Le temps des fleurs - Cinéma japonais - Pleine lune
MARDI 7 MARS 1933
Comité de sélection des meilleurs films de l'année de la revue Kinéma Jumpô.
J'ai fait un petit discours.
Les extérieurs de Yokohama ont été remis. Ah ! Comme les thermes de « Nakanishi » chauffés par les rayons du soleil me manquent ! J’aimerais tant revoir les blancs entrepôts sur les hauteurs auréolées de nuages.
Gosses de Tôkyô a été élu meilleur film de l’année 1932.
Yasujiro Ozu
Carnets 1933 - 1963
Le petit village dans les montagnes
Magnifique spectacle, la pleine lune au-dessus des montagnes

Le temps des fleurs - Les crocus
Le temps des fleurs - La lune gibbeuse
Le livreur de livres
Au cœur de la nuit, la ville est sillonnée par d’étranges attelages ; des vélocipèdes chevauchés par des pédaleurs harassés de fatigue s’insinuent jusqu’au tréfonds des ruelles les plus sordides. Pour résister aux températures polaires, les cyclistes sont chaudement vêtus, seuls les yeux dépassent, yeux jeunes ou vieux, bleus ou vairons, masculins ou féminins. Ces arpenteurs du tarmacadam ressemblent à des tortues avec leurs énormes sacs accrochés à leur dos, sacs colorés avec le dessin d’entreprises diverses et variées. Des entreprises qui ont pignon sur la toile virtuelle. Elles proposent des articles allant du plat cuisiné asiatique ou mexicain à la babiole de foire en passant par le sex-toy emballé dans un pli discret et sécurisé. Les commandes se règlent en cryptomonnaie, unité monétaire en usage sur Internet, et parviennent aux destinataires en moins d’une journée. Le contrat qui lie le vendeur et l’acheteur, contrat que peu d’acquéreurs lisent avant d’en accepter les clauses, informe, à l’article 244bis, que le mode de transmission des commandes est exempt de pollution exceptées quelques gouttes de sueur qui parfois perlent sur l’emballage des envois et stipule que les livreurs ne commenteront en aucun cas les modalités de leur propre contrat les liant à leur employeur.
Je fais partie de cette masse de gens qui accepte les conditions générales les plus rocambolesques sans sourciller, qui n’hésite pas à commander à deux heures du matin, sans que ma morale ne frisonne, les textes d’une Pléiade d’auteurs, qui me seront livrés dans l’heure.
La pendule indique deux heures et demie, le thermomètre extérieur marque -7 degrés celui de ma chambre 18 degrés. Impatient, je fais les cent pas dans un minuscule espace. La chambre est encombrée de livres. Dans une demi-heure, la sonnette retentira et je pourrai ouvrir le carton contenant ma commande de livres. Des livres !
Je suis en transe, des frissons parcourent mon corps, mon cerveau est en ébullition, des livres vont arriver. Mon esprit torturé par des scénarios dignes de films catastrophes de série B, m’empêche d’attendre avec sérénité l’instant où je toucherai les ouvrages. Le village où je loge est plongé dans la nuit à partir de minuit. Trouvera-t-on ma demeure ?
Dans la nuit glaciale, le livreur s’arc-boute sur sa machine, avec lenteur il grignote la route séparant le point de livraison du point de vente ; 300 m de dénivellation, quatre lacets, six kilomètres sont le défi qui attend le cycliste-livreur. « Et pour quelques dollars de plus » Il a choisi de travailler la nuit.
L’asphalte se couvre de cristaux de glace invisibles à l’œil nu. La roue avant du vélocipède mord la glace, ruinant les efforts du livreur. L’attelage verse sur la patinoire. Un nuage se retire, une lune gibbeuse contemple le désastre. En s’écrasant sur la route le sac du livreur s’est rompu, les romans imprimés sur papier bible gisent sur le sol. Des traces de pneu ornent les pages imprimées ; pour éviter un amas de chair et de ferraille, un automobiliste noctambule rentrant d’une fête s’est déporté sur la gauche, imprimant sa police d’écriture sur les pages éparpillées, Ford Galaxie.
Quelque part une chouette hulule.
Le petit village dans les montagnes aux alentours de 17h20
La lune gibbeuse

Les mois d'hiver - Dernière
Les mois d’hiver se terminent abruptement aujourd’hui.
Le printemps météorologique commence demain…

Le petit village dans les montagnes ce matin.
JEAN MARIE VIVIER La Manic.
Les mois d'hiver - Cinéma japonais
DIMANCHE 26 FÉVRIER 1933
Repérage entre Shioda et Yokohama. Des hauteurs, on domine toute la ville. Après être passé chez le coiffeur, Tsurumatsu est allé grignoter un toast au « Sun Porch ».
Yasujiro Ozu
Carnets 1933 - 1963

18h00, retour dans le petit village dans les montagnes après une semaine passée dans celui des vacances de mon enfance. La bise a entraîné quelques vagues chutes de neige. Le paysage est blanc, un peu, et le vent s'engouffrant par la fenêtre ouverte en bascule, siffle, hurle...
Les mois d'hiver - Le catalogue des nouveautés littéraires
Après les carnets d'Yasujiro Ozu (ICI), l'arrivée des carnets de Bergman dans le petit village dans les montagnes. Les carnet d'Ozu et ceux de Bergman sont édités chez Carlotta, un très beau travail.
Recueil de poémes :
Des essais sur la folie du monde :
Essai sur la littérature des années 1920 et ouvrage de géographie :
Les mois d'hiver - Un ciel moutonneux
Le train longeait la rive sud du lac de Thoune. De la fenêtre du wagon-restaurant, situé au premier étage, soudain des moutons au-dessus du Niesen…
La belle lumière du soir vue de la fenêtre de la cuisine/salle à manger/salon...
Bientôt l'heure du souper...
Antoine Aspirine
Écrit et composé par Georges Dor, en 1967
Enregistré à Montréal, 2018
Captation vidéo : Sphera Collective
Son : Maxime Philip
















