09 avril 2018

Les sans-têtes

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style.Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

Les dix ...  

Sans-têtes


karin jurick -hands of time

Karin Jurick

Sur ce que vous inspire la toile de Karin Jurick, vous voudrez bien placer les dix mots suivants dans votre texte en les soulignant ou surlignant. pour mieux les repérer.

complémentaire

epoustouflant

respirait

baignade

tortionnaire

chanteur

juger

aberrant

pénitencier

profitera

 

A vos claviers.  Retour lundi. Mais n'en perdez pas la tête !

La salle, vaste, avec une hauteur sous plafond de plus de quatre mètres, n‘avait pas de nom, contrairement à toutes les salles et bureaux de l‘établissement. Elle ne portait pas de numéro et aucun horaire des consultations n‘était visible. La seule fantaisie, dans ce lieu austère, était un petit autocollant fixé sur la chambranle de la porte. On pouvait lire "BAIGNADE interdite“.

Les murs de la salle, noirs, étaient percés de deux fenêtres. Le sol et le plafond, jaune sable, faisaient comme un coin de désert. L‘endroit RESPIRAIT le propre avec une vague odeur de désinfectant. Des bancs, alignés dans la largeur, étaient, pour l‘instant, inoccupés. Au-dessus se balançaient des câbles.

Au fond de la salle un imposant écran plasma diffusait le tirage du numéro COMPLÉMENTAIRE de la loterie nationale. Un fondu enchaîné fit apparaître un CHANTEUR qui se lança dans une reprise "des portes du PÉNITENCIER“, une chanson qui avait, jadis, fait chauffer les saphirs. C‘était au siècle passé, à l‘époque du yéyé. La voix peu assurée de ce chanteur d‘opérette rendait le numéro, à en JUGER, par la passivité du public de ce télé-crochet, peu ÉPOUSTOUFLANT. Un TORTIONNAIRE n’aurait pas mieux réussi pour arracher un aveu ABERRANT de la bouche d’un réfractaire au régime autoritaire mis en place par une junte militaire.

Sur un des bancs, quelqu’un avait gravé, au moyen d’un couteau de poche, “à qui PROFITERA le crime?”

Les premiers patients arrivèrent. C’était un couple de retraités. Ils portaient des tenues estivales, dans les tons ciel. Elle et lui tenaient précieusement un sac de jute. Ils contenaient leur fil de vie, encodé sur des disque durs. Aussitôt assis, des infirmiers se précipitèrent pour s’occuper d’eux. Cette salle, sans nom,  austère et indiquée nulle part dans l’établissement, accueillait les sans-têtes. Ils venaient ici, trois fois par semaine pour une dialyse de l’âme. Les infirmiers branchaient les câbles qui se balançaient au-dessus des bancs sur le reste de leur tête. Ils glissaient ensuite les disques durs, qui se trouvaient dans les sacs de jute, dans des lecteurs de puissants ordinateurs et les patients revivaient leur souvenirs. Officiellement, cette étrange maladie, qui efface peu à peu la tête n’existe pas. La médecine, impuissante, est dans le déni. Peu à peu, la tête s’efface. Il n’y a pas de guérison et l’effacement est plus ou moins rapide. La dialyse de l’âme est la seule parade. 

Bientôt, la salle est pleine et l’on peut observer le ballet-pantomime des infirmiers. Ils connectent les sans-têtes à leur bride de souvenirs.

Par l’une des fenêtres de la salle, on voit le printemps qui démarrent. Dans un pré, un troupeau de vaches est couché sous les arbres. On les imagine ruminer. Elles n’ont pas de têtes.

Jeanne Moreau - Peuplades

 

 

Posté par jeanjacques666 à 17:54 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , ,


26 mars 2018

Improbable improvisation...

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style.Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

Séduction
nicolas ordinet
Nicolas Ordinet

Texte libre

La belle histoire du lundi


Le haut-parleur, "Les passagers à destination de Bruxelles, vol SABENA 221, sont priés de se rendre porte numéro 14."

Elle, assise au bar, la pointe de ses chaussures à talon posée sur l'armature consolidant le tabouret, un tabouret dit de bar, "Dans trois heures je serai chez moi. Repassage et aspirateur, récupérer les enfants chez la voisine, préparer le souper."

Lui, en costume foncé, les chaussures posée à plat sur le bas du tabouret de bar, sirote une limonade, "Il faudra que je boucle mon article pour mercredi"

La piste est sèche. Le ciel est couvert. Le printemps lutte contre les derniers soubresauts de l'hiver. Un Boeing 707, de la Pan Am, passe au ralenti devant les fenêtres du bar de l'aéroport. Il arrive de New York.

L'autre, également en costume foncé, les coudes appuyés sur le bar, fume une "Gitane" et boit à petite gorgée une bière, il est à gauche, dans le plan, en amorce, "Mon voisin tente de séduire la seule femme de ce bar. Je ne vais pas tarder à mettre mon grain de sel."

Elle, tout en dialoguant avec lui, boit un bloody mary et regarde l'autre, celui qui est en amorce dans le plan, "Mercredi je dois emmené Gabrielle chez le médecin pour un contrôle".

Le haut-parleur, "Les passagers du vol Pan Am 809, en transit pour Berlin, sont priés de se rendre à la salle d'attente 3.

A ce moment-là, la belle histoire du lundi, tourne au cauchemar. Des alarmes retentissent de partout. Le cerveau, surchargé de travail annonce une panne d'écriture qui débouche sur une page blanche. Une page immaculée de plus. Au fil des débuts de semaine, le néant s'accumule. Un livre blanc pourrait être édité en fin d'année.

La maîtresse, "Je ramasse les copie dans dix minutes".

Dix minutes pour finir le bloody mary, courrir à la porte no 8, pour embarquer sur le vol SR349 à destination de Zurich et dénouer l'intrigue entre Lui, Elle, l'autre, la piste et le haut-parleur situé au-dessus de la machine à café. Le haut-parleur situé au-dessus de la machine à café, mais l'histoire n'aurait donc jamais décollé de l'Adriano's bar*?
Un couple s'embrasse, le serveur astique les verres, il est bientôt minuit, l'heure de fermeture.

*Les habitués savent que l'Adriano's bar est en plein centre de la Ville fédérale, en face du Zytglogge.

Pour réussir un Bloody mary

  • 4 cl de vodka
  • 12 cl de jus de tomate
  • 0,5 cl de jus de citron
  • 0,5 cl de sauce Worcestershire
  • 2 gouttes de sauce Tabasco, piment de Cayenne, pili-pili, raifort, poivre, sel…
  • Sel au céleri

Posté par jeanjacques666 à 23:22 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

19 mars 2018

La sans-culotte

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style.Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

                                           Cent pour sans...

                            french maid pas un jour sans fessee

Centième devoir, chers amis !

 Saurez-vous raconter une petite historiette sur ce tableau coquin,

en cent mots exactement, pas un de plus, pas un de moins ?...

                                                                                                 Conte et Comptage lundi !

 

Dimanche soir, l’estaminet était bondé. Un orchestre de jazz chauffait la salle. Isis, la serveuse avait fort à faire pour assouvir la soif des mâles, des malabars, qui se pressaient dans la salle. Trois vieux grognards occupaient un banc au fond. Pour rien au monde ils auraient choisi une autre place. Le bar fermait à minuit. Le dimanche, dix minutes avant la fermeture, Isis mettait à l’encan sa petite culotte. Ce soir, c’est la centième. Quand elle se penchera pour retirer le morceau de tissus, et le lancer au vainqueur, les grognards jouiront d’une vue imprenable sur le fessier d’isis.

(AFP/REUTER/ATS)

Anne Léonard - Ma p'tite culotte (1977)

Posté par jeanjacques666 à 21:25 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , ,

05 février 2018

Les crêpes

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style.Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

 

aujourd'hui, on mange des crêpes !

 

alfred de richemont - crepes-waffles-pancakes

 

Alfred de Richemont

 

 Bon Appétit !

 

Mais attention, avant de manger, il faut travailler !...

 

 Sur cette heure délicieuse d'Alfred de Richemont, je vous propose un texte à trous. Il s'agit d'en trouver essentiellement les verbes ( au nombre de  15 ) qui animeront votre histoire. Faites un récit comme il vous sied, humoristique, sombre, scientifique, philosophique, ésotérique, voire érotique !... Bien sûr, vous pouvez étoffer et compléter les phrases mais ne rajoutez pas de verbes.

 

 (X, personne 1) et ( Y, personne 2) ... 

Ils ne ... 

Pourtant X ... mais Y ....

Tandis qu'il ... , elle ... mais elle ne ...

Parfois, elle ... , alors il ... 

Cependant, il... ; elle ...

Souvent, ils...

Surtout lorsqu'elle... et qu'il... 

Mais, en fait, ils...

 

LES CRÊPES
(Comptine)

Ariane et Jules se retrouvaient dans la cuisine, chaque année, à la Chandeleur.
Ils ne se voyaient guère pendant les douze mois de l'an.
Pourtant Ariane irradiait de beauté mais Jules courait le guilledou.

Tandis qu'il cuisinait, elle le regardait tendrement mais elle ne mettait jamais la main à la pâte.
Parfois, elle trempait son doigt dans l'appareil à crêpes, alors il élevait la voix, une voix de baryton.
Cependant, il ne frappait jamais ; elle romprait sur le champ.

Souvent, ils s'embrassaient.
Surtout lorsqu'elle baillait sur sa chaise, une assiette à la main, impatiente et qu'il agitait la poêle.

Mais, en fait, ils n'aimaient pas les crêpes !

 

 

(Tournez le disque)

 

 

Face B
La recette des crêpes

Pierre Repp "La recette des crêpes" | Archive INA

Champs Elysées : émission du 06 novembre 1982
Pierre REPP joue la "Recette des crêpes"

Posté par jeanjacques666 à 08:06 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags : , ,

29 janvier 2018

La crue

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style.Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)
jorge santos-love-letters-submission

Sur ce que vous inspire la toile de Jorge Santos, peintre surréaliste américain, vous voudrez bien placer les dix mots suivants dans votre texte en les soulignant ou surlignant. pour mieux les repérer.

pourriture

dilettante

carpaccio

ecchymoses

roulage

tenture

équivoque

pourchasser

s'abstiendra

P.-S. Lakévio avait oublié le 10e mot dans son sac à malices. Elle nous l'a donc tramsmis par télex. Il s'agit de: saumâtre.

   

A Paris, la Seine grossie par des pluies inédites, en cette fin du mois de janvier 2018, a une couleur SAUMÂTRE. Les touristes traînent du côté des quais dans l’espoir de voir un débordement. Les CRS veillent, prêt à POURCHASSER la moindre goutte d’eau dépassant le niveau de 6 mètres. Le directeur du musée du Louvre regarde, en DILLETANTE de la science météorologique, le fleuve qui tente d’assassiner, par noyade, le Zouave du pont de l’Alma.

Dans la salle 123 Bis, sous le regard du gardien chef, des petits rats de l’opéra terminent le ROULAGE d’une TENTURE.
 C’est une tapisserie inachevée, tissée par Pénélope (Πηνελόπεια), la fille D’Icarios, l’épouse d’Ulysse. Télémaque, leur fils, traîne souvent dans les salles du Louvre, des écouteurs collés aux oreilles. Il écoute toujours la même musique, un LP numérisé, « American Garage » de Pat Metheny Group, gravé en 1979 et commercialisé en 1980 sous le label ECM Records
. C’est une musique aux nombreuses influences, un vaste delta de jazz, folk, rock, musique country et world music. La copie, pillée sur Le Tube, a des enchaînements douteux entre les morceaux. C'est un leurre pour tromper les algorithmes avides de droits d'auteur.

Le jeune homme, à la démarche féline, lorgne du côté de la salle 123 Bis. Les petits rats, qui font des arabesques dans la salle, leur travail achevé, rappellent à l’adolescent que le printemps, temps de la montée de la sève, est proche.
Une rumeur court sur la toile virtuelle, Pénélope serait la mère de Pan. Elle aurait, selon une vidéo un peu scabreuse, qui circule sous le manteau, couché avec Apollon. Un teste ADN a dissipé l’ÉQUIVOQUE, la guerre de Troie a bien eu lieu. Ulysse S’ABSTIENDRA de commenter l’affaire, il s’est contenté de poster sur son compte IG une photo de son déjeuner. On y voit un CARPACCIO d’ananas et une bouteille d’un gros rouge qui tache.

Les danseurs étoiles du Bolchoï transporteront la tapisserie, roulée, par des petits rats de l’opéra, en forme de boudin noir, dans les combles du musée. Elle y sera à l’abri de la POURRITURE due à l’humidité générée par un surpeuplement de gouttes d’eau dans la Seine.


Le catalogue général du musée du Louvre est une mine de renseignements complété d’une riche iconographie. La page 3647 est consacrée à la tapisserie tissée par Pénélope. L’artiste est actuellement écrouée à la Prison de la Santé, à Paris, pour une sombre histoire d’inceste. Elle aurait couché avec Pan, son fils supposé. Des faits prescrits, selon son avocat, puisqu’ils datent de l’époque de la guerre de Troie. L’arrachage de la photographie représentant la tapisserie, par un SDF ne pouvant s’offrir le catalogue, a également emporté une grande partie de l’analyse et de la description de la tenture. On peut tout de même lire qu’on distingue une femme couchée sur une table. Elle est couverte d’ECCHYMOSES et porte une robe bleue. Un homme en marcel blanc, les yeux empreints d’une certaine folie,
 regarde dans le vague. Une porte entrouverte laisse entendre le grondement d’un fleuve prêt à bondir hors de son lit. Un chien assiste à la scène. Il détient la clé de ce tableau énigmatique. Ulysse a violemment battu sa femme Pénélope.

Une chaîne de télévision d’utilité publique, organisera, dans le cadre d’une émission spéciale, ce lundi soir, un débat en direct, sur la violence conjugale dans les tableaux surréalistes.

 

Pat Metheny Group - American Garage (1979) [FULL ALBUM]

 

Posté par jeanjacques666 à 09:35 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
Tags : , , ,


22 janvier 2018

Paris...

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style.Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

La consigne dit: "Texte libre".

paris annees 50
Cette semaine, c'est une photographie de Paris, que nous propose Lakevio. Une photo magnifique, un très beau noir et blanc. Les branches des arbres font des signes, ils miment l'hiver. Une mère tire son enfant vers la station de métro que l'on devine au loin. Le boulevard est inondé de soleil. Un mystérieux personnage vêtu d'un imperméable et d'un chapeau, semble échappé d'un roman de Simenon. La datation par le radiocarbone, le célèbre carbone 14, dit que la photographie à été prise vraisemblablement vers le milieu du siècle passé. Les voitures sont nombreuses et ne sont pas dessinées comme en 2018. Ce doit être la période du Tabou.
« Très vite, le Tabou est devenu un centre de folie organisée. Disons-le tout de suite, aucun des clubs qui suivirent n'a pu recréer cette atmosphère incroyable, et le Tabou lui-même, hélas ! ne la conserva pas très longtemps, c'était d'ailleurs impossible. » Dixit Boris Vian.



Paris


Sept heures. Octobre.

Brume matinale. La Seine.
Gare de Lyon. Débarquement.
Une tour. Eiffel.
Un arc. Triomphe.
Trois âmes déambulent dans les rues.
Une feuille jaunie s'écrase sur le sol.
Un sourire.
Café-tabac, heure de lecture.
France-Soir. Le Monde Diplomatique.
Quelques cartes postales lancées à travers l'univers.
Il fait bon.
Les grands boulevards, Haussmann, Poissonnières, Capucines.
Nocturne. Saint-Germain-des-Prés. Lumières.
Musique.
Ô Paris.
Trois âmes frôlent les murs, inquiètes, en regagnant leur hôtel.
Nuit. Silence.
Aube naissante, klaxons de voiture.
Bruits matinaux.
Les trois âmes repartent à l'assaut de la vie parisienne.
Métro. Couloirs. Escaliers. Fatigue.
Quelques moments de bonheur.
Rires. Plaisanteries. Cinéma.
Stations de métro.
Huit heures. Soir.
Les trois âmes se serrent la main et s'éloignent chacune dans une direction.
Balard. Créteil.
Un dernier signe depuis le quai.
Le métro démarre, la ville se referme sur les âmes.
Au loin un violon déchire la nuit.
Le rêve s'estompe, la réalité reprend ses droits.

Paris, le 5 octobre 1979


Extraites de mon journal, ces notes racontent un court séjour passé dans la capitale française aux portes des années 1980. J'avais emmené deux collègues de travail, Johanna et Hugo. Ils arrivaient d'un petit village des Grisons et la Ville lumière était, pour eux, un perpétuel émerveillement. Ils n'avaient jamais visité de musées et l'exposition Paris-Moscou au Centre Georges Pompidou les avait fasciné.

                                                         Paris-Moscou

Posté par jeanjacques666 à 09:31 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : ,

15 janvier 2018

Les boeufs

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

Devoir :
1) Commencez impérativement votre texte par la phrase suivante : "Alors, tu vas vraiment faire ça ?" (emprunt à Nathalie, qui retourne en Enfance.)
2) Terminez impérativement votre texte par la phrase suivante : "Je ne veux pas mécontenter ces messieurs dont les articles sont si utiles." (emprunt à Paul, le petit ami.)
Entre les deux, casez ce que vous voulez !

Tableau de Bertha Wegmann 

"-Alors, tu vas vraiment faire ça?", deux actrices, buvant un thé, dans un coin du studio 4, transformé en atelier de peinture, répétaient leur scène. Filmée à la sauvette, balancée sur Le Tube, la scène faisait le buzz. Elle passait en boucle sur l'écran du téléphone portable, installé sur le grille pain. L'endroit était idéal pour servir de chronographe lors de la cuisson d'une dinde farcie ou de patates douces et l'écoute de la France Inter, souvent, de la Radio Suisse romande, parfois. Il fallait juste déplacer l'appareil téléphonique quand l'envie d'une tranche de pain à l'engrain ou petit épeautre grillée se faisait pressante. Les carreaux de la fenêtre de la cuisine, ceux situés devant l'évier, étaient couverts, côté extérieur, de gouttes de pluie. La dame de la météo n'avait pas menti. Dès la nuit venue, la pluie s'était mise à tomber.
La cuisine était déserte. La cafetière italienne bouillait, prête à produire un café d'excellente qualité. Un calepin de moleskine et une plume abandonnés sur la table, attendaient l'inspiration. Un dérèglement modifia la chaîne, sur Le Tube, et Armand Mestral chantant la chanson des blés d'or, se fit entendre. Une chanson nostalgique des campagnes d'antan. Le poète Gustave Roud parlait de campagnes perdues. Les boeufs, tirant la charrue, se regardent au musée. A Orsay, on peut admirer un tableau magnifique, "Labourage nivernais, dit aussi Le sombrage" peint en 1849 par Rosa Bonheur (1822-1899). Un tableau imposant de 1,34 m de haut et de 2,6 m de long. Un tableau qui montre la rudesse du labour. Faire avancer un équipage de six boeufs en cadence, puis opérer un demi tour, c'est autre chose que de faire youtubeur...
Le téléphone grésilla, arrêtant net, musique, ténor et description d'un tableau.
"-Pronto."
"-Tu vas participer ou pas?"
"-Je ne veux pas mécontenter ces messieurs dont les articles sont si utiles." 

La chanson des blés d'or (ICI)
Labourage nivernais (ICI)

Posté par jeanjacques666 à 21:51 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags :

08 janvier 2018

Olga

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

2EB86D86-B771-423A-9990-DC80EC54CCC3

Sur une toile de Dod Procter


Sur le marbre noir aux veines ivoires, pêle-mêle, sont abandonnés une paire de gants, un sac à main en tissus, un bouquet de tulipes. On y découvre aussi une boîte ouverte laissant voir des bâtonnets de chocolat blanc, ainsi qu’une boîte d’allumettes. Les jumeaux, quinze ans, turbulents  d’ordinaire, se sont enfermés dans la bibliothèque. Avec minutie, ils dégarnissent le sapin. La décoration du sapin, c’est leur monopole. Ils connaissent par cœur chaque pièce du décor.

Le bouquet compte un nombre pair de tulipes, quatre violettes et deux rouges. La paire de gants est en soie blanche et le sac à main, d’un tissus blanc veiné de noir. Dans le corridor flotte un parfum, « Vétiver pour elle », fleur d’oranger, bergamote, chèvrefeuille, noix de muscade, vétiver, fève de tonka, création 2007. Tous ces indices indiquent qu’Olga est là.
-Olga est là! La nouvelle se propage dans la maison.

On se précipite à la cuisine. On entoure Olga. On rejoue la Saint-Nicolas, Noël, on sabre le champagne. C'est grand-père qui s'en charge. Il est le fils de l'aide de camps de feu le général Guisan. C'était pendant la deuxième guerre mondiale. On danse la valse de Paris de Strauss père. Olga virevolte, Olga raconte Vienne, Olga coupe le gâreau des Rois, Olga s'ennivre, Olga rit.... On presse de question Olga. Quand Olga est là, c'est pur folie dans la maison. Grand-mère remet pour la troisième fois la valse de Paris, qui tourne sur le vieux gramophone.

Sur le marbre noir aux veines ivoires, les gants et le sac à main ont disparu. Il reste le bouquet de tulipes. Grand-père s'empresse de mettre les fleurs dans un vase en faïence, peint à la main à Charolles. Il flotte dans les pièces une odeur de vétiver et la valse tourne sans fin...

Valse de Paris ICI

Posté par jeanjacques666 à 23:04 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , ,

18 décembre 2017

Comptine

LE BOIS DE LA CAMBRE*

En décembre
Au Bois de La Cambre
Errait Marie
Dans les brunes prairies

Joseph marchait à pas lent
Dans les allées du Bois de la Cambre
Sa silhouette et son pas nonchalant
Attirèrent Marie dans sa chambre

Entre un âne et un boeuf
Naquit un petit enfant
Pauvres, ils le nourrirent d'un oeuf
L'enfant eut un sourire charmant

C'est en décembre
Au milieu du Bois de la Cambre
Où déballe ses cadeaux Joël
Que l'on fête Noël

*Parc public à Bruxelles

NOTE:
Une petite comptine de Noël, inspirée par la consigne de Lakevio, pour le devoir du lundi. Comme on dit dans les téléréalités pâtissières ou gustatives, je suis totalement hors sujet. Il fallait une rime à notre choix tirée sur 13 lignes. Après deux lignes, ma plume vagabondait hors des clous. C'est un cousin bruxellois qui m'a fait découvrir le bois de la Cambre, à la fin des années septante.

 

Wolfgang Amadeus Mozart - Trio pour piano, clarinette et alto "Kegelstatt", KV 498, en Mi bémol majeur

Talalyan Brothers Festival-2013
Lusine Hakobyan-piano, Vadim Lando-clarinette,  Yana Daryan-alto

Posté par jeanjacques666 à 16:58 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

11 décembre 2017

La vérité

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)
Joseph Lorusso

 

Jeu - devoir à consigne N°5 - Témoignages croisés.

Sur ce tableau à trois personnages, donnez la version de chacun sur la scène.


"Ce soir, il ne faut pas que j'oublie mon accessoire. Hier, j'ai eu 5 francs d'amende. Il manquait le verre et la bouteille sur la table du banquet. Ce benêt de de Georges aurait pu me dire que j'avais oublié la vinasse. Il n'a de yeux que pour sa nouvelle copine. A chaque production, il trouve une nouvelle copine. Bon dans cinq minutes on est sur scène. Cette Bohème dans une station spatiale ça me gonfle. En plus les spectateurs sifflent au lever de rideau après l'entracte. Bonjour l'ambiance"

" Elle ne peut pas s'empêcher de boire. C'est une poivrote. Le vin la rend chiante. Elle nous raconte sa vie, ça assomme ma copine Lola. On la connaît par coeur sa vie. Elle nous saoule. En plus elle boit de la piquette. Jamais elle ne nous a offert un verre. On va pas tarder à se casser. Lola on se tire, je n'en peux plus."

"Maman veut qu'on passe les vacances en Grèce. Pour nous convaincre, elle a ouvert une bouteille de vin grec. Moi je veux aller à L.A. J'essaye de convaincre mon petit papa. Il dit que c'est trop cher L.A. Allez papa, dit oui. Je boude jusqu'à ce que maman dise oui pour les States. Ils ne sont pas drôles les parents de notre époque. Ils ne comprennent rien à rien."

QUI DIT LA VÉRITÉ?


Posté par jeanjacques666 à 20:22 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags :