, Olga raconte Vienne, Olga coupe le gâreau des Rois, Olga s'ennivre, Olga rit.... On presse de question Olga. Quand Olga est là, c'est pur folie dans la maison. Grand-mère remet pour la troisième fois la valse de Paris, qui tourne sur le vieux gramophone.

Sur le marbre noir aux veines ivoires, les gants et le sac à main ont disparu. Il reste le bouquet de tulipes. Grand-père s'empresse de mettre les fleurs dans un vase en faïence, peint à la main à Charolles. Il flotte dans les pièces une odeur de vétiver et la valse tourne sans fin...

Valse de Paris ICI

Posté par jeanjacques666 à 23:04 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , ,


18 décembre 2017

Comptine

LE BOIS DE LA CAMBRE*

En décembre
Au Bois de La Cambre
Errait Marie
Dans les brunes prairies

Joseph marchait à pas lent
Dans les allées du Bois de la Cambre
Sa silhouette et son pas nonchalant
Attirèrent Marie dans sa chambre

Entre un âne et un boeuf
Naquit un petit enfant
Pauvres, ils le nourrirent d'un oeuf
L'enfant eut un sourire charmant

C'est en décembre
Au milieu du Bois de la Cambre
Où déballe ses cadeaux Joël
Que l'on fête Noël

*Parc public à Bruxelles

NOTE:
Une petite comptine de Noël, inspirée par la consigne de Lakevio, pour le devoir du lundi. Comme on dit dans les téléréalités pâtissières ou gustatives, je suis totalement hors sujet. Il fallait une rime à notre choix tirée sur 13 lignes. Après deux lignes, ma plume vagabondait hors des clous. C'est un cousin bruxellois qui m'a fait découvrir le bois de la Cambre, à la fin des années septante.

 

Wolfgang Amadeus Mozart - Trio pour piano, clarinette et alto "Kegelstatt", KV 498, en Mi bémol majeur

Talalyan Brothers Festival-2013
Lusine Hakobyan-piano, Vadim Lando-clarinette,  Yana Daryan-alto

Posté par jeanjacques666 à 16:58 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

11 décembre 2017

La vérité

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)
Joseph Lorusso

 

Jeu - devoir à consigne N°5 - Témoignages croisés.

Sur ce tableau à trois personnages, donnez la version de chacun sur la scène.


"Ce soir, il ne faut pas que j'oublie mon accessoire. Hier, j'ai eu 5 francs d'amende. Il manquait le verre et la bouteille sur la table du banquet. Ce benêt de de Georges aurait pu me dire que j'avais oublié la vinasse. Il n'a de yeux que pour sa nouvelle copine. A chaque production, il trouve une nouvelle copine. Bon dans cinq minutes on est sur scène. Cette Bohème dans une station spatiale ça me gonfle. En plus les spectateurs sifflent au lever de rideau après l'entracte. Bonjour l'ambiance"

" Elle ne peut pas s'empêcher de boire. C'est une poivrote. Le vin la rend chiante. Elle nous raconte sa vie, ça assomme ma copine Lola. On la connaît par coeur sa vie. Elle nous saoule. En plus elle boit de la piquette. Jamais elle ne nous a offert un verre. On va pas tarder à se casser. Lola on se tire, je n'en peux plus."

"Maman veut qu'on passe les vacances en Grèce. Pour nous convaincre, elle a ouvert une bouteille de vin grec. Moi je veux aller à L.A. J'essaye de convaincre mon petit papa. Il dit que c'est trop cher L.A. Allez papa, dit oui. Je boude jusqu'à ce que maman dise oui pour les States. Ils ne sont pas drôles les parents de notre époque. Ils ne comprennent rien à rien."

QUI DIT LA VÉRITÉ?


Posté par jeanjacques666 à 20:22 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags :

04 décembre 2017

Nuit 11/16 - Paris 1/5 - La marquise

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

Antoni Caba - Portrait de la marquise de Castellflorite - 1880

"Voici votre carte d'embarquement, sortie F16, siège 22a, embarquement à 12:30. Bon voyage".
Le secteur français de l'aéroport de Genève/Cointrin est minuscule. Les passagers patientent sur des chaises inconfortables. Un magasin de souvenirs, de journaux et de chocolat suisse permet d'écouler les devises restantes avant de s'envoler. Un vague restaurant propose des boissons et quelques nourritures, hors de prix. On règle en € ou en CHF.
Le tableau affichant le départ des vols est clair, c'est la pagaille.
Départ retardé de 30 mn, en raison de l'arrivée tardive de l'avion..! 
La prochaine fois, on ira à pied, comme Rousseau.

La salle de bain ressemble à un sauna, la marquise aime les bains très chaud. Elle paresse depuis une heure dans la mousse aux effluves de verveine.

Le téléphone couine, un messager apporte des nouvelles par TEXTO "Le départ du vol AF1743 est maintenant prévu à 13:45 le 04/12. Merci de respecter l'heure limite d'enregistrement initiale indiquée sur la carte d'embarquement".
Des toiles d'araignées se forment entre les sièges de la salle d'attente et les passagers. Un concierge époussette tous les quart d'heure ces méfaits provoqué par l'engorgement du ciel. 

Hortense, la bonne à tout faire, habille, parfume et coiffe la marquise. C'est lundi, jour de réception. La marquise reçoit de 5 à 7. 

Trois petites notes de musique puis une voix masculine, enjoué et encourageante annonce que le vol AF1743 décollera à 13:50.
Une jeune femme se ronge les ongles, elle ne trouve pas de fumoir et le temps d'attente de sa correspondance  à CDG, pour La Havane, fond comme neige au soleil.


La marquise ne prend jamais l'avion, ni le bateau. Elle commande, pour aller vagabonder, des Uber, c'est si émoustillant.


13:00, secteur français de l'aéroport de Genève/Cointrin, l'encéphalogramme est plat.


La marquise déjeune. Hortense lui a préparé des pieds de porc au madère. La marotte du moment avec les carottes Vichy et le rösti au lardon. Pour le dessert elle dévore une Sacher XXL, envoyée de chez Demel, café/pâtisserie situé à deux pas de la Hofburg à Vienne. Le meilleure moment de la journée, pour aller chez Demel, c'est le matin vers 10:00. La foule dort encore. Commander un café et un morceau d'Apfelstrudel, c'est un moment de grâce avant d'entamer une journée viennoise.  Le lyonais, le tourangeau et même le parisien ignore le Gemütlichkeit qui se pratique de Vienne à Berlin en passant par la Ville fédérale.


"PNC, décollage dans une minute"
Le vol AF1743 décolle avec son lot de passagers entassés,  6 par rangée dans un Airbus A318 d'Air France. L'avion survole le Léman avant de faire un virage, de passer au-dessus de la Dôle et de disparaitre à l'horizon. Les sommets jurassiens sont enneigés.
Des sandwichs au fromage de brebis et poivronade et des boissons chaudes, thé ou café, sont servis  à bord. Deux hôtesses de l'air en font la distribution. 


La marquise habite au  132 Boulevard Richard-Lenoir, dans le 11e à Paris. La cuisine, et, en enfilade, la salle à manger, le salon de musique et la bibliothèque occupent le rez-de-chaussée.  Le lundi de réception, le valet de pied ouvre les cloisons pour former un grand salon. les chambres sont à l'étage.


"Charles!", s'écrie la marquise.
Malgré un espace aérien surchargé, le tapis des bagages en panne, un RER B bondé, Charles arrive à temps pour un baise main conventionnel. 
La marquise est vêtue d'une robe bleue, assortie au papier peint de la cage d'escalier.
La marquise et Charles s'éclipsent pour un 5 à 7 en tête à tête dans un pied à terre avec terrasse, situé dans une impasse du 11e. 


Dans le murmure des conversations une bouche de ténor,  remplie de petits four, lance "Et la Marquise?" Une basse, se gargarisant au Dom Perignon 1966, répond "La marquise sortit à cinq heures"." Paul Valéry" ajouta Jim, qui ne manquait aucun goûter dînatoire concocté par la marquise et qui louchait sur le béluga. "Phrase attribuée au poète par André Breton" rectifia Miss Marpel qui avait accaparé le plat d'ortolans, spécialité prisée par Napoléon III, Alexandre Dumas et F.M."mais, il y a des doutes..." pensa Anne, trop absorbée à décortiquer un homard bleu, pour parler à voix haute.
La pendule marque 18:55 et le valet de pied commence à évacuer les invités, avec gentillesse et fermeté. Le buffet est dévasté, les cadavres de Dom Perignon 1966, s'entassent dans les rafraîchissoirs. 


Il fait froid, le ciel est couvert, on entend au loin les avion qui décollent. C''est l'hiver. Rousseau arrive aux portes de Paris.

 

"La marquise sortit à cinq heures"...

phrase attribuée par André Breton à Paul Valéry, mais, il y a des doutes...

 

Devoir-Jeu Numéro 4 !

Il s'agit d'étoffer cette simple phrase pour en faire... toute une histoire !

Posté par jeanjacques666 à 23:15 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : ,

27 novembre 2017

Nuit 4/16 - Les jaunes du Doubs

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

A partir du tableau proposé, écrire un texte  en prose ou un poème en plaçant judicieusement les dix mots de la liste suivante que vous mettrez en gras dans votre texte. (Comme vous êtes doués, j'ai ajouté deux mots à la liste , ce qui est plus conforme au vrai jeu des Papous dans la Tête, émission diffusée le samedi soir de 20h à 21h sur France-Culture ou en podcast quand vous voulez ou presque !)

soierie

excellent

éliminer

explication

tranchant

éclaireur

douceâtre

dominer

effet

hostile

Il n'est pas permis de changer l'orthographe des mots. Impossible donc de les accorder ou de conjuguer les verbes. je vous conseille de copier-coller la liste avant la composition de votre texte. Mettez en gras ou soulignez les mots utilisés dans votre texte.


Le marché du samedi, Berne

Les chalands sont clairsemés au marché ce samedi matin. Il pleut averse. L'horloge du Zytglogge sonne neuf heures.
C'est dans un mélange de dialecte bernois et de français qu'une botte de carottes, des jaunes du Doubs, parfois étiquetées longues jaunes du Doubs, une variété au goût DOUCEÂTRE, passe de l'étal du marchand au cabas du client. Il règle ses achats et quitte la Place Fédérale abrité sous un parapluie noir. Les fanes de carottes dépassent du sac.

 

CAC* Voltaire, Genève

À la salle Michel Simon, le dernier quarteron de cinéphile, regarde un florilège du Ciné-Journal suisse. En 1940, au début de la guerre, le Conseil fédéral reçoit les pleins pouvoirs. C'est à la demande de celui-ci que le Ciné-Journal suisse est crée. Il présentait, avant chaque séance de cinéma, un résumé des événements de la semaine. Il a perduré, après la guerre, jusqu'en 1975, devenant à partir de 1973, un magazine avec un sujet unique. Un EFFET, parmi tant d'autres, de l'emprise rapide de la télévision explique l'abrupte disparition du Ciné-Journal suisse.
Les spectateurs sont figés devant une séquence saisissante:
"Pour lutter contre la faim dans le monde, des savants suisses ont manipulé génétiquement la carotte jaune du Doubs pour la rendre géante. Une seule apiacée pourra nourrir des centaines de personnes. Pour extraire cette géante de 15 m de haut et de 18 tonnes, des grues spéciales, dites les arracheuses de carottes, seront construites". Le speaker débite son texte d'une voix monocorde. "La communauté scientifique internationale est HOSTILE à ces manipulations. Les effets secondaires dus à une absorption massive de carottes jaunes du Doubs ne sont pas connus. La peau risque de devenir jaune, préviennent les scientifiques. Cette EXPLICATION est balayée d'un revers de la main par les créateurs de ces géantes alimentaires. Il suffira d'ÉLIMINER la pelure avec le TRANCHANT d'un couteau suisse et la carotte sera un EXCELLENT nutriment."
Le mot fin s'inscrit sur l'écran, les lumières s'allument et les spectateurs disparaissent dans la grisaille pluvieuse de cet fin d'après-midi dominicale de novembre agonisant.

*Centre d'Annimation Cinématographique

 

"-Quoi de neuf docteur?"

Bugs Bunny, appuyé à la barrière du jardin croque dans une carotte. Il est en ÉCLAIREUR pour inspecter les lieux.
Un carré de carottes, sans doute des jaunes du Doubs, lui font de l'oeil.
La télévision hurle. Et, juste au moment du suspens, quand le canon du fusil du jardinier est braqué sur Bugs Bunny, la main d'une ménagère de moins de 40 ans change de chaîne. Un échange de balles, une montée au filet, indiquent qu'une partie de tennis se déroule quelque part sur la planète Terre. Le commentateur, flanqué d'un consultant, indique aux téléspectateurs qui rejoignent la chaîne "Rien que du sport, tout sport 24/24", que Roger semble DOMINER la partie.

 

Vernissage

Noyée dans la SOIERIE orange, la galerie de Lakevio, va ouvrir dans quelques instants. Des flûtes attendent des bulles, des carottes râpées patientent dans des saladiers en cristal de Bohême. La grande prêtresse de l'art brut nouveau, Miranda López de la Fabada (MLF), va ensorceler ses admirateurs avec sa nouvelle installation: "La carotte de A à C".
La galerie est transformée en long couloir revêtu de tissus en soie orange avec des motifs de carottes imprimés. Tout au fond de la galerie, un tableau, un seul, de dimension modeste, 10 cm sur 10 cm, "La jaune du Doubs",  signé MLF, participe au clou de ce spectacle. Miranda est aux anges, les critiques ont déjà écrit des papiers dithyrambiques qui satureront les réseaux sociaux. Le vernissage est prévu ce lundi 27 novembre à 22:15.

 

Nous interrompons la diffusion de ce programme, pour annoncer, qu'en début de soirée une partie de la vieille ville de Berne à disparu sous une botte de carottes géantes. Selon la police, un quidam a eu l'imprudence d'acheter samedi, au marché, des jaunes du Doubs. Il a déposé la botte de ces légumes dans son frigo. Manipulées génétiquement dans les années 50, la jaune du Doubs ne supporte pas la fraîcheur et se transforme en monstre. L'Adriano's bar n'a pas été touché!

 

Posté par jeanjacques666 à 22:15 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : , , ,

20 novembre 2017

Des nouvelles d'Afrique

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

Troisième jeu  : la lettre

L'un des personnages écrit une lettre de voyage... avant lundi !


Chère Lakevio,

Dans la cuisine, une odeur de café plane. Sur les touches de l'ordinateur, je voulais taper "le devoir du lundi". Dehors, un paquebot sous pression attendait mon signal pour appareiller.Sur le pont, Paul et Virginie installés sur des chaises en acajou bavardaient en buvant des coupes de champagne. Ils partent pour Hong Kong.
Sur l'écran de l'ordinateur, un message entrant attire mon attention. Ce ne sont pas les prévisions météorologiques pour la croisière. Le message arrive du Tchad. Mon ami tchadien m'envoie quelques nouvelles.Le message parle de la Journée internationale des droits de l'enfant. Il contient quelques nouvelles. Mon ami écrit que pour cette journée des droits de l'enfant, il a servi aux siens une grosse boule de manioc accompagnée de sauce rouge et comme boisson du coca cola. Le message se termine par des salutations.
Je regarde la cuisine,un évier avec eau chaude et froide, une gazinière avec four, quelques appareils ménagers, un frigo avec compartiment de congélation, l'électricité et le chauffage.
Là-bas, dans le village au Tchad, un puit a été creusé, il y a quelques mois, par une ONG espagnole, cela évite des heures de marche pour aller, chaque jours, chercher de l'eau. Il n'y a pas d'électricité et le soir, les anciens racontent des contes et des légendes au cours de la veillée, parfois au clair de lune. Les journées se déroulent aux champs, et souvent, la pluie qui tarde à tomber, est le sujet des conversations.
Sur le paquebot qui emmène Paul et Virginie, le clair de lune éclaire le pont...
Finalement, j'ai laissé filé le paquebot et j'ai refermé le brouillon de mon devoir du lundi.
Un jour je vous raconterai, chère Lakevio, l'extraordinaire périple à travers l'Afrique de mon ami.
Le café est froid dans la tasse, je suis songeur. Là-bas, l'important c'est un puits, la pluie; ici, un Iphone X, du soleil et un 4X4...
Paul et Virginie arriveront à Hong Kong si un jour je reprends le brouillon de cette histoire, une histoire de lettre et de voyage.
Je rêvasse à un périple au Tchad, remis plusieurs fois. Je bois mon café froid et je regagne ma cabine. Le bateau de ligne file en direction du canal de Suez. Dans 80 jours j'aurai fait le tour du monde.
Recevez, chère Lakevio, mes salutations les meilleures.

Jean-Jacques'60

Au large de Chypre
Lundi, 20 novembre 2017

Posté par jeanjacques666 à 22:30 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags :