Un été au pied des Alpes - Embrasse-moi
La belle lumière du matin, un dimanche
Lignières, le jardin
C’était dans un quartier de la ville Lumière
Où il fait toujours noir où il n’y a jamais d’air
Et l’hiver comme l’été là c’est toujours l’hiver
Elle était dans l’escalier
Lui à côté d’elle elle à côté de lui
C’était la nuit
Ça sentait le soufre
Car on avait tué des punaises dans l’après-midi
Et elle lui disait
Ici il fait noir
Il n’y a pas d’air
L’hiver comme l’été c’est toujours l’hiver
Le soleil du bon Dieu ne brill’ pas de notr’ côté
Il a bien trop à faire dans les riches quartiers
Serre-moi dans tes bras
Embrasse-moi
Embrasse-moi longtemps
Embrasse-moi
Plus tard il sera trop tard
Notre vie c’est maintenant
Ici on crèv’ de tout
De chaud de froid
On gèle on étouffe
On n’a pas d’air
Si tu cessais de m’embrasser
Il me semble que j’mourrais étouffée
T’as quinze ans j’ai quinze ans
À nous deux on a trente
A trente ans on n’est plus des enfants
On a bien l’âge de travailler
On a bien celui de s’embrasser
Plus tard il sera trop tard
Notre vie c’est maintenant
Embrasse-moi !
Poème de Jacques Prévert
Extrait de « Histoires et d’autres histoires »
En été 1933, Prévert voyage en Tchécoslovaquie dans le Tatras. Il y écrit « Embrasse-moi » et « La Pêche à la baleine »
Un été au pied des Alpes - Le jardin de Lignières
Un été au pied des Alpes - L'Été, le bel été
Un été au pied des Alpes - Journal
Jeudi 8 juin 1933
Journée transparente, pure et chaude, mais fraîchie pourtant par une bise infatigable.
Matin dans le verger de Lucien : correspondance. Causeries avec Lucien, sa femme, sa mère.
Olivier remonte de Moudon vers 10 heures et pendant que je lui crie bonjour, sa femme et son beau-père endimanchés à la hâte surviennent et le remmènent avec eux en hâte vers Moudon où des marchands machinent contre eux quelque chose.
L'après-midi : un électricien m'emmène voir des poteaux à déplacer - sur nos terres.
Commandes de graines.
Le soir, je repars vers V[ucherens]. Olivier fauche, je désandagne* jusqu'au soleil couché. Fin du jour d'une beauté inouïe, les chevaux, Olivier, l'herbe même, cuivrés et dorés richement par la lumière déclinante.
(L'après-midi, enterrement de la petite Laeser - Mon éloignement astronomique de tous ces hommes, du pasteur plus encore. Pas la moindre émotion : ces instants de sécheresse me consternent)
Gustave Roud
Journal 1916 - 1976
Œuvres complètes Volume 3
Éditions Zoé, octobre 2022
*Défaire (les andins) à la fourche, au râteau (DSR, Dictionnaire suisse romand, particularités lexicales du français contemporain, éd. André Thibault, Carouge-Genève, Zoé, 2012)
Un été au pied des Alpes - Le Niesen vu depuis le train
À Interlaken West, on peut monter dans un ICE de la Deutsche Bahn à 10h05 et en ressortir à 19h51, rendu à Hambourg-Altona. Je voyage souvent dans ce train de plus de 200 mètres de long jusqu’à Berne. Aujourd’hui j’ai quitté le wagon-restaurant à Bâle. Les croissants sont au beurre, délicieux, et ils aident à faire passer un café juste buvable.
La carte propose des plats allemands à petits prix comparé aux prix affichés sur la carte des CFF* ! Les prix sont en euros et en CHF.
Le personnel est allemand et les voyageurs passent leur commande en dialecte bernois. Les serveurs ne comprennent pas : « I hätti gärn a kaffee creme un as Gipfeli » ! Finalement l’affamé passe à l’allemand, tout surpris de ne pas être compris. Au moment de payer, le Bernois sort fièrement un bon émis par les CFF*. Un bon reçu à Noël, ou gagné à un concours, ou trouvé dans une salle d’attente, un bon qui va couvrir les frais de son café crème et de son croissant. Il s’est installé spécialement au wagon-restaurant, qu’il ne fréquente jamais, parce que se sera gratuit. Une immense déception se lit sur son visage lorsque le serveur refuse le bon. La DB n’accepte pas les bons d’autres compagnies ! Déçu, le voyageur marmonne des grossièretés en dialecte et sort un billet de 20 francs pour régler la consommation. Balloté entre deux langues, voyageant dans un train qu’il croyait suisse, il laisse tout de même un généreux pourboire de 2 francs. Il rigole dans son for intérieur, le bon n’est pas dépensé, il pourra retourner au wagon-restaurant.
*CFF : Chemins de fer fédéraux
Photographies : Le croissant au beurre et le Niesen vu du train

Un été au pied des Alpes - La roseraie, mais, si les roses fleurissent déjà, pas de roses !
Un été au pied des Alpes - Circuit et un demi-faux devoir du lundi...
Du petit village dans les montagnes au village des vacances de mon enfance en passant par La Chaux-de-Fonds, la ville de mon enfadolescence.
Photographies : La Chaux-de-Fonds et le jardin de Lignières

Encore un tableau de Jackie Knott.
Si vous avez déjà vu ici cette œuvre, mille excuses.
Mais que voulez-vous, elle me plaît, alors hein…
Cette Américaine qui fit plein de choses n’ayant rien à voir avec la peinture, « l’US Air Force » n’ayant que peu de rapport avec l’art pictural, est passée par ici.
Elle s’est promenée à Montmartre.
Elle y a vu quelqu’un dans ce jardin connu même des Chinois.
Mais ce quelqu’un, qui est-il ?
À quoi pense-t-il ?
On verra bien lundi ce que vous en pensez...
Le Goût c'est ICI
En voyant cette toile, sujet du devoir du lundi, une nostalgie a submergé mes pensées.
C’était ma première participation à cet exercice d’écriture, Lakevio était à l’époque la maîtresse d’école, sept ans déjà…
Le devoir du lundi est un immense terrain de jeu, il offre la possibilité d’explorer tous les thèmes, du western au roman d’amour en passant par la science-fiction ou de jongler avec le thriller et l’insolite. Tout est possible.
Le vendredi, quand la consigne est mise en ligne par Le Goût, le maître qui a repris la direction de la classe, il faut qu’une idée jaillisse dans mon cerveau dans la journée, sinon c’est fichu. Souvent la page reste blanche, parfois en dernière minute en contemplant l’Augstmatthorn juste avant la nuit, fusen les idées. Le samedi, je commence d’écrire au Versa bar, dans un wagon-restaurant, une salle d’attente ou sur un banc de la Ville fédérale. La mise au net se fait à la grande table de la salle à manger, face au paysage des Préalpes, bercé par les cloches des vaches, au milieu des chalets qui forment le petit village dans les montagnes.
Cette semaine, manquant de temps, je n’ai pas pu creuser l’idée d’une suite d’histoire sept ans plus tard !
Mon devoir du 6 mars 2016 est ICI
Un été au pied des Alpes - Cinéma japonais
DIMANCHE 4 JUIN 1933
Taxi d'Higashiyama à lizaka.
Une brise fraîche sur le lac Inawashiro.
Flocons blancs des nuages sur le mont Bandai.
Fleurs mauves du paulownia.
Riz qu'on plante.
Douceur de l'azur.
lizaka. Auberge «Inariya». On est au-dessus d'Ichinosé.
Yasujiro Ozu
Carnets 1933 - 1963
Un été au pied des Alpes - L'Été, le bel été
L’Été, le bel été, a chassé le printemps. Il se lance dans une course folle sur les routes escarpées des mois estivaux. Sa vie est brève, il sait qu’aux confins d’août l’automne est en embuscade, prêt à bondir pour dévorer un été fatigué et vieillissant.
J'ai filmé quelques plans à Berne :
Envoûtement
Filmé à Berne
3 juin 2023
Images, montage, réalisation Jeanjacques666
Au retour de la Ville fédérale, orage du côté d'Interlaken
Le soir, à huit heures, les cloches du temple sonnaient, comme tous les samedis soir. L’orage qui a frôlé le petit village dans les montagnes s’est dissipé. L’Augstmatthorn dormira sereinement.
Samedi soir, c'est Jazz
John Coltrane - My Favorite Things (1961)
Basse – Steve Davis
Batterie – Elvin Jones
Piano – McCoy Tyner
Saxophone soprano – John Coltrane (pistes: A1, A2)
Saxophone ténor – John Coltrane (pistes: B1, B2)
Enregistré à Atlantic Studios, New York, NY
Piste A1 le 21 octobre 1960
Piste B1 le 24 octobre 1960
Pistes A2 & B2 le 26 octobre 1960
Ingénieur du son – Phil Iehle, Tom Dowd
Producteur – Nesuhi Ertegun
A1 My Favorite Things 0:00
A2 Everytime We Say Goodbye 13:43
B1 Summertime 19:27
B2 But Not For Me 31:03



















