Depuis plusieurs jours le ciel est voilé de sable. La couleur oscille entre bleu et gris. Ces transports de dunes par voie des airs sont de plus en plus fréquents. Le Sahara migre en Europe, remplaçant la végétation locale. Le désert fuit la désertification. Il trouve notre climat plus clément malgré des épisodes caniculaires et surtout un taux de change favorable pour de longs séjour aux bords des lacs alpins.
Je déguste un doppio « Los Cipreses », une dinguerie dit la publicité, accoudé à une table du Versa bar. C’est mon stamm dans la Ville fédérale depuis près de dix ans. Je regarde le sable tomber. Ce sablier géant rythme la vie de la minuscule salle du bar. La musique est forte, du rap rien que du rap. On entend aussi un avion qui survole la vieille ville, des conversations en bernois, la machine à café qui crache espresso, doppio, cappuccino ou eau chaude pour un thé vert. La presse du jour est accrochée près de l’entrée, NZZ*, BZ**, Der Bund ou Tages Anzeiger.
Dehors la terrasse se remplit. Le tram 9 ou le bus 10 anime la scène. Le café est surtout peuplé d’habitués mais les touristes passent aussi, chinois, américains…
14h10, il est temps de se vectoriser !
*Neue Zürcher Zeitung
**Berner Zeitung