28 juillet 2013

Un été de porcelaine - Dimanche

"Je crois qu'il n'existe pas de Dieu personifié, ni de vie après la mort."
Note dans son journal Susan Sontag en novembre 1947.

Le ciel a pris une teinte d’un bleu gris. L’été, le Bel été, au sommet de son art, commence à décliner. Depuis quelques jours, la chaleur s’infiltre partout. Le thermomètre marque des températures au-dessus de 35°. Les gens, suffoqués, profitent du moindre endroit réfrigéré. On aurait souri il y a 30 ans si quelqu’un avait affirmé le plus sérieusement du monde qu’un jour les bus sillonnant la ville de Berne seraient climatisés. Pour échapper à la foule nageant dans l’Aar et à la moiteur ambiante, rien de tel qu’un voyage en chemin de fer jusqu’à Spiez pour prendre un bain dans le lac de Thoune. Ce village construit à flanc de colline s’étage jusqu’au lac entre château et vignoble. Un chemin de rive relie Spiez à Faulensee sous les hêtres. C’est une relique du paysage originel au temps où l’automne le Plateau suisse tout entier prenait des teintes dorées. Dans ces chroniques, Pline le jeune décrit ce spectacle extraordinaire. Après quelques minutes de marche on atteint des bains construits dans les années 20 du siècle passé. Une longue maisonnette au toit de tuiles avec des niches cintrées de bancs en bois qui permettent de se changer et d’accrocher ses vêtements fait face au lac. A quelques mètres de la rive, un radeau se balance dangereusement, malmené par des baigneurs joueurs.

Une communauté d’anabaptistes groupée dans un coin des bains écoute un prêche. Le pasteur descend ensuite dans le lac entraînant des fidèles qui se font (re)baptiser. La cérémonie se termine par une prière. Les participants se mêlent ensuite aux nageurs. Plus tard, ils partagent une collation avec les gens venus prendre le frais dans l’eau minérale.

Le ciel se couvre de nuages, le föhn souffle à petite vitesse entraînant un courant chaud. Les bateaux de ligne croisent sur le lac avec le Niesen en toile de fond. Cette pyramide mythique affole les peintres.

En fin d’après-midi, il pleut sur Berne. Une pluie éphémère qui humidifie les feuilles des arbres. Plus tard, l’orage se fera plus violent arrosant copieusement les jardins.

Berne, Tibits

28 juillet 2013  

après l'orage
Après l'orage...

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07 septembre 2012

Été urbain - La fuite de l'Été, du bel été

003Au-dessus d'Ostring un aéronef signal son passage par un long ruban soyeux. La destination de ce vol est mystérieuse. Une fourmi charpentière qui grignote avec obstination, en compagnie de sa colonie, les parquets de Tempelhof dit à un chat jaune qui regagne les hauteurs du Gurten que l'Été, le bel été serait à bord de l'avion blanc.  Devant les menaces automnales, il prend la poudre d'escampette! 

 

 

 

 

 
Florine se gave de tapas à Madrid!!!

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Photographie envoyée par Florine via I-Truck

 Fruits de saison...

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Figues et framboises

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24 juin 2012

Euro 2012 - Été urbain

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A Kiev, il reste un quart d'heure de jeu dans le temps réglementaire, le résultat est de zéro à zéro pour le dernier match de quarts de finale opposant la Croix de Saint-Georges à la squadra azzura.
A l'Adriano's Bar, il y a plus de monde derrière le zinc que dans la salle, même la terrasse étant désertée.
L'été, le Bel été, a pris ses quartiers dans la ville fédérale. L'été 2012 sera urbain.
L'Aar coule des jours heureux à l'idée d'un rendez-vous secret avec le Rhin en Argovie. Le tram 7 emporte les clients de l'Adriano's du côté d'Ostring. L'avion en provenance de Nice-Côte d'Azur atterrit avec un quart d'heure de retard. Il est 22h44 quand l'aéronef de Skywork touche la piste de Belp.
A Kiev, les joueurs, pour se départager, ont décidé de prolonger le match. Le résultat sera connu tard dans la nuit.

 

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Deux vues de Berne, l'Aar et dans le quartier du Dalmazi

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23 mai 2012

Seringa

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Balade du soir dans le quartier voisin, le quartier d'Elfenau. Un seringa parfume un carrefour. Cette odeur capiteuse envoute les promeneurs. Soudain au détour d'un jardin, un ombre furtive s'estompe dans le crépuscule. C'est l'Eté, le bel été qui est de retour de son exil dans l'hémisphère austral.

Coupure de presse
Article extrait du Temps:
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28 décembre 2011

Le brouillard

Le brouillard, la peuf comme on l'appelle parfois, glace de son froid humide le décor. La nuit est avancée et bientôt sonneront les douze coups de la mi-nuit.
Le brouillard paresse et s'étire sans fin sur la Capitale. Le givre a colonisé les arbres qui ressemblent à des chevelures de vieillards,
Le brouillard glace les corps jusqu'au coeur!
Dans la Maison des delphiniums, une coccinelle dort sur le radiateur elle rêve de l'été, du Bel été... Parfois elle ronfle, et ses ronflements se mêlent aux bruits des fantômes... Le fantôme de Flora qui erre sans fin dans l'escalier de chêne massif.
Le brouillard, la peuf comme on l'appelle parfois, comme du verre rend les chemins.

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17 septembre 2011

Fin de saison

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Photo: jeanjacques1957. Piscine de Berthoud la veille de la fermeture.

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16 septembre 2011

Adriano's

L'Eté, le bel été, s'est enfui en autocar. Des baigneurs l'ont vu nager dans la piscine de Berthoud. Une crevaison a contraint l'équipage à un arrêt non prévu.
A l'Adriano's, l'air est moite ce vendredi soir. Les ventilateurs tournent au ralenti. Toutes les places sont occupées. Le bruit des conversations fluctue en phase avec la puissance de la musique que diffuse un haut-parleur installé au-dessus de la machine à café. Le bel été est déjà oublié malgré la tenue vestimentaire décontractée des consommateurs. Le bel été n'est qu'un lointain souvenir malgré un orage au loin. Les éclairs zèbrent un ciel d'encre...

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13 septembre 2011

En autocar...

L'Eté, le bel été sur la pointe des pieds c'est effacé. Il a pris place dans un autocar. Ses malles ont été arrimés sur le porte-bagages.
Il s'en va pour un long voyage...

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20 août 2011

Le Bouquet

Entre Le Landeron et Lignières, sur le sentier qui commence dans les vignes et s’achève dans la forêt, un élégant gentilhomme chemine. Vêtu d’un costume clair, coiffé d’un canotier, il porte un bouquet champêtre. Les abeilles ont adopté le tournesol, les bleuets ou les mufliers. Le va-et-vient des butineuses forme un long sillage derrière le bouquet qui lentement avance vers le village. Une sauterelle se repose sur la branche de chêne voisine de la sauge décorative avant de plonger dans l’inconnu forestier. Trois glands solidement tenus ne sont pas prêts de tomber sur le nez d’un dormeur rêvant de citrouille*.

Juste avant d’entrer dans la forêt, l’élégant gentilhomme avec une guêpe affamée à la boutonnière de son veston jette un regard sur le lac de Bienne. Un bateau accoste à Cerlier. Il cabotera jusqu’à la Ville de l’Avenir en passant par l’Ile St-Pierre.

Il fait très chaud. Aucun vent coulis n’agite les feuilles. On dit que les dernières garrigues viennent mourir ici, entre Le Landeron et La Neuveville. Si on ferme les yeux, on entend les cigales.

Le voyageur entre dans Lignières. Le village est silencieux. Les fontaines sont vides, muettes. L’eau manque, il n’a pas plu depuis longtemps.

Le gentilhomme entre dans une ferme « Au bas du village ». Le silence règne, personne dans les champs. Une porte-fenêtre ouverte laisse entendre des conversations dans le jardin. Le voyageur dépose le bouquet sur la table de la cuisine. Des figues cueillies le matin même à Beaulmes reposent sur un plat à gâteau couleur bleu nuit avec un liséré d’or. Elles sont arrivées dans un panier avec des pots de miel. L’endroit est un peu plus frais que les autres pièces. La machine à café est sous pression. Le gentilhomme tire une carte de visite de sa poche, arrache une plume à une oie qui passait, la taille en bec, trempe la plume dans l’encre de seiche et écrit : « Bon anniversaire ». Il signe « L’Eté, le bel été », avant que de s’évaporer en fumée bleue.

Lignières, ce 20 d’aoust de l’an de grâce 2011

*Référence au poème de La Fontaine "Le gland et la citrouille"

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LE GLAND ET LA CITROUILLE

 

Dieu fait bien ce qu’il fait. Sans en chercher la preuve
En tout cet Univers, et l’aller parcourant,
Dans les Citrouilles je la treuve.
Un villageois, considérant
Combien ce fruit est gros, et sa tige menue
A quoi songeait, dit-il, l’Auteur de tout cela ?
Il a bien mal placé cette Citrouille-là :
Hé parbleu, je l’aurais pendue
A l’un des chênes que voilà.
C’eût été justement l’affaire ;
Tel fruit, tel arbre, pour bien faire.
C’est dommage, Garo, que tu n’es point entré
Au conseil de celui que prêche ton Curé ;
Tout en eût été mieux ; car pourquoi par exemple
Le Gland, qui n’est pas gros comme mon petit doigt,
Ne pend-il pas en cet endroit ?
Dieu s’est mépris ; plus je contemple
Ces fruits ainsi placés, plus il semble à Garo
Que l’on a fait un quiproquo.
Cette réflexion embarrassant notre homme :
On ne dort point, dit-il, quand on a tant d’esprit.
Sous un chêne aussitôt il va prendre son somme.
Un gland tombe ; le nez du dormeur en pâtit.
II s’éveille ; et portant la main sur son visage,
Il trouve encor le Gland pris au poil du menton.
Son nez meurtri le force à changer de langage ;
Oh, oh, dit-il, je saigne ! et que serait-ce donc
S’il fût tombé de l’arbre une masse plus lourde,
Et que ce gland eût été gourde ?
Dieu ne l'a pas voulu : sans doute il et raison ;
J’en vois bien à présent la cause.
En louant Dieu de toute chose,
Garo retourne à la maison.

Jean de La Fontaine

 

 

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13 août 2011

Dîner sur le balcon

 

La table dressée sur le balcon attend les convives. Le souper est servi dans de grandes assiettes au liseré couleur des blés. Le soleil a disparu derrière les maisons dessinées dans les années 1940. Une guêpe affamée survole les plats et tente plusieurs atterrissages. La chaleur des plats empêche la carnassière d’attaquer  le dîner. Las, elle disparaît dans le feuillage de l’arbre des oiseleurs qui ombre le balcon.
Un cafard tombé dans un verre à jambe se noie dans un grand cru classé. Une fourchette adroitement maniée sauve de l’ivresse des profondeurs l’insecte. Déposé sur la rambarde, il cuve avant de disparaître dans un interstice du balcon. Le contenu du verre « cafardisé » est jeté par-dessus bord et s’égoutte sur un chat qui déguerpi.
Un élégant gentilhomme en costume blanc avec une guêpe affamée à la boutonnière passe sur la pelouse. Il soulève son chapeau dégageant une chevelure argentée et fait un clin d’œil aux convives qui s’installent à la table dressée sur le balcon. L’élégant gentilhomme disparaît dans les bosquets du jardin. C’est l’Eté, le bel été qui parcourt son domaine.
Dans le ciel, une étoile s’allume…

 

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