L'été, le bel été
En amazone à l'arrière d'une Vespa, une femme fardée enlace le pilote. l'équipage fonce sur la voie lactée dans la belle lumière du soir. L'été, le bel été enfin!
En amazone à l'arrière d'une Vespa, une femme fardée enlace le pilote. l'équipage fonce sur la voie lactée dans la belle lumière du soir. L'été, le bel été enfin!
Place de la Gare.
Sous un parasol, sur une table éclairée par un luminion, un espresso gelato attend son heure. La nuit installée depuis longtemps est douce. Dans le ciel étoilé des parachutes dorés rapatrient des novas déchues, désastres financiers.
Une voiture de police, en trombe, zèbre la place de son gyrophare. Sirène hurlante, la maréchaussée poursuit l’Eté, le bel été jusqu’au tréfonds de l’arrière saison. Un silence précaire retombe sur la place. L’espresso gelato patiemment se réchauffe et la serveuse d’un ton décidé rappelle à l’ordre le convive endormi : « On ne dort pas ici ! » Une lassitude passagère et les paupières s’étaient fermées sur des rêves à la trame compliquée. Rêves qui se sont évanouis par un réveil brutal. Il faudra ruser pour voler quelques minutes de sommeil sans éveiller l’attention.
Dans l’indifférence, la place disparait bouffée par un trou noir généré par la collision de deux faisceaux fuyant à la vitesse de la lumière. Un sorcier dans un laboratoire improbable expérimente dans un tuyau d’arrosage les effets du vide sur l’antimatière!
Sur la carte au 1:100 000 un rectangle noir grossissant à vue d’œil indique le lieu de la disparition du dormeur.
10.09.2008
"Tibits"
Berne
Dans le parc d'une villa à l'abandon, la floraison d'un magnolia jonche le sol, ceinture laiteuse aux reflets roses sur laquelle vagabondent des fourmis avanturières.
Des milliers de pissenlits, soleils miniatures ,tapissent champs, plates-bandes et jusqu'aux interstices des murailles.
Le printemps trépigne, le printemps s'affiche.
Les branches chargées d'espoir gourmand s'épanchent, il neige sous les cerisiers.
Le ciel est barbouillé. Les Alpes et leur légendaire candeur éternelle, voilées par la brume barrent l'horizon.
Au détour d'un stöckli, deux cardamines des champs en grande coversation ignorent le Bouvier bernois qui s'oublie à leur pied.
Sur la route entre Wabern et Belp aéroport,
Dimanche 27 avril 2008
XXIe siècle
Le marteau du commissaire-priseur adjuge la paire de commodes demi-lune à fleurs d'époque Louis XVI au prix de 600.000 francs. Ces merveilles qui ont miraculeusement traversé les siècles sans être séparées, avec des cannelures en trompe l'œil sont signées du grand maître Topino. La tension s'estompe, la pièce maîtresse de la vente aux enchères de la galerie K., sise à Zurich, a trouvé preneur.
Dehors, la nuit installe ses mystères. Les illuminations de Noël miroitent dans la Limmat. Une motrice d'un autre âge au décor rouge avec des étoiles dorées trace sa route sur la voie des tramways de ligne. À l'intérieur, des enfants bouche bée écoutent un ange raconter des contes. C'est le Märlitram qui, couvert d'ampoules électriques, dans un bruit de ferraille, transporte les bambins dans des pays imaginaires.
Les passants indifférents déambulent d'un pas pressé dans la Bahnhofstrasse ignorant le jeune chômeur qui vend à la criée le journal "Surprise".
SOIR D'HIVER AU BEATENBERG
Après avoir fait scintiller le lac qui, des hauteurs du Beatenberg prenait des allures de fjord norvégien, le soleil, dans sa chute, embrase le sommet des Alpes avant de s'enfoncer dans les profondeurs de l'oubli.
Le froid s'installe et les montagnes, masses sombres se découpent sur un ciel noircissant. Les étoiles s'allument. L'autocar postal regagne les rumeurs de la ville.
Beatenberg (Canton de Berne)
5.12.07
XXIème siècle
La vigne, voile d'or, descend en escalier jusqu'au lac brumeux. Le soleil rase les flots avant de s'endormir. Une grappe de raisin oubliée à un sarment...
02.11.2007 à 17H59
Depuis le train, en passant au-dessus des vignes avant le tunnel qui dirige le convoi vers Palézieux.
Les cerises
Un plat de fruits couronne le repas ;framboises, cassis, groseilles versaillaises, fraises, pastèque, griottes aiguisent les convoitises et clôt une journée estivale.
Un ciel pur, quelques nuages de beau temps au loin glissent au gré d'une brise molle. Les pluies généreuses ont verdi les campagnes. Il flotte dans l'air une excitation inquiète. C'est l'été retrouvé qui, tard dans la nuit jouera avec nos souvenirs. L'Eté, le bel été, enfant roi échappe à ses géniteurs et joue sur le plongeoir de la piscine à faire des plongeons dans une eau cristalline bleuie par le couleur du ciel. Les convives ont quitté la table, laissant quelques noyaux sur le plat de fruits. Il est bien court le temps des cerises!
Berne, "Tibits"
6 juillet 2007
Le train roule dans la nuit tombante. Petites lucioles au loin, ce sont les feux de la Saint Jean. C'est l'été.
24.06.2007
Dans le train, quelque part au large de Romont
Le feuillage du tilleul a séché ses larmes. Ses branches dansent dans la brise sous le regard éclatant d'un soleil presque estival.
19.05.2007
Impression depuis la cuisine de la Gutenbergstrasse
Un joyeux tohu-bohu règne au potager. Les crocus égaient un jardin endormi. Endormi en apparence, les frênes lèvent déjà et tentent de coloniser les moindres espaces. Les premières séries de petits pois ont été semés, prétexte à une débauche de mets succulents dans le plein printemps.
Au pied du rosier "Blanche Neige" des plumes éparpillées témoignent, à charge, de l'appétit du chat.
10 mars 2007
Berne, Tibits