"Un poème doit être une fête de l'intellect" dit Valéry. "Un poème doit être une débâcle de l'intellect" dit Eluard "Poètes français des XIXe et XXe siècles" paru dans Les Classiques de poches, chez Le Livre de Poche, me permet d'avoir quelques poèmes qui traînent dans les poches de ma veste. Il est à noter que ce florilège ne cite que les poètes. Il semble que les poétesses soient reléguées à la cuisine et au maniement de l'aspirateur... La plume, instrument phallique, est réservée aux maîtres de maison.
Louise Labé Anna de Noailles Louise Collet Andrée Chedid Pivoine (ICI) Marceline Desbordes-Valmore Vénus Khoury-Ghata Marie Étienne Lydie Dattas Claire Malroux
The Rubettes - Sugar Baby Love
En 1974, "Sugar Baby Love" cartonnait sur les platines...
MIDI
Midi, Roi des étés, épandu sur la plaine, Tombe en nappes d'argent des hauteurs du ciel bleu. Tout se tait. L'air flamboie et brule sans haleine; La Terre esr assoupie en sa robe de feu.
Pour se réchauffer, il faut s'engouffrer dans la salle de l'Adriano's bar, choisir le banc sous lequel les tuyaux du radiateur, chauffés à blanc, tentent de rivaliser avec les chaleurs de l'été... On peut alors disséquer son spleen en buvant des doppio Malabar. La lecture de la presse du jour plonge l'esprit dans la terreur!
Une carte de A., jetée pêle-mêle,avec les factures ordinaires, dans la boîte aux lettres, me donne l'envie de répondre sur le champs. Cloué au lit, rongé par la vieillesse, lui, a des mots plus crus pour évoquer son état, il se plaint gentiment de l'assèchement du réservoir de ma plume...
Cet appel au secours laisse songeur. D'un côté, il y a cette correspondance, commencée il y a plus de 20 ans, avec mon ami A. Un échange de lettres et de cartes qui rythme les saisons. De l'autre côté, il y a une vie virtuelle, envahissante, qui bien souvent flatte l'égo. Ces sirènes d'un nouveau temps retiennent captif leur victime par des artifices grotesques, qui gonfle d'orgueil l'imprudent voyageur qui chemine sur la toile électronique. Elle laissent miroiter au pauvre hère, une notoriété universelle, des millions de suiveurs, des tonnes de "j'aime" au bas de chaque photos publiées, une vie sociale en "live" partagée avec des centaines d'amis, la moindre miette de pain est une nouvelle importante, objet de toutes les attentions, elle sera balancée sur les réseaux sociaux sous forme de pixels de divers formats!
Mon ami A. est totalement ignorant des applications qui permettent de gonfler le compteur de suiveurs, des algorithmes qui en une fraction de seconde savent tout de notre vie et nous bombardent de publicités ciblées.
Je vais saisir ma plume et essayer de raconter à mon vieil ami, de façon poétique, ce fatras électronique qui peu à peu englue nos esprit vers une pensée unique...
Le soleil se fout complètement de ces histoires d'adresses IP. Il se couche en beauté alors qu'un avion emporte au loin le dernier carré de nos libertés.
Le 4e lundi de novembre , la Ville fédérale est en fête. C'est le Zibelemärit. Un marché aux oignons réputé qui attire les foules de toutes la Suisse et même d'au-delà.
Les Bernois aiment s'y retrouver avant l'arrivées des visiteurs. Les transports publics fonctionnent un heure plus tôt que les jours normaux.A partir de 4 heures, les badauds, chaudement habillés, admirent les stands richement décorés. L'oignon est utilisé dans un florilège de décoration. On boit du vin chaud, on mange des tartes ou des soupes à l'oignon. Les plus hardis dégustent une fondue ou boivent du sekt dans des flûtes en plastiques. Les enfants font des batailles aux confetti.
Quand le jour se lève, les Bernois vont travailler tandis que les trains arrivant des quatre coins cardinaux amènent dans la capitale un flot de visiteurs...
Hier, lors de mon passage à La Chaux-de-Fonds, la ville de mon enfance, je n'ai pas résisté, j'ai couru à La Méridienne. Une librairie indépendante, qui a pignon sur rue depuis 20 ans. Elle est installée près de la Place du marché. Je voulais acheter "Journal berlinois 1973-1974" de Max Frisch, traduit de l'allemand par Camille Luscher aux Éditions ZOÉ. C'est sorti en octobre. Finalement, j'ai encore pris trois autres nouveautés, sorties entre septembre et novembre; Une vie de facteur, de Jean-Jacques Kissling, L'élève Gerber de Friedrich Torberg et Trois saisons à Venise de Mathias Zschokke. C'est rare que je me procure les dernières parutions qui inondent les librairies. En revanche je ne résiste pas d'aller rêvasser dans les librairies qui aont sur mon chemin. Pour la lecture, je pioche dans ma bibliothèque. Constituée il y a plus de 20 ans, je suis toujours un peu en décalage. Pour faire vivre les livres, il faut les lire et le relire...
De Wabern à l'aéroport de Belp-Berne, en passant par le bord De la Gurbe...
Les nuages, passent entre les Alpes, formant des cascades puis s'éffilochent. C'est le Foehn, vent chaud, venu du sud, qui façonne les merveilleux nuages en ces longues trainées ouateuses.
La balade se fait sous le ciel bleu. Les corneilles donnent un concert. C'est un répertoire de musique futuriste.
Quelques buissons, piégés par une météo en dent de scie, fleurissent avec plusieurs mois d'avance.
A midi, le vol à destination d'Amsterdam, s 'élance dans les airs.
Plus tard, les passagers débarquant de l'avion en provenance de Vienne, auront les Alpes à portées d'yeux...
J'aime la période située entre la chute des dernières feuilles et la première chute de neige. Les flocons mettront un terme à cette période magique, appelée, dans les pays germaniques, "la fin des temps". Nous entreront alors dans l'hiver.
MODE D'EMPLOI
de haut en bas
Café à l'Adriano's bar après les courses faites au marché. Les sacs sont remplis de choux rouges et blanc, de carottes de couleurs et de variétés différentes, de brocoli, de choux-fleur, de concombre, de châtaignes, d'os à moelle, d'un poulet, de côtes de sanglier, de crosnes, de choux de Bruxelles, de la doucette ( mâche ou rampon selon les région), une courge hokkaido, d'un filet de saumon et de patates...
Dans le quotidien "Le Temps", daté de samedi 19 novembre 2016 , un article est consacré à Alberto Giacometti. Une exposition exceptionnel se tient au Kunsthaus de Zurich http://www.kunsthaus.ch/fr/expositions/
Une partie de l'article parle aussi d'une exposition qui se déroule au musée Picasso à Paris. Une confrontation des oeuvres de Picasso et de Giacometti. Une longue amitié, d'une vingtaine d'année à unis les deux artistes, elle s 'est interrompue par une brouille .
Cette huile sur toile, peinte par Picasso en 1931, intitulée "femme lançant une pierre", me plait. On voit la pierre et on distingue la femme...
- Mais... c'est l'intervention de cette grosse femme... C'est un ptit peu... enfin... ça va très loin. - C'est là que je me rends compte que malheureusement, je vous ai beaucoup moins bien réussi que le porc. Pierre et Thérèse.