Une Tesla XL rouge franchit la frontière à Vallorbe et entra en France à 04h30, ce dimanche de fin mars. l''heure d'été n'était pas bien vieille! La puissante voiture électrique circulait à vive allure, dans un silence presque absolu. Le conducteur regarda dans le rétroviseur. Le miroir noir indiquait que la route était déserte. Il quitta la N57 pour la D45, s'engagea sur un petit chemin, roula phares éteints sur une courte distance et gagna la cour d'une ferme abandonnée.
Il brancha, à une prise électrique extérieure, le câble pour la recharge de la voiture. En moins de dix minutes, il avait échangé le jeu de plaques du canton de Berne contre une immatriculation française de la Charente-Maritime. Les plaques suisses, enfermées dans un sac de jute lesté de pierre disparut dans le puits à purin. Les papiers de la voiture, les papiers d'identité du conducteur ainsi que quelques documents brûlèrent, sur un grill portatif, qui trainait par là.
Il ouvrit une enveloppe, dissimulée dans un établi abandonné, et y trouva sa nouvelle identité, cartes de crédit et papier de la voiture.
Il sortit du coffre de la voiture une glacière et une bouteille de Chasse-Spleen. Il but un verre de vin, ouvrit 6 huîtres puis appuyé contre le mur du bâtiment principal, un mur peint à la va vite de gris foncé en bas et gris clair en haut, il fuma un petit cigare. Il était rayonnant. Il se prénommait toujours Serge, mais avait changé de nom et de nationalité. Dans quelques heures, son patron serait alerté que le chauffeur n'était pas au rendez-vous à l'aéroport de Zurich pour prendre en charge un client important.
La braise du cigare faisait un halo rouge dans la nuit.
Il vérifia que rien ne trainait, et la Tesla disparu, silencieuse, dans le jour naissant. Elle filait vers l'océan...

27 mars 2017

(Texte retrouvé dans les méandres des archives électroniques)