Été 14 - Coucher de soleil
Été 14 - Soirées d'été
Été 14 - Coucher de soleil...
Après plusieurs jours de nuages dans un ciel chagrin, ce soir, il est enfin permis de voir le fabuleux coucher de Phébus.
Installé dans la chambre à l'écritoire, on distingue au loin l'horizon barré par la chaîne du Jura. En ombre chinoise, l'imposante tour bardée d'antennes de télécommunication permet de situé Le Chasseral. Le soleil se glisse derrière les montagnes et embrase le ciel.
Le lieu du coucher se déplace au fil des jours. L'hiver, il faut sortir de la maison et se rendre à La Roseraie voisine pour jouir du spectacle.
Été 14 - Gare de Berne
Été 14 - Gare de Bâle
La gare de Bâle ressemble à une fourmilière. Les voyageurs s’infiltrent dans les moindres interstices du bâtiment construit en 1860. Des bagages à roulettes suivent sans mots dire leur propriétaire.
Le ciel est chargé de nuages noirs, belliqueux, prêt à en découdre dans de violents orages.
Un train de la DB Deutsche Bahn entre en gare. Il relie Berlin à Interlaken Ost. Un voyage sans fin, pour amateurs de voyages en chemin de fer avertis.
De la fenêtre du wagon-restaurant, avant que le train ne quitte la gare, il est possible de voir deux voyageurs sur le quai d’en face portant un téléviseur HD, 4D, 7 millions de pixels au millimètre carré, qui permettra de voir, confortablement installé dans un club, la série des gendarmes avec De Funès, films des années 1960, remastérisés, recolorés, avec une nouvelle bande sonore qui fait basculer les spectateurs dans la 5e dimension ! Ce confort technique ne modifie pas le temps de trajet de Berlin à Interlaken Ost. Il faut plus de 10 heures pour aller d’une ville à l’autre. Les deux voyageurs portant la merveille technologique s’engouffrent dans un train régional jadis nommé omnibus.
Dans le wagon-restaurant de la Deutsche Bahn, les consommateurs font des sudoku, boivent des grandes bières (c’est la seule compagnie qui sert des bières pression, on se demande bien pourquoi) ou des cafés servis dans des baignoires, certains tapotent sur leur tablette électronique. Un égaré noircit les pages d’un petit carnet aux pages lignées et à la couverture noire, un nostalgique des cahiers de molesquine.
Des bruits courent que les mines d’encre sont en voie d’assèchement !
Le train arrive à Berne. Il sera temps de descendre.

Été 14 - Le soleil...
Été 14 - Adriano's bar...
Il semble que l'Été, le bel été soit un peu distrait cette année et passe ses journées dissimulé derrière quelques bosquets de rosiers à lire des romans au lieu de se pavaner et d'offrir ses splendeurs estivales. La pluie et les orages s'emparent de la place vacante et les foudres de Vulcain accompagnées de pluies nourries sont notre ordinaire.
Il n'y a plus qu'à se réfugier, jusque tard dans la soirée, à l'Adriano's bar pour se réchauffer d'un doppio Malabar et lire la presse.
Les nouvelles ne sont pas bonnes. L'été 14 ressemble à un autre été 14. En juin 1914, on tirait sur les passagers d'une voiture à Sarajevo, en juillet 2014, on tire sur un Boeing dans le ciel d'Ukraine...
Les deux ventilateurs fixés au plafond du bar sont à l'arrêt. Ces jours, il n'y a pas de chaleur à disperser. La musique qui s'échappe du haut-parleur, situé au-dessus de la machine à café, est du rock pur et dur. Le volume est au maximum, les tympans souffrent.
Le festival du Gurten qui se déroulait sur la montagne éponyme, chère aux Bernois, fêtait cette année ses 30 ans (ICI)
La nuit va bientôt envahir la ville verte, il est temps de rentrer...
Berne, le 20.07.14

























