16 juillet 2018

Un été sans fin - Le Gimlet

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style.Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

Fernando Saenz Pedrosa 

Elle part !

Peut-être en week-end, peut-être en vacances ? 

Ou juste au bal du 14 juillet...

 Votre avis, lundi !

 

Dans un shaker rempli à moitié de cubes de glace, verser 6 cl de gin et 4 cl de Rose's lime juice, frapper quelques secondes au rythme  d’une samba endiablée et passer dans un verre à martini en retenant les glaçons à l’aide d’une passoire. La passoire qui a servi à réaliser un égoportrait peu de temps avant de concocter un Gimlet. 

En 1953, Raymond Chandler, dans son roman policier « The Long Goodbye » écrit « qu’un vrai Gimlet, c’est une moitié de gin, l’autre moitié de Rose’s Lime et rien d’autre. Cela bat l’apathique martini. »

La légende dit q’Ernest Hemigway se serait damné pour un Gimlet. Peut-être à l’Harry’s Bar à Venise, où Ernest avait sa table...

La gare, construite au milieu de nulle part, entourée de tilleuls et de noyers est en perpétuelle somnolence. Deux quais, face à face, reliés par un passage sous voie peu engagent permettent de gagner la ville, quai 1 ou la mer, quai 2. Il y a longtemps que la compagnie de chemin de fer ne paie plus un chef de gare pour quatre trains par jour. Une billetterie automatique, au logiciel révolutionnaire, propose de billets pour toutes les destinations européennes et même jusqu’à Irkoutsk, en Sibérie orientale, par le transsibérien. La fantaisie des rares voyageurs empruntant cette gare, située en marge de trois bourgs, se limite à la ville voisine. Ils n’ont pas de temps à perdre au bord de la mer à étaler leur chair blanche sur des serviettes de bain, le corps enduit de gras, et d’attendre un rôtissage à point, en se retournant touts les quarts d’heure.

Ce lundi matin, lendemain de la finale du championnat du monde masculin de balle au pied 2018, finale remportée par les Bleus, ce qui a fortement agité l’Hexagone, ce lundi 16 juillet donc, quelques jours avant le 49e anniversaire du premier alunissage de deux hommes, sur l’astre des sélénites, à bord d’un engin extravagant, le LEM (Lunar Excursion Module) dans un lieu propice à la baignade, la mer de la Tranquillité, une seule passagère attend le train. Une jeune fille de seize ans, vêtue d’une robe couleur du ciel en été, d’une jaquette en coton, d’un bleu nocturne et chaussée de ballerines noires. Elle tient un sac en jean enjolivé d’une pièce en cuir.

Le train, composé d'un wagon de 1re classe, de deux wagons de seconde classe et d'une motrice fourre-tout s'arrête brièvement en gare. La jeune fille saisit un sac posé sur le quai, son bagage et, a peine installée, le convoi s'ébranle pour la ville.

Ce n'est que plusieurs heures plus tard, alors que la jeune fille, à bord d'un aéronef, immatriculé HB-666, volant vers l'Amérique, que l'on découvre, Au Grand Hôtel, la disparition du précieux cahier de recettes des cocktails. La recette secrète du Gimlet y figure, on vient de loin déguster cette splendeur...

Le cahier, soigneusement emballé, est dissimulé dans le sac de la jeune fille qui part faire fortune en Californie.

La gare est déserte. Un chat se chauffe au soleil. Le prochain train est annoncé à l'heure de la belle lumière du soir... C'est l'été, l'été sans fin...

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02 juillet 2018

Un été sans fin - Rosās amāmus

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style.Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

Les roses blanches

Oubliez, s'il vous plait, Berthe Sylva ou Tino Rossi.

Pas de drame, ici !

Au gué, vivent les roses sous la tonnelle !

Un petit tour à Bagatelle ?

Enivrez-vous d'odeurs.

Saisissez l'heure !

Revenez lundi avec un joli bouquet d'idées !

Igor Levashov

Igor Levashov

Rosās amāmus

Je t’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout, je t’aime...

Pour la troisième journée consécutive la bise court sur le Plateau suisse. Elle soulève les jupes des filles, couche les blés presque mûrs, emporte avec elle, dans sa course folle, les parasols mal arrimés et croûte la terre.
Dans la ruelle, abritée par une grande bâtisse, les tilleuls arrivent en fin de floraison. Les narines sont encore chatouillées par ce parfum enivrant qui s’échappe des fleurs. En passant au pied des arbres, on entend un bourdonnement, un grondement sourd. Ce sont des milliers d’abeilles qui, sans relâche, du lever au coucher du soleil, butinent. Le miel d’automne aura des notes de tilleul.

Je t’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout, je t’aime...

Dans la cuisine, la cafetière italienne est sous pression. Sur le poste à galène, Mélina Mercouri égrène  une chanson en grec. Une ritournelle d’un film, oublié, dont elle fut la vedette. La belle lumière du soir s’est installée. Des bulles paressent dans une flûte à champagne. 

Je t’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout, je t’aime...

Quelque part en Russie, dans la surface de réparation d’un stade, l’Uruguay mène 2 à 1 contre la Lusitanie. La rencontre en est à la 75e minute. Tout peut encore basculer et parfois cela se termine par des tirs au but. Cette agitation sportive, qui secoue le globe terrestre, pour autant que la terre soit ronde, certains pensent qu’elle est plate et soutenue par quatre tortues, est nourrie par le championnat du monde masculin de balle au pied, #RussieFIFA2018.

Je t’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout, je t’aime...

Dans le jardin, La Fée des neiges, un cultivar fort répandu de rosier floribunda, est resplendissant. Cré en 1958 en Allemagne par Reimer Kordes, ce rosier a été commercialisé sous le nom de “Schneewittchen”, Blanche Neige. Dans les pays anglophones, ce rosier est connu sous le nom d' "Iceberg". C'est un croisement de "Robin Hood" (1927, Pemberton), hybride de Rosa moschata, et de "Virgo" (1947, Charles Mallerin), hybride de thé. Planté dans le jardin depuis plus de 30 ans, c’est la propriété et l’orgueil de la vieille mégère, apprivoisée depuis le temps, du troisième.

Je t’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout, je t’aime...

Peu à peu le paysage s’assombrit. La nuit tombe. Les chats du quartier partent à la conquête de territoires. Des cris perçants retentissent aux coins des rues. Après la bataille, dans le silence retrouvé, les vaincus, estampillés d’un œil au beurre noir, rentrent penauds au bercail. Ils échafaudent déjà des plans revanchards pour le prochain samedi.

Je t’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout, je t’aime...

En fin d’après-midi, à l’heure des quatre heures, une tragicomédie en 3 actes, s’est déroulée dans le jardin. Zoé quatre ans a crié “Maman, je t’aime à la folie” en brandissant fièrement les restes d’une rose. Au même moment, un coup de bise plus violent que les autres passa par dessus le mur du jardin. Le courant souleva des centaines de pétales de roses blancs qui jonchaient le sol, tandis que la mégère du troisième tombait en pâmoisons dans un cageot de pommes en murmurant “ma fée des neiges”. Le rosier se balançait, déshabillé de ces fleurs, dans le souffle d’air mourant.

Dans la boîte aux lettres du locataire du premier, dort une carte postale. Le cachet postal, illisible, s’étale en pâté sur un timbre italien.  Sur la photographie, prise d’avion, on voit des parasols alignés qui cachent la plage de sable. La bise n’est pas passée par Rimini. Au dos de la carte, on pourra lire, "Mon cher Franz, je te souhaite un été sans fin. Eva."

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25 juin 2018

Un été infini - Quoi de neuf?

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style.Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

couloumy anne francoise la lettre pliee 82

 Anne-Françoise Couloumy

Dans quelques jours, Blondine déménage.

 

Quand on déménage, on trie, on jette, parfois on oublie...

 

Cette fois-ci, la "lettre oubliée" doit être prise au pied de la lettre si j'ose dire !

 

Il s'agit du caractère et non du feuillet !

 

Pouvez-vous écrire une courte histoire sans utiliser la lettre A ?...



Lettre oubliée

Blondine quitte les lieux. Les meubles enlevés, les pièces vides résonnent. Les sols en pont de goélette, cirés, brillent. Les portes ouvertes donnent l’illusion d’infini. Quelques poussières oubliées tournoient, les fenêtres sont ouvertes, le vent s’engouffre. Le long du couloir désert, un clou retient un bélino, coupure d’une vieille revue, qui oscille et tombe, dès qu’une montgolfière survole cette ville construite sur les berges d’une rivière. Une rivière que personne ne nomme. Son nom contient trop de cette première lettre issue d’un idiome teutonique. Sur ce bélino, on distingue cette voyelle, première de cordée, interdite, décret présidentiel numéro 746, imprimé sur une feuille officielle en juin 2018. Il semble que cette  censure d’une voyelle très en vogue, soit orchestrée depuis le blog « En gondole,  L ..! », juste pour rendre dingue les élèves du cours du lundi.
C’est une belle journée, un été infini, merlettes et rouges-gorges expriment leur joie mélodieusement.
L’oubli d’une lettre, consigne imposée pour le devoir du lundi, torture l’esprit, rend folles plume et gomme et me prive de mon petit noir, boisson fétiche qui rythme mes journées. Les T.S.F sont muettes, pour respecter l’ordre de l’institutrice, les orchestres qui font swinguer chôment. Dehors, une belle lumière du soir s'estompe, un bout de lune luit, les félins domestiques feulent.
« Bon congé d’été les juilletistes, ceux du huitième mois seront privés d’oisiveté ! »

 

 

P.-S. Merci, Vero Reve pour cette correction urgente totalement oubliée !

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28 mai 2018

Le café pause

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style.Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)
poesie de la cafetiere nonsens

Treize vers à la douzaine (douze plus le titre)
en ...OSE !

Versification libre mais certains sont doués pour les alexandrins, les quatains ou les sonnets,

donc, c'est comme vous voulez !

C'est sûr, nous serons tous applaudis,

dès lundi !

La toile de Anne-Marie Heme n'est là que pour illustrer le sujet du jour.

Vous n'êtres pas obligés de l'utiliser pour la rime proposée !

Treize vers à la douzaine (douze plus le titre)

en ...OSE !

Versification libre mais certains sont doués pour les alexandrins, les quatains ou les sonnets,

donc, c'est comme vous voulez !

C'est sûr, nous serons tous applaudis,

dès lundi !

 


Café-pause

Il faut que j'ose
raconter en prose
l'histoire de machin-chose
buvant du café en virtuose.
Chaque jour, il lui faut sa dose
pour atteindre l'overdose,
cette artificielle narcose.
Chaque jour, il tente la surdose,
pour éviter la névrose.
La cafetière, sur la table, grandiose
attend la métamorphose
que lui assènera le glucose.


(Ode au café que j'ai filmé cet hiver)

La cafetière italienne

La cafetière italienne
Essai
Réalisation jeanjacques666
14 mars 2018

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23 avril 2018

La belle lumière du soir

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style.Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

La vie est un roman.



Gueorgui Pinkhassov  - 1996.  Cafe Paris

Devoir :

1) Commencez impérativement votre texte par la phrase suivante : "Notre première expérience, chose remarquable, est celle d'une disparition." Emprunt à Lou qui nous raconte sa Vie.

 2) Terminez impérativement votre texte par la phrase suivante : "Referme un instant sur le monde la porte et la fenêtre, tourne-toi vers le journal pour toutes ses notations musicales, et commence un autre roman." Emprunt à Anaïs qui écrit son Journal.

Entre les deux, casez ce que vous voulez !

Votre roman, lundi.

 

"Notre première expérience, chose remarquable, est celle d'une disparition."
Cette phrase, écrite à l‘encre bleue royale, sur un morceau de feuille à gros carreaux, venait de choir sur la table, poussée là par un vent saharien. Il n‘est pas rare que l‘Afrique s‘invite jusqu’à la Ville fédérale. Le ciel est jaunâtre et le capot des voitures devient un désert. On y voit quelques chameaux blatérer dans des oasis luxuriantes. Les stations de lavage de voitures font fortune en ces périodes de dunes. Ce phénomène météorologique n‘altère en rien la belle lumière du soir. Anaïs, assise à la terrasse de l‘Adriano‘s bar, compulse un dossier. Elle a saisi le billet tombé du ciel et l‘a calé sous son verre. Elle boit une Gazosa, limonade fabriquée à Mendrisio, au Tessin, depuis 1883. Trams et bus passent, ainsi que quelques voitures. Des piétons traversent la rue. D‘une fenêtre ouverte, s‘échappe l‘adagio de "La Gran partita“. Mozart, lors de son voyage de retour de Paris, a séjourné à Berne et y a donné un concert, avant de regagner Salzbourg. Cette musique pour treize instruments à vent et contrebasse se fond harmonieusement dans la belle lumière du soir. Le soleil diffuse cette lumière magique, peu avant son coucher, en toute saison. C'est un moment où le temps semble suspendu, où tout semble permis, comme dans la chanson de Brel, "Les timides", ces timides qui tissent des projets fantastiques, et puis tout retombe, le soleil se couche.
A côté d'Anaïs, un client est plongé dans la BZ*. Il est vêtu d'une chemise à manches courtes. A son poignet gauche, il porte une Vénus. Cette marque de montres à été fondée à La Chaux-de-Fonds, en 1912. Il lit un article sur les réseaux sociaux, sur les gens qui livrent leurs données personnelles à des entreprises américaines sans penser aux conséquences.
L'automne particulièrement chaud permet, en cette mi-octobre, de rêvasser sur les terrasses des cafés en assistant au coucher du soleil. La chaleur arrive du désert du Sahara. Une fine poussière de sable signale ce fait, que relaye également la BZ. Un groupe de jeunes, des élèves de l'école française, passent en faisant des égoportraits avant de les expédier au moyen de leur téléphone portable. Ils ne se soucient pas des entreprises américaines qui pompent leur vie privée. Ils ne connaissent pas Lou, la dame de la phrase écrite sur un morceau de feuille à gros carreaux. "On s'en bat les couilles", martèlent-ils.
Anaïs, sort de son sac à main, un crayon à papier et un taille-crayon en forme de mappemonde. En taillant son crayon, elle fait tourner la terre. Les spécialistes des sciences de la terre sont inquiets. Jusqu'à présent, il y a en permanence quelqu'un qui taille un crayon, quelque part sur le globe terrestre. La rotation de la terre sur elle-même est régulière, avec l'apparition des écrans et des claviers, la rotation de la terre va à vau-l'eau.
Elle saisit le morceau de feuille à gros carreaux, le retourne, griffonne une phrase et un coup de vent saharien emporte le bout de papier. Un astronome qui scrute l'infini au moyen d'une longue-vue voit passer au ralenti, 48 images seconde, le texte d'Anaïs. Il lit ceci,
"Referme un instant sur le monde la porte et la fenêtre, tourne-toi vers le journal pour toutes ses notations musicales, et commence un autre roman."

*BZ, Berner Zeitung

Mozart / Serenade for 13 Winds in B-flat major, K. 361 "Gran Partita" (Mackerras)

 

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)

Serenade No. 10 for 13 Winds in B-flat major, K 361/370a "Gran Partita" (1781-82)

00:00 - Largo. Allegro molto
09:14 - Menuetto - Trio I - Trio II
19:31 - Adagio
25:02 - Menuetto. Allegretto - Trio I - Trio II
30:24 - Romanze. Adagio - Allegretto - Adagio
37:45 - Thema mit Variationen
47:18 - Rondo. Allegro molto

List of Performers:
Oboe - Stephen Taylor (principal) & Melanie Field
Clarinet - William Blount (principal) & Daniel Olsen
Bassett Horn - Gary Koch (principal) & Mitchell Weiss
Horn - Stewart Rose (principal), Scott Temple, William Purvis, and Russell Rizner
Bassoon - Dennis Godburn (principal) & Marc Goldberg
String Bass - John Feeney

Performed by members of the Orchestra of St. Luke's under the direction of Sir Charles Mackerras. Recorded by Telarc in 1994.

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09 avril 2018

Les sans-têtes

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style.Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

Les dix ...  

Sans-têtes


karin jurick -hands of time

Karin Jurick

Sur ce que vous inspire la toile de Karin Jurick, vous voudrez bien placer les dix mots suivants dans votre texte en les soulignant ou surlignant. pour mieux les repérer.

complémentaire

epoustouflant

respirait

baignade

tortionnaire

chanteur

juger

aberrant

pénitencier

profitera

 

A vos claviers.  Retour lundi. Mais n'en perdez pas la tête !

La salle, vaste, avec une hauteur sous plafond de plus de quatre mètres, n‘avait pas de nom, contrairement à toutes les salles et bureaux de l‘établissement. Elle ne portait pas de numéro et aucun horaire des consultations n‘était visible. La seule fantaisie, dans ce lieu austère, était un petit autocollant fixé sur la chambranle de la porte. On pouvait lire "BAIGNADE interdite“.

Les murs de la salle, noirs, étaient percés de deux fenêtres. Le sol et le plafond, jaune sable, faisaient comme un coin de désert. L‘endroit RESPIRAIT le propre avec une vague odeur de désinfectant. Des bancs, alignés dans la largeur, étaient, pour l‘instant, inoccupés. Au-dessus se balançaient des câbles.

Au fond de la salle un imposant écran plasma diffusait le tirage du numéro COMPLÉMENTAIRE de la loterie nationale. Un fondu enchaîné fit apparaître un CHANTEUR qui se lança dans une reprise "des portes du PÉNITENCIER“, une chanson qui avait, jadis, fait chauffer les saphirs. C‘était au siècle passé, à l‘époque du yéyé. La voix peu assurée de ce chanteur d‘opérette rendait le numéro, à en JUGER, par la passivité du public de ce télé-crochet, peu ÉPOUSTOUFLANT. Un TORTIONNAIRE n’aurait pas mieux réussi pour arracher un aveu ABERRANT de la bouche d’un réfractaire au régime autoritaire mis en place par une junte militaire.

Sur un des bancs, quelqu’un avait gravé, au moyen d’un couteau de poche, “à qui PROFITERA le crime?”

Les premiers patients arrivèrent. C’était un couple de retraités. Ils portaient des tenues estivales, dans les tons ciel. Elle et lui tenaient précieusement un sac de jute. Ils contenaient leur fil de vie, encodé sur des disque durs. Aussitôt assis, des infirmiers se précipitèrent pour s’occuper d’eux. Cette salle, sans nom,  austère et indiquée nulle part dans l’établissement, accueillait les sans-têtes. Ils venaient ici, trois fois par semaine pour une dialyse de l’âme. Les infirmiers branchaient les câbles qui se balançaient au-dessus des bancs sur le reste de leur tête. Ils glissaient ensuite les disques durs, qui se trouvaient dans les sacs de jute, dans des lecteurs de puissants ordinateurs et les patients revivaient leur souvenirs. Officiellement, cette étrange maladie, qui efface peu à peu la tête n’existe pas. La médecine, impuissante, est dans le déni. Peu à peu, la tête s’efface. Il n’y a pas de guérison et l’effacement est plus ou moins rapide. La dialyse de l’âme est la seule parade. 

Bientôt, la salle est pleine et l’on peut observer le ballet-pantomime des infirmiers. Ils connectent les sans-têtes à leur bride de souvenirs.

Par l’une des fenêtres de la salle, on voit le printemps qui démarrent. Dans un pré, un troupeau de vaches est couché sous les arbres. On les imagine ruminer. Elles n’ont pas de têtes.

Jeanne Moreau - Peuplades

 

 

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26 mars 2018

Improbable improvisation...

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Séduction
nicolas ordinet
Nicolas Ordinet

Texte libre

La belle histoire du lundi


Le haut-parleur, "Les passagers à destination de Bruxelles, vol SABENA 221, sont priés de se rendre porte numéro 14."

Elle, assise au bar, la pointe de ses chaussures à talon posée sur l'armature consolidant le tabouret, un tabouret dit de bar, "Dans trois heures je serai chez moi. Repassage et aspirateur, récupérer les enfants chez la voisine, préparer le souper."

Lui, en costume foncé, les chaussures posée à plat sur le bas du tabouret de bar, sirote une limonade, "Il faudra que je boucle mon article pour mercredi"

La piste est sèche. Le ciel est couvert. Le printemps lutte contre les derniers soubresauts de l'hiver. Un Boeing 707, de la Pan Am, passe au ralenti devant les fenêtres du bar de l'aéroport. Il arrive de New York.

L'autre, également en costume foncé, les coudes appuyés sur le bar, fume une "Gitane" et boit à petite gorgée une bière, il est à gauche, dans le plan, en amorce, "Mon voisin tente de séduire la seule femme de ce bar. Je ne vais pas tarder à mettre mon grain de sel."

Elle, tout en dialoguant avec lui, boit un bloody mary et regarde l'autre, celui qui est en amorce dans le plan, "Mercredi je dois emmené Gabrielle chez le médecin pour un contrôle".

Le haut-parleur, "Les passagers du vol Pan Am 809, en transit pour Berlin, sont priés de se rendre à la salle d'attente 3.

A ce moment-là, la belle histoire du lundi, tourne au cauchemar. Des alarmes retentissent de partout. Le cerveau, surchargé de travail annonce une panne d'écriture qui débouche sur une page blanche. Une page immaculée de plus. Au fil des débuts de semaine, le néant s'accumule. Un livre blanc pourrait être édité en fin d'année.

La maîtresse, "Je ramasse les copie dans dix minutes".

Dix minutes pour finir le bloody mary, courrir à la porte no 8, pour embarquer sur le vol SR349 à destination de Zurich et dénouer l'intrigue entre Lui, Elle, l'autre, la piste et le haut-parleur situé au-dessus de la machine à café. Le haut-parleur situé au-dessus de la machine à café, mais l'histoire n'aurait donc jamais décollé de l'Adriano's bar*?
Un couple s'embrasse, le serveur astique les verres, il est bientôt minuit, l'heure de fermeture.

*Les habitués savent que l'Adriano's bar est en plein centre de la Ville fédérale, en face du Zytglogge.

Pour réussir un Bloody mary

  • 4 cl de vodka
  • 12 cl de jus de tomate
  • 0,5 cl de jus de citron
  • 0,5 cl de sauce Worcestershire
  • 2 gouttes de sauce Tabasco, piment de Cayenne, pili-pili, raifort, poivre, sel…
  • Sel au céleri

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19 mars 2018

La sans-culotte

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                                           Cent pour sans...

                            french maid pas un jour sans fessee

Centième devoir, chers amis !

 Saurez-vous raconter une petite historiette sur ce tableau coquin,

en cent mots exactement, pas un de plus, pas un de moins ?...

                                                                                                 Conte et Comptage lundi !

 

Dimanche soir, l’estaminet était bondé. Un orchestre de jazz chauffait la salle. Isis, la serveuse avait fort à faire pour assouvir la soif des mâles, des malabars, qui se pressaient dans la salle. Trois vieux grognards occupaient un banc au fond. Pour rien au monde ils auraient choisi une autre place. Le bar fermait à minuit. Le dimanche, dix minutes avant la fermeture, Isis mettait à l’encan sa petite culotte. Ce soir, c’est la centième. Quand elle se penchera pour retirer le morceau de tissus, et le lancer au vainqueur, les grognards jouiront d’une vue imprenable sur le fessier d’isis.

(AFP/REUTER/ATS)

Anne Léonard - Ma p'tite culotte (1977)

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05 février 2018

Les crêpes

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aujourd'hui, on mange des crêpes !

 

alfred de richemont - crepes-waffles-pancakes

 

Alfred de Richemont

 

 Bon Appétit !

 

Mais attention, avant de manger, il faut travailler !...

 

 Sur cette heure délicieuse d'Alfred de Richemont, je vous propose un texte à trous. Il s'agit d'en trouver essentiellement les verbes ( au nombre de  15 ) qui animeront votre histoire. Faites un récit comme il vous sied, humoristique, sombre, scientifique, philosophique, ésotérique, voire érotique !... Bien sûr, vous pouvez étoffer et compléter les phrases mais ne rajoutez pas de verbes.

 

 (X, personne 1) et ( Y, personne 2) ... 

Ils ne ... 

Pourtant X ... mais Y ....

Tandis qu'il ... , elle ... mais elle ne ...

Parfois, elle ... , alors il ... 

Cependant, il... ; elle ...

Souvent, ils...

Surtout lorsqu'elle... et qu'il... 

Mais, en fait, ils...

 

LES CRÊPES
(Comptine)

Ariane et Jules se retrouvaient dans la cuisine, chaque année, à la Chandeleur.
Ils ne se voyaient guère pendant les douze mois de l'an.
Pourtant Ariane irradiait de beauté mais Jules courait le guilledou.

Tandis qu'il cuisinait, elle le regardait tendrement mais elle ne mettait jamais la main à la pâte.
Parfois, elle trempait son doigt dans l'appareil à crêpes, alors il élevait la voix, une voix de baryton.
Cependant, il ne frappait jamais ; elle romprait sur le champ.

Souvent, ils s'embrassaient.
Surtout lorsqu'elle baillait sur sa chaise, une assiette à la main, impatiente et qu'il agitait la poêle.

Mais, en fait, ils n'aimaient pas les crêpes !

 

 

(Tournez le disque)

 

 

Face B
La recette des crêpes

Pierre Repp "La recette des crêpes" | Archive INA

Champs Elysées : émission du 06 novembre 1982
Pierre REPP joue la "Recette des crêpes"

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29 janvier 2018

La crue

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style.Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)
jorge santos-love-letters-submission

Sur ce que vous inspire la toile de Jorge Santos, peintre surréaliste américain, vous voudrez bien placer les dix mots suivants dans votre texte en les soulignant ou surlignant. pour mieux les repérer.

pourriture

dilettante

carpaccio

ecchymoses

roulage

tenture

équivoque

pourchasser

s'abstiendra

P.-S. Lakévio avait oublié le 10e mot dans son sac à malices. Elle nous l'a donc tramsmis par télex. Il s'agit de: saumâtre.

   

A Paris, la Seine grossie par des pluies inédites, en cette fin du mois de janvier 2018, a une couleur SAUMÂTRE. Les touristes traînent du côté des quais dans l’espoir de voir un débordement. Les CRS veillent, prêt à POURCHASSER la moindre goutte d’eau dépassant le niveau de 6 mètres. Le directeur du musée du Louvre regarde, en DILLETANTE de la science météorologique, le fleuve qui tente d’assassiner, par noyade, le Zouave du pont de l’Alma.

Dans la salle 123 Bis, sous le regard du gardien chef, des petits rats de l’opéra terminent le ROULAGE d’une TENTURE.
 C’est une tapisserie inachevée, tissée par Pénélope (Πηνελόπεια), la fille D’Icarios, l’épouse d’Ulysse. Télémaque, leur fils, traîne souvent dans les salles du Louvre, des écouteurs collés aux oreilles. Il écoute toujours la même musique, un LP numérisé, « American Garage » de Pat Metheny Group, gravé en 1979 et commercialisé en 1980 sous le label ECM Records
. C’est une musique aux nombreuses influences, un vaste delta de jazz, folk, rock, musique country et world music. La copie, pillée sur Le Tube, a des enchaînements douteux entre les morceaux. C'est un leurre pour tromper les algorithmes avides de droits d'auteur.

Le jeune homme, à la démarche féline, lorgne du côté de la salle 123 Bis. Les petits rats, qui font des arabesques dans la salle, leur travail achevé, rappellent à l’adolescent que le printemps, temps de la montée de la sève, est proche.
Une rumeur court sur la toile virtuelle, Pénélope serait la mère de Pan. Elle aurait, selon une vidéo un peu scabreuse, qui circule sous le manteau, couché avec Apollon. Un teste ADN a dissipé l’ÉQUIVOQUE, la guerre de Troie a bien eu lieu. Ulysse S’ABSTIENDRA de commenter l’affaire, il s’est contenté de poster sur son compte IG une photo de son déjeuner. On y voit un CARPACCIO d’ananas et une bouteille d’un gros rouge qui tache.

Les danseurs étoiles du Bolchoï transporteront la tapisserie, roulée, par des petits rats de l’opéra, en forme de boudin noir, dans les combles du musée. Elle y sera à l’abri de la POURRITURE due à l’humidité générée par un surpeuplement de gouttes d’eau dans la Seine.


Le catalogue général du musée du Louvre est une mine de renseignements complété d’une riche iconographie. La page 3647 est consacrée à la tapisserie tissée par Pénélope. L’artiste est actuellement écrouée à la Prison de la Santé, à Paris, pour une sombre histoire d’inceste. Elle aurait couché avec Pan, son fils supposé. Des faits prescrits, selon son avocat, puisqu’ils datent de l’époque de la guerre de Troie. L’arrachage de la photographie représentant la tapisserie, par un SDF ne pouvant s’offrir le catalogue, a également emporté une grande partie de l’analyse et de la description de la tenture. On peut tout de même lire qu’on distingue une femme couchée sur une table. Elle est couverte d’ECCHYMOSES et porte une robe bleue. Un homme en marcel blanc, les yeux empreints d’une certaine folie,
 regarde dans le vague. Une porte entrouverte laisse entendre le grondement d’un fleuve prêt à bondir hors de son lit. Un chien assiste à la scène. Il détient la clé de ce tableau énigmatique. Ulysse a violemment battu sa femme Pénélope.

Une chaîne de télévision d’utilité publique, organisera, dans le cadre d’une émission spéciale, ce lundi soir, un débat en direct, sur la violence conjugale dans les tableaux surréalistes.

 

Pat Metheny Group - American Garage (1979) [FULL ALBUM]

 

Posté par jeanjacques1957 à 09:35 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
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