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Rêveries
poesie
21 juin 2022

L'été de tous les dangers - L'Éte, le bel été

Solstice d'été à 11h13

Été

Et l’enfant répondit, pâmée
Sous la fourmillante caresse
De sa pantelante maîtresse :
« Je me meurs, ô ma bien-aimée !

« Je me meurs : ta gorge enflammée
Et lourde me soûle et m’oppresse ;
Ta forte chair d’où sort l’ivresse
Est étrangement parfumée ;

« Elle a, ta chair, le charme sombre
Des maturités estivales, —
Elle en a l’ambre, elle en a l’ombre ;

« Ta voix tonne dans les rafales,
Et ta chevelure sanglante
Fuit brusquement dans la nuit lente. »

Paul Verlaine

27 avril 2022

À flancs de coteau du village bivouaquent des champs fournis de mimosas.

Adieu au vent
René Char
Recueil : "Fureur et mystère"

À flancs de coteau du village bivouaquent des champs fournis de mimosas. À l’époque de la cueillette, il arrive que, loin de leur endroit, on fasse la rencontre extrêmement odorante d’une fille dont les bras se sont occupés durant la journée aux fragiles branches. Pareille à une lampe dont l’auréole de clarté serait le parfum, elle s’en va, le dos au soleil couchant.
Il serait sacrilège de lui adresser la parole.
L’espadrille foulant l’herbe, cédez-lui le pas du chemin. Peut-être aurez-vous la chance de distinguer sur ses lèvres la chimère de l’humidité de la Nuit ?

Et il y a ce superbe portrait ICI

7 février 2022

Les mois d'hiver - les bars d'Adélaïde

OUTWARDS

A Francis Jammes

L'Armand-Béhic (des Messageries Maritimes)

File quatorze noeuds sur l'Océan Indien...

Le soleil se couche en des confitures de crimes,

Dans cette mer plate comme avec la main.

— Miss Roseway, qui se rend à Adélaïde

Vers le Sweet home au fiancé australien,

Miss Roseway, hélas, n'a cure de mon spleen,

Sa lorgnette sur les Laquedives, au loin...

 

— Je vais me préparer — sans entrain! — pour la fête

De ce soir : sur le pont, lampions, danses, romances.

(Je dois accompagner miss Roseway qui quête

 

— Fort gentiment — pour les familles des marins

Naufragés.) Oh, qu'en une valse lente, ses reins

A mon bras droit, je l'entraîne sans violence

 

Dans un naufrage où Dieu reconnaîtrait les siens...

Henri J.-M. Levet
[extrait de Cartes Postales]

 

Chopin : Valse brillante op. 34, n° 1 en la bémol majeur.
Arturo Benedetti Michelangeli, piano.
Enregistré à Turin, Auditorium Rai, 1962.
3 février 2022

Les mois d'hiver - Spleen, spleen encore et toujours, spleen, spleen hurlait le Consul général de France à La Plata !

République Argentine - La Plata

Ni les attraits des plus aimables Argentines,
Ni les courses à cheval dans la pampa,
N'ont le pouvoir de distraire de son spleen
Le Consul général de France à La Plata !

On raconte tout bas l'histoire du pauvre homme :
Sa vie fut traversée d'un fatal amour,
Et il prit la funeste manie de l'opium ;
Il occupait alors le poste à Singapoore...

- Il aime à galoper par nos plaines amères,
Il jalouse la vie sauvage du gaucho,
Puis il retourne vers son palais consulaire,
Et sa tristesse le drape comme un poncho...

Il ne s'aperçoit pas, je n'en suis que trop sûre,
Que Lolita Valdez le regarde en souriant,
Malgré sa tempe qui grisonne, et sa figure
Ravagée par les fièvres d'Extrême-Orient...

Henri J.-M. Levet
[extrait de Cartes Postales]

15 décembre 2020

Les mois d'hiver - Pluie

 

Il pleure dans mon cœur
Paul Verlaine

Il pleure dans mon cœur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon cœur ?

Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un cœur qui s’ennuie,
Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison
Dans ce cœur qui s’écœure.
Quoi ! nulle trahison ?…
Ce deuil est sans raison.

C’est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon cœur a tant de peine !

Paul Verlaine
Romances sans paroles (1874)

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28 octobre 2020

Un automne masqué - Nuit 3/6 - ...

La Beauté

Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Eternel et muet ainsi que la matière.

Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris ;
J'unis un cœur de neige à la blancheur des cygnes ;
Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.

Les poètes, devant mes grandes attitudes,
Que j'ai l'air d'emprunter aux plus fiers monuments,
Consumeront leurs jours en d'austères études ;

Car j'ai, pour fasciner ces dociles amants,
De purs miroirs qui font toutes choses plus belles :
Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !

        Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal

27 janvier 2020

Les mois d’hiver - Le bus rouge

J'ouvris ma volière de merles,

    Tout c'est envolé ;

J'ouvris mon chapelet de perles,

    Il s'est défilé :

Toi seul vent d'hiver qui déferles,

    Vent des vieux, n'as pas oublié.

 

Georges Fagus (1872 - 1933)

 

Photographie, soleil tentant de percer le mystère de la brume. Brume qui sème la mélancolie sur la Ville fédéral. Le bleu du ciel se regardera sur une carte postal aujourd'hui. L'instantané de ce soleil pâle est situé sur la grande rue, quand on débouche de l'impasse, près de l'arrêt du bus. Le bus rouge qui file à la gare. 

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19 septembre 2019

Un été en Suisse - 19.9.19 ...

19.9.19


                NUIT DE PARIS
Le ciel des nuits d'été fait à Paris dormant
Un dais de velours bleu piqué de blanches nues,
Et les aspects nouveaux des ruelles connues
Flottent dans un magique et pâle enchantement.

L'angle, plus effilé, des noires avenues
Invite le regard, lointain vague et charmant.
Les derniers Philistins, qui marchent pesamment,
Ont fait trêve aux éclats de leurs voix saugrenues.

Les yeux d'or de la Nuit, par eux effarouchés,
Brillent mieux, à présent que les voilà couchés...
- C'est l'heure unique et douce où vaguent, de fortune,

Glissant d'un pas léger sur le pavé chanceux,
Les poètes, les fous, les buveurs, - et tous ceux
Dont le cerveau fêlé loge un rayon de lune.
                                     (A mi-Côte)

Léon Valade (1841-1883)

Extrait de "Anthologie des poètes français contemporains", poèmes choisis par G. Walach, tome premier, Paris Delagrave 1918

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20 novembre 2018

Poème

ensevelis hors du préau
où s'enflamment les lambeaux de l'été
nous n'auront plus qu'un ciel de boue
pour imprégner nos visages captifs
de la lourde étreinte des profondeurs

Francis Giauque (1934 - 1965)

Extrait de "Terre de dénuement"
paru dans "Oeuvres", Éditions de l'Air 2005

22 juin 2018

Un été sans fin - Le Pod

Brève incursion à La Chaux-de-Fonds, la ville de mon enfadolescence. Le temps d'arpenter un bout du Pod (Avenue Léopold-Robert), de passer de longues minutes dans une librairie et d'en ressortir avec deux volumes sous le bras. Un roman, "La balade des perdus" de Thomas Sandoz paru chez Bernard Grasset en 2018 et un recueil de poésie, "Ajoie" précédé de "Passage des ombres" et de "Cette âme perdue" du poète belge Jean-Claude Pirotte paru à la nrf Poésie/Gallimard 2018.
Une bise légère balayait la ville en cette fin d'après-midi de juin. Le soleil éclatait de santé.

Le soir, de retour dans la Ville fédérale, j'ai pu entendre un concert de klaxons, vers 22h00. Il semblerait que se déroule, en Russie, le championnat du monde de balle au pied masculin. La Suisse à gagné 2 à 1 contre la Serbie.

Ci-dessous, affiches vues à La Tchaux:
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J'écoute à longeur de journée la Messa de Gloria de Rossini

Rossini : Messa di Gloria

 1. Ⅰa  Kyrie: Kyrie eleison
 2. Ⅱb  Kyrie: Christe Eleison
 3. Ⅲc  Kyrie: Kyrie eleison
 4. Ⅱ  Gloria in excelsis Deo
 5. Ⅲ  Gloria: Laudamus Te
 6. Ⅳ  Gloria: Gratias agimus tibi  
 7. Ⅴ  Gloria: Domine Deus
 8. Ⅵa  Gloria: Qui Tollis Peccata mundi
 9. Ⅵb  Gloria: Qui Tollis Pecca mundi
10. Ⅵc  Gloria: Qui sedes ad dexteram Patris
11. Ⅶ  Gloria: Quoniam tu solus sanctus 
12. Ⅷ  Gloria: Cum Sancto Spiritu



Un vol de pigeons c'est une étincelle
sous le ciel gris et blanc de pluie prochaine

et la maison rose au toit profond s'éveille
quand le vent fouette la glycine

un chat rase les murs une voisine
âgée porte un tablier mauve

le chat s'arrête et la regarde en coin
puis il bondit et disparaît du cadre

Jean-Claude Pirotte
Extrait de "Passage des ombres"
dans "La fable des ombres"
Éditions Gallimard 2018

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- Mais... c'est l'intervention de cette grosse femme... C'est un ptit peu... enfin... ça va très loin.
- C'est là que je me rends compte que malheureusement, je vous ai beaucoup moins bien réussi que le porc.

Pierre et Thérèse.
Le père Noël est une ordure 

 

GUERRE

La guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas.
Paul Valéry

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