El jueves
La une de la revue el jueves a été censurée... Crime de lèse-majesté...
Deux entrefilets parus dans "20 minutes Lausanne" (photo de gauche) et "Le Temps" (photo de droite) évoquent les aventures culinaires de l'ours M25. Tandis que l'ours M25 vit sa vie de plantigrade, les hommes songent que cet animal dérange l'ordre instauré par les humains.
En dévorant allègrement ânes et moutons, l'ours ne sait pas qu'il hypothèque sa vie. La décision des hommes tombera un jour ou l'autre, l'ours devra être tué. Il est évident que l'ours n'a pas bien lu son contrat. C'est lui qui doit respecter les multiples règlements crées par l’homme et non l’homme qui doit s’adapter aux mœurs de l’animal…
Un décret tombera, si M25 continue de vivre sa vie d’ours, autorisant l’abattage de l’animal !
L’homme est con et restera con.
Avec une régularité de métronome dans ses cycles, la lune pleine, tous les 29,53059 jours, accouche d'étoiles multicolores. Elle se dissimule ensuite derrière un paravent chinois. Elle retrouve, à l'abri des regards, des comètes de passage dont elle s'est entichée...
D'une petite radio portative posée sur le bord de la fenêtre, Catherine Sauvage égrène la chanson de Boris Vian, "Alabama song". "Oh lune de l'Alabama..."
Le sable du désert du Sahara, soulevé par le vent, est parti en voyage, tourbillonnant au-dessus d'une partie de l'Europe. Le ciel a pris une teinte jaunâtre, composant un décor suréaliste. Les grains de sable en tombant, à mille lieux de leur habitat, ont encrassé les filtres des appareils de mesure des particules fines. Cette immigation de masse est incontôlable... Bientôt des dunes agrémenteront nos paysages...

Photo: Météo Suisse, "la station météorologique de la Dôle".

Toute mon enfance télévisuelle... Elle avait également chanté dans l'orchestre de Jacques Hélian. Voir: http://www.rts.ch/info/regions/5730969-l-ancienne-speakerine-de-la-tsr-claude-evelyne-est-decedee.html
Extrait du télétexte "RTS Un TXT" du 30.03.14
La cloche du Zytglogge est frappée neuf fois. Le thermomètre indique une température extérieure de moins dix degrés. Quelques nuages grelottants zèbrent un ciel bleu-gris. L’Adriano’s Bar tourne au ralenti, ambiance des lundis matin. Un air de violon envahit l’espace, il est diffusé depuis le haut-parleur situé au-dessus de la machine à café. La fleuriste, sous les arcades, en face du bar, a écrit sur la grande ardoise réservée d’ordinaire aux offres du jour, que les fleurs frileuses restaient au chaud, dans la boutique, au sous-sol. Aujourd’hui s’ouvre à Dubaï les sessions de l’Union internationale des télécommunications (UIT), qui dureront jusqu’au 13 décembre. Il s’agira de réviser le règlement des télécommunications internationales (RTI). La pression de certains membres, la Russie, la Chine, fait que l’UIT pourrait s’intéresser à la gestion d’Internet : l’adressage pour les noms de domaine, le filtrage, voire la censure. Affaire à suivre de près. Le journal le Temps daté du 3 décembre évoque cette conférence dans sa chronique « Court-circuit ». Plus tard, dans la journée, il neigera sur la Ville fédérale. A la tombée de la nuit, quand la circulation s’intensifie, l’amas des flocons provoquera des bouchons. Plus tard, dans le milieu de la nuit, alors que le mercure remontera dans son tube de verre, la neige se transformera en pluie. A Ostring, le salon de l’appartement des chauves-souris est désert. Le téléviseur est allumé. Sur l’écran, des images aux couleurs délavées racontent l’histoire de Claude et Georges. Une histoire triste et mélancolique. Une histoire d’amour qui sera brisée par la mort précoce de Georges. L’engagement politique de ce dernier contraignit le couple à louvoyer entre protocole et obligations pour continuer à assouvir leur passion pour l’art moderne. Locataires à l’Elysée, ils ont scandalisé le petit monde politique en faisant entrer dans le palais de la Pompadour un décor contemporain. Le film s’achève à Beaubourg, en 2007, Claude, seule, quelques semaines avant sa mort, visite une exposition dans le Centre national d’art et de culture voulu par son mari.
Publié le 12/12/2011 à 06:00 Journal Le Progrès
L’année 2011 restera empreinte de tristesse dans les annales des gourmands et gourmets de la région. Elle aura en effet vu s’achever l’histoire de l’Hostellerie Placide, à Tence. Véritable institution, l’établissement appartenait à la richesse patrimoniale du Haut-Lignon : en quatre générations, l’enseigne s’était mitonnée une fameuse réputation avec ses maîtres successifs qui perpétuaient l’âme de la maison, un souffle indissociable de son fameux « pain d’écrevisse ». Ce n’est plus aujourd’hui qu’un délicieux souvenir.
Il faut remonter à l’an 1900, date de la création de l’Hôtel Chol, près de la gare. Tandis que son mari assurait, en diligence, le va-et-vient des voyageurs du train à vapeur, Antoinette, la maîtresse du logis, se tenait aux fourneaux et accommodait les plats : c’est elle qui imagina la recette du fameux « pain d’écrevisses ». La réputation de l’auberge de la route d’Annonay avait dépassé largement les frontières, puisqu’à cette époque, des clients séjournaient plusieurs mois, venus des colonies comme l’Indochine ou l’Afrique du Nord.
L’établissement connaissait un nouvel essor avec le mariage, en 1920, d’une fille de la maison, Marinette, avec un Yssingelais, Armand Placide (lire par ailleurs). L’hôtellerie agrandie devint le Grand Hôtel Placide. Puis l’Hostellerie Placide subit encore des transformations avec le fils Placide, Jean, et son épouse Simone. Solidement enracinés sur les bords du Lignon, ils en avaient fait un havre de paix et de succulence culinaire. Ils avaient enrichi l’esprit d’une étape, d’un logis qui puisait ses inspirations dans la large palette de produits qu’offrait la région : avec des recettes riches en saveur et en authenticité qui pouvaient se décliner à l’infini et avec beaucoup d’émotion. Celle que l’on partage toujours avec plaisir autour d’une bonne table.
C’était, depuis toujours, une devise pour Pierre-Marie Placide qui avait grandi au milieu des casseroles et avait coiffé la toque des artisans du goût : depuis plus de vingt ans, il avait mis du relief à la bonne cuisine vellave. Mais les aléas de l’existence ne font pas toujours bon ménage avec la passion d’un métier.
Le journal Le Progrès