Tuba, palmes, masque, me voici prêt pour une plongée dans les abysses de « Charles Baudelaire - La passion des images - œuvres choisies » paru aux Éditions Quarto Gallimard. Un volume composé de 1824 pages, la photographie de l'ouvrage (ICI) Lors d’un road movie sur les routes de France, dans une région océanique où les nuages filent tout droit en rasant la terre ou presque,les haut-parleurs coincés dans les portières d'une berline noirediffusaient en boucle une chanson de Juliette. C’était la leçon de latin matinale, « Franciscae meae laudes », écoutée sur des centaines de kilomètres avalés à des vitesses frôlant le vertige des radars à l’affût d'un excès de vitesse pour subsister jusqu’à la saison nouvelle. A Étretat, nous avons garé la berline dans une file sans fin de voitures remplie de touristes. Nous avons pris un bain de mer, nous avons arpenté les falaises et en humant le grand large nous avons eu une pensée pour Gustave. Soudain, le spleen a envahi nos pensées. Le reste du voyage fut peut-être sous la lune ou dans une nuit d'encre. J'ai trouvé "Novis te cantabo chordis" à la page 1137. Sur un petit poste à galène j'ai écouté Juliette.
"Franciscae meae laudes"
Charles Baudelaire
Novis te cantabo chordis, O novelletum quod ludis In solitudine cordis.
Esto sertis implicata, O femina delicata, Per quam solvuntur peccata!
Sicut beneficum Lethe, Hauriam oscula de te, Quae imbuta es magnete.
Quum vitiorum tempestas Turbabat omnes semitas, Apparuisti, Deitas,
Velut stella salutaris In naufragiis amaris … Suspendam cor tuis aris!
Dans l'anthologie des poètes français contemporains, Paris Delagrave éditeur, 1918, c'est sous le nom de Madame Alphonse Daudet que sont reproduit deux poèmes de l'épouse de Daudet, extraits de "Reflets sur le sable et sur l'eau", Alphonse Lemerre, éditeur, 1903 L'un d'eux est un poème sur Venise. En octobre 1985, j'ai eu un immense coup de coeur pour Venise. En 2004, j'ai eu un coup de blues en retournant dans cette ville aux souvenirs élouissants. La ville était devenue un attrape-touristes. Les chats qui 19 ans plus tôt erraient partout avaient disparu. Je ne pense pas que je retournerai à Venise.
MADAME ALPHONSE DAUDET
VENISE
Vieux canaux, vieux palais, et vieux ponts sur l'eau morte Où des ombres s'en vont hâtives et drapées Si fièrement, et se posant de telle sorte, Qu'on croit voir aux haillons luire des blancs d'épée !
Cela passe et s'engouffre au coin de quelques portes, Cependant que le flot sur les pierres trempées Pleure, et noircit de tout ce qu'il porte et rapporte Les maisons, de mystère ancien enveloppées.
Ce n'est plus la Venise inclinant ses façades Vers Saint-Georges enflammé d'un couchant toujours rose, Et mirant des balcons, des toits, des colonnades
Au grand canal, où glisse, avec les sérénades, La gondole qui porte en ses voiles moroses Le deuil silencieux et persistant des choses ! (Reflets sur le sable et sur l'eau.)
NUIT DE PARIS Le ciel des nuits d'été fait à Paris dormant Un dais de velours bleu piqué de blanches nues, Et les aspects nouveaux des ruelles connues Flottent dans un magique et pâle enchantement.
L'angle, plus effilé, des noires avenues Invite le regard, lointain vague et charmant. Les derniers Philistins, qui marchent pesamment, Ont fait trêve aux éclats de leurs voix saugrenues.
Les yeux d'or de la Nuit, par eux effarouchés, Brillent mieux, à présent que les voilà couchés... - C'est l'heure unique et douce où vaguent, de fortune,
Glissant d'un pas léger sur le pavé chanceux, Les poètes, les fous, les buveurs, - et tous ceux Dont le cerveau fêlé loge un rayon de lune. (A mi-Côte)
Léon Valade (1841-1883)
Extrait de "Anthologie des poètes français contemporains", poèmes choisis par G. Walach, tome premier, Paris Delagrave 1918
- Mais... c'est l'intervention de cette grosse femme... C'est un ptit peu... enfin... ça va très loin.
- C'est là que je me rends compte que malheureusement, je vous ai beaucoup moins bien réussi que le porc.
Pierre et Thérèse.
Le père Noël est une ordure