Dans la petite salle de l'Adriano's bar, on y boit des cafés en décortiquant la presse du jour ou on y écrit sur des carnets aux pages lignées ou virtuelles tout en refaisant le monde...

                                                                                Adrianos

22 mars 2020

Nuit 3/9 - Un printemps au temps du coronavirus - Adriano's bar

La cafetière italienne travaille d'arrache-pied en cette période de fermeture des restaurants et des bars, un virus échappé du monde virtuel se répand dans la vraie vie et sème la terreur. Dans les vapeurs de café, des images de l'Adriano's bar tourbillonnent dans la cuisine.

Florilège ...

03 décembre 2012

 Claude et Georges


La cloche du Zytglogge est frappée neuf fois. Le thermomètre indique une température extérieure de moins dix degrés. Quelques nuages grelottants zèbrent un ciel bleu-gris. L’Adriano’s Bar tourne au ralenti, ambiance des lundis matin. Un air de violon envahit l’espace, il est diffusé depuis le haut-parleur situé au-dessus de la machine à café. La fleuriste, sous les arcades, en face du bar, a écrit sur la grande ardoise réservée d’ordinaire aux offres du jour, que les fleurs frileuses restaient au chaud, dans la boutique, au sous-sol. Aujourd’hui s’ouvre à Dubaï les sessions de l’Union internationale des télécommunications (UIT), qui dureront jusqu’au 13 décembre. Il s’agira de réviser le règlement des télécommunications internationales (RTI). La pression de certains membres, la Russie, la Chine, fait que l’UIT pourrait s’intéresser à la gestion d’Internet : l’adressage pour les noms de domaine, le filtrage, voire la censure. Affaire à suivre de près. Le journal le Temps daté du 3 décembre évoque cette conférence dans sa chronique « Court-circuit ». Plus tard, dans la journée, il neigera sur la Ville fédérale. A la tombée de la nuit, quand la circulation s’intensifie, l’amas des flocons provoquera des bouchons. Plus tard, dans le milieu de la nuit, alors que le mercure remontera dans son tube de verre, la neige se transformera en pluie. À Ostring, le salon de l’appartement des chauves-souris est désert. Le téléviseur est allumé. Sur l’écran, des images aux couleurs délavées racontent l’histoire de Claude et Georges. Une histoire triste et mélancolique. Une histoire d’amour qui sera brisée par la mort précoce de Georges. L’engagement politique de ce dernier contraignit le couple à louvoyer entre protocole et obligations pour continuer à assouvir leur passion pour l’art moderne. Locataires à l’Elysée, ils ont scandalisé le petit monde politique en faisant entrer dans le palais de la Pompadour un décor contemporain. Le film s’achève à Beaubourg, en 2007, Claude, seule, quelques semaines avant sa mort, visite une exposition dans le Centre national d’art et de culture voulu par son mari.

12 novembre 2015

Berne - Le brouillard

Le brouillard est resté sur le devant de la scène ce jeudi. Une ambiance ouatée, ponctuée d'un arrêt café à l'Adriano's bar. La nuit a fini par dissimuler les longues volutes grises.
Les chats profitent de cette atmosphère fantomatique pour partir en catimini à la chasse. Ils avancent avec circonspection dans un amas de feuilles décédées...! Mortes, elles ont quitté les branches des arbres en faisant une dernière pirouette dans un vent de faible qualité. Il a tellement neigé de feuilles, que les félins avancent avec difficulté. Inquiets de rencontrer une grande citrouille, égarée d’Halloween, ils jettent des regards de feu dans toutes les directions. Sur un balcon, trois musiciens miment Le Trio en mi bémol Majeur pour piano et cordes no 2, D. 929 (op. 100) de Franz Schubert. Les chats, qui détestent Franz, se bouchent les oreilles pour traverser la zone d’ombre musicale. Les félidés ayant quitté les mansardes chauffées et douillettes, les souris dansent. Elles organisent des bals clandestins. On paie en pots de vin pour assister aux ballets roses… Sur le balcon, dans la nuit froide et brumeuse, le trio de musiciens redouble d’ardeur dans le deuxième mouvement qu’ils miment avec tant de  gestes qu’ils finissent par s’envoler emportés par la foule en délire. Penauds, les chats de gouttière et autres pedigrees, rentrent bredouille, l’estomac dans les talons. C’est ma voisine, qui m’a conté ces événements anodins juste avant de quitter le domicile conjugal en compagnie de son matou, un grand rouquin.

Berne
Adriano’s bar
12.11.15


15 février 2015

Un dimanche soir à l'Adriano's bar

Après la presse du samedi, le dimanche soir est calme à l'Adriano's bar...
La Gazosa myrtille est une délicieuse limonade élaborée aux Grison, d'une couleur bleu méthylène... Elle noie le spleen de fin de semaine. Demain, reprise du travail.
Les clients, disséminés dans le bar, lisent des tablettes numériques ou des journaux papier en buvant un dernier verre ou un café.
Une musique jazzy sort, avec mollesse, du haut-parleur situé au-dessus de la machine à café.
Dehors, la température approche le zéro degré...
L'hiver poursuit sa route. 

 

 

 

20 juillet 2014

Été 14 - Adriano's bar...

Il semble que l'Été, le bel été soit un peu distrait cette année et passe ses journées dissimulées derrière quelques bosquets de rosiers à lire des romans au lieu de se pavaner et d'offrir ses splendeurs estivales. La pluie et les orages s'emparent de la place vacante et les foudres de Vulcain accompagnées de pluies nourries sont notre ordinaire.
Il n'y a plus qu'à se réfugier, jusque tard dans la soirée, à l'Adriano's bar pour se réchauffer d'un doppio Malabar et lire la presse.
Les nouvelles ne sont pas bonnes. L'été 14 ressemble à un autre été 14. En juin 1914, on tirait sur les passagers d'une voiture à Sarajevo, en juillet 2014, on tire sur un Boeing dans le ciel d'Ukraine...
Les deux ventilateurs fixés au plafond du bar sont à l'arrêt. Ces jours, il n'y a pas de chaleur à disperser. La musique qui s'échappe du haut-parleur, situé au-dessus de la machine à café, est du rock pur et dur. Le volume est au maximum, les tympans souffrent.
Le festival du Gurten qui se déroulait sur la montagne éponyme, chère aux Bernois, fêtait cette année ses 30 ans.

La nuit va bientôt envahir la ville verte, il est temps de rentrer...

Berne, le 20.07.14

 

24 juin 2014

Été 14 - Adriano's bar

Mardi, à l’Adriano’s Bar, est le jour où le café est torréfié. L’odeur du café rôti embaume les sens. Dehors, le temps est d’humeur maussade. Il pleut par intermittence. Les deux ventilateurs fixés au plafond sont à l’arrêt, faute de chaleur à chasser. La musique diffusée par le haut-parleur situé au-dessus de la machine à café passe dans l’indifférence. Dans les pages économiques de quelques journaux, la bulle immobilière, qui arrive à la crête de la vague en Suisse, à la veille de retomber avec fracas, emportant tout sur son passage, est largement commentée. Inconscients, les clients de l’Adriano’s se concentrent sur la mastication de leur croissant – la bulle plane dans l’anonymat et la discrétion au-dessus de leurs têtes. Le doppio « Candelaria », subtil arabica des hauts plateaux volcaniques du Costa Rica, tiré par le patron en personne, est un délice. Ce soir, au Brésil, quatre matches se dérouleront sur les pelouses qui accueillent la coupe du Monde de balle au pied. Les nuages se sont dissipés : dans la belle nuit d’été, les feux de la St-Jean brilleront.


05 août 2013

Un été de porcelaine - le Bel été

Un point brillant au-dessus de la gare de la capitale, le vol SX0218, file sur Munich.

La place de la gare de Berne, véritable fournaise cuit à point les passants.

Par chance, le bus 10 qui circule en direction d'Ostermundigen est réfrigéré ! En passant devant la place fédérale, au pied de la Curie helvétique, pompeuse pièce montée au goût d'un autre siècle, des enfants en maillots de bain ou nus, nous sommes en pays germaniques, jouent à cache-cache avec les jets d'eau de la place. Insouciants, ils oublient dans leur jeu avec l'eau fraîche, que dans moins d’une semaine ils seront sur les bancs d'école...

La terrasse de l'Adriano's bar accueille quelques aficionados de caféine. À l'intérieur, les deux ventilateurs plafonnier brassent l'air pour une poignées de mouches désœuvrées. Le haut-parleur, situé au-dessus de la machine à café, distille une musique indolente. 

Le bus 10 poursuit sa route, à la Roseraie, des touristes chinois s'échapperont du réfrigérateur ambulant pour gagner le jardin de roses...

Plus tard, se sera les beaux soirs d'été...


09 décembre 2012

Vacance de l'esprit

Dimanche 9 décembre, 2ème dimanche de l'avent. Il est 22heures, l'Adriano's bar ronronne. Je noie ma mélancolie dans un doppio malabar. Des souvenirs estivaux tourbillonnent dans le bar. Ils sont hachés par les ventilateurs et retombent sous forme de neige industrielle.
Le doppio malabar ne soigne pas la crise de mélancolie, la caféine attise les pensées sombres.
Un dragon venu de Chine volette au- dessus des tables attiré par l'odeur du malabar. Il plonge dans la tasse provoquant un tsunami. La vague de café tiède s'éclate sur le vison d'une visionnaire.
Du haut-parleur situé au-dessus de la machine à café Marka chante " nous consommons ce qu'on nous sommes de consommer"!
Il est 22 heures 15, l'Adriano's bar se consume dans la mélancolie et les vapeurs de malabar. Un angelot grelottant bat de l'aile et s'estompe dans les effluves d'un thé vert du Japon.

                                                           

23 septembre 2012

Premier dimanche d'automne

Le pont du Kirchenfeld est fermé à la circulation le temps des vacances scolaires. Les rails du tram usés par le passage des monstres d’acier doivent être changés. Le service des lignes 7, 8 et 6 est remplacé par des bus, qui circulent dans des rues étroites, subitement devenues bruyantes par le passage d’une circulation qui ne supporte par les contrariétés. L’Adriano’s est un havre de paix, les trams ne font plus trembles les banquettes. Le brouillard se lève lentement. Tout à l’heure, l’avion d’Helvetic avait enclenché ses phares anticollisions pour se poser à Belp-Berne. Les habitués de l’Adriano’s Bar lisent la presse dominicale. La NZZ am Sonntag livre un article sur les animaux sauvages qui envahissent les villes. Une photographie montre un coyote avachi sur le siège d’un wagon de métro à Chicago. Incapable de présenter un titre de transport valable lors d’un contrôle inopiné, il sera renvoyé dans ses campagnes ! Le Temps daté de samedi rend hommage à Henri Bauchau, l’auteur de l’Enfant bleu, qui meurt à l’aube de ses 100 ans. Le haut-parleur situé au-dessus de la machine à café diffuse des chansons de Paolo Conte. La musique jazzy évoque la teinte automnale qui développe ses miasmes sur la ville fédérale.

L’Été, le bel été est déjà oublié. Une poignée de rêveurs prolongent son existence par quelques artifices de théâtre. Les tenues estivales ont été jetées en pâture aux mites et les élégantes s’affichent dans des robes mi-saison déclinées dans des camaïeux de brun. La piscine en plein air de Wyler fermera ses portes en fin d’après-midi jusqu’au 27 avril 2013. La journée, belle et chaude, est prétexte à une dernière brasse dans l’eau à 19 degrés, en compagnie des fidèles du bassin de 50 mètres. Ce soir, les chancelleries cantonales commenteront les résultats du scrutin de cette fin de semaine. Au plan fédéral, le peuple se prononçait sur la fumée en extérieur, la musique pour les jeunes et la taxation des vieux. Chaque canton avait ensuite des propositions à soumettre, de même que les communes. On pourra continuer à fumer de manière passive, les vieux se serreront la ceinture mais les jeunes seront encouragés à faire de la musique, tel est le verdict des urnes.

 Adriano’s Bar, 23 septembre 2012

                             

28 juillet 2012

Été urbain - Ich bin ein Berliner

Samedi, à deux heures et quart de l’après-midi, l’Adriano’s Bar ressemble à une ruche. Serveurs et serveuses s’activent derrière le bar. Les ventilateurs brassent l’air avec vigueur. Dans l’indifférence, de la musique classique s’échappe du haut-parleur situé au-dessus de la machine à café. Le ciel est tantôt riant, tantôt triste. Les clients s’entassent sur la terrasse installée sous les arcades.
A Londres, le sport est roi. Les Jeux olympiques envahissent les écrans cathodiques, remplissent les pages sportives des magazines, s’invitent dans les conversations radiophoniques, squattent les unes des journaux populaires friands d’historiettes croustillantes. Les cinq anneaux olympiques s’affichent dans le monde entier.
A l’Adriano’s Bar, loin des écrans et des rumeurs sportives, dans un petit îlot baigné de musique intemporelle, on boit des expressos coulés sur de la glace pilée ; c’est une boisson très rafraîchissante.
Dans la presse du samedi, Le Temps évoque le mythique « Ich bin ein Berliner » lancé par J. F. Kennedy le 26 juin 1963. L’Eté, le bel été, à petite vitesse, voyage vers les rives automnales.

 

 

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05 mai 2019

L'hiver, le retour

Surprise, surprise...
Ce matin au réveil force est de constater que les chutes de neige se sont prolongées depuis hier soir. Les toits sont blanc, les campagnes blanchies. La Ville fédérale est surprise. La piscine extérieur de Wyler est ouverte depuis une semaine et elle risque de se transformer en patinoire. La température de cette nuit devrait, selon Météo Suisse descendre au-dessous de 0 degré.
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A Interlaken, il neigeait vers midi. Le nuages se sont dispersés vers 14 heures et à 14h30 il neigeait à plein régime.
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7DA7D1C0-A487-498F-9EC5-881CBBDB0ECELe projet de faire la nique à l'hiver en allant déguster des sorbets à La Gelateria di Berna, après le souper, s'est transformé en espresso à l'Adriano's bar.

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25 mars 2019

Balade

La température est montée jusqu'à vingt degrés, hier, dimanche, dans la Ville fédérale. Pour échapper à ces chaleurs, grande balade de Wabern jusqu'à l'aéroport de Belp/Berne et retour dans la capitale par les bords de l'Aar. Un périple de 13 kilomètres, avec un café au restaurant de l'aéroport et un autre à l'Adriano's bar...
Il y avait foule sur les chemins et les sentiers. C'est la fin des basses eaux pour l'Aar. La rivière va peu à peu se gonfler d'eau verte. Les Bernois attendent avec impatience de pouvoir se baigner dans les eaux agitées de cette rivale de la Seine, ce fleuve qui coule à Paris ICI

Choses vues ce dimanche :
Un magnolia Stellata, des primevères, un noisetier tortueux en fleur, des crocus, des bergénias et bien d'autres choses. Des lamas dans un enclos...
56C07A50-6678-4DF8-9E76-A20612F2BF1DLes Alpes au loin, des vaches,veaux, mais pas de cochons. Quelques chevaux et un papillon. Le premier de la saison nouvelle. La Gürbe, affluent de l'Aar, sous-affluent du Rhin, des aubriètes en fleur sur un murs de pierre sèche. Déjà en fleur, c'est un peu tôt...
1BBE7DFB-2436-444E-BCC9-86D82F19B394Les bord de l'Aar en mars...
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                                                            Encore un beau dimanche!

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03 janvier 2019

Les mois d'hiver - Balade

Premier égoportrait de l'année... (Dans la campagne entre Wabern et Belp airport)
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Balade de Wabern à l'aéroport de Belp/Berne.
Journée ensoleillée
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La journée s'est terminée par un café bu au "Florian", un nouveau café & bar à la gare de Berne. Le café est très bon. Il y a un mystère, les tasses sont estampillées Adriano's bar... Affaire à suivre !

 

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26 septembre 2018

L'été sans fin - Épilogue

L'été sans fin c'est achevé en catimini dimanche matin, très tôt. Il en reste un film qui tourne sans fin dans le projecteur. On y voit notamment, l'intérieur de l'Adriano's bar, avant les travaux de fin juillet, avant qu'il ne perde un peu de son âme... Des dégustations sans fin de sorbets à La Gelateria di Berna et des litres de café avalés dans tous les cafés de la planète.
Ce fut un été très long, très chaud et mélancolique...

Un été sans fin s'achève...

Le rêve, l'utopie d'un
ÉTÉ SANS FIN,
s'achève…
Images tournées pendant l'été 2018
Réalisation Jeanjacques666
Un florilège de souvenirs

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23 avril 2018

La belle lumière du soir

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style.Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

La vie est un roman.



Gueorgui Pinkhassov  - 1996.  Cafe Paris

Devoir :

1) Commencez impérativement votre texte par la phrase suivante : "Notre première expérience, chose remarquable, est celle d'une disparition." Emprunt à Lou qui nous raconte sa Vie.

 2) Terminez impérativement votre texte par la phrase suivante : "Referme un instant sur le monde la porte et la fenêtre, tourne-toi vers le journal pour toutes ses notations musicales, et commence un autre roman." Emprunt à Anaïs qui écrit son Journal.

Entre les deux, casez ce que vous voulez !

Votre roman, lundi.

 

"Notre première expérience, chose remarquable, est celle d'une disparition."
Cette phrase, écrite à l‘encre bleue royale, sur un morceau de feuille à gros carreaux, venait de choir sur la table, poussée là par un vent saharien. Il n‘est pas rare que l‘Afrique s‘invite jusqu’à la Ville fédérale. Le ciel est jaunâtre et le capot des voitures devient un désert. On y voit quelques chameaux blatérer dans des oasis luxuriantes. Les stations de lavage de voitures font fortune en ces périodes de dunes. Ce phénomène météorologique n‘altère en rien la belle lumière du soir. Anaïs, assise à la terrasse de l‘Adriano‘s bar, compulse un dossier. Elle a saisi le billet tombé du ciel et l‘a calé sous son verre. Elle boit une Gazosa, limonade fabriquée à Mendrisio, au Tessin, depuis 1883. Trams et bus passent, ainsi que quelques voitures. Des piétons traversent la rue. D‘une fenêtre ouverte, s‘échappe l‘adagio de "La Gran partita“. Mozart, lors de son voyage de retour de Paris, a séjourné à Berne et y a donné un concert, avant de regagner Salzbourg. Cette musique pour treize instruments à vent et contrebasse se fond harmonieusement dans la belle lumière du soir. Le soleil diffuse cette lumière magique, peu avant son coucher, en toute saison. C'est un moment où le temps semble suspendu, où tout semble permis, comme dans la chanson de Brel, "Les timides", ces timides qui tissent des projets fantastiques, et puis tout retombe, le soleil se couche.
A côté d'Anaïs, un client est plongé dans la BZ*. Il est vêtu d'une chemise à manches courtes. A son poignet gauche, il porte une Vénus. Cette marque de montres à été fondée à La Chaux-de-Fonds, en 1912. Il lit un article sur les réseaux sociaux, sur les gens qui livrent leurs données personnelles à des entreprises américaines sans penser aux conséquences.
L'automne particulièrement chaud permet, en cette mi-octobre, de rêvasser sur les terrasses des cafés en assistant au coucher du soleil. La chaleur arrive du désert du Sahara. Une fine poussière de sable signale ce fait, que relaye également la BZ. Un groupe de jeunes, des élèves de l'école française, passent en faisant des égoportraits avant de les expédier au moyen de leur téléphone portable. Ils ne se soucient pas des entreprises américaines qui pompent leur vie privée. Ils ne connaissent pas Lou, la dame de la phrase écrite sur un morceau de feuille à gros carreaux. "On s'en bat les couilles", martèlent-ils.
Anaïs, sort de son sac à main, un crayon à papier et un taille-crayon en forme de mappemonde. En taillant son crayon, elle fait tourner la terre. Les spécialistes des sciences de la terre sont inquiets. Jusqu'à présent, il y a en permanence quelqu'un qui taille un crayon, quelque part sur le globe terrestre. La rotation de la terre sur elle-même est régulière, avec l'apparition des écrans et des claviers, la rotation de la terre va à vau-l'eau.
Elle saisit le morceau de feuille à gros carreaux, le retourne, griffonne une phrase et un coup de vent saharien emporte le bout de papier. Un astronome qui scrute l'infini au moyen d'une longue-vue voit passer au ralenti, 48 images seconde, le texte d'Anaïs. Il lit ceci,
"Referme un instant sur le monde la porte et la fenêtre, tourne-toi vers le journal pour toutes ses notations musicales, et commence un autre roman."

*BZ, Berner Zeitung

Mozart / Serenade for 13 Winds in B-flat major, K. 361 "Gran Partita" (Mackerras)

 

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)

Serenade No. 10 for 13 Winds in B-flat major, K 361/370a "Gran Partita" (1781-82)

00:00 - Largo. Allegro molto
09:14 - Menuetto - Trio I - Trio II
19:31 - Adagio
25:02 - Menuetto. Allegretto - Trio I - Trio II
30:24 - Romanze. Adagio - Allegretto - Adagio
37:45 - Thema mit Variationen
47:18 - Rondo. Allegro molto

List of Performers:
Oboe - Stephen Taylor (principal) & Melanie Field
Clarinet - William Blount (principal) & Daniel Olsen
Bassett Horn - Gary Koch (principal) & Mitchell Weiss
Horn - Stewart Rose (principal), Scott Temple, William Purvis, and Russell Rizner
Bassoon - Dennis Godburn (principal) & Marc Goldberg
String Bass - John Feeney

Performed by members of the Orchestra of St. Luke's under the direction of Sir Charles Mackerras. Recorded by Telarc in 1994.

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22 avril 2018

L'été au printemps

Espresso Malabar et lecture de la presse à l'Adriano's bar.
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La température a, pour le troisième jour consécutif, dépassé les 25 degrés. Trois jours d'été... Fondue moitié-moitié à discrétion; à discrétion se lit aussi sur les cartes des restaurants de Suisse romande. Il faudrait écrire, à volonté! Encore un germanisme... Quand à la fondue moitié-moitié, elle fait l'unanimité de tout le pays, moitié gruyère, moitié vacherin fribourgeois. Ambassades britanique et du Pérou, quelques impressions de la Thunstrasse et de l'Elfenaustrasse.
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Le parc de l'Elfenau, infos (ICI), en automne 2012 (ICI). C'est un endroit magnifique...
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La hêtraie du pars de l'Elfenau

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Brève incusion à Berthoud. Le château veille sur la ville de 15 238 âmes...
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Encore un beau dimanche

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17 avril 2018

Aux coins des rues de la Ville fédérale, les forsythias en fleur font comme des phares, qui guident les piétons égarés dans la capitale. La journée à été belle et à 22h00, il fait encore 14 degrés...
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Balade dans la belle lumière du soir, avec vue sur les Alpes rosies par le soleil couchant. Café à l'Adriano's bar et lecture de la presse.
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Retour avec les dernières lueurs du soleil...

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01 avril 2018

Joyeuses fêtes de Pâques

Trauffer - Sennesinger


Balade dans la Ville fédérale, en fin de journée...
Café et lecture de la presse dominicale à l'Adriano's bar.

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26 mars 2018

Improbable improvisation...

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style.Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

Séduction
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Nicolas Ordinet

Texte libre

La belle histoire du lundi


Le haut-parleur, "Les passagers à destination de Bruxelles, vol SABENA 221, sont priés de se rendre porte numéro 14."

Elle, assise au bar, la pointe de ses chaussures à talon posée sur l'armature consolidant le tabouret, un tabouret dit de bar, "Dans trois heures je serai chez moi. Repassage et aspirateur, récupérer les enfants chez la voisine, préparer le souper."

Lui, en costume foncé, les chaussures posée à plat sur le bas du tabouret de bar, sirote une limonade, "Il faudra que je boucle mon article pour mercredi"

La piste est sèche. Le ciel est couvert. Le printemps lutte contre les derniers soubresauts de l'hiver. Un Boeing 707, de la Pan Am, passe au ralenti devant les fenêtres du bar de l'aéroport. Il arrive de New York.

L'autre, également en costume foncé, les coudes appuyés sur le bar, fume une "Gitane" et boit à petite gorgée une bière, il est à gauche, dans le plan, en amorce, "Mon voisin tente de séduire la seule femme de ce bar. Je ne vais pas tarder à mettre mon grain de sel."

Elle, tout en dialoguant avec lui, boit un bloody mary et regarde l'autre, celui qui est en amorce dans le plan, "Mercredi je dois emmené Gabrielle chez le médecin pour un contrôle".

Le haut-parleur, "Les passagers du vol Pan Am 809, en transit pour Berlin, sont priés de se rendre à la salle d'attente 3.

A ce moment-là, la belle histoire du lundi, tourne au cauchemar. Des alarmes retentissent de partout. Le cerveau, surchargé de travail annonce une panne d'écriture qui débouche sur une page blanche. Une page immaculée de plus. Au fil des débuts de semaine, le néant s'accumule. Un livre blanc pourrait être édité en fin d'année.

La maîtresse, "Je ramasse les copie dans dix minutes".

Dix minutes pour finir le bloody mary, courrir à la porte no 8, pour embarquer sur le vol SR349 à destination de Zurich et dénouer l'intrigue entre Lui, Elle, l'autre, la piste et le haut-parleur situé au-dessus de la machine à café. Le haut-parleur situé au-dessus de la machine à café, mais l'histoire n'aurait donc jamais décollé de l'Adriano's bar*?
Un couple s'embrasse, le serveur astique les verres, il est bientôt minuit, l'heure de fermeture.

*Les habitués savent que l'Adriano's bar est en plein centre de la Ville fédérale, en face du Zytglogge.

Pour réussir un Bloody mary

  • 4 cl de vodka
  • 12 cl de jus de tomate
  • 0,5 cl de jus de citron
  • 0,5 cl de sauce Worcestershire
  • 2 gouttes de sauce Tabasco, piment de Cayenne, pili-pili, raifort, poivre, sel…
  • Sel au céleri

Posté par jeanjacques1957 à 23:22 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
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