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Rêveries
lignieres
29 août 2023

Un été au pied des Alpes - La tête dans les nuages

Il pleuvait quand j’ai quitté le village des vacances de mon enfance, pour partir à l’aventure.

Car postal, train I, II, III, Embraer E190-E2, métro I, II

« En raison de l’arrivée tardive de l’avion… » Bla, bla, bla susurré, au microphone de la porte D54, par la voix douçâtre d’une hôtesse d’accueil.

Il pleuvait sur le tarmac de Zurich. Les réacteurs poussés à fond, pour tenter d’arracher au sol passagers et bagages en soute, pulvérisaient l’eau égarée sur la piste en fine gouttelettes.

Nous partîmes cinq cents, entassés dans un Embraer E190-E2; mais par un prompt renfort nous nous vîmes trois mille en arrivant dans la perfide Albion.

La grisaille était de mise à Londres.

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28 août 2023

Un été au pied des Alpes -Pluie fine comme de la farine

J’ai filmé le jardin de Lignières sous la pluie

Mélancolie d’arrière-été
Gouttelettes d’eau glissant sur les feuilles
Les derniers raisinets (groseilles rouges)
Les poires qui  mûrissent avec lenteur
Le chant de quelques oiseaux
Une limace qui, rescapée du dôme de chaleur, se hâte d’aller dévorer des feuilles de vivaces, devenues un peu coriace au fil des semaines
Le plic ploc de la pluie
Mélancolie d’arrière-été

Le jardin de Lignières
Fin d'été Avec Luce, la voix du filmeur
Filmé à Lignières le 27 et 28 août 2023
Images, montage, réalisation Jeanjacques6666

27 août 2023

Un été au pied des Alpes - «Nouvelles de ces gens-là»

27 août 1920

Combats à Zniatyne, Dloujnov. On se dirige vers le nord-ouest. Une demi-journée dans un convoi. Déplacement vers Lachkov, Komarov. Nous sommes partis de Sokal le matin. Journée ordinaire - je traîne dans les forêts et dans les champs avec les escadrons et le chef de division, les commandants de brigade arrivent, soleil, cinq heures sans descendre de cheval, les brigades passent. Panique dans les convois. J'ai quitté les convois aux abords de la forêt, suis allé trouver le chef de division. Escadrons sur la colline. Rapports au commandant de l'armée, canonnade, pas d'aéroplanes, nous déménageons d'un endroit à l'autre, une journée ordinaire. Vers le soir, fatigue épouvantable, nous passons la nuit à Vassilov. Nous n'avons pas atteint Lachkov, notre destination.
A Vassilov ou dans les environs, la 11° division, une vraie pagaille, Bakhtourov - une toute petite division, il a un peu perdu de son éclat, la 4° division mène des combats avec succès.

Extrait de 
«Journal de 1920»
Œuvres complètes
Isaac Babel
Éditions Le bruit du Temps, 2011

 

Nouvelles d’un spectateur

Hier soir, panique, la notification annonçant la mise en ligne d’un nouvel épisode du journal filmé d’Arnaud de la Cotte n’arrive pas. Je fouille la toile numérique, rien. Que se passe-t-il ? Distraitement je regarde le calendrier, nous sommes samedi, tout est normal. Je croyais que nous étions dimanche, il était 21 heures et j’étais inquiet.
Dimanche, il pleut. En fin d’après-midi je regarde «News from home» de Chantal Ackerman. Le dernier plan d’un New York pluvieux se fond dans le premier plan du journal filmé 246.
Deux cinéastes, deux mondes différents, mais deux monde proches dans cette liberté de la prise de vue.
Un après-midi cinématographique qui a mis en transe le spectateur.

«Nouvelles de ces gens-là» est arrivé dans ma bibliothèque en février 2021
«Une magie ordinaire» de Kossi Efoui vient d’arriver

L'épisode 246 du journal filmé d'Arnaud de la Cotte, c'est ICI 

Hier, transhumance, du petit village dans les montagnes je me suis transporté à celui des vacances de mon enfance
Car postal, train I, II, III, car postal
Parfois, un funiculaire s’ajoute à ces transports publics augmentant le risque de manquer une correspondance
Départ sous un parapluie au mécanisme rouillé, arrivée sous des nuages qui laissaient entrevoir des coins de ciel bleu
Ce dernier dimanche d’été est pluvieux, frais
La canicule, le dôme de chaleur, ne sont plus que des souvenirs lointains
Le jardin ruisselle de gouttelettes de pluie

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18 août 2023

Un été au pied des Alpes - Drapé dans un dôme de chaleur

Le jardin de Lignières
Un cheval dans le pré voisin
Les anémones japonica fleurissent avec un mois d’avance

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14 août 2023

Un été au pied des Alpes - L'Été, le bel été

Dimanche, rembobiner le film
Retour au petit village dans les montagnes après avoir posé mes valises une semaine dans celui des vacances de mon enfance
Car postal, train I, II, III, car postal
L’Augstmatthorn n’avait pas bougé, il faisait chaud dans le village, aujourd’hui aussi
Ce lundi, en fin d’après-midi, se sont succédés plusieurs orages
Entre deux coup de tonnerre, un arc-en-ciel a relié les deux versants de la vallée où coule le Lombach de son pont aux sept couleurs
Cette année la collection d'arcs-en-ciel est importante
La pluie a ravigoté les plantes en pot

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11 août 2023

Un été au pied des Alpes - Soirée d'été

Les radars annoncent des orages à partir de demain
Belle journée, dans le village des vacances de mon enfance
Une tarte aux raisinets (groseilles rouges) meringuée
Pâte à tarte maison, fruits rouges du jardin, œufs et lait (pour le liant) achetés à la fromagerie
Chaleur
Déambulation dans le village, dans la belle lumière du soir
Fraîcheur
J’ai entamé la lecture de «Fontamara» d’Ignazio Silon, c’est son premier roman
La préface écrite par l’auteur est datée «Davos (Suisse), été 1930»
J’ai fouillé ma mémoire, mais je ne me souviens pas de cet été-là
C’est peut-être l’année où j’ai passé une partie de l’été à Londres ou à Capri
Sans doute n’étais-je pas encore né puisque ma mère est née trois ans plus tard, ici même, dans le village des vacances de mon enfance
Été 1930…
Ça sonne bien
Été 1930…
Ça fait rêver…
Ignazio Silone rédige son roman à Davos
Ignazio Silone est une écrivain italien (1900 - 1978)

La vie était compliquée en Europe dans ces années-là
Je n’étais pas né, donc c’est bien en 2023, un soir d’août, par une belle soirée d’été que j’ai commencé la lecture d’un roman écrit entre 1929 et 1931
Assis sur le banc en bois, dans le jardin
Les souvenirs s’embrouillent dans ma mémoire
C’était en 1930 ou en 2023 ?

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10 août 2023

Un été au pied des Alpes - On envoie des pneumatiques à Fleur Bleu

Hier, j'ai filmé la bourrache et ses fleurs bleues, les vols de ligne des abeilles
Le chant des oiseaux pour la bande son
Le décor, une bourrache dans le jardin de Lignières



FLEURS BLUES
Le jardin de Lignières
Bourrache et insectes
Filmé à Lignières mercredi 9 août 2023
Images, montage, réalisation Jeanjacques666

9 août 2023

Un été au pied des Alpes - À toute vapeur

 Le jardin de Lignières dans la belle lumière du soir, apogée de la journée sur le plan des couleurs 

Car postal presque à l’aurore, train I, II, III

Cafés croissants et apéritif chez le Mimi et son épouse, au pied du Mont Raimeux

Retour en train, bateau à vapeur sur le lac de Bienne 
Train et car postal 
Rêveries d’un promeneur solitaire en longeant l’île Saint Pierre, où vécu quelques semaines Rousseau 
Retour à l’heure du goûter dans le village des vacances de mon enfance

S’immerger dans l’atmosphère du jardin 
Le chant des oiseaux, le vol des insectes 
Dévorer des raisinets (groseilles rouges)
Écouter le vent, c’est le Joran, le vent qui transporte le beau temps
Se gaver de la belle lumière du soir 

Mettre en conserve, dans des bocaux en verre, un peu de cette lumière magnifique pour rêver à l’Été, au bel été les jours sombres des mois d’hiver

Le soir regarder en format : 35 mm, couleur (procédé : Eastmancolor) Le Fantôme de la liberté, 31e et avant-dernier film du réalisateur Luis Buñuel

Les nuits des Perséides ont commencé le 17 juillet. La pluie d'étoiles filantes va connaître son apogée dans la nuit de samedi à dimanche
Il ne faudra pas oublier de prendre un parapluie pour les sorties, si vous aimez le son du cor le soir au fond des bois

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7 août 2023

Un été au pied des Alpes - Quoi de neuf dans le village des vacances de mon enfance ?

 

C’est lundi, c’est raviolis

Vite, vite, ouvrons une boîte en fer blanc contenant des souvenirs amassés depuis des années
Mangeons des raviolis à la fourchette à même la boîte en rêvant à un vol d’étourneaux piquant sur un vignoble où la maturité des raisins est exquise
Des nuages passent parfois dans un ciel qui cherche l’équilibre entre la canicule et un peu de pluie pour les plantes en pots
Des pots multicolores qui s’égayent sur une terrasse en béton armé

Quoi de neuf ?

J’ai marché jusqu’au lieu dit Les Broues pour contempler Le Chasseral
J’ai lutté dans le jardin avec les liserons qui s’emparent du paysage
Je me suis gavé de raisinets (groseilles rouges) avant que les pies, qui à grands cris réglaient un différend avec un chat errant, ne fassent une razzia sur les fruits rouges
J’ai respiré le farfum d’une rose

Sur le coup de 18h20, une envie soudaine, une marotte nouvelle, une inspiration de dernière minutes, j’ai rassemblé des abricots, trouvés dans le réduit, dans une grande marmite, j’ai saupoudré de sucre, j’ai ajouté le jus d’un citron ainsi que quelques amandes extraites de quatre noyaux d’abricots
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Mise en pot, quatre pots
On ferme les pots avant que la confiture ne refroidisse, l’opercule est un papier spécial, transparent, que l’on passe sous l’eau avant de le fixer avec un élastique sur le pot
L’opercule toute fripée lentement se tend sous l’effet des confitures bouillantes, peu à peu devient lisse comme un lac sans tempête
Pendant ce temps de lissage, le papier spécial confiture émet des craquements, des craquements irréguliers et inquiétants, des craquements qui donnent l’illusion que la musique diffusée par Swiss Classic sort d’un disque 78 tours ou d’un vinyle écouté en boucle pendant l’adolescence, l’aiguille ayant usé les sillons jusqu’à la lie
Quand les pots sont froids, on colle une petite étiquette manuscrite sur l’opercule absolument lisse et plate comme une planche à repasser, «Confiture d’abricot 7 août 2023»
Ensuite on se gave d’une omelette de quatre œufs garnie d’une tomate fraîche et de morceaux de fromage Appenzeller au lait cru en rêvant que le vin qui accompagne ce repas frugal est un «Romanée Conti Grand Cru» et pas un jus de ravioli

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Et puis je ne me lasse jamais de ce texte :

L'odeur des confitures

Le jour que nous reçûmes la visite de l’économiste, nous faisions justement nos confitures
de cassis, de groseille et de framboise.

L’économiste, aussitôt, commença de m’expliquer avec toutes sortes de mots, de chiffres et de formules, que nous avions le plus grand tort de faire nos confitures nous-mêmes, que c’était une coutume du moyen âge, que, vu le prix du sucre, du feu, des pots et surtout de notre temps, nous avions tout avantage à manger les bonnes conserves qui nous viennent des usines, que la question semblait tranchée, que, bientôt, personne au monde ne commettrait plus jamais pareille faute économique.

Attendez, monsieur! m’écriai-je. Le marchand me vendra-t-il ce que je tiens pour le meilleur et le principal?
Quoi donc? Fit l’économiste.
Mais l’odeur, monsieur, l’odeur! Respirez : la maison toute entière est embaumée. Comme le monde serait triste sans l’odeur des confitures!

L’économiste, à ces mots, ouvrit des yeux d’herbivore. Je commençais de m’enflammer.

Ici, monsieur, lui dis-je, nous faisons nos confitures uniquement pour le parfum. Le reste n’a pas d’importance. Quand les confitures sont faites, eh bien! Monsieur, nous les jetons.

 J’ai dit cela dans un grand mouvement lyrique et pour éblouir le savant. Ce n’est pas tout à fait vrai. Nous mangeons nos confitures, en souvenir de leur parfum ».

GEORGES DUHAMEL, Fables de mon Jardin

6 août 2023

Un été au pied des Alpes - D'un village à l'autre...

Car postal, train I, II, III, funiculaire et car postal
Une équipée à suspens
Un trajet qui commence au pied des Alpes pour se terminer au pied du Chasseral
Espérer que tous ces modes de transport respectent les horaires, trois minutes pour courir de la gare du train à celle du funiculaire, trois autres minutes pour gagner l'arrêt du car postal au sommet du funiculaire
Longer le lac de Thoune, celui de Bienne qui est vaguement agité
Voir de très près des grappes de raisin qui tentent de mûrir
Arpenter la gare de Berne et de Bienne, effleurer la garette de Gléresse
À Prêles, avoir une pensée pour le poète  Francis Giauque

Arriver dans le village des vacances de mon enfance pile à l'heure prévue par l'horaire électronique, malgré une addiction pour l'écran du téléphone du jeune chauffeur de car
Une météo capricieuse, tantôt une pluie diluvienne, tantôt un soleil éclatant

Lors de mon précédent séjour à Lignières, j'ai filmé le jardin. Voici le vidéogramme :


LE JARDIN DE LIGNIÈRES le vent, les insectes, les nuages, un chat
Filmé à Lignières le 28 juillet 2023
Avec Francine, Capucine, les mains du filmeur
Images, montage, réalisation Jeanjacques666

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- Mais... c'est l'intervention de cette grosse femme... C'est un ptit peu... enfin... ça va très loin.
- C'est là que je me rends compte que malheureusement, je vous ai beaucoup moins bien réussi que le porc.

Pierre et Thérèse.
Le père Noël est une ordure 

 

GUERRE

La guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas.
Paul Valéry

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