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Rêveries
13 août 2011

Souper sur le balcon

 

La table dressée sur le balcon attend les convives. Le souper est servi dans de grandes assiettes au liseré couleur des blés. Le soleil a disparu derrière les maisons dessinées dans les années 1940. Une guêpe affamée survole les plats et tente plusieurs atterrissages. La chaleur des plats empêche la carnassière d’attaquer  le dîner. Las, elle disparaît dans le feuillage de l’arbre des oiseleurs qui ombre le balcon.
Un cafard tombé dans un verre à jambe se noie dans un grand cru classé. Une fourchette adroitement maniée sauve de l’ivresse des profondeurs l’insecte. Déposé sur la rambarde, il cuve avant de disparaître dans un interstice du balcon. Le contenu du verre « cafardisé » est jeté par-dessus bord et s’égoutte sur un chat qui déguerpi.
Un élégant gentilhomme en costume blanc avec une guêpe affamée à la boutonnière passe sur la pelouse. Il soulève son chapeau dégageant une chevelure argentée et fait un clin d’œil aux convives qui s’installent à la table dressée sur le balcon. L’élégant gentilhomme disparaît dans les bosquets du jardin. C’est l’Eté, le bel été qui parcourt son domaine.
Dans le ciel, une étoile s’allume…

 

12 août 2011

Soirée d'été à l'Adriano's

L'Adriano's bruisse de monde. Un bouquet de glaïeuls roses trône près de la machine à torréfier le café. Le festival des artistes de rue bat son plein et draine une foule de curieux dont certains échouent au cœur du manque d'inspiration. La plume est coincée, rien ne sort de son bec acéré! C'est la panne, la crise.
Une fine pluie écourte les rêveries. Il faut fermer le calepin où les gouttes d'eau effacent l'encre en dégoulinant sur les pages lignées. Les taches bleuâtres dessinent les contours de l'Eté, du bel été.

 

10 août 2011

Perséïdes

L'Adriano's est déserté. Un couple de touristes nantais écrit des cartes postales. Le haut-parleur placé au-dessus de la machine à café joue du jazz. Il reste des sandwichs dans la vitrine. Les ventilateurs fichés au plafond baillent d'ennui, les quotidiens alignés dans leur présentoir attendent les lecteurs. La pendule indique 17h20. Au loin, c'est la chute des anges, la chute des cours, les cotations s'enfoncent dans le néant. Un "doppio" Costa Rica mousseux donne un ultime répit à l'Eté, au bel été.

Adriano's
Saint-Laurent 2011, nuit des Perséïdes
Berne

 

 

8 août 2011

Contre-bise (ou Joran)

Ce matin, à Genève, une contre-bise donnait au paysage  un air automnal. L'Eté, le bel été, semble déjà rangé dans les cartons. Ces cartons alignés dans "les galetas" et dont on soulèvera les couvercles au plus profond de l'hiver. Un hiver qui sera interminable, assassin et triste, comme l'annonce le baromètre boursier. Il sera bon alors de "guigner" dans les cartons et les malles entassés sous les toits...

20 mai 2009

L'été, le bel été

En amazone à l'arrière d'une Vespa, une femme fardée enlace le pilote. l'équipage fonce sur la voie lactée dans la belle lumière du soir. L'été, le bel été enfin!

10 septembre 2008

L'Eté, le bel été

Place de la Gare.

 

Sous un parasol, sur une table éclairée par un luminion, un espresso gelato attend son heure. La nuit installée depuis longtemps est douce. Dans le ciel étoilé des parachutes dorés rapatrient des novas déchues, désastres financiers.

 

Une voiture de police, en trombe, zèbre la place de son gyrophare. Sirène hurlante, la maréchaussée poursuit l’Eté, le bel été jusqu’au tréfonds de l’arrière saison. Un silence précaire retombe sur la place. L’espresso gelato patiemment se réchauffe et la serveuse d’un ton décidé rappelle à l’ordre le convive endormi : « On ne dort pas ici ! » Une lassitude passagère et les paupières s’étaient fermées sur des rêves à la trame compliquée. Rêves qui se sont évanouis par un réveil brutal. Il faudra ruser pour voler quelques minutes de sommeil sans éveiller l’attention.

 

Dans l’indifférence, la place disparait bouffée par un trou noir généré par la collision de deux faisceaux fuyant à la vitesse de la lumière. Un sorcier dans un laboratoire improbable expérimente dans un tuyau d’arrosage les effets du vide sur l’antimatière!

Sur la carte au 1:100 000 un rectangle noir grossissant à vue d’œil indique le lieu de la disparition du dormeur.

 

 

10.09.2008

"Tibits"

Berne

 

 

6 juillet 2007

L'Eté, le bel été

Les cerises

Un plat de fruits couronne le repas ;framboises, cassis, groseilles versaillaises, fraises, pastèque, griottes aiguisent les convoitises et clôt une journée estivale.

Un ciel pur, quelques nuages de beau temps au loin glissent au gré d'une brise molle. Les pluies généreuses ont verdi les campagnes. Il flotte dans l'air une excitation inquiète. C'est l'été retrouvé qui, tard dans la nuit jouera avec nos souvenirs. L'Eté, le bel été, enfant roi échappe à ses géniteurs et joue sur le plongeoir de la piscine à faire des plongeons dans une eau cristalline bleuie par le couleur du ciel. Les convives ont quitté la table, laissant quelques noyaux sur le plat de fruits. Il est bien court le temps des cerises!


Berne, "Tibits"
6 juillet 2007

7 août 2005

Nature morte

Une coupe de fruits annonce l'âge adulte de l'été, du bel été.
Sur le bleu méditerranéen du plat reposent, couleurs froides, des figues violacées, des myrtilles bleutées de sombre, des mûrs noires et l'incarnat des groseilles illumine la soirée fraîchie par un ciel moutonneux, l'été mûrit.

Berne,
07.08.2005

31 juillet 2005

La Nouvelle Heloïse

Dans un décor de la Nouvelle Héloïse , un Rousseau imaginaire contemple un paysage originel. Le lac de Thoune frisonne, les hêtres de leurs branches basses embrassent l'onde pur. L'air est doux, les nuages par quelques trous laissent voir un peu de bleu.
Deux baigneurs nagent dans l'eau minérale, le soir s'annonce. C'est le dernier jour de juillet, seul le clapotis du lac trouble la quiétude du crépuscule. L'Eté, le bel été abîme ses derniers traits de jeunesse dans un bain du soir.

Spiez, 31.07.2005

19 septembre 2004

Vynile

Dans le sillon du disque noir de ma mémoire, une valse triste enivre mes pensées.
Les carreaux de la chambre, striés de gouttes de pluie, laissent entrevoir l'été qui achève sa vie.
Gris, le ciel se traîne en brume rasant la cime des arbres. un frisson parcourt l'échine de la saison estivale.
La brume s'évapore, les nuages se dissipent et, dans un ultime effort un dernier jour d'été charme la campagne, avant de se fondre dans l'automne et de mourir dans un rougeoiement crépusculaire.
L'été ne reviendra plus; dans un album des photographies étalent le souvenir des étés disparus.
Vevey, le 1er août 1914, une belle nuit soirée d'été où flotte l'odeur des glycines juste avant le grand égorgement.
Berlin, un dimanche d'été 1929 pique-nique dans les environs de la ville.
Arrivée dans la port de Dubrovnik un jour de semaine en août 1968.
Anthéor, villa Si-Ma-Y, le phare de St-Tropez au loin, la brise dans le feuillage des eucalyptus, une soirée de fin juin 1976.
Dans le sillon du disque noir de ma ménoire, une valse triste enivre mes pensées.
Les carreaux de la chambre, séchés par le soleil laissent entrevoir la fin de l'été.
une main invisible et ennemie tend un miroir où le reflet de l'automne imprime sa mélancolie à la vie.

Fin d'été 2004

 

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CINÉMA

- Mais... c'est l'intervention de cette grosse femme... C'est un ptit peu... enfin... ça va très loin.
- C'est là que je me rends compte que malheureusement, je vous ai beaucoup moins bien réussi que le porc.

Pierre et Thérèse.
Le père Noël est une ordure 

 

GUERRE

La guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas.
Paul Valéry

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