Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Rêveries
8 décembre 2017

Nuit 15/16 - Paris 5/5 Buona sera

Rue Oberkampf, boulevard de Ménilmontant, rue de la Roquette, Place du Père Chaillet, avenue Ledru Rollin, Pont d'Austerlitz, Place Valhubert, L'Allée principale du Jardin des Plantes, rue Dubenton, rue Monge, rue de Mirbel, rue Mouffetard, Place de la Contrescarpe, rue Descartes, rue Clovis, rue du Cardinal Lemoine, tue Tournefort, rue de l'Arbalète, rue Mouffetard, avenue des Gobelins, boulevard Saint Marcel, rue Poliveau, rue du Fer à Moulin, rue de la Clef, rue Monge

Les mausolées du Cimetière du Père Lachaise forment une ville silencieuse, sans habitants, morte. Rien ne perturbe ce monde figé pour l'éternité, ni les touristes, ni les visiteurs, une rose à la main, ni les familles en deuil, encore moins la pluie.

Une classe et ses accompagnants traverse l'Avenue Ledru Rollin à l'intersection avec la rue de Bercy. Les élèves doivent avoir une dizaine d'années. Dans 50 ans, ils auront mon âge, j'en aurai 110 et je déambulerai dans Paname, avec mon déambulateur dernier cri. Je serai dans la Ville Lumière pour fêter les 100 ans (à quelques mois près) de ma première visite à Paris (oct. 68). C'est jouable!

En marchant dans l'allée principale du jardin des plantes, un vent froid soufflait. J 'ai soudain eu la nostalgie de Vienne. Le vent parisien était devenu ce vent pannonien, qui balaye les plaines de l 'Est et qui glace Vienne. Le musée d'histoire naturel a une ressemblance avec le Belvédère. J'ai failli me retourner pour voir Vienne, en arrivant près du bâtiment. Je pensais au Café Central. J'aurai commandé un café mélange et je me serai plongé dans la lecture de la presse.

La rue Mouffetard grouille d'activité. Dans le bas de la rue, poissonniers, bouchers, restaurants, dans le haut, boutiques et restaurant. Au début du siècle passé et surement avant, il y avait un marché rue Mouffetard.

Au 39 de la rue Descartes, mourut Verlaine le 8 janvier 1896 et Hemingway vécu dans cet immeuble de 1921 à 1925. "Paris est une fête"
Au 37 de la même rue, l'écrivain japonais Kunio Tsuji a vécu de 1980 à 1999 signal une plaque. Je ne trouve nulle part de traces de cette vie à Paris pour cet écrivain. En revanche, il a vécu à Paris de 1957 à 1960...
Le cabaret Le Cheval d'or, dédié à la chanson française et à l 'expression artistique, occupait, de 1955 à 1969, le 33 de la rue Descartes

Sur le Boulevard Saint Marcel, presque au milieu de sa longueur, presque au milieu du boulevard, un pucelle tient un étendard. Jeanne...

15:42, il neige! Enfin, une pluie mêlée...

Le théâtre des Champs Élysées fut inauguré en 1913. C'est un beau théâtre avec de vrai fauteuils au parterre et à la 1ère galerie. Une architecture et un mobilier assez sécession viennoise. Il est situé dans l'élégante et onéreuse avenue Montaigne. La Tour Eiffel, éclairée sur la moitié de ses faces, économies oblige, trône non loin de là. A son sommet, un phare tourne. C'est pour signaler sa présence si un vaisseau spatial en perdition passait par-là. Mimi...*
19:30, le chef lève sa baguette et "Le barbier de Séville" démarre. On est aspiré par le système Rossini. La musique monte lentement puis explose dans un tourbillon qui emporte tout sur son passage. Les chanteurs sont de bonne qualité, le décor surprenant, nous emmène au coeur de la partition. On rit beaucoup. Soirée réussie.
Retour à la rue Monge avec des notes de musique plein la tête...
buona sera, etc...

*Voir entrée de hier

7 décembre 2017

Nuit 14/16 - Paris 4/5 La vie de bohème

Jeudi 7 décembre 2017

Il pleut sur Paris. Les parapluies courent dans les rues.
C'est une journée à boire des cafés Place de la Bastille.
Le ciel est bas, le vent court pour rattraper les parapluies.
"L'étrange bibliothèque" d'Haruki Muraki est posé sur la table, à côté d'un dessert.
Dehors, la nuit est tombée, la place bouillonne.
Des voitures, feux bleus tournant sur le toit, essayent, toutes sirènes allumées, de se frayer un passage dans un embrouillamini de voitures, de scooter et de bus.
Il est temps de gagner le paquebot "Opéra Bastille", amarré à la place éponyme. L'intérieur ressemble à un aéroport. 4e étage, porte 9.
Mimi va mourir pour la 197e fois sur les planches de l'Opéra national de Paris et la 3e fois dans cette mise en scène.
L'immense volume de la salle est plongé dans le noir, il est 19:30. La fosse est éclairée. Manuel López-Gómez, le chef vénézuélien, prend place, sous les applaudissements du public. Le rideau se lève. C'est normal pour un opéra de Puccini. Il n'y a pas d'ouverture, quelques mesures et l'action démarre. Nous sommes dans un vaisseau spatial, un décor qui rappelle le film "2001 l'odyssée de l'espace". Ce soir, rien ne va comme prévu. Des bruits bizarres se font entendre. La fosse est plongée dans le noir. Un message s'inscrit
sur sur un tableau. Le vaisseau à une panne irréparable et dérive dans l'espace. Nourriture, eau et oxygène sont presque épuisés. La lumière revient dans la fosse et le chef lance l'orchestre.
Ce qui me frappe dès les premières notes, c'est la puissance de l'orchestre qui couvre bien trop souvent les voix.
Au début du 2e tableau, la situation à bord du vaisseau est de plus en plus critique. Le tableau s'achève par une fête hallucinante.
A l'entracte j'interroge mes voisins pour connaitre leur impression au sujet de l'orchestre. Comme moi, ils trouvent que l'équilibre entre l'orchestre et les voix n'est pas toujours satisfaisant.
Le public à d'autres griefs. Après l'entracte, quand le rideau se lève sur une planète désolée, glaciale, balayée par vent et neige, le vaisseau ayant du atterrir en urgence, il y a des huées du public, des sifflets, des invectives, une voix puissante dit son dégoût, c'est le chaos, pendant quelques instants, à l'Opéra Bastille. Des "chut" et "silence" sont criés par les partisans de cette production. Le calme revenu, la suite du drame reprend.
Malgré la puissance souvent trop forte de l'orchestre, il y a tout de mêmes de belles envolées puccinienne, quand l'orchestre et la voix sont en fusion et que j'ai la chair de poule. Fugace mais extraordinaire.
Rodolfo, désespéré hurle "Mimi". Le rideau tombe, Mimi est morte.
Triomphe musical, quelques sifflets pour la voie choisie sur le plan artistique.
Retour à la rue Oberkamf à pied. Le métro de la ligne 5 est bloquée jusqu'à 22:30. Un colis suspect en est la cause.
A travers un voile de nuage, la lune fait un clin d'oeil. Un point lumineux est également visible, dans ce ciel nuageux, un vaisseau spatial en perdition. Mimi...

6 décembre 2017

Nuit 13/16 - Paris 3/5 “Picasso 1932, année érotique”

Paris, mercredi 6 décembre 2017

C'est la Saint Nicolas. Gamins, nous mettions nos chaussures derrière la porte le 5 au soir et le 6 décembre, au réveil, nous trouvions des friandises, déposées par le Saint Nicolas, dans nos pantoufles...

Tôt, j'ai branché la France Inter. C'était vers 07:30, il parlait de Johnny, j'ai tout de suite compris. J'ai vu Johnny deux fois sur scène, à Genève en 1977 et 79.

Vers les onze heures je suis parti à l'aventure dans Paname.
Rue Oberkampf, Boulevard des Filles du Calvaire, rue Saint Claude, rue de Turenne, rue des Francs Bourgeois, Place des Vosges, rue de Bearn, rue Saint Gilles, rue Royal, rue de Thorigny, rue de La Perle, rue Vieille du Temple, et retour à la rue Oberkampf.
Le projet était de passer sur l'autre rive. Et puis j'ai été happé par la musée Picasso. Avant le musée, j'ai musardé Place des Vosges...

“Picasso 1932, année érotique”

En entrant dans le musée, je pensais, en ressortir une grande heure plus tard. Le billet indiquait 12:30, il était 16:00 quand je suis sorti, heureux, totalement conquis. Si je n'avais pas eu un horaire à tenir, je serai resté jusqu'à la fermeture.

Notes que j'ai prisent pendant la visite. Elle sont extraites de mon carnet de moleskine noir. Brut de décofrage:
[l'expo est sous forme d'un éphéméride de 1932. Toutes les oeuvres présentées sont de 1932. Je ne suis ni peintre, ni connaisseur des techniques, ni spécialiste de Picasso, juste un visiteur qui aime rêver en regardant des tableaux]

"L'oeuvre qu'on fait est une façon de tenir son journal"
Pablo Picasso 1932

Janvier

"La jeune fille à la mandoline"
Chaise avec dossier rectangulaire rouge, bordé de points jaunes

"La ceinture jaune" (Marie-Thérèse Walther)
Dossier de chaise rectangle rouge points jaunes
Quelle fut la réaction de Marie-Thérèse, maitresse du peintre, en voyant son portrait décomposé?

Peut-on rêver au milieu des oeuvres peintes par Picasso en 1932?

Les sièges des fauteuils ou des chaises sur lesquels sont assises des femmes déstructurées sont rouges parfois piqués de points jaunes

"Nature morte à la fenêtre", me plait. Le moule d'une tête de femme est placé sur un rectangle de bois. Trois fruits sur une assiette, peut-être des pommes. Un vase qui contient des feuilles de trèfle, un napperon, la fenêtre.
Le brun du rectangle de bois, un brun clair-foncé répond au vert sombre des trèfles. Ce bouquet aux feuilles éparses attire l'oeil. La tête de la femme est crayeuse, les traits qui dessinent son visage, sont noirs et minimalistes. Les fruits sont rouges et verts. Un rouge sombre, un vert pomme sombre également. Le vase, avec anse, l'assiette des pommes et le napperon ont chacun un blanc différent mais pas le même que la tête de la femme. La fenêtre est grise et opaque, comme un jour de décembre à Paris, un jour gris et froid. Un jour idéal pour s'enfermer dans une nature morte de Picasso.

Des chinois photographies tout. Un couple, jeune, anglais, se marre en découvrant ces toiles aux motifs colorés et aux personnages, des femmes, qui ressemblent à des dessins d'un enfants de 5 ans.

Je reste longtemps dans la salle où est accrochée la nature morte. Nous sommes en janvier 1932.

Je vais aller voir l'été.

"Femme assise dans un fauteuil rouge" janvier 1932
Certains aspects de ce tableau aux couleurs sombres me font penser à Magritte. Surtout la tête, une boule avec des trous.

Février

"L'Etude pour une joueuse de mandoline", février, indique les couleurs qui seront utilisées. On dirait une machine. Un robot des années 1930.

Nous sommes en février 1932, "Compotier avec guitare", me plonge dans le spleen. C'est des bruns, des gris très foncés. On imagine une table, un napperon, un compotier et une guitare. L'oeil se fixe sur un morceau de guitare brun clair avec 4 cordes noires. Le compotier est blanc. Les trois pommes de tout à l'heure, ont, ici, passé un mauvais quart d'heure, dans le traitement de la forme et de la couleur. Il faut plusieurs minutes pour que ce tableau se révèle.
Les gens passent à la sauvette. Je suis assis sur un banc au milieu de cette salle no 5, fin février, début mars. La nature morte "buste, coupe et palette" ne me tente pas. Le buste dégouline de vert foncé, le nombre de pommes est passé de 3 à 4 par rapport aux autres tableaux. C'est peut-être des oranges (un fruit rare à cette époque). Un napperon un peu plié avec des bleus gris est posé sur une table. On dirait un meuble Louis XIV, revisité. La palette flotte et le pinceau ressemble à un chalumeau, la palette ressemble, elle, à une noix de coco. Le chalumeau permet donc de boire le lait. (Photo 1 ci-dessous, cartes postale de l'expo)
Dans cette salle il y a également un plâtre, "Tête de femme", c'est le titre qui le dit...

Les visiteurs passent, photographie chaque oeuvre et filent à la salle suivante. Je ne comprends pas. Ils vont regarder l'expo à la maison, en photo.
La plupart des oeuvre sont exposées pour la première et dernière fois. C'est magique... Bref!!!
Je suis entré à 12:30, il est 13:50 et je n'ai vu que 5 salles!
Je quitte "Compotier et guitare", les chinois sont déjà repartis, ils sont dans un car, en route pour Bruxelles. Ils envoient des vidéos de l'expo en Chine. On a vu PICASSO.

"Nu dans un fauteuil noir", huile sur toile. Le noir du fauteuil remplace le rouge, on retrouve les feuilles de trèfle
(Photo 2 ci-dessous, cartes postale de l'expo)

"La femme au jardin", fer soudé et peint en blanc, reprend les feuilles de trèfle.

Toujours en mars, "Nu sur la plage", huile sur toile, est un prêt de la Scottisch National. Sous ce tableau, un petit sigle, un appareil de photo barré. Une interdiction inutile! Les visiteurs mitraillent... On ne peut donc pas photographier cette oeuvre osée, remarque taquine (Simple rainson de droits). Là, il faut du temps pour y voir clair. C'est ultra complexe. J'y reviendrai, si j'ai le temps.
La salle 7, outre le "Nu sur la plage", présente des nus couchés, des documents, et des peintures de Boisgeloup. C'est des interprétations psychédéliques de la femme, que ces nus couchés.

Mai, le mois de mon anniversaire. Encore Boisgeloup, ici sous la pluie et arc-en-ciel.

Juin, l'Été, le bel été
C'est la déprime. Des nus couchés. On dirait, parfois, des calamars ou des poulpes. Les couleurs sont moyennement estivales.

Des lettres de Michel Leiris (1901-1990), adressées à Picasso, décrivent son voyage en Afrique en 1932. Elles sont éparpillées dans les salles.

Juillet
"Femme nue dans un fauteuil rouge", on retrouve sur le fauteuil les points jaunes qui sont, ici, blancs. Le tableau est assez érotique.

La salle 11, présente des documents sur la première rétrospective de Picasso qui s'est tenue du 16/06 au 31/07 1932
5 tableau, un bronze et une sculpture évoque la scénographie de cette rétrospective des galeries Georges Petit.

Août

"Nageuse", huile sur toile. Une vague cache une partie des seins de la nageuse. Ce sont des ronds avec un point au milieu. Ils sont placé au bas du corps. Les couleurs sont assez estivales. Elle est coiffée d'un bonnet rouge.

"La Sieste"
Une femme couchée, elle est mauve, nue, elle a les jambes croisées, la tête renversée en arrière. On voit un peu de ses cheveux. Elle est couchée sur l'herbe. Le corps est lascif. C'est déstructuré de façon harmonieuse comme un trompe l'oeil. On voit les fesses, les seins, le pubis.
La plupart de visiteurs, ils passent si rapidement devant cette merveille, qu'ils ne voient pas l'érotisme brûlant qui se dégage de cette toile.

Septembre, il est 15:00

"Nu couché et joueur de flûte", encre de Chine, gouache et huile sur papier.
Le jouer de flûte est assis, appuyé contre un arbre, la femme est allongée à côté. Il sont nus les deux. Le décor est coloré dans les verts et gris. C'est d'une facture assez classique, mais assez chaud, dans le sens érotique du terme.
Dans cette même salle, la 13, est présenté une importante documentation d'une rétrospective, reprise avec une légère modification de celle de Petit, à Zurich, au Kunsthaus.

Salle 14
Octobre - novembre - décembre

"Femme assise près de la fenêtre", huile sur toile, octobre
La chaise est noire. Un morceau de son vêtement est rouge.

"Le sauvetage", huile sur toile, novembre
C'est une toile qui intrigue. Il y a une femme debout, avec des seins, des ballons rouges, situés à la base du cou, un nombril sous les bras. Elle est nue. Elle a la peau violine. Ses fesses, vues de profil, avec son corps de face lui donne un air trapu. D'une main, elle soulève le corps d'une autre femme qui à l'air dans les vapes.
Une autre femme s'enfonce dans la vase, au bas du tableau. On ne voit plus que la tête et les bras qui appellent au secours.
L'arrière plan est un pré vert foncé avec des fleurs blanches. Au premier abord, je ne comprenait rien. Maintenant tout est limpide. La scène de sauvetage se passe en silence. Une seule des deux femmes pourra être sauvée. Il est trop tard. Les trois visages se ressemblent. Est-ce la même femme? Sa vie, sa mort? Elle n'a pas en envie de mourir. Chacun doit prendre soin de soi et aider les autres. Utopie.
Le tableau est sombre sur tous les plans, les couleurs, l'esthétique et la poésie qui s'en dégage. On pourrait associé à ce tableau une musique de Schubert.
Je vais quitter ce tableau à regret. J'avais toujours pensé que les oeuvres de Picasso ne me faisaient pas rêver. En entrant dans la 1ère salle j'y songeais encore. Il faut plusieurs minutes pour être en phase avec les tableaux. Pour la première fois, je rêvasse en regardant les peintures de Picasso.
Les chinois ont passé en coup de vent, photographiant chaque toile, ils n'étaient d'ailleurs pas les seuls. Il y avait une frénésie de pixels. Un monsieur écrivait ses impressions sur son bloc note électronique. Une femme, habillée et structurée, écrivait, comme moi, sur un carnet papier.
Adieu femme violine...

Salle 15, décembre
L'année s'achève avec des couleurs hivernales, assez joyeuses.
"Nu couché à la mèche blonde"

Les notes se terminent là.

C'est rare de pouvoir circuler dans une expo avec peu de monde et de pouvoir prendre le temps de regarder longuement les tableaux.
Je suis ivre, sous le choc, tant de folies picturales. Le retour à pied, dans le froid et la grisaille me permet de reprendre pied dans la réalité.
Le choix du titre de l 'expo est, même si cela paraît osé, justement choisi. C'est un érotisme puissant pour qui regarde vraiment.

Le soir, autre registre, théâtre avec deux pièces , "12 hommes en colère " et "Les jumeaux vénitiens" de Goldoni au théâtre Hébertot. Une soirée réussie.

5 décembre 2017

Nuit 12/16 - Paris 2/5 Arpenter Paris, Mozart

Mardi 5 décembre 2017

Ça commence vers 10:30, sous un ciel gris, dans le froid, à pied. Rue Oberkampf, avenue Parmentier, rue Alibert, quai de Jemmapes, rue des Recollets, (au large de la gare de l'Est), boulevard de Magenta, (gare du Nord), boulevard de Barbes, rue Custine, rue Becquerel, rue Lamarck, rue du Chevalier de la Barre, rue du Cardinal Guilbert, rue Azais, Place du Tertre, rue Norvins, rue Lepic, rue Caulaincourt, boulevard et Place Clichy, boulevard des Batignolles, rue du Rocher, rue de Monceau, boulevard Malesherbes, avenue Velasquez, allée Comtesse de Ségur ( dans le parc Monceau), avenue Hoche, avenue des Champs Elysées, avenue Montaigne, cours Albert 1er, cours de la Reine, Place de la Concorde, rue Royale, boulevard de la Madeleine, boulevard des Capucines, Place de l'Opéra. (pour des raisons d'horaire, retour à la rue Oberkampf en métro no 3, direct, arrêt Parmentier), rentré à 17:30. 1h15 de pause en deux partie et quelques station de métro, soit 5h45 de marche.

Au fil de la balade, on passe d'un Paris populaire à un Paris villageois puis le Paris chic

Le cris des mouettes du quai de Jemmapes me renvoie aux mouettes qui suivent la charrue en quête de vers, lors des labours dans mes campagnes.
Le canal Saint-Martin évoque Venise.
En passant pas très loin de la Place Raoul Follereau, j'ai eu un souvenir d'écolier. Notre classe, en 1971 ou 1972, avait assister à un conférence, à la Maison du Peuple à La Chaux-de-Fonds, de ce journaliste écrivain qui récoltait de fonds pour lutter contre la lèpre.
Boulevard de Barbes, un bug, une embrouille, un accroc à l'itinéraire, je m'évapore une petite demi-heure dans une grande surface avec espace librairie. Je ne peux pas résister, c'est une chaîne, il faudrait pas, mais je sors de là avec 3 livres.
Au début de la rue Custine pause. Café (d'assez bonne tenue) servi avec un verre d'eau et un sandwich au pâté. Ecriture et lecture.
Rue Becquerel, je monte les escaliers de la Butte au pas de course.
J'ai toujours aimé la vue et l'ambiance du Parvis du Sacré Coeur.
La Place du Tertre, je l'ai vue pour la première fois en 1968 ( j'avais 11 ans)!
La rue Caulaicourt passe au-dessus du cimetière Montmartre. C'est une passerelle en fer, on voit au loin La Dame de fer, un morceau, le haut.
En 1968, avec mon frère et ma soeur, nous avions fait une balade sur des ânes, sans doute au parc Monceau. Aujourd'hui, je n'ai pas vu d'équidés. Mais une belle collection d'arbres aux essences multiples.
Une mendiante se fond, avenue Hoche entre les grosses voitures et les palaces. Nous arrivons dans un autre monde.
Les Champs, c'était sympa en 1975...
J'ai toujours aimé la Place de la Concorde. Dans mes rêves, je descends au Crillon...
J'ai connu le vrai Olympia, boulevard des Capucines. J'y ai vu trois soectacles. En 1975, Monsieur 100.000 Volts, en 78 ou 79 Véronique Sanson et début des années 1980, Paolo Conte.
Opéra, il y a une dizaine d'année j 'ai vu La Flûte enchantées de Mozart à Garnier. La grève, je ne sais plus quel corps de métier, empêchait la mise en scène et les décors. On a pu se concentré sur le chant et la musique.
Hasard, ce soir c'est aussi Mozart. Je partage une baignoire avec deux chinois, un abandonnera à l'entracte, deux anglais, un espagnol et deux français. Baignoire intercontinentale. Il y avait du monde dans le bain.
On jouait La Clémence de Titus de Mozart.
Après avoir écouté pendant des mois de la musique compressée, il faut quelques minutes pour remettre les paramètre du son pur, sans micro et autres techniques, à niveau.
Sur scène (à Genève, Vienne et Paris) j'ai vu Les Noces (plusieurs fois), Don Giovanni, La Flûte (plusieurs fois), l'Enlèvement et le Cosi (plusieurs fois). Je ne connaissais pas, à part quelques airs, la Clémence de Titus. J'ai eu un choc musical. C'est un Mozart différent, magnifique.
Le "Parto, parto" (acte 1), soutenu par la clarinette était un moment hors du temps, un instant magique, j'en avais les frissons.
Un coup de foudre pour cet opéra.
Le public a été très chaleureux à la fin du spectacle.

La une du journal "Le Monde", annonce la mort de Jean D'Ormesson.

4 décembre 2017

Nuit 11/16 - Paris 1/5 - La marquise

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

Antoni Caba - Portrait de la marquise de Castellflorite - 1880

"Voici votre carte d'embarquement, sortie F16, siège 22a, embarquement à 12:30. Bon voyage".
Le secteur français de l'aéroport de Genève/Cointrin est minuscule. Les passagers patientent sur des chaises inconfortables. Un magasin de souvenirs, de journaux et de chocolat suisse permet d'écouler les devises restantes avant de s'envoler. Un vague restaurant propose des boissons et quelques nourritures, hors de prix. On règle en € ou en CHF.
Le tableau affichant le départ des vols est clair, c'est la pagaille.
Départ retardé de 30 mn, en raison de l'arrivée tardive de l'avion..! 
La prochaine fois, on ira à pied, comme Rousseau.

La salle de bain ressemble à un sauna, la marquise aime les bains très chaud. Elle paresse depuis une heure dans la mousse aux effluves de verveine.

Le téléphone couine, un messager apporte des nouvelles par TEXTO "Le départ du vol AF1743 est maintenant prévu à 13:45 le 04/12. Merci de respecter l'heure limite d'enregistrement initiale indiquée sur la carte d'embarquement".
Des toiles d'araignées se forment entre les sièges de la salle d'attente et les passagers. Un concierge époussette tous les quart d'heure ces méfaits provoqué par l'engorgement du ciel. 

Hortense, la bonne à tout faire, habille, parfume et coiffe la marquise. C'est lundi, jour de réception. La marquise reçoit de 5 à 7. 

Trois petites notes de musique puis une voix masculine, enjoué et encourageante annonce que le vol AF1743 décollera à 13:50.
Une jeune femme se ronge les ongles, elle ne trouve pas de fumoir et le temps d'attente de sa correspondance  à CDG, pour La Havane, fond comme neige au soleil.


La marquise ne prend jamais l'avion, ni le bateau. Elle commande, pour aller vagabonder, des Uber, c'est si émoustillant.


13:00, secteur français de l'aéroport de Genève/Cointrin, l'encéphalogramme est plat.


La marquise déjeune. Hortense lui a préparé des pieds de porc au madère. La marotte du moment avec les carottes Vichy et le rösti au lardon. Pour le dessert elle dévore une Sacher XXL, envoyée de chez Demel, café/pâtisserie situé à deux pas de la Hofburg à Vienne. Le meilleure moment de la journée, pour aller chez Demel, c'est le matin vers 10:00. La foule dort encore. Commander un café et un morceau d'Apfelstrudel, c'est un moment de grâce avant d'entamer une journée viennoise.  Le lyonais, le tourangeau et même le parisien ignore le Gemütlichkeit qui se pratique de Vienne à Berlin en passant par la Ville fédérale.


"PNC, décollage dans une minute"
Le vol AF1743 décolle avec son lot de passagers entassés,  6 par rangée dans un Airbus A318 d'Air France. L'avion survole le Léman avant de faire un virage, de passer au-dessus de la Dôle et de disparaitre à l'horizon. Les sommets jurassiens sont enneigés.
Des sandwichs au fromage de brebis et poivronade et des boissons chaudes, thé ou café, sont servis  à bord. Deux hôtesses de l'air en font la distribution. 


La marquise habite au  132 Boulevard Richard-Lenoir, dans le 11e à Paris. La cuisine, et, en enfilade, la salle à manger, le salon de musique et la bibliothèque occupent le rez-de-chaussée.  Le lundi de réception, le valet de pied ouvre les cloisons pour former un grand salon. les chambres sont à l'étage.


"Charles!", s'écrie la marquise.
Malgré un espace aérien surchargé, le tapis des bagages en panne, un RER B bondé, Charles arrive à temps pour un baise main conventionnel. 
La marquise est vêtue d'une robe bleue, assortie au papier peint de la cage d'escalier.
La marquise et Charles s'éclipsent pour un 5 à 7 en tête à tête dans un pied à terre avec terrasse, situé dans une impasse du 11e. 


Dans le murmure des conversations une bouche de ténor,  remplie de petits four, lance "Et la Marquise?" Une basse, se gargarisant au Dom Perignon 1966, répond "La marquise sortit à cinq heures"." Paul Valéry" ajouta Jim, qui ne manquait aucun goûter dînatoire concocté par la marquise et qui louchait sur le béluga. "Phrase attribuée au poète par André Breton" rectifia Miss Marpel qui avait accaparé le plat d'ortolans, spécialité prisée par Napoléon III, Alexandre Dumas et F.M."mais, il y a des doutes..." pensa Anne, trop absorbée à décortiquer un homard bleu, pour parler à voix haute.
La pendule marque 18:55 et le valet de pied commence à évacuer les invités, avec gentillesse et fermeté. Le buffet est dévasté, les cadavres de Dom Perignon 1966, s'entassent dans les rafraîchissoirs. 


Il fait froid, le ciel est couvert, on entend au loin les avion qui décollent. C''est l'hiver. Rousseau arrive aux portes de Paris.

 

"La marquise sortit à cinq heures"...

phrase attribuée par André Breton à Paul Valéry, mais, il y a des doutes...

 

Devoir-Jeu Numéro 4 !

Il s'agit d'étoffer cette simple phrase pour en faire... toute une histoire !

27 novembre 2017

Nuit 4/16 - Les jaunes du Doubs

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

A partir du tableau proposé, écrire un texte  en prose ou un poème en plaçant judicieusement les dix mots de la liste suivante que vous mettrez en gras dans votre texte. (Comme vous êtes doués, j'ai ajouté deux mots à la liste , ce qui est plus conforme au vrai jeu des Papous dans la Tête, émission diffusée le samedi soir de 20h à 21h sur France-Culture ou en podcast quand vous voulez ou presque !)

soierie

excellent

éliminer

explication

tranchant

éclaireur

douceâtre

dominer

effet

hostile

Il n'est pas permis de changer l'orthographe des mots. Impossible donc de les accorder ou de conjuguer les verbes. je vous conseille de copier-coller la liste avant la composition de votre texte. Mettez en gras ou soulignez les mots utilisés dans votre texte.


Le marché du samedi, Berne

Les chalands sont clairsemés au marché ce samedi matin. Il pleut averse. L'horloge du Zytglogge sonne neuf heures.
C'est dans un mélange de dialecte bernois et de français qu'une botte de carottes, des jaunes du Doubs, parfois étiquetées longues jaunes du Doubs, une variété au goût DOUCEÂTRE, passe de l'étal du marchand au cabas du client. Il règle ses achats et quitte la Place Fédérale abrité sous un parapluie noir. Les fanes de carottes dépassent du sac.

 

CAC* Voltaire, Genève

À la salle Michel Simon, le dernier quarteron de cinéphile, regarde un florilège du Ciné-Journal suisse. En 1940, au début de la guerre, le Conseil fédéral reçoit les pleins pouvoirs. C'est à la demande de celui-ci que le Ciné-Journal suisse est crée. Il présentait, avant chaque séance de cinéma, un résumé des événements de la semaine. Il a perduré, après la guerre, jusqu'en 1975, devenant à partir de 1973, un magazine avec un sujet unique. Un EFFET, parmi tant d'autres, de l'emprise rapide de la télévision explique l'abrupte disparition du Ciné-Journal suisse.
Les spectateurs sont figés devant une séquence saisissante:
"Pour lutter contre la faim dans le monde, des savants suisses ont manipulé génétiquement la carotte jaune du Doubs pour la rendre géante. Une seule apiacée pourra nourrir des centaines de personnes. Pour extraire cette géante de 15 m de haut et de 18 tonnes, des grues spéciales, dites les arracheuses de carottes, seront construites". Le speaker débite son texte d'une voix monocorde. "La communauté scientifique internationale est HOSTILE à ces manipulations. Les effets secondaires dus à une absorption massive de carottes jaunes du Doubs ne sont pas connus. La peau risque de devenir jaune, préviennent les scientifiques. Cette EXPLICATION est balayée d'un revers de la main par les créateurs de ces géantes alimentaires. Il suffira d'ÉLIMINER la pelure avec le TRANCHANT d'un couteau suisse et la carotte sera un EXCELLENT nutriment."
Le mot fin s'inscrit sur l'écran, les lumières s'allument et les spectateurs disparaissent dans la grisaille pluvieuse de cet fin d'après-midi dominicale de novembre agonisant.

*Centre d'Annimation Cinématographique

 

"-Quoi de neuf docteur?"

Bugs Bunny, appuyé à la barrière du jardin croque dans une carotte. Il est en ÉCLAIREUR pour inspecter les lieux.
Un carré de carottes, sans doute des jaunes du Doubs, lui font de l'oeil.
La télévision hurle. Et, juste au moment du suspens, quand le canon du fusil du jardinier est braqué sur Bugs Bunny, la main d'une ménagère de moins de 40 ans change de chaîne. Un échange de balles, une montée au filet, indiquent qu'une partie de tennis se déroule quelque part sur la planète Terre. Le commentateur, flanqué d'un consultant, indique aux téléspectateurs qui rejoignent la chaîne "Rien que du sport, tout sport 24/24", que Roger semble DOMINER la partie.

 

Vernissage

Noyée dans la SOIERIE orange, la galerie de Lakevio, va ouvrir dans quelques instants. Des flûtes attendent des bulles, des carottes râpées patientent dans des saladiers en cristal de Bohême. La grande prêtresse de l'art brut nouveau, Miranda López de la Fabada (MLF), va ensorceler ses admirateurs avec sa nouvelle installation: "La carotte de A à C".
La galerie est transformée en long couloir revêtu de tissus en soie orange avec des motifs de carottes imprimés. Tout au fond de la galerie, un tableau, un seul, de dimension modeste, 10 cm sur 10 cm, "La jaune du Doubs",  signé MLF, participe au clou de ce spectacle. Miranda est aux anges, les critiques ont déjà écrit des papiers dithyrambiques qui satureront les réseaux sociaux. Le vernissage est prévu ce lundi 27 novembre à 22:15.

 

Nous interrompons la diffusion de ce programme, pour annoncer, qu'en début de soirée une partie de la vieille ville de Berne à disparu sous une botte de carottes géantes. Selon la police, un quidam a eu l'imprudence d'acheter samedi, au marché, des jaunes du Doubs. Il a déposé la botte de ces légumes dans son frigo. Manipulées génétiquement dans les années 50, la jaune du Doubs ne supporte pas la fraîcheur et se transforme en monstre. L'Adriano's bar n'a pas été touché!

 

20 novembre 2017

Des nouvelles d'Afrique

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

Troisième jeu  : la lettre

L'un des personnages écrit une lettre de voyage... avant lundi !


Chère Lakevio,

Dans la cuisine, une odeur de café plane. Sur les touches de l'ordinateur, je voulais taper "le devoir du lundi". Dehors, un paquebot sous pression attendait mon signal pour appareiller.Sur le pont, Paul et Virginie installés sur des chaises en acajou bavardaient en buvant des coupes de champagne. Ils partent pour Hong Kong.
Sur l'écran de l'ordinateur, un message entrant attire mon attention. Ce ne sont pas les prévisions météorologiques pour la croisière. Le message arrive du Tchad. Mon ami tchadien m'envoie quelques nouvelles.Le message parle de la Journée internationale des droits de l'enfant. Il contient quelques nouvelles. Mon ami écrit que pour cette journée des droits de l'enfant, il a servi aux siens une grosse boule de manioc accompagnée de sauce rouge et comme boisson du coca cola. Le message se termine par des salutations.
Je regarde la cuisine,un évier avec eau chaude et froide, une gazinière avec four, quelques appareils ménagers, un frigo avec compartiment de congélation, l'électricité et le chauffage.
Là-bas, dans le village au Tchad, un puit a été creusé, il y a quelques mois, par une ONG espagnole, cela évite des heures de marche pour aller, chaque jours, chercher de l'eau. Il n'y a pas d'électricité et le soir, les anciens racontent des contes et des légendes au cours de la veillée, parfois au clair de lune. Les journées se déroulent aux champs, et souvent, la pluie qui tarde à tomber, est le sujet des conversations.
Sur le paquebot qui emmène Paul et Virginie, le clair de lune éclaire le pont...
Finalement, j'ai laissé filé le paquebot et j'ai refermé le brouillon de mon devoir du lundi.
Un jour je vous raconterai, chère Lakevio, l'extraordinaire périple à travers l'Afrique de mon ami.
Le café est froid dans la tasse, je suis songeur. Là-bas, l'important c'est un puits, la pluie; ici, un Iphone X, du soleil et un 4X4...
Paul et Virginie arriveront à Hong Kong si un jour je reprends le brouillon de cette histoire, une histoire de lettre et de voyage.
Je rêvasse à un périple au Tchad, remis plusieurs fois. Je bois mon café froid et je regagne ma cabine. Le bateau de ligne file en direction du canal de Suez. Dans 80 jours j'aurai fait le tour du monde.
Recevez, chère Lakevio, mes salutations les meilleures.

Jean-Jacques'60

Au large de Chypre
Lundi, 20 novembre 2017

19 novembre 2017

Interlaken - voyage en train

Depuis Interlaken, la vue sur la Jungfrau était belle ce dimanche.
Retour à Berne à bord d'un wagon restaurant à l'ancienne.
Le long du lac de Thoune, le paysage de fin de journée est magnifique...

17 novembre 2017

Dollars!

Vendredi 17 novembre 2017

Il fait froid dans la Ville fédérale. Une bise court, à petite vitesse, sur le Plateau suisse. Elle perd en chemin des morceaux d'air froid. La capitale grelotte.

Un cappuccino, bu rapidement en lisant la presse, à l'Adriano's bar, réchauffe le corps. Les nouvelles du monde, imprimées dans le journal, glacent le cœur. Le haut-parleur, situé au-dessus de la machine à café, diffuse une musique rock. Les notes de musique tentent de se faire une place dans le bavardage ambiant. C'est vendredi, il est 16h30, la salle est pleine. C'est plutôt l'heure de la bière et de la Gazzosa que celle du café.

Dans le journal, on peut lire, entre deux dépêches de politique, qu'un tableau, "Salvator Mundi", 65 cm sur 45 cm, vendu 45 livres britanniques en 1958, un tableau peint vers 1500, peut-être par Léonard de Vinci, la querelle des experts n'est pas close, que ce "Sauveur du Monde" s'est vendu, à l'encan, en 19 minutes, pour la somme record dans le monde de l'art de 450,3 millions de dollars. Léonard songe à demander des droits d'auteur ! Je vais revoir à la hausse le prix de mes dessins d'écolier...

 

Dollar - Gilles et Julien - 1932

Dollars (ICI)

De l´autre côté de l´Atlantique
Dans la fabuleuse Amérique
Brillait d´un éclat fantastique
Le dollar
Il f´sait rêver les gueux en loques
Les marchands d´soupe et les loufoques
Dont le cerveau bat la breloque
Le dollar
Et par milliers, d´la vieille Europe
Quittant sa ferme ou son échoppe
Ou les bas quartiers interlopes
On part, ayant vendu jusqu´à sa ch´mise
On met l´cap sur la terre promise
Pour voir le dieu dans son église
Le dieu Dollar!

Mais déjà dans la brume
Du matin blafard
Ce soleil qui s´allume
C´est un gros dollar!
Il éclaire le monde
De son feu criard
Et les hommes à la ronde
L´adorent sans retard

On ne perd pas l´nord, vous pensez,
Juste le temps de s´élancer
De s´installer, d´ensemencer
Ca part!
On joue, on gagne, on perd, on triche
Pétrole, chaussettes, terrains en friche
Tout s´achète, tout s´vend, on d´vient riche
Dollar!

On met des vieux pneus en conserve
Et même, afin que rien n´se perde,
On fait d´l´alcool avec d´la merde
Dollar!
Jusqu´au bon Dieu qu´on mobilise
Et qu´on débite dans chaque église
Aux enchères comme une marchandise
A coups d´dollars!

Mais sur la ville ardente
Dans le ciel blafard
Cette figure démente
C´est le dieu Dollar!
Pas besoin de réclame
Pas besoin d´efforts
Il gagne toutes les âmes
Parce qu´il est en or

Autos, phonos, radios, machines,
Trucs chimiques pour faire la cuisine
Chaque maison est une usine
Standard
A l´aube dans une Ford de série
On va vendre son épicerie
Et l´soir on retrouve sa chérie
Standard
Alors on fait tourner des disques
On s´abrutit sans danger puisque
On est assuré contre tous risques
Veinard!
La vie qui tourne comme une roue
Vous éclabousse et vous secoue
Il aime vous rouler dans la boue
Le dieu Dollar

Quand la nuit sur la ville
Pose son manteau noir
Dans le ciel immobile
Veille le dieu Dollar
Il hante tous les rêves
Des fous d´ici-bas
Et quand le jour se lève
Il est encor là!

On d´vient marteau, dans leur folie
Les hommes n´ont plus qu´une seule envie
Un suprême désir dans la vie :
De l´or!
S´ils s´écoutaient, par tout le monde
On en sèmerait à la ronde
Au fond de la terre profonde
Encor!
On en nourrirait sans relâche
Les chèvres, les brebis, même les vaches
Afin qu´au lieu de lait elles crachent
De l´or!
De l´or partout, de l´or liquide
De l´or en gaz, de l´or solide
Plein les cerveaux et plein les bides
Encor! Encor!

Mais sous un ciel de cendre
Vous verrez un soir
Le dieu Dollar descendre
Du haut d´son perchoir
Et devant ses machines
Sans comprendre encor
L´homme crever de famine
Sous des montagnes d´or!

Dollar est une chanson écrite par Jean Villard-Gilles, en juillet 1932.

16 novembre 2017

Chocolats 100% cacao


Florilège de chocolats 100% cacao, ma marotte!
Le meilleur est le 100% de chez Bernard Dufoux, meilleur ouvrier de France, à  La Clayette (Saône et Loire)

                                                                                       

Rêveries
Rêveries
Newsletter
CINÉMA

- Mais... c'est l'intervention de cette grosse femme... C'est un ptit peu... enfin... ça va très loin.
- C'est là que je me rends compte que malheureusement, je vous ai beaucoup moins bien réussi que le porc.

Pierre et Thérèse.
Le père Noël est une ordure 

 

GUERRE

La guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas.
Paul Valéry

Archives