Du côté de Wabern
Fruits de saison
Le spleen de Berne - Un automne somptueux
Le spleen de Berne - Jour de pluie
Jeudi 15 octobre 2015
Il pleut sur la Ville fédérale. L’automne s’enfonce dans l’oubli. La fin des temps approche. Cette période magique, où, le décor immobile attend la neige qui mettra un terme à cette mélancolie indicible de la nature. Facétieux, les flocons tombent parfois très tôt dans la saison, nous privant de ce moment de spleen propice à la composition de poèmes.
Lorsque la nostalgie de Vienne vous prend à la gorge, il faut s’installer au café Rathaus, connu aussi sous le nom de café Odeon. Le décor évoque les cafés de la ville des Habsbourg. L’espresso est de bonne tenue. Il ne reste plus qu’à se plonger dans la rêverie.
Le ciel est gris et bas. La pluie fine et froide tombe au ralenti. Une dame aux cheveux blancs passe sous les arcades. Elle pousse un déambulateur dernier modèle. Un parapluie fixé sur un tube en métal permet les promenades par temps de crachin. Le pépin gris est plié, les arcades protègent les passants des éclats de pluie. Ainsi donc, les déambulateurs deviennent de plus en plus modernes et les options nombreuses pour un confort de route.
La Kramgasse, rue centrale de la vieille ville, pavée, luit sous l’effet des gouttes de pluie amassées sur la chaussée. Ces gouttelettes visitent le quartier formant par-ci par-là de petites flaques.
Des touristes chinois remontent la rue en direction du Zytglogge, dans leur monde, protégés par des parapluies aux couleurs mornes, ils photographient le moindre centimètre carré de la rue.
Un haut-parleur distille des mélodies à la mode, à faible volume, dans la salle de l’Odeon. Un client quitte le café en récupérant son parapluie laissé près de la porte.
Il est temps de régler la consommation et de reprendre le cours de la vie.
Café Odeon/Rathaus
Berne, le 15.10.15
Balade automnale....
Les vacances scolaires s'achèvent, la ville fédérale grouille à nouveau. L'automne est somptueux. Le cognassier qui trône devant la maison voisine distribue ses derniers fruits. Les liquidambars se parent de couleurs magnifiques, le trottoir partagé par les piétons et les cyclistes est annoncé par une silhouette masculine sortie des années cinquante.
Dans la nuit tombante, le dîner rôtit sur la gazinière. Une gazinière dernier modèle avec un écran qui permet de coordonner l'heure avec l'horloge chronométrique de Neuchâtel... une gazinière qui permet de réussir des cuissons sans trop brûler les ingrédients. Une gazinière à ne pas mettre entre les mains d'enfants de moins de 1 an, ils pourraient l'avaler! Il est conseillé de ne pas introduire d'animaux vivants dans le four chauffé à 860 degrés. Une gazinière qui ronronne dans un coin de la cuisine. Ce soir, il y aura au menu des cèpes provenant d'un pays de l'Est. Le détecteur de dioxine est resté muet, ce qui serait un signe de bonne santé de ces cèpes achetés à Fribourg. Une offre promotionnelle d'enfer ne nous a pas fait hésiter. Trois tonnes de ces champignons, arrivées par poids lourds, croupissent à la cave. Pour accompagner cette mycologie, des rougets, un peu barbets, un peu de l'Isle, rôtis entiers dans de la graisse de coco.
L'heure des fantômes approche, il est temps d'aller dormir.
Champignons
Retour du marché
Mardi, c'est jour de marché dans la ville fédérale. Un mardi automnal avec un brouillard élévé tenace. C'est la dernière semaine de vacances scolaires et la capitale est calme. les étals ont pris des teintes en accord avec la saison. Les derniers légumes d'été s'effacent au profit des racines diverses, des choux...
Mes provisions de la semaine oscillent entre fin d'été et début d'hiver. Ce sont des légumes bio. 
Ci-dessus, les légumes d'un producteur/vendeur bio de Salavaux. En saison, un vaste choix de tomates attirent une foule d'amateurs. Chaque année, début août, ce producteur organise une fête de la tomate dans son domaine agricol. Selon la rumeur, on y danse jusqu'à pas d'heure, après avoir dégusté moult variété de tomates...
Ci-dessous, des légumes bio également, proposés par un des quatre marchands bio installés sur la Place fédérale.
Belp
Dimanche, 27 septembre 2015
Un classique de nos balades du dimanche: la balade de l'aéroport...
Le départ se fait au terminus du tram 9 à Wabern, et, par les routes de campagne la balade s'achève à l'aéroport de Belp-Bern. Un aéroport de campagne accessible par des routes cahotantes.
Les cerisiers sont en attente de perte de feuillage, les vaches paissent tranquillement en regardant les promeneurs.
Un bruit déchire le silence, c'est un Fokker-100 d'Helvetic, avion bruyant de la fin des années 1980. C'est le vol pour Calvi qui décolle. Devant les fermes, les paysans vendent des fruits et légumes. Disposés sur des tables, les produits sont choisis par le client qui dépose la monnaie dans une boîte. Dans les campagnes bernoises on trouve beaucoup de vente directe gérée par l'honnêteté des acheteurs. Fruits, légumes, œufs ou fleurs sont disponibles. Le paysan passe de temps à autre relever la caisse.
Un embraer d’Helvetic, avion très silencieux, se prépare au décollage. Il gagnera Palma à Majorque. Nous sommes en pleine vacances scolaires d’automne et les trois guichets d’enregistrement sont pris d’assaut. Cette agitation portuaire laissent indifférents les magnifiques noyer qui s’épanouissent dans le champ proche de la piste. Nous achetons des noix. Elles sont encore fraîches. Les voyageurs qui débarquent à Belp-Bern, sont surpris en passant la porte de sortie de se trouver en pleine campagne. Quelques taxis, un vague bus, une route guère plus large qu’une voiture, des champs avec des vaches…
Il est difficile de trouver une table de libre au minuscule café qui fait face aux portes d’embarquement. Une vitre sépare le monde des sédentaires de celui des voyageurs. Ici, pas d’interminables couloirs. Quelques mètres à parcourir du comptoir d’enregistrement à la porte de l’avion. Puis, l’aéronef disparaît entre les montagnes. Les pilotes sont concentrés, les approches finales se font soit sur la ville fédérale soit entre les montagnes.
Le retour, à pied, est salué par un timide soleil qui perce le brouillard.






























































