Dans la petite salle de l'Adriano's bar, on y boit des cafés en décortiquant la presse du jour ou on y écrit sur des carnets aux pages lignées ou virtuelles tout en refaisant le monde...

                                                                                Adrianos

23 avril 2018

La belle lumière du soir

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style.Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

La vie est un roman.



Gueorgui Pinkhassov  - 1996.  Cafe Paris

Devoir :

1) Commencez impérativement votre texte par la phrase suivante : "Notre première expérience, chose remarquable, est celle d'une disparition." Emprunt à Lou qui nous raconte sa Vie.

 2) Terminez impérativement votre texte par la phrase suivante : "Referme un instant sur le monde la porte et la fenêtre, tourne-toi vers le journal pour toutes ses notations musicales, et commence un autre roman." Emprunt à Anaïs qui écrit son Journal.

Entre les deux, casez ce que vous voulez !

Votre roman, lundi.

 

"Notre première expérience, chose remarquable, est celle d'une disparition."
Cette phrase, écrite à l‘encre bleue royale, sur un morceau de feuille à gros carreaux, venait de choir sur la table, poussée là par un vent saharien. Il n‘est pas rare que l‘Afrique s‘invite jusqu’à la Ville fédérale. Le ciel est jaunâtre et le capot des voitures devient un désert. On y voit quelques chameaux blatérer dans des oasis luxuriantes. Les stations de lavage de voitures font fortune en ces périodes de dunes. Ce phénomène météorologique n‘altère en rien la belle lumière du soir. Anaïs, assise à la terrasse de l‘Adriano‘s bar, compulse un dossier. Elle a saisi le billet tombé du ciel et l‘a calé sous son verre. Elle boit une Gazosa, limonade fabriquée à Mendrisio, au Tessin, depuis 1883. Trams et bus passent, ainsi que quelques voitures. Des piétons traversent la rue. D‘une fenêtre ouverte, s‘échappe l‘adagio de "La Gran partita“. Mozart, lors de son voyage de retour de Paris, a séjourné à Berne et y a donné un concert, avant de regagner Salzbourg. Cette musique pour treize instruments à vent et contrebasse se fond harmonieusement dans la belle lumière du soir. Le soleil diffuse cette lumière magique, peu avant son coucher, en toute saison. C'est un moment où le temps semble suspendu, où tout semble permis, comme dans la chanson de Brel, "Les timides", ces timides qui tissent des projets fantastiques, et puis tout retombe, le soleil se couche.
A côté d'Anaïs, un client est plongé dans la BZ*. Il est vêtu d'une chemise à manches courtes. A son poignet gauche, il porte une Vénus. Cette marque de montres à été fondée à La Chaux-de-Fonds, en 1912. Il lit un article sur les réseaux sociaux, sur les gens qui livrent leurs données personnelles à des entreprises américaines sans penser aux conséquences.
L'automne particulièrement chaud permet, en cette mi-octobre, de rêvasser sur les terrasses des cafés en assistant au coucher du soleil. La chaleur arrive du désert du Sahara. Une fine poussière de sable signale ce fait, que relaye également la BZ. Un groupe de jeunes, des élèves de l'école française, passent en faisant des égoportraits avant de les expédier au moyen de leur téléphone portable. Ils ne se soucient pas des entreprises américaines qui pompent leur vie privée. Ils ne connaissent pas Lou, la dame de la phrase écrite sur un morceau de feuille à gros carreaux. "On s'en bat les couilles", martèlent-ils.
Anaïs, sort de son sac à main, un crayon à papier et un taille-crayon en forme de mappemonde. En taillant son crayon, elle fait tourner la terre. Les spécialistes des sciences de la terre sont inquiets. Jusqu'à présent, il y a en permanence quelqu'un qui taille un crayon, quelque part sur le globe terrestre. La rotation de la terre sur elle-même est régulière, avec l'apparition des écrans et des claviers, la rotation de la terre va à vau-l'eau.
Elle saisit le morceau de feuille à gros carreaux, le retourne, griffonne une phrase et un coup de vent saharien emporte le bout de papier. Un astronome qui scrute l'infini au moyen d'une longue-vue voit passer au ralenti, 48 images seconde, le texte d'Anaïs. Il lit ceci,
"Referme un instant sur le monde la porte et la fenêtre, tourne-toi vers le journal pour toutes ses notations musicales, et commence un autre roman."

*BZ, Berner Zeitung

Mozart / Serenade for 13 Winds in B-flat major, K. 361 "Gran Partita" (Mackerras)

 

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)

Serenade No. 10 for 13 Winds in B-flat major, K 361/370a "Gran Partita" (1781-82)

00:00 - Largo. Allegro molto
09:14 - Menuetto - Trio I - Trio II
19:31 - Adagio
25:02 - Menuetto. Allegretto - Trio I - Trio II
30:24 - Romanze. Adagio - Allegretto - Adagio
37:45 - Thema mit Variationen
47:18 - Rondo. Allegro molto

List of Performers:
Oboe - Stephen Taylor (principal) & Melanie Field
Clarinet - William Blount (principal) & Daniel Olsen
Bassett Horn - Gary Koch (principal) & Mitchell Weiss
Horn - Stewart Rose (principal), Scott Temple, William Purvis, and Russell Rizner
Bassoon - Dennis Godburn (principal) & Marc Goldberg
String Bass - John Feeney

Performed by members of the Orchestra of St. Luke's under the direction of Sir Charles Mackerras. Recorded by Telarc in 1994.

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22 avril 2018

L'été au printemps

Espresso Malabar et lecture de la presse à l'Adriano's bar.
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La température a, pour le troisième jour consécutif, dépassé les 25 degrés. Trois jours d'été... Fondue moitié-moitié à discrétion; à discrétion se lit aussi sur les cartes des restaurants de Suisse romande. Il faudrait écrire, à volonté! Encore un germanisme... Quand à la fondue moitié-moitié, elle fait l'unanimité de tout le pays, moitié gruyère, moitié vacherin fribourgeois. Ambassades britanique et du Pérou, quelques impressions de la Thunstrasse et de l'Elfenaustrasse.
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Le parc de l'Elfenau, infos (ICI), en automne 2012 (ICI). C'est un endroit magnifique...
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La hêtraie du pars de l'Elfenau

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Brève incusion à Berthoud. Le château veille sur la ville de 15 238 âmes...
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Encore un beau dimanche

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17 avril 2018

Aux coins des rues de la Ville fédérale, les forsythias en fleur font comme des phares, qui guident les piétons égarés dans la capitale. La journée à été belle et à 22h00, il fait encore 14 degrés...
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Balade dans la belle lumière du soir, avec vue sur les Alpes rosies par le soleil couchant. Café à l'Adriano's bar et lecture de la presse.
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Retour avec les dernières lueurs du soleil...

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01 avril 2018

Joyeuses fêtes de Pâques

Trauffer - Sennesinger


Balade dans la Ville fédérale, en fin de journée...
Café et lecture de la presse dominicale à l'Adriano's bar.

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26 mars 2018

Improbable improvisation...

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style.Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

Séduction
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Nicolas Ordinet

Texte libre

La belle histoire du lundi


Le haut-parleur, "Les passagers à destination de Bruxelles, vol SABENA 221, sont priés de se rendre porte numéro 14."

Elle, assise au bar, la pointe de ses chaussures à talon posée sur l'armature consolidant le tabouret, un tabouret dit de bar, "Dans trois heures je serai chez moi. Repassage et aspirateur, récupérer les enfants chez la voisine, préparer le souper."

Lui, en costume foncé, les chaussures posée à plat sur le bas du tabouret de bar, sirote une limonade, "Il faudra que je boucle mon article pour mercredi"

La piste est sèche. Le ciel est couvert. Le printemps lutte contre les derniers soubresauts de l'hiver. Un Boeing 707, de la Pan Am, passe au ralenti devant les fenêtres du bar de l'aéroport. Il arrive de New York.

L'autre, également en costume foncé, les coudes appuyés sur le bar, fume une "Gitane" et boit à petite gorgée une bière, il est à gauche, dans le plan, en amorce, "Mon voisin tente de séduire la seule femme de ce bar. Je ne vais pas tarder à mettre mon grain de sel."

Elle, tout en dialoguant avec lui, boit un bloody mary et regarde l'autre, celui qui est en amorce dans le plan, "Mercredi je dois emmené Gabrielle chez le médecin pour un contrôle".

Le haut-parleur, "Les passagers du vol Pan Am 809, en transit pour Berlin, sont priés de se rendre à la salle d'attente 3.

A ce moment-là, la belle histoire du lundi, tourne au cauchemar. Des alarmes retentissent de partout. Le cerveau, surchargé de travail annonce une panne d'écriture qui débouche sur une page blanche. Une page immaculée de plus. Au fil des débuts de semaine, le néant s'accumule. Un livre blanc pourrait être édité en fin d'année.

La maîtresse, "Je ramasse les copie dans dix minutes".

Dix minutes pour finir le bloody mary, courrir à la porte no 8, pour embarquer sur le vol SR349 à destination de Zurich et dénouer l'intrigue entre Lui, Elle, l'autre, la piste et le haut-parleur situé au-dessus de la machine à café. Le haut-parleur situé au-dessus de la machine à café, mais l'histoire n'aurait donc jamais décollé de l'Adriano's bar*?
Un couple s'embrasse, le serveur astique les verres, il est bientôt minuit, l'heure de fermeture.

*Les habitués savent que l'Adriano's bar est en plein centre de la Ville fédérale, en face du Zytglogge.

Pour réussir un Bloody mary

  • 4 cl de vodka
  • 12 cl de jus de tomate
  • 0,5 cl de jus de citron
  • 0,5 cl de sauce Worcestershire
  • 2 gouttes de sauce Tabasco, piment de Cayenne, pili-pili, raifort, poivre, sel…
  • Sel au céleri

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06 février 2018

Le jardin

Dans le jardin de la maison
Floraison de l'hamamélis, il dégage une odeur de miel et de mandarine
Floraison du jasmin d'hiver, des primevèvres, des premiers crocus
Les fleurs de bergénias pointent et les hellébores fleurissent aussi

Cappuccino et lecture de la presse à l'Adriano's bar

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23 janvier 2018

Et si le soleil ne revenait pas...

Ce matin, 08:00: https://www.youtube.com/watch?v=_sJYrReI3h8


Zizi Jeanmaire - Paris


Vers 10:30, lecture de la presse, en buvant un cappuccino, à l'Adriano's bar. Les catastrophes naturelles occupent les pages centrales des journaux. Zermatt et d'autres stations sont coupées du monde. Plusieurs rivières débordent.
Trump débarquera à Davos, a confirmé la Maison Blanche ce soir. Un compromis ayant mis fin au "shutdown", Donald pourra quitter Washington. Davos est coupé du monde, pour raisons... de Forum économique.
                                 
L'après-midi, le soleil était présent... 

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02 décembre 2017

Nuit 9/16 - Jazz

Samedi soir, c'est jazz

Dans la cuisine, c'est le chaos..., clef USB, araignées, eau pour le thé, trop de café, roulette russe, pas un chat en vue, température négative dehors, hiver, décembre, 2018 en vue..., terre! terre!

Un peu de jazz dans les écoutilles, le bruit du réfrigérateur, un souvenir du matin: un cappuccino à l'Adriano's bar..., le téléphonne qui sonne, l'horloge parlante, 21:56, péter un plomb, tombe la neige, Adamo, trop de café, éléphants roses qui volent dans la cuisine, docteur, camisole de force, cellule de dégrisement, un verre de vin, terre!

Le chaos de la cuisine, les secrets de la clef USB, des araignées dans le plafond, la folie douce du café, les chats du quartier, la roulotte russe, 1 degré, décembre... terre!

Samedi soir, c'est jazz



Anita O'Day
(née Anita Belle Colton) était une chanteuse américaine de jazz (18 octobre 1919 à Chicago - West Hollywood, 23 novembre 2006).

Anita O' Day - Hip Jazz, Bebop & Swing

00:00 - Let Me Off Uptown
03:02 - Key Largo
05:54 - Malaguena
08:50 - Them There Eyes
11:30 - Don't Explain
14:40 - Singing the Blues
18:02 - Travellin' Man
20:55 - Senor Blues
23:41 - Tea for Two
27:28 - Hi Ho Trailus Boot Whip
29:56 - Miss Brown to You
33:57 - I Want a Grown Up Man
36:42 - Have You Met Miss Jones ?
38:53 - Drum Boogie
42:00 - I Hear Music
44:14 - Memories of You



Thomas Lee “Tommy” Flanagan, né le 16 mars 1930 à Détroit (Michigan), mort le 16 novembre 2001 à New York, était un pianiste américain de jazz.

Tommy Flanagan Ft. Elvin Jones / Wilbur Little - Overseas - Remastered 2016



Jamesetta Hawkins, dite Etta James (Los Angeles, 25 janvier 1938 - 20 janvier 2012 à Riverside, Californie) est une chanteuse américaine de jazz, soul et rhythm and blues.
Sa carrière s'étend sur six décennies. En 1960, elle connaît le succès avec sa reprise de At Last, écrite par Mack Gordon et Harry Warren. Etta James a remporté six Grammy Awards et dix-sept Blues Music Awards.

Etta James - All The Best Of (By Classic Mood Experience)

Tracklist:
00:00 I Just Want To Make Love To You (1960)
03:05 A Sunday Kind Of Love (1960)
06:20 All I Could Do Is Cry (1960)
09:12 Trust In Me (1960)
12:09 Stormy Weather (1960)
15:12 My Dearest Darling (1960)
18:09 Something's Got a Hold on Me (1962)
20:52 At Last (1960)
23:46 Fool That I Am (1961)
26:38 Tough Mary (1960)
28:58 W-O-M-A-N (1955)
31:34 Spoonful (1962)
34:18 Anything To Say You're Mine (1960)
36:50 Stop the Wedding (1962)
39:33 Girl Of My Dreams (1960)
41:50 Tough Lover (1956)
43:56 Don't Cry Baby (1961)
46:09 Seven Day Fool (1961)
48:55 Dream (1961)
51:11 Someone to Watch Over Me (1962) 🎷🎶 🎷🎶 🎷🎶

 

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17 novembre 2017

Dollars!

Vendredi 17 novembre 2017

Il fait froid dans la Ville fédérale. Une bise court, à petite vitesse, sur le Plateau suisse. Elle perd en chemin des morceaux d'air froid. La capitale grelotte.

Un cappuccino, bu rapidement en lisant la presse, à l'Adriano's bar, réchauffe le corps. Les nouvelles du monde, imprimées dans le journal, glacent le cœur. Le haut-parleur, situé au-dessus de la machine à café, diffuse une musique rock. Les notes de musique tentent de se faire une place dans le bavardage ambiant. C'est vendredi, il est 16h30, la salle est pleine. C'est plutôt l'heure de la bière et de la Gazzosa que celle du café.

Dans le journal, on peut lire, entre deux dépêches de politique, qu'un tableau, "Salvator Mundi", 65 cm sur 45 cm, vendu 45 livres britanniques en 1958, un tableau peint vers 1500, peut-être par Léonard de Vinci, la querelle des experts n'est pas close, que ce "Sauveur du Monde" s'est vendu, à l'encan, en 19 minutes, pour la somme record dans le monde de l'art de 450,3 millions de dollars. Léonard songe à demander des droits d'auteur ! Je vais revoir à la hausse le prix de mes dessins d'écolier...

 

Dollar - Gilles et Julien - 1932

Dollars (ICI)

De l´autre côté de l´Atlantique
Dans la fabuleuse Amérique
Brillait d´un éclat fantastique
Le dollar
Il f´sait rêver les gueux en loques
Les marchands d´soupe et les loufoques
Dont le cerveau bat la breloque
Le dollar
Et par milliers, d´la vieille Europe
Quittant sa ferme ou son échoppe
Ou les bas quartiers interlopes
On part, ayant vendu jusqu´à sa ch´mise
On met l´cap sur la terre promise
Pour voir le dieu dans son église
Le dieu Dollar!

Mais déjà dans la brume
Du matin blafard
Ce soleil qui s´allume
C´est un gros dollar!
Il éclaire le monde
De son feu criard
Et les hommes à la ronde
L´adorent sans retard

On ne perd pas l´nord, vous pensez,
Juste le temps de s´élancer
De s´installer, d´ensemencer
Ca part!
On joue, on gagne, on perd, on triche
Pétrole, chaussettes, terrains en friche
Tout s´achète, tout s´vend, on d´vient riche
Dollar!

On met des vieux pneus en conserve
Et même, afin que rien n´se perde,
On fait d´l´alcool avec d´la merde
Dollar!
Jusqu´au bon Dieu qu´on mobilise
Et qu´on débite dans chaque église
Aux enchères comme une marchandise
A coups d´dollars!

Mais sur la ville ardente
Dans le ciel blafard
Cette figure démente
C´est le dieu Dollar!
Pas besoin de réclame
Pas besoin d´efforts
Il gagne toutes les âmes
Parce qu´il est en or

Autos, phonos, radios, machines,
Trucs chimiques pour faire la cuisine
Chaque maison est une usine
Standard
A l´aube dans une Ford de série
On va vendre son épicerie
Et l´soir on retrouve sa chérie
Standard
Alors on fait tourner des disques
On s´abrutit sans danger puisque
On est assuré contre tous risques
Veinard!
La vie qui tourne comme une roue
Vous éclabousse et vous secoue
Il aime vous rouler dans la boue
Le dieu Dollar

Quand la nuit sur la ville
Pose son manteau noir
Dans le ciel immobile
Veille le dieu Dollar
Il hante tous les rêves
Des fous d´ici-bas
Et quand le jour se lève
Il est encor là!

On d´vient marteau, dans leur folie
Les hommes n´ont plus qu´une seule envie
Un suprême désir dans la vie :
De l´or!
S´ils s´écoutaient, par tout le monde
On en sèmerait à la ronde
Au fond de la terre profonde
Encor!
On en nourrirait sans relâche
Les chèvres, les brebis, même les vaches
Afin qu´au lieu de lait elles crachent
De l´or!
De l´or partout, de l´or liquide
De l´or en gaz, de l´or solide
Plein les cerveaux et plein les bides
Encor! Encor!

Mais sous un ciel de cendre
Vous verrez un soir
Le dieu Dollar descendre
Du haut d´son perchoir
Et devant ses machines
Sans comprendre encor
L´homme crever de famine
Sous des montagnes d´or!

Dollar est une chanson écrite par Jean Villard-Gilles, en juillet 1932.

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05 novembre 2017

Dimanche de novembre

Dimanche, 17:40
La nuit est tombée, il a plu une grande partie de la journée. L'Adriano's bar est plein à craquer. Le haut parleur, situé au-dessus de la machine à café diffuse en sourdine une musique plutôt rock . Les deux ventilateurs fichés au plafond, faute d'air chaud à brasser, s'ennuient le dimanche.
Quelques cris d'enfants tentent de s'imposer. Les conversations se font en dialecte bernois avec des percées d'espagnol et d'un peu de français. La presse francophone, excepté "Le Monde" daté de samedi, à disparu. Aucune trace de "Télérama" ;-). Je ne sais même pas si l'hebdomadaire préféré de HB est vendu à la gare. Je le lisait régulièrement dans les années 1980, j'habitais dans la Cité de Calvin. Dans la ville du bout du lac Léman, le choix de la presse française est plus grand que dans la Ville fédérale. Ici, se sont les titres allemands et autrichiens qui sont proposés.
Le cappuccino était délicieux. C'est totalement iconoclaste de boire un cappuccino en fin d'après-midi. Peu à peu la petite salle se vide. L'Adriano's sera calme ce soir...
Un tram no9 est visible au loin. Le temps de payer la consommation et les portes du serpent d'acier se referment, emportant les passagers en direction de la gare.
Il pleuvra encore dans la soirée...

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