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Rêveries
lakevio
4 décembre 2017

Nuit 11/16 - Paris 1/5 - La marquise

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

Antoni Caba - Portrait de la marquise de Castellflorite - 1880

"Voici votre carte d'embarquement, sortie F16, siège 22a, embarquement à 12:30. Bon voyage".
Le secteur français de l'aéroport de Genève/Cointrin est minuscule. Les passagers patientent sur des chaises inconfortables. Un magasin de souvenirs, de journaux et de chocolat suisse permet d'écouler les devises restantes avant de s'envoler. Un vague restaurant propose des boissons et quelques nourritures, hors de prix. On règle en € ou en CHF.
Le tableau affichant le départ des vols est clair, c'est la pagaille.
Départ retardé de 30 mn, en raison de l'arrivée tardive de l'avion..! 
La prochaine fois, on ira à pied, comme Rousseau.

La salle de bain ressemble à un sauna, la marquise aime les bains très chaud. Elle paresse depuis une heure dans la mousse aux effluves de verveine.

Le téléphone couine, un messager apporte des nouvelles par TEXTO "Le départ du vol AF1743 est maintenant prévu à 13:45 le 04/12. Merci de respecter l'heure limite d'enregistrement initiale indiquée sur la carte d'embarquement".
Des toiles d'araignées se forment entre les sièges de la salle d'attente et les passagers. Un concierge époussette tous les quart d'heure ces méfaits provoqué par l'engorgement du ciel. 

Hortense, la bonne à tout faire, habille, parfume et coiffe la marquise. C'est lundi, jour de réception. La marquise reçoit de 5 à 7. 

Trois petites notes de musique puis une voix masculine, enjoué et encourageante annonce que le vol AF1743 décollera à 13:50.
Une jeune femme se ronge les ongles, elle ne trouve pas de fumoir et le temps d'attente de sa correspondance  à CDG, pour La Havane, fond comme neige au soleil.


La marquise ne prend jamais l'avion, ni le bateau. Elle commande, pour aller vagabonder, des Uber, c'est si émoustillant.


13:00, secteur français de l'aéroport de Genève/Cointrin, l'encéphalogramme est plat.


La marquise déjeune. Hortense lui a préparé des pieds de porc au madère. La marotte du moment avec les carottes Vichy et le rösti au lardon. Pour le dessert elle dévore une Sacher XXL, envoyée de chez Demel, café/pâtisserie situé à deux pas de la Hofburg à Vienne. Le meilleure moment de la journée, pour aller chez Demel, c'est le matin vers 10:00. La foule dort encore. Commander un café et un morceau d'Apfelstrudel, c'est un moment de grâce avant d'entamer une journée viennoise.  Le lyonais, le tourangeau et même le parisien ignore le Gemütlichkeit qui se pratique de Vienne à Berlin en passant par la Ville fédérale.


"PNC, décollage dans une minute"
Le vol AF1743 décolle avec son lot de passagers entassés,  6 par rangée dans un Airbus A318 d'Air France. L'avion survole le Léman avant de faire un virage, de passer au-dessus de la Dôle et de disparaitre à l'horizon. Les sommets jurassiens sont enneigés.
Des sandwichs au fromage de brebis et poivronade et des boissons chaudes, thé ou café, sont servis  à bord. Deux hôtesses de l'air en font la distribution. 


La marquise habite au  132 Boulevard Richard-Lenoir, dans le 11e à Paris. La cuisine, et, en enfilade, la salle à manger, le salon de musique et la bibliothèque occupent le rez-de-chaussée.  Le lundi de réception, le valet de pied ouvre les cloisons pour former un grand salon. les chambres sont à l'étage.


"Charles!", s'écrie la marquise.
Malgré un espace aérien surchargé, le tapis des bagages en panne, un RER B bondé, Charles arrive à temps pour un baise main conventionnel. 
La marquise est vêtue d'une robe bleue, assortie au papier peint de la cage d'escalier.
La marquise et Charles s'éclipsent pour un 5 à 7 en tête à tête dans un pied à terre avec terrasse, situé dans une impasse du 11e. 


Dans le murmure des conversations une bouche de ténor,  remplie de petits four, lance "Et la Marquise?" Une basse, se gargarisant au Dom Perignon 1966, répond "La marquise sortit à cinq heures"." Paul Valéry" ajouta Jim, qui ne manquait aucun goûter dînatoire concocté par la marquise et qui louchait sur le béluga. "Phrase attribuée au poète par André Breton" rectifia Miss Marpel qui avait accaparé le plat d'ortolans, spécialité prisée par Napoléon III, Alexandre Dumas et F.M."mais, il y a des doutes..." pensa Anne, trop absorbée à décortiquer un homard bleu, pour parler à voix haute.
La pendule marque 18:55 et le valet de pied commence à évacuer les invités, avec gentillesse et fermeté. Le buffet est dévasté, les cadavres de Dom Perignon 1966, s'entassent dans les rafraîchissoirs. 


Il fait froid, le ciel est couvert, on entend au loin les avion qui décollent. C''est l'hiver. Rousseau arrive aux portes de Paris.

 

"La marquise sortit à cinq heures"...

phrase attribuée par André Breton à Paul Valéry, mais, il y a des doutes...

 

Devoir-Jeu Numéro 4 !

Il s'agit d'étoffer cette simple phrase pour en faire... toute une histoire !

27 novembre 2017

Nuit 4/16 - Les jaunes du Doubs

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

A partir du tableau proposé, écrire un texte  en prose ou un poème en plaçant judicieusement les dix mots de la liste suivante que vous mettrez en gras dans votre texte. (Comme vous êtes doués, j'ai ajouté deux mots à la liste , ce qui est plus conforme au vrai jeu des Papous dans la Tête, émission diffusée le samedi soir de 20h à 21h sur France-Culture ou en podcast quand vous voulez ou presque !)

soierie

excellent

éliminer

explication

tranchant

éclaireur

douceâtre

dominer

effet

hostile

Il n'est pas permis de changer l'orthographe des mots. Impossible donc de les accorder ou de conjuguer les verbes. je vous conseille de copier-coller la liste avant la composition de votre texte. Mettez en gras ou soulignez les mots utilisés dans votre texte.


Le marché du samedi, Berne

Les chalands sont clairsemés au marché ce samedi matin. Il pleut averse. L'horloge du Zytglogge sonne neuf heures.
C'est dans un mélange de dialecte bernois et de français qu'une botte de carottes, des jaunes du Doubs, parfois étiquetées longues jaunes du Doubs, une variété au goût DOUCEÂTRE, passe de l'étal du marchand au cabas du client. Il règle ses achats et quitte la Place Fédérale abrité sous un parapluie noir. Les fanes de carottes dépassent du sac.

 

CAC* Voltaire, Genève

À la salle Michel Simon, le dernier quarteron de cinéphile, regarde un florilège du Ciné-Journal suisse. En 1940, au début de la guerre, le Conseil fédéral reçoit les pleins pouvoirs. C'est à la demande de celui-ci que le Ciné-Journal suisse est crée. Il présentait, avant chaque séance de cinéma, un résumé des événements de la semaine. Il a perduré, après la guerre, jusqu'en 1975, devenant à partir de 1973, un magazine avec un sujet unique. Un EFFET, parmi tant d'autres, de l'emprise rapide de la télévision explique l'abrupte disparition du Ciné-Journal suisse.
Les spectateurs sont figés devant une séquence saisissante:
"Pour lutter contre la faim dans le monde, des savants suisses ont manipulé génétiquement la carotte jaune du Doubs pour la rendre géante. Une seule apiacée pourra nourrir des centaines de personnes. Pour extraire cette géante de 15 m de haut et de 18 tonnes, des grues spéciales, dites les arracheuses de carottes, seront construites". Le speaker débite son texte d'une voix monocorde. "La communauté scientifique internationale est HOSTILE à ces manipulations. Les effets secondaires dus à une absorption massive de carottes jaunes du Doubs ne sont pas connus. La peau risque de devenir jaune, préviennent les scientifiques. Cette EXPLICATION est balayée d'un revers de la main par les créateurs de ces géantes alimentaires. Il suffira d'ÉLIMINER la pelure avec le TRANCHANT d'un couteau suisse et la carotte sera un EXCELLENT nutriment."
Le mot fin s'inscrit sur l'écran, les lumières s'allument et les spectateurs disparaissent dans la grisaille pluvieuse de cet fin d'après-midi dominicale de novembre agonisant.

*Centre d'Annimation Cinématographique

 

"-Quoi de neuf docteur?"

Bugs Bunny, appuyé à la barrière du jardin croque dans une carotte. Il est en ÉCLAIREUR pour inspecter les lieux.
Un carré de carottes, sans doute des jaunes du Doubs, lui font de l'oeil.
La télévision hurle. Et, juste au moment du suspens, quand le canon du fusil du jardinier est braqué sur Bugs Bunny, la main d'une ménagère de moins de 40 ans change de chaîne. Un échange de balles, une montée au filet, indiquent qu'une partie de tennis se déroule quelque part sur la planète Terre. Le commentateur, flanqué d'un consultant, indique aux téléspectateurs qui rejoignent la chaîne "Rien que du sport, tout sport 24/24", que Roger semble DOMINER la partie.

 

Vernissage

Noyée dans la SOIERIE orange, la galerie de Lakevio, va ouvrir dans quelques instants. Des flûtes attendent des bulles, des carottes râpées patientent dans des saladiers en cristal de Bohême. La grande prêtresse de l'art brut nouveau, Miranda López de la Fabada (MLF), va ensorceler ses admirateurs avec sa nouvelle installation: "La carotte de A à C".
La galerie est transformée en long couloir revêtu de tissus en soie orange avec des motifs de carottes imprimés. Tout au fond de la galerie, un tableau, un seul, de dimension modeste, 10 cm sur 10 cm, "La jaune du Doubs",  signé MLF, participe au clou de ce spectacle. Miranda est aux anges, les critiques ont déjà écrit des papiers dithyrambiques qui satureront les réseaux sociaux. Le vernissage est prévu ce lundi 27 novembre à 22:15.

 

Nous interrompons la diffusion de ce programme, pour annoncer, qu'en début de soirée une partie de la vieille ville de Berne à disparu sous une botte de carottes géantes. Selon la police, un quidam a eu l'imprudence d'acheter samedi, au marché, des jaunes du Doubs. Il a déposé la botte de ces légumes dans son frigo. Manipulées génétiquement dans les années 50, la jaune du Doubs ne supporte pas la fraîcheur et se transforme en monstre. L'Adriano's bar n'a pas été touché!

 

20 novembre 2017

Des nouvelles d'Afrique

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

Troisième jeu  : la lettre

L'un des personnages écrit une lettre de voyage... avant lundi !


Chère Lakevio,

Dans la cuisine, une odeur de café plane. Sur les touches de l'ordinateur, je voulais taper "le devoir du lundi". Dehors, un paquebot sous pression attendait mon signal pour appareiller.Sur le pont, Paul et Virginie installés sur des chaises en acajou bavardaient en buvant des coupes de champagne. Ils partent pour Hong Kong.
Sur l'écran de l'ordinateur, un message entrant attire mon attention. Ce ne sont pas les prévisions météorologiques pour la croisière. Le message arrive du Tchad. Mon ami tchadien m'envoie quelques nouvelles.Le message parle de la Journée internationale des droits de l'enfant. Il contient quelques nouvelles. Mon ami écrit que pour cette journée des droits de l'enfant, il a servi aux siens une grosse boule de manioc accompagnée de sauce rouge et comme boisson du coca cola. Le message se termine par des salutations.
Je regarde la cuisine,un évier avec eau chaude et froide, une gazinière avec four, quelques appareils ménagers, un frigo avec compartiment de congélation, l'électricité et le chauffage.
Là-bas, dans le village au Tchad, un puit a été creusé, il y a quelques mois, par une ONG espagnole, cela évite des heures de marche pour aller, chaque jours, chercher de l'eau. Il n'y a pas d'électricité et le soir, les anciens racontent des contes et des légendes au cours de la veillée, parfois au clair de lune. Les journées se déroulent aux champs, et souvent, la pluie qui tarde à tomber, est le sujet des conversations.
Sur le paquebot qui emmène Paul et Virginie, le clair de lune éclaire le pont...
Finalement, j'ai laissé filé le paquebot et j'ai refermé le brouillon de mon devoir du lundi.
Un jour je vous raconterai, chère Lakevio, l'extraordinaire périple à travers l'Afrique de mon ami.
Le café est froid dans la tasse, je suis songeur. Là-bas, l'important c'est un puits, la pluie; ici, un Iphone X, du soleil et un 4X4...
Paul et Virginie arriveront à Hong Kong si un jour je reprends le brouillon de cette histoire, une histoire de lettre et de voyage.
Je rêvasse à un périple au Tchad, remis plusieurs fois. Je bois mon café froid et je regagne ma cabine. Le bateau de ligne file en direction du canal de Suez. Dans 80 jours j'aurai fait le tour du monde.
Recevez, chère Lakevio, mes salutations les meilleures.

Jean-Jacques'60

Au large de Chypre
Lundi, 20 novembre 2017

6 novembre 2017

La lettre

 

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)
Sally Storch - A la fenêtre

 

 Sur cette image belle comme du Hopper, je vous propose le

Jeu des Papous N°1
1) Commencez impérativement votre texte par la phrase suivante : "Je suis née à quatre heures du matin, le 9 janvier 1908, dans une chambre aux meubles laqués de blanc, qui donnait sur le boulevard Raspail." (emprunt à Simone, jeune fille rangée.)

2) Terminez impérativement votre texte par la phrase suivante : "Je vais laisser pousser ma moustache, décida-t-il" (emprunt à Jean-Paul, celui qui écrit sur le mur.)

Entre les deux, casez ce que vous voulez !

 

"Je suis née à quatre heures du matin, le 9 janvier 1908, dans une chambre aux meubles laqués de blanc, qui donnait sur le boulevard Raspail." Si elle avait eu le don de la parole, la pendule, posée sur la coiffeuse Charles X, aurait raconté ses premiers battements de cette façon, devant les caméras d'une télé-réalité.
Selon la légende, qui perdure depuis plus de 100 ans, mon arrière grand-père maternel, horloger paysan dans les montagnes neuchâteloises, donnait vie à son chef-d'oeuvre, une pendule rococo, à la minute même où son fils, mon grand-père, prenait connaissance du monde.
La veille du 9 janvier 1908, mon arrière grand-mère, seule dans la ferme familiale, avait fait venir une sage-femme. La ferme bâtie sur les hauteurs, surplombait la ville de La Chaux-de-Fonds. Les hivers, en ce début du XXe siècle étaient rigoureux.
Mon aïeul, faisait partie des derniers paysans horlogers. Au mitant des années 1800, nombreux étaient les paysans des Franches-Montagnes et des Montagnes neuchâteloises qui exerçaient le métier d'horloger l'hiver. L'habileté de mon arrière grand-père et un concours de circonstances fit qu'il passa l'hiver 1907 - 1908 à Paris et qu'il mit au point une pendule extraordinaire commandée par le comédien Lucien Guitry.
En été 1914, la pendule est retournée à La Chaux-de-Fonds, chez son créateur, pour une grande révision. La Grande guerre déclarée en août fit que la pendule ne repartit jamais pour Paris.

Romain Rolland note dans son journal: "Vevey, Hôtel Mooser
31 juillet 1914. 3 H. 30. un télégramme du Conseil fédéral affiché à la gare de Vevey annonce "la mobilisation complète en Russie et l'état de guerre proclamé en Allemagne". C'est un des plus beaux jours de l'année, un soir merveilleux. Les montagnes flottent dans une légère brume lumineuse et bleutée; le clair de lune répand sur le lac une coulée d'or rouge qui part de la côte savoisienne entre Bouveret et Saint-Gingolph et va jusqu'à Vevey. L'air est délicieux, le parfum des glycines flotte dans la nuit; et les étoiles brillent d'un éclat si pur! C'est dans cette paix divine et cette tendre beauté que les peuples d'Europe commencent le grand égorgement."

Ma chère Élise,
Ce long préambule, un peu ennuyeux, était nécessaire pour expliquer la présence de la pendule de mon arrière grand-père dans mon salon. Il manque un chaînon, c'est un héritage de ma mère. Mon fils Jonathan en héritera à son tour.
La pendule rococo rythme depuis peu la vie de notre logement.
Ce matin, en ouvrant les volets, j'ai découvert un décor de neige sur les hauteurs du Raimeux. Il fait froid à Corcelles. Les cheminées du village ne chôment pas. Les chats ronronnent près du poêle. Sur l'électrophone passe un 45 tours de 1965, "Leaving Here" par les Birds, rock/rhythm and blues.
J'ai reçu, il y a une quinzaine de jours, par l'intermédiaire de la galerie Lakevio, le tableau que tu m'as offert pour mes 60 ans. Un immense merci. C'est un peu de ville au village. Je ne partage pas l'avis de Jeanne qui dit que c'est comme du Hooper. Cette toile de Sally Storch, intitulée "A la fenêtre", à des couleurs chaudes et il se dégage un bien-être et une quiétude à l'opposé des inquiétudes et de la solitude que suggèrent les tableaux de Hooper. Note que les toiles d'Edgar me passionnent. Nous auront de quoi causer pendant les soirées d'hiver, Jeanne et moi.
Nous entrons dans l'hiver et toi, tu va vivre ton 25e été austral. Le village a bien changé depuis ton départ pour Sydney!
Te décideras-tu un jour à faire le voyage de Corcelles?
Comme d'habitude, ma lettre est décousue.
Je t'embrasse, ma Chère cousine.

Paul

Corcelles, le 6 novembre 2017

P.-S. On distingue, sur la toile de Sally Storch, un livre ouvert posé sur le lit. Armé d'une loupe j'ai pu déchiffré quelques mots. Voici ce que j'ai lu: "Je vais laisser pousser ma moustache, décida-t-il."

 

"LEAVING HERE" THE BIRDS DECCA 45 F 12140 P 1965 UK

 

 

23 octobre 2017

Perdus dans l'espace

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)
Francis Coates Jones 52
Francis Coates-Jones

Jeu des Papous N°2

A partir du tableau proposé, écrire un texte  en prose ou un poème en plaçant judicieusement les huit mots de la liste suivante que vous mettrez en gras dans votre texte.

dictionnaire

pianiste

hortensia

bouée

affreux

mordant

pénible

éclairer

Il n'est pas permis de changer l'orthographe des mots. Impossible donc de les accorder ou de conjuguer les verbes. je vous conseille de copier-coller la liste avant la composition de votre texte.

La tour
À gauche de l'entrée, un fleuriste occupe un espace rectangulaire avec une grande vitrine donnant sur le canal. On peut y voir une fillette de cinq ans qui confectionne des bouquets. Assise sur un tabouret, du matin au soir, elle assortit des fleurs par tailles, couleurs ou cultivars. À droite de l'entrée, la loge du concierge occupe un même espace rectangulaire que le vendeur de fleurs. À longueur de journée, il écluse des cafés. Parfois, armé d'un balai, il tente de déloger une araignée. Si on lève les yeux, en se plantant en retrait de l'entrée, près du canal, on ne voit pas le sommet de la tour, perdu dans les brumes matinales. "Une vraie Tour de Babel" a coutume de dire le concierge aux nouveaux arrivants.
Chaque soir, des milliers de bougies, réparties sur la façade nord, sont allumées pour ÉCLAIRER le voisinage. C'est la femme du concierge qui effectue ce travail PÉNIBLE. Elle s'y met à partir de midi.
Chaque soir, armé d'une paire de jumelles, le propriétaire de la "Donald Tower", scrute chaque centimètre carré de l'édifice. La moindre bougie manquante fait l'objet d'une déduction sur le salaire du concierge.
En passant dans les coursives, on peut entendre au sixième étage, en collant une oreille indiscrète contre la porte de l'appartement no 25bis, une PIANISTE massacrant un pianoforte. Distraite, elle a posé sur le lutrin de son accompagnatrice, la célèbre violoniste Anne Sophie, un DICTIONNAIRE ouvert à la page pizzicato.
A chaque étage une BOUÉE est suspendue à un croc de boucher. En cas de naufrage financier de l'édifice, on peut se jeter à l'eau.
Allo? Allo Ween? Ici Trouille!
Le téléphone sonne dans la boutique du fleuriste, tirant la fillette, qui prépare des bouquets du matin au soir, hors de ses pensées philosopolitiques. Elle tourne et retourne, dans sa tête de linotte, une question que bien des enfants de son âge se posent: faut-il célébrer le cinquantenaire de mai 1968? La fillette, indécise au sujet de mai 68, décroche le combiné. C'est la vieille du 155e étage qui crie dans l'appareil. Il faut lui livrer dare-dare 12 baccaras. La conversation est difficile. La vieille est sourde et son téléviseur est à fond. On entend des brides d'AFFREUX, sales et méchants, le film de Scola qui a remporté le Prix de la mise en scène lors de la 29e édition du festival de Cannes.
Dans cette tour dont le sommet se perd dans les brumes d'automne, le cimetière occupe le 172e et le 173e étages. Un HORTENSIA bleu en indique l'entrée. On peut louer une concession pour 10, 20, 50 ou 100 ans. Les tarifs sont sur demande. La mort, ça n'a pas de prix.
Le concierge, entre deux cafés, balaie dans les étages. Il ramasse un rectangle de papier. Ce rectangle évoque le fleuriste, installé 300 m plus bas. Une fillette de cinq ans y est injustement exploitée. Du matin au soir elle prépare des bouquets pour un revenu dérisoire. Elle n'est ni chinoise ni hindoue. Sur le rectangle de papier le mot MORDANT est écrit à la mine de plomb. Le concierge tourne et retourne ce petit papier. Il hausse les épaules et jette dans le dévaloir ce bout de billet. Imaginez l'effet sonore lorsque l'ivrogne du 201e étage se défait de ses cadavres, résultat d'une semaine de soulographie, jetés un à un dans un tube de plus de 300 m de haut, à minuit et une minute un 31 octobre. Les locataires frissonnent. Une pétition circule depuis 10 ans pour la fermeture du dévaloir. Elle est actuellement bloquée au 75e étage chez un analphabète.
Le 32 octobre au matin, les chenapans du quartier, aidés de quelques chats ont branché la tour à leur compteur à rebours. Ils écoutent, dans leur cabane, du jazz sur un petit poste à galène. Ils captent Heure-Bleue FM, une radio pirate qui émet depuis la Butte.
5,4,3,2,1, go... Un tremblement ressenti à quinze kilomètres à la ronde réveille tout le monde. La Tour de Babel, comme la nomme le concierge, décolle. Dix fois plus grosse qu'une Saturne V, ces fusées qui emmenaient, au siècle passé, des humains et une jeep sur la Lune, la tour, en décollant, provoque un tsunami sur le canal. "Encore un coup des chenapans", grommelle l'éclusier!
La tour devient invisible pour l'oeil nu. L'immense flamme sortant de la tuyère a brûlé deux hectares de forêt. Des Canadairs tentent de circonscrire cet incendie. Le silence s'est installé. On entend la pie voleuse. Soudain dans la cabane des gamins, un haut parleur grésille et on entend la voix calme de Jack: "Houston, we have a problem".

16 octobre 2017

Synopsis*

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)
robert kenton_nelson_waitingforachange
Robert Kenton-Nelson

Un coup de sifflet, des huées, le joueur No14 à terre, un carton rouge tenu à bout de bras par un arbitre.
Un coup de frein, des pneus qui crisse sur le tarmacadam, feu rouge, freinage brutal, 15 voitures s'empilent les unes contre les autres, compression, un nouveau César est né.
Direct dans trois minutes, projecteurs, micros, 3,2,1, le rouge est mis, moteur.
Arène, paso doble, banderilles, le torero git dans une mare de sang, le taureau à gagné.

"Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit."**

*Dans l'industrie cinématographique, ce terme désigne le résumé condensé d'un scénario.
**Extrait du poème "Le dormeur du val" d'Arthur Rimbaud

Jacques Brel Concert 1964 03 Les Toros video Concert

 

2 octobre 2017

L'offre et la demande, jusqu'à saturation...

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

Parfois, comme cette-fois-ci, il y a une consigne supplémentaire:

Jeu des Papous

1) Commencez impérativement votre texte par la phrase suivante : "Ça a débuté comme ça." (emprunt à Louis-Ferdinand, qui voyage au bout de la nuit.)

2) Terminez impérativement votre texte par la phrase suivante : "En fait, Madame Polant déléguée par la famille avait seule suivi le corbillard." (emprunt à Maurice des Grandes familles.)

Entre les deux, casez ce que vous voulez !

°°°°°°°°°°°°°°°°°

Ça a débuté comme ça. Le père Maxime, béret vissé sur la tête, vêtu d'un costume aux couleurs indéfinissables, s'est penché vers la vitrine pour regarder un éclair au chocolat. Il en avait envie. Il soupira, réfléchit, il regarda longuement la pâtisserie et se décida. Il franchit la porte de la boulangerie-pâtisserie. La patronne fut surprise de voir le père Maxime dans son magasin. On chuchotait, dans le village, qu'il dormait sur un magot et que son porte-monnaie avait des toiles d'araignée.
-C'est un pingre et un grippe-sou disait de lui Martha, une parente éloignée.
-Bonjour, monsieur...
-Bonjour, bonjour, je voudrais l'éclair au chocolat qui est dans la vitrine.
La patronne mit la pâtisserie dans un petit carton. Elle encaissa, le père Maxime salua et sortit.
Le lendemain il restait une tartelette aux framboises. Il salua et emporta la fine pâtisserie. Personne, dans le village ne se souvenait l'avoir vu faire des dépenses, encore moins pour des sucreries.
Le troisième jour, il restait un diplomate et un baba au rhum. Le père Maxime salua prestement en emportant son butin.
Le village commença à jaser. Que se passait-il?
On interrogea Martha, sa proche parente. Elle criait à qui voulait l'entendre:
-Balivernes que tout cela. C'est un pingre et un grippe-sou.
Au fil des jours les pâtisseries se mirent à fourmiller dans la vitrine. Il prenait tout.
Les semaines passèrent et l'on vit le père Maxime à l'étroit dans son costume aux couleurs indéfinissables.
Madame Polant, une autre parente, qui suivait tous les cortège funèbres, disait à voix basse:
-Si c'est pas malheureux de dilapider son patrimoine dans de la pâtisserie.
Madame Polant et Martha étaient les principales héritières du père Maxime. Elles veillaient à leur façon sur le magot. Il y avait bien de la famille à Paris, mais on oublierait de les prévenir. Martha en ferait son affaire auprès du notaire, un cousin à elle.
La patronne de la boulangerie-pâtisserie avait engagé un commis. On ne cuisait presque plus de pain. On faisait des pâtisseries jour et nuit. Il n'y en avait jamais assez.
Le père Maxime devint énorme. Une fillette le poussait désormais dans une fauteuil roulant.
On passait directement à l'arrière-boutique située sur le côté du magasin. Les cartons de babas, de Paris-Brest, d'éclairs au chocolat, au café ou à la vanille, de tartelettes et de bien d'autres merveilles étaient entassé sur une charrette que tirait le frère de la fillette.
Les saisons rythmaient le choix de la garnitures des différentes pâtisseries. Les années passaient. Il y avait maintenant 3 commis qui faisaient les 3 huit. On avait testé toutes les recettes existantes.
A trois heures de l'après-midi, l'activité du village cessait. Les habitants se massaient dans la rue principale pour regarder un étrange cortège. Une fauteuil roulant avançait lentement au milieu de la rue. Trois fillettes, poussaient l'énorme masse de chair du père Maxime. Trois garçons tiraient une charrette lourdement chargée de cartons débordant de pâtisseries. Les six enfants du clerc de notaire avaient étés réquisitionnés au fil du temps.
Martha courrait les ruelles du village en chemise de nuit en braillant:
-Du baratin, c'est un pingre et un grippe-sou.
Madame Polant scrutait avec anxiété la diminution du magot.
Le notaire se décida à écrire une lettre urgente aux cousins de Paris de son client, pour décrire le chaos qui régnait au village. Tout cela est crée par votre oncle Maxime. Je vous signale qu'il y a un testament. Il écrivit en lettres minuscule la suite. Il ne devrait pas, mais la situation l'exigeait. Les deux folles du village pensent hériter, mais elles ne toucheront que le minimum légal. C'est vous les héritiers. Le magot sera dans quelques mois dilapidé sous forme de sucre, farines diverses et avariées (parfois), d'oeufs, de vanille et autres cerises sur le gâteau. Bientôt il n'y aura plus que quelques miettes de baba.
Marthe mourut un matin d'octobre. Madame Polant jubila, la voie était libre.
Elle se précipita chez le père Maxime. En ouvrant la porte, elle resta interdite sur le palier, blanche comme un linge.
Une ribambelle de cousins de Paris, attablés à la cuisine dévoraient le stock de pâtisserie de la veille. Le père Maxime se noyait lentement dans sa propre graisse. Il n'avait rien pu manger depuis la veille.
-Entrez, ma très lointaine cousine. Il faut que vous alliez chercher Marthe.
-Oui, cette autre lointaine cousine, ajouta une autre voix.
-Elle est morte Marthe. On l'enterre dans trois jours.
Il y eu un long silence. On entendait juste le bruit des mandibules des cousins de Paris, qui s'empiffraient, et le ronronnement de la liposuceuse qui dégonflait l'oncle.
On vit madame Polant, ressortir de chez sont très lointain oncle, cramoisie de colère, un baba au rhum en travers de la gorge. Elle ne digérait pas cette humiliation que lui infligeait les cousins gloutons de Paris.
L'enterrement de Marthe se déroula dans l'indifférence générale.
En fait, Madame Polant déléguée par la famille avait seule suivi le corbillard.

4 septembre 2017

L'été russe - Le tableau vérité

Nota Bene: le samedi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: www.lakevio.canalblog.com

La cafetière italienne grésille sur les flammes de la gazinière.
Lundi, jour de congé, jour propice pour faire la balade dite de "la classique de l'aéroport".
Une petite heure de marche de Wabern jusqu'à l'aéroport de Belp-Berne. Le ciel est un peu voilé. La température agréable laisse songer que l'arrière-été va se prolonger jusqu'à Noël!  Les asters fleurissent, les framboisiers remontent, les pommes arrivent à maturité et les vaches ruminent, couchées en ligne à la lisière d'un petit bois de sapin. Pendant la pause café, au restaurant de l'aéroport, arrivée du vol SX0601 en provenance de Vienne et du vol AGV33L, vol affrété par Air Glacier, en provenance de "La Madrague" (Saint-Tropez). Les passagers pour Berlin ne vont pas tarder à embarquer...
La cuisine embaume le café. C'est un Candelaria, torréfié à l'Adriano's bar.
Lundi soir, les chefs du monde imaginent, comme tout les débuts de semaine, des scénarios pour déclencher une guerre thermonucléaire.
Lundi soir, je sèche en regardant un tableau qui pourrait nourrir un billet. Ce tableau a été entrevu à l'aéroport. Un passager l'a reçu d'un coursier à vélo. Il a décloué du chassis, roulé et glissé la toile dans sa besace. Il a tranquillement passé la sécurité et s'est installé dans la salle d'attente. On le distingue sur la photographie ci-dessous, en ombre chinoise, portant une casquette. Il a embarqué sur le vol de Berlin.
Lundi soir, l'odeur du café titille les narines. La TSF annonce, au journal de 22h00, le vol d'un tableau au musée d'art de la Ville fédérale. Une toile de valeur. On y voit deux personnages. Les couleurs de cette toile disparue sont automnales. La particularité de ce tableau, est que les deux personnages sont des personnes réelles qui jouent un morceau de leur vie. La police recherche donc un tableau et signale la disparition d'un homme et d'une femme. Après la téléréalité, le tableau vérité remplit les musées de visiteurs avides d'histoires croustillantes.
Je suis donc un témoin clé de cette étrange histoire. Je suis enfermé chez moi. Les chats du quartier font le guet. Une bande très organisée est à l'origine de ce vol.
Lundi soir, je vais me mettre au vert quelques temps. Je quitterai mon appartement par la tuyauterie du lavabo et je passerai une quinzaine à Gspon...

                                                  

Ci-dessous, le tableau...

27 août 2017

L'été russe - Nouvelles de la nuit

Un papillon veille sur la nuit. Une nuit d'arrière été...
Un gramophone distille le thème d'Amarcord, mon film culte de Fellini.
Une annonce dans le quotidien Le Temps daté de samedi 26 donne envie d'aller au cinéma. Deneuve-Depardieu, deux monstres, plein de souvenirs sur grand écran...
Vendredi, vu à la librairie Payot, à La Chaux-de-Fonds, la ville de mon enfance, le nouveau Notomb... Déjà! encore? J'ai pas encore lu l'opus 2016...
Quand Amélie émerge au-dessus des piles à lire, c'est signe de fin d'été, de reprise, de rentrée, d'automne, la saison préférée de Lakevio et de Ric.
La musique de Rota passe en boucle...
Les chats du quartier, totalement hermétiques à la musique de Nino et de Schubert, partent à la chasse aux scoops...

14 août 2017

L'été russe - La rentrée

Nota Bene: le samedi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: www.lakevio.canalblog.com
marc chalme

CANULAR

Deux fous, orgueilleux et sourds aux conseils, brûlent d'impatience d'expérimenter, grandeur nature, la guerre thermonucléaire...

 ... Pendant ce temps, attablé au Colonial bar , Jim sirote des espressi en lisant "Ada", un roman d'Antoine Bello. Les perspectives de cette histoire sont inquiétantes...

 ... Une jeune femme, vêtue d'une robe de couleur vert bouteille, tenant un livre à la main, descend avec nonchalance l'escalier de la maison familiale. Elle lit "L'Exil et le Royaume" de Camus. Copyright Librairie Gallimard 1957, Achevé d'imprimer 4 mars 1957, Dépôt Légal 1er Trimestre 1957...

 ... 4 mars 1957, un peu plus de deux mois après la parution du livre, naissait un humanoïde, qui, soixante ans plus tard, se saoulera d'espressi dans la Ville fédérale. Dans deux autres capitales, les maîtres joueront au jeu de "qui perd gagne" afin de savoir qui déclenchera le premier le cataclysme nucléaire...

 ... Pendant ce temps, la jeune femme à la robe de couleur vert bouteille, cherchait sa mère dans les pièce du rez-de-chaussée. Elle avait trouvé dans le recueil de nouvelles une lettre datée de mars 1967. Elle avait reconnu l'écriture de sa grand-mère et la dessinatrice semblait être sa mère...

 ... A Paris, Lakevio, la célèbre galériste, peaufinait l'accrochage de son exposition automnale. Une entreprise de transport réputée venait de lui livrer un tableau mystérieux. Aucun document n'accompagnait cette peinture. On voyait une jeune femme descendant nonchalamment l'escalier de la maison familiale. Elle tenait dans une main les feuillets d'une lettre. La jeune femme, d'une trentaine d'années, vêtue d'une robe de couleur vert bouteille, cherchait sa mère. Elle voulait des explications concernant un embriolo familial dont elle n'avait eu que des explications de façade et qui était détaillé dans une missive oubliée dans un bouquin. Lakevio décida de placer cette toile mystère à l'entrée de la galerie...

 ... - j'ai placé des notes à mettre au propre de façon à créer une histoire, à côté de votre ordi.
- Bien chef, répondit une jeune femme vêtue d'une robe couleur vert bouteille.
- Il faudra faire un effort. La semaine passée, nous avons fait une audience nulle, votre texte était nul. On a perdu 26% de parts de marché. Encore un faux-pas et nous nous quitterons en bons termes....

 ... Pendant ce temps, Jim pensif imagine Ada, intelligence artificielle, vêtue d'une robe vert bouteille. Selon les magazines de mode, la tendance de l'automne 2017 est à la robe de couleur vert bouteille unisexe...

 ... Dans son bureau paysager, la jeune femme ruminait. Elle ne voulait pas être virée. Elle composa un numéro sur le cadran d'un vieil appareil. Elle murmura dans le combiné: - Allô New-York, je voudrais le 22 à Asnières...

 ... Un feuillet du précieux manuscrit par un curieux courant d'air c'est retrouvé dans la rue. Il a échoué sur le comptoir d'un food truck et a servi de cornet pour une portion de frites...

 - c'est toi Amélie? -Oui, Ada -Je t'envoie le brouillon du patron. Il faut que tu me fasses un texte brillant. Je suis virée au moindre point virgule de travers. - Je ferai mon possible, mais je suis en tournée promotionnelle pour mon nouveau roman qui va sortir.

 

NOTES DE BAS DE PAGE Le début du texte est un gazouillis envoyé dimanche. Le compte Twitter peut être identifié en sachant que deux mots ont un #, guerre et thermonucléaire. L'auteur de ce gazouillis tient un blog où la rêvasserie est de mise. Ce n'est pas @pontifex_in. Le feuillet qui a servi de cornet, gras d'huile et de mayonnaise, est illisible. Il contait la brève arrestation de Lakévio par la police des douanes. Accusée de trafic de tableaux et de séquestration de la mère d'une jeune fille vêtue d'une robe couleur vert bouteille, elle a finalement été lavée de tout soupçon, cette veille de 15 août.

 La canicule a repris son bâton de pèlerin, dans la villa familiale résonne la 7e symphonie de Bruckner jouée par le Symphoniaorchester des Bayerischen Rundfunks dirigé par Eugen Jochum. C'est une oeuvre difficile d'accès, mais après quelques écoutes, elle devient plus familière. Elle évoque l'été.

 Les devoirs de vacances me donne des céphalées. Je vais prendre un cachet. Sur la boîte d'Alka-Seltzer, il est écrit: À prendre à minuit, parce qu'il est minuit à Alka-Seltzer!

 Si le temps le permet et la technique ne s'y oppose pas, les entrées du journal électronique sont mises en ligne à 22h15.

 ... Dans la nuit tombante, une voiture noire, conduite par Jim, ralentit. La glace arrière se baissa. Une jeune femme, vêtue d'une robe couleur vert bouteille se pencha et cria: - Et les chats, vous avez oublié de parler des chats du quartier. La voiture accéléra et se fondit dans la nuit. Furtivement il avait été possible de voir Lakevio, assise à côté de la jeune femme, tapotant sur une tablette. Elle composait les invitations pour son exposition d'automne...

 

(A SUIVRE)

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CINÉMA

- Mais... c'est l'intervention de cette grosse femme... C'est un ptit peu... enfin... ça va très loin.
- C'est là que je me rends compte que malheureusement, je vous ai beaucoup moins bien réussi que le porc.

Pierre et Thérèse.
Le père Noël est une ordure 

 

GUERRE

La guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas.
Paul Valéry

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