L'eau pétille dans le verre. De petites bulles, à une vitesse vertigineuse, se ruent à la surface où elles éclatent de rire en faisant pschitt!
Il fait beau.
Un vent agite les bambous en pot bordant la terrasse du restaurant ayant pignon sur la place de la gare. La chaleur enveloppe les consommateurs absorbés dans la lecture de la presse quotidienne.
Exilé dans mon village presque natal, je regarde le printemps s'épanouir. Cette torpeur ne durera pas. Je serai absorbé par "les temps modernes*" d'ici peu.
"L'oeuvre au noir" de Marguerite Yourcenar accompagne ma retraite. "Les mémoires d'Adrien" m'avait laissé sur le carreau. J'étais éblouis, cette lecture m'a bouleversé. La beauté du texte c'est transformé en musique intérieure au point que je me demandais si la lecture devenait possible sans Yourcenar. Plusieurs mois se sont écoulés... Avec "l'oeuvre au noir" me voilà une nouvelle fois plongé dans les rets de Marguerite. Je parcours l'Europe en compagnie de Zénon. Je tremble. L'aventure s'achèvera tragiquement dans un cachot de l'inquisition. Je tremble pour Zénon. Je tremble pour notre liberté...
L'eau du lac de Thoune couleur des glaciers bercent les ramures des hêtres qui, depuis des siècles abritent le sentier du bord de la rive. Le château de Spiez veille sur le vignoble et le vapeur aux lignes 1900 cabote de ponton en ponton de Thoune à Interlaken.
Les eaux couleur de glacier m'ouvrent leur bras et je m'enfonce dans l'eau minérale.
Le soleil du soir diffuse une douce clarté. Les rares nageurs se saoûlent de l'été, se saoûlent de l'été.
La sirène du vapeur semble sortir d'un autre temps.
Café Sperl, neuf heures et demie du soir. Les parties de cartes battent leur plein. La caissière devant une pile de cahiers fait les comptes du jour. Le garçon, avec nonchalance, apporte cafés, bières ou sodas. Calé sur la banquette chamarrée de rouge, gris et blanc, un voyageur lit la NZZ. Deux dames à chapeau devisent durant des heures dans leur parler viennois chantant. Les nouveaux arrivants déposent leurs vestes aux porte-manteaux disposés près des tables. Les lustres et appliques diffusent une lumière chaleureuse. Nul ne songe à s'en aller. L'horloge, figée depuis longtemps sur huit heures du matin ou du soir, fait oublier au voyageur que dehors les gens passent...
Dans le parc d'une villa à l'abandon, la floraison d'un magnolia jonche le sol, ceinture laiteuse aux reflets roses sur laquelle vagabondent des fourmis avanturières.
Des milliers de pissenlits, soleils miniatures ,tapissent champs, plates-bandes et jusqu'aux interstices des murailles.
Le printemps trépigne, le printemps s'affiche.
Les branches chargées d'espoir gourmand s'épanchent, il neige sous les cerisiers.
Le ciel est barbouillé. Les Alpes et leur légendaire candeur éternelle, voilées par la brume barrent l'horizon.
Au détour d'un stöckli, deux cardamines des champs en grande coversation ignorent le Bouvier bernois qui s'oublie à leur pied.
Deux ventilateurs brassent l'air matinal. La porte de verre de l'Adriano's s'ouvre et se referme. Devant le zinc une poignée d'habitués les yeux embués, mal réveillés, boivent un doppio. Le breuvage, un café Malabar, arrache les consommateurs à leur somnolence.
Il fait beau.
Dans la rue passe un cortège de jeunes gens. Ils scandent des slogans antinucléaires. La manifestation improvisée s'engouffre dans la rue voisine, suivie d'un ruban de voitures et de bus...
Sur une assiette blanche au liseré bleu royal des nèfles brun ocre blettissent...
Loin de là, sur le marché de Llucmajor, dans une caissette en bois, d'autres nèfles attendent de devenir blettes pour offrir leur parfum de pommes en compote.
Le vert sombre, rehaussé du vert tendre, des pousses automnales des caroubiers se fond dans la nuit d'encre. Le vent avec force court dans les yeuses où brillent furtivement des billes blanches, yeux de lapins partis à l'aventure.
La mer avec furie achève sa course sur les rochers abrupts de la Côte Sauvage.
Dans la nuit d'encre, quelques étoiles scintillent. Dans la campagne où souffle le vent, des jappements de chiens se mêlent au concert des bruits mystérieux qui peuplent la soirée.
Dans la ferme close, près de la cheminée les anciens racontent le passé en jouant aux dominos. Dans la cuisine sur un plat des nèfles couleur brun ocre blettissent...
Pacific 231 est un court métrage (9'53) français réalisé par Jean Mitry, sorti en 1949.
Il est illustré par la pièce symphonique composée en 1923 par Arthur Honegger, Pacific 231.
La vedette principale est la locomotive à vapeur Pacific 231 E 24 « Chapelon. »
L'adaptation du film est de Jean Mitry et Marc Ducouret, les images d'André Périé (cinéaste officiel de la SNCF), d'André Tadié et Jean Jarret, le son de Georges Leblond.
La machine était conduite sur la ligne Paris-Lille par l'équipage composé de Gilbert Parrage et Jean Grangier.
"Pacific 231" 1949 movie: Jean Mitry-music: Arthur Honegger original !
A Tempelhof, le silence ne se manifeste jamais. Les avions qui passent au large des fenêtres de la cuisine dorment, mais les voitures qui errent aux alentours d'Ostring ne sont jamais fatiguées... Le lave-vaisselle couine pour indiquer que les porcelaines sont rutilantes, chaudes et encore un peu humides! Le téléviseur installé au salon sur un meuble en zébrano, diffuse un film d'Almodovar en version originale sous-titrée. L'intérieur de la maison est d'un silence total, c'est à l'extérieur que par intermittence se fait entendre le bruit des moteurs des automobiles. Un tram s'arrête à l'arrêt situé à deux pas de la maison. Dans la cuisine, le clapotis des touches de l'ordinateur couvre à peine le chuintement du ventilateur de la machine qui permet de se connecter avec le monde virtuel. A Tempelhof, le silence ne se manifeste jamais.
Les vents de la plaine pannonienne soufflent sur Vienne, déchirent les nuages et laissent entrevoir un dernier rayon de soleil avant la nuit glaciale... ...La nuit enveloppe Vienne, il est 17 heures. A l'abri du froid au café Demel, mon âme vagabonde du côté du Belvédère où s'expose les oeuvres de Klimt. Je bois un thé biedermeier en grignotant une tranche d'apfelstrudel... ...Voyager, voyager....
L’exercice, le défi, réaliser un vidéogrammes de 30 secondes chaque jour de décembre. Un calendrier de l’Avent numérique qui se poursuivrait jusqu’au 31. Vais-je relever le défi ? Vidéogramme 8/31
Route carrossable Interlaken 8 décembre 2023 Images, montage, traitement de l'image, réalisation Jeanjacques666
L’exercice, le défi, réaliser un vidéogrammes de 30 secondes chaque jour de décembre. Un calendrier de l’Avent numérique qui se poursuivrait jusqu’au 31. Vais-je relever le défi ? Vidéogramme 7/31
Anniversaire de Mi-ibô. J’ai commencé ma sieste chauffé par les rayons du soleil et me suis éveillé alors qu'Il se couchait sur le jardin. Ma mère qui, à moitié endormie, cousait un «jûban» pour mon père, s'est entetée à recommencer car tout était de travers. «Ça restera après moi !» nous a-t-elle dit. Voici la question de circonstance posée par Mi-ibô pour son anniversaire: «De quel côté de la rivière est-elle arrivée la pêche dans laquelle vous m'avez trouvée?» Au diner, on avait préparé les crevettes envoyées par Haruta. Mi-ibô a refusé de venir manger de peur de subir le même sort que les enfants de l'ogre!
L’exercice, le défi, réaliser un vidéogrammes de 30 secondes chaque jour de décembre. Un calendrier de l’Avent numérique qui se poursuivrait jusqu’au 31. Vais-je relever le défi ? Vidéogramme 5/31
Aujourd'hui, il faut parler chiffres...
Ce vidéogramme est chiffré de bout en bout 5.12.2023 Images, montage, réalisation Jeanjacques666
Au duc Léopold de Lorraine
À Versailles, ce dimanche 5 de décembre 1706
Il m’est si naturel, Monsieur, m'étant ce que vous m'êtes, de m’intéresser à votre santé pour laquelle je fais toujours des vœux, que je ne prétends pas que vous m'en deviez le moindre remerciement. Je suis ravie que vous en soyez délivré, et vous souhaite une longue et parfaite santé, Monsieur. Vous avez bien fait d'empêcher ma fille d'écrire en l'état où elle est, mais j'espère que, puisque son rhume se guérit, qu'elle en sera bientôt délivrée. Dès qu'elle pourra cracher cela finira. Je n'ai garde de trouver mauvais les soins que vous me marquez avoir pour ma fille, Monsieur, jusques à vous donner la peine que d'écrire vous-même pour elle. Cela ne peut que me faire grand plaisir ; je voudrais seulement que ce ne fut pas à l'occasion d'une maladie. Dieu merci, le rhume n'est qu'un mal passager. J'espère que le beau temps qu'il fait aujourd'hui que la lune renouvelle, aidera à guérir ma fille. Je vais lui écrire après vous avoir assuré de mon estime et tendre amitié maternelle.
Elisabeth Charlotte
Lettre 324 Madame Palatine Lettres françaises Présentées par Dirk der Cruysse Ouvrage publié avec le concours du Centre national des Lettres Librairie Arthème Fayard, 1989
Début octobre, je faisais un pèlerinage dans la Cité de Calvin. J’ai arpenté cette ville pendant 35 ans. En novembre 2011, j’ai jeté l’éponge et j’ai quitté Genève. J’y retourne occasionnellement… J'ai filmé ma balade automnale dans la ville du bout du lac !
Promenade - Genève - À la recherche de Michel Butor
Promenade – Genève À la recherche de Michel Butor L'incipit du roman « La modification » de Michel Butor, lu par le filmeur Musique : Stiller Has – Aare Filmé à Genève mardi 3 octobre 2023 Images, montage, réalisation Jeanjacques666
Il est 9h. «Star Hôtel», chambre 33*. Deux longues semaines dénuées du moindre intérêt. J'ai dû dormir sans moustiquaire: ô nuit délicieuse! *Ozu doit effectuer un mois de service militaire. Le « Star Hôtel » est une caserne. Le numéro 33 est celui du bataillon auquel il appartient.
Yasujiro Ozu Carnets 1933 - 1963
Ambiance au Versa bar à Berne, photographiée ce matin :
Variations Berne Versa bar 16 septembre 2023 Images, montage, réalisation Jeanjacques666
Samedi, quatre troupeaux sont descendus des alpages. Il y avait également le marché des fromages d’alpages. J’ai filmé l’événement. La minute d’émotion c’est à 4’ minutes, quand les cors des Alpes ont salué le dernier troupeau du jour. Samedi, les dernières désalpes mettront fin à un mois d’intense activité dans les cantons alpins.
Samedi, j’étais dans le village des vacances de mon enfance. J’ai filmé la désalpe :
Rien n’y manque, vaches, chèvres, chevaux, fanfares, claqueurs de fouet, sonneurs de toupins, lanceurs de drapeaux, cors des Alpes, les enfants de l’école, les chars des différentes sociétés du village, un groupe en costumes traditionels venu de Bâle-Campagne et une guggenmusik… Rien n’y manque ? Si la fanfare de Lignières ! Le mystère est total sur cette absence.
46e Désalpe de Lignières Les actualités Filmé à Lignières le 23 septembre 2023 Images, montage, réalisation Jeanjacques666
Car postal, train I, II, III, funiculaire et car postal Une équipée à suspens Un trajet qui commence au pied des Alpes pour se terminer au pied du Chasseral Espérer que tous ces modes de transport respectent les horaires, trois minutes pour courir de la gare du train à celle du funiculaire, trois autres minutes pour gagner l'arrêt du car postal au sommet du funiculaire Longer le lac de Thoune, celui de Bienne qui est vaguement agité Voir de très près des grappes de raisin qui tentent de mûrir Arpenter la gare de Berne et de Bienne, effleurer la garette de Gléresse À Prêles, avoir une pensée pour le poète Francis Giauque Arriver dans le village des vacances de mon enfance pile à l'heure prévue par l'horaire électronique, malgré une addiction pour l'écran du téléphone du jeune chauffeur de car Une météo capricieuse, tantôt une pluie diluvienne, tantôt un soleil éclatant
Lors de mon précédent séjour à Lignières, j'ai filmé le jardin. Voici le vidéogramme :
LE JARDIN DE LIGNIÈRES le vent, les insectes, les nuages, un chat Filmé à Lignières le 28 juillet 2023 Avec Francine, Capucine, les mains du filmeur Images, montage, réalisation Jeanjacques666
Un orage en fin d’après-midi De la pluie A l'arrêt du car, ce matin, entendu des propos pessimistes entre un paysan qui rentrait un chargement de foin et une dame du village. La dame disait que c'était bien d'avoir ce beau temps pour la période des foins. Lui, il a dit qu'il maudissait ce beau temps. Les vaches sur les alpages n'ont pas d'herbe, la production de fromage d'alpage tourne au ralenti. Le fromage d'alpage est une plus-value importante dans l'équilibre du budget et que sans pluie il n'y aura pas de regain, donc pas assez de fourrage pour l'hiver... Et pendant ce temps-là, sur une chaîne de télévision française, une émission propose un changement de vie à des citadins qui veulent vivre à la campagne, dans une maison si possible avec une piscine... L’agent immobilier dit que c’est important une piscine, lors de la revente de la maison il y aura une belle plus-value. Malheureusement il n’y aura pas assez de meules de fromage d’alpage pour remplir les piscines !
J'ai filmé l'orage du 20 juin :
Le petit village dans les montagnes Orage Filmé à Habkern le 20 juin 2023 Images, montage, réalisation Jeanjacques666
Journée transparente, pure et chaude, mais fraîchie pourtant par une bise infatigable. Matin dans le verger de Lucien : correspondance. Causeries avec Lucien, sa femme, sa mère. Olivier remonte de Moudon vers 10 heures et pendant que je lui crie bonjour, sa femme et son beau-père endimanchés à la hâte surviennent et le remmènent avec eux en hâte vers Moudon où des marchands machinent contre eux quelque chose. L'après-midi : un électricien m'emmène voir des poteaux à déplacer - sur nos terres. Commandes de graines. Le soir, je repars vers V[ucherens]. Olivier fauche, je désandagne* jusqu'au soleil couché. Fin du jour d'une beauté inouïe, les chevaux, Olivier, l'herbe même, cuivrés et dorés richement par la lumière déclinante. (L'après-midi, enterrement de la petite Laeser - Mon éloignement astronomique de tous ces hommes, du pasteur plus encore. Pas la moindre émotion : ces instants de sécheresse me consternent)
*Défaire (les andins) à la fourche, au râteau (DSR, Dictionnaire suisse romand, particularités lexicales du français contemporain, éd. André Thibault, Carouge-Genève, Zoé, 2012)
Une main hésitante, mal réveillée, fripée par une nuit cauchemardesque, une main encore mal assurée, une main avec une forêt de poils sur les phalanges, poils qui seront taillés et brossés dans la journée, une main avec une paume striée de lignes, lignes enchevêtrées dans des gerçures provoquées par des froids polaires, lignes qui seront lues, interprétées et analysées par un oracle dans la matinée, cette main qui s’agite au-dessus d’une chaise style Louis-Philippe, chaise qui fait office de table de chevet, chaise encombrée de livres, chaise d’où jaillissent des alarmes stridentes, un déchirement de décibels qui agace cette main à moitié endormie, cette main qui lentement se referme sur elle-même formant un poing, un poing qui s’abat en un éclair sur la source sonore. Repose en paix réveil-matin !
Le réveil matin (En public) - Henri Dès - Enregistrement public (1975)
Le 24 septembre se déroulait dans le village des vacances de mon enfance la 45e désalpe. J'avais assisté à la première en 1975 et déjà je filmais (en format super-8) ! Voici le vidéogramme que j'ai réalisé du retour de la désalpe après deux ans de disette.
45e désalpe de Lignières 24 septembre 2022 Images, montage, réalisation Jeanjacques666 « Les désalpes de 2020 et 2021 furent annulées pour cause de pandémie »
Le 15 septembre, j'ai fait une brève croisière sur le lac de Neuchâtel, à bord du bateau à vapeur "Neuchâtel", dans un décor étonnant. Voici le vidéogramme.
Promenade - En vapeur sur le lac de Neuchâtel Neuchâtel - Cudrefin - Portalban - Neuchâtel Il automne Filmé le 15 septembre 2022 Musique : Stiller Has - Aare Images, montage, réalisation Jeanjacques666
Vertigineux, l’été s’exalte dans l’air alpestre, les yeux bandés. L’automne attise les monstres, verse un vin grec dans la coupe du prophète. Les violettes d’hiver gèlent dans la main de l’insensé. Au plus sombre printemps germe l’arbre futur.
Le bandeau noir Edmond-Henri Crisinel
Edmond-Henri Crisinel, né à Faoug le 2 janvier 1897 et mort à Nyon le 25 septembre 1948, est un poète, écrivain et journaliste vaudois.
Fin juin, j'ai filmé des canards à Spiez :
Les canards de Spiez prennent la pose à la pause de midi Filmé aux alentours de midi à Spiez Le 28 juin 2022 Images, montage, réalisation Jeanjacques666
- Mais... c'est l'intervention de cette grosse femme... C'est un ptit peu... enfin... ça va très loin.
- C'est là que je me rends compte que malheureusement, je vous ai beaucoup moins bien réussi que le porc.
Pierre et Thérèse.
Le père Noël est une ordure