Automnal...
Ostring à 18H30
Film réalisé par jeanjacques666
L'amanite rougissante doit cuire au moins 20 minutes pour être comestible

Ces amanites rougissantes proviennent du marchand de champignons qui est installé sous les arcades de Berne le samedi, jour de marché.
Attention : confusion possible avec l’amanite panthère qui est un champignon très toxique. La distinction est cependant assez facile à faire pour les initiés :

Cuisson, l'amanite rougissante doit cuire au minimum 20 minutes pour que la phalloïdine s'évapore.

Amanites rougissantes servies avec des oeufs brouillés composent un petit déjeuner dominical de choix.
Le pont du Kirchenfeld est fermé à la circulation le temps des vacances scolaires. Les rails du tram usés par le passage des monstres d’acier doivent être changés. Le service des lignes 7, 8 et 6 est remplacé par des bus, qui circulent dans des rues étroites, subitement devenues bruyantes par le passage d’une circulation qui ne supporte par les contrariétés. L’Adriano’s est un havre de paix, les trams ne font plus trembles les banquettes. Le brouillard se lève lentement. Tout à l’heure, l’avion d’Helvetic avait enclenché ses phares anticollision pour se poser à Belp-Berne. Les habitués de l’Adriano’s Bar lisent la presse dominicale. La NZZ am Sonntag livre un article sur les animaux sauvages qui envahissent les villes. Une photographie montre un coyote avachi sur le siège d’un wagon de métro à Chicago. Incapable de présenter un titre valable lors d’un contrôle inopiné, il sera renvoyé dans ses campagnes ! Le Temps daté de samedi rend hommage à Henri Bauchau, l’auteur de l’Enfant bleu, qui meurt à l’aube de ses 100 ans. Le haut-parleur situé au-dessus de la machine à café diffuse des chansons de Paolo Conte. La musique jazzy évoque la teinte automnale qui développe ses miasmes sur la ville fédérale.
L’Été, le bel été est déjà oublié. Une poignée de rêveurs prolongent son existence par quelques artifices de théâtre. Les tenues estivales ont été jetées en pâture aux mites et les élégantes s’affichent dans des robes mi-saison déclinées dans des camaïeux de brun. La piscine en plein air de Wyler fermera ses portes en fin d’après-midi jusqu’au 27 avril 2013. La journée, belle et chaude, est prétexte à une dernière brasse dans l’eau à 19 degrés, en compagnie des fidèles du bassin de 50 mètres. Ce soir, les chancelleries cantonales commenteront les résultats du scrutin de cette fin de semaine. Au plan fédéral, le peuple se prononçait sur la fumée en extérieur, la musique pour les jeunes et la taxation des vieux. Chaque canton avait ensuite des propositions à soumettre, de même que les communes. On pourra continuer à fumer de manière passive, les vieux se serreront la ceinture mais les jeunes seront encouragés à faire de la musique, tel est le verdict des urnes.
Adriano’s Bar, 23 septembre 2012
Cher Jim,
Je vais quitter la ville que le Rhône divise en rive gauche et rive droite. Peut-être pourrions-nous improviser une rencontre aux abords de l'île Rousseau. L'île était aux dernières nouvelles fermée pour cause de travaux.
Je vais quitter la Cité de Calvin trente cinq ans après y avoir posé ma valise un matin de juillet à la veille de mes vingt ans.
Envoie-moi un texto signé, ton Numéro de téléphone semble obsolète, au 079 39...
Ne tarde pas je pars dans quelques jours.
Adieu donc
enfant de mon coeur
JeanJacques1957
Le brouillard imperméable empêche le soleil de rayonner.
Sous ce couvercle nuageux les décors se déclinent en gris et blanc. Un froid humide saisi les voyageurs agglutinés aux arrêts de tramways. Patiemment, ils attendent l'arrivée du serpent d'acier à roulettes. L'intérieur du monstre est chaud. Pendant le trajet, les usagers de ce transport public communiquent avec le monde au moyen de tablettes numériques.
La bise virevolte devant le Zytglogge. Les trams et les bus s'entrecroisent, Les pantographes, avec habileté, évitent de s'égarer dans la salade de câbles. A Berne, les rendez-vous se donnent à la "Kabelsalat", au pied de la Tour de l'Horloge, ou devant le magasin Loeb. En face de la vénérable horloge, se blottit sous les arcades l'Adriano's, où en ce début de soirée automnale, quelques consommateurs languissent devant un Sekt ou une bière. Les deux ventilateurs fichés au plafond tournent mollement. A chaque entrée ou sortie, un bol d'air frais s'engouffre dans le bar. Quelques feuilles mortes poussées par les courants se glissent au pied des clients et boivent des capuccinos avec des chalumeaux géants.