Mardi, à l’Adriano’s Bar, est le jour où le café est torréfié. L’odeur du café rôti embaume les sens. Dehors, le temps est d’humeur maussade. Il pleut par intermittence. Les deux ventilateurs fixés au plafond sont à l’arrêt, faute de chaleur à chasser. La musique diffusée par le haut-parleur situé au-dessus de la machine à café passe dans l’indifférence. Dans les pages économiques de quelques journaux, la bulle immobilière, qui arrive au crêt de la vague en Suisse, à la veille de retomber avec fracas, emportant tout sur son passage, est largement commentée. Inconscients, les clients de l’Adriano’s se concentrent sur la mastication de leur croissant – la bulle plane dans l’anonymat et la discrétion au-dessus de leurs têtes. Le doppio « Candelaria », subtil arabica des hauts plateaux volcaniques du Costa Rica, tiré par le patron en personne, est un délice. Ce soir, au Brésil, quatre matches se dérouleront sur les pelouses qui accueillent la coupe du Monde de balle au pied. Les nuages se sont dissipés : dans la belle nuit d’été, les feux de la St-Jean brilleront.