02 décembre 2019

Nuit 11/16 - Les mois d'hiver - Venise

Dans l'anthologie des poètes français contemporains, Paris Delagrave éditeur, 1918, c'est sous le nom de Madame Alphonse Daudet que sont reproduit deux poèmes de l'épouse de Daudet, extraits de "Reflets sur le sable et sur l'eau", Alphonse Lemerre, éditeur, 1903
L'un d'eux est un poème sur Venise.
En octobre 1985, j'ai eu un immense coup de coeur pour Venise. En 2004, j'ai eu un coup de blues en retournant dans cette ville aux souvenirs élouissants. La ville était devenue un attrape-touristes. Les chats qui 19 ans plus tôt erraient partout avaient disparu. Je ne pense pas que je retournerai à Venise.

MADAME ALPHONSE DAUDET

VENISE

Vieux canaux, vieux palais, et vieux ponts sur l'eau morte
Où des ombres s'en vont hâtives et drapées
Si fièrement, et se posant de telle sorte,
Qu'on croit voir aux haillons luire des blancs d'épée !

Cela passe et s'engouffre au coin de quelques portes,
Cependant que le flot sur les pierres trempées
Pleure, et noircit de tout ce qu'il porte et rapporte
Les maisons, de mystère ancien enveloppées.

Ce n'est plus la Venise inclinant ses façades
Vers Saint-Georges enflammé d'un couchant toujours rose,
Et mirant des balcons, des toits, des colonnades

Au grand canal, où glisse, avec les sérénades,
La gondole qui porte en ses voiles moroses
Le deuil silencieux et persistant des choses ! 

                                (Reflets sur le sable et sur l'eau.)

Posté par jeanjacques1957 à 23:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,


19 septembre 2019

Un été en Suisse - 19.9.19 ...

19.9.19


                NUIT DE PARIS
Le ciel des nuits d'été fait à Paris dormant
Un dais de velours bleu piqué de blanches nues,
Et les aspects nouveaux des ruelles connues
Flottent dans un magique et pâle enchantement.

L'angle, plus effilé, des noires avenues
Invite le regard, lointain vague et charmant.
Les derniers Philistins, qui marchent pesamment,
Ont fait trêve aux éclats de leurs voix saugrenues.

Les yeux d'or de la Nuit, par eux effarouchés,
Brillent mieux, à présent que les voilà couchés...
- C'est l'heure unique et douce où vaguent, de fortune,

Glissant d'un pas léger sur le pavé chanceux,
Les poètes, les fous, les buveurs, - et tous ceux
Dont le cerveau fêlé loge un rayon de lune.
                                     (A mi-Côte)

Léon Valade (1841-1883)

Extrait de "Anthologie des poètes français contemporains", poèmes choisis par G. Walach, tome premier, Paris Delagrave 1918

                                                   C3965DB1-118F-46CA-820B-4FC24FAE5445

Posté par jeanjacques1957 à 22:15 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , ,