Le vent dévale le Gurten et s'infiltre dans les interstices de la Maison des delphiniums en un sifflement aiguë. Les portes ouvertes semblent bouger et des courants d'air se promènent sans gêne dans la maison. Calfeutré sous une épaisse couche de couverture, le maîtres des lieux a fait monter une chaufferette. Quelque part dans la cuisine, une coccinelle oubliée des temps vaque à ses occupations. Dehors, c'est la fin des temps.
Federico Fellini directs Amarcord in rare behind-the-scenes footage
Ambiance du tournage du film. Dans l'une des scène, on voit un des acteur compter au lieu de dire un texte. C'était une technique sur les plateaux de Fellini. Le texte était post-synchronisé, souvent par des voix différentes.
Avant d'avaler la pastille d'iode radioactive il y a une période de défreination... Cette période est particulièrement difficile pour le patient. L'entourage subit les effets collatéraux. Fatigue, confusion des sens, le patient passe aussi par des états de dépression et de colère. Il se présente ensuite, en fin de semaine, dans le cabanon de la médecine nucléaire. Service un peu isolé du reste de l'hôpital. Après un dernier examen, il est confiné avec d'autres patients dans une suite de chambres totalement isolées. Il ingurgite la gélule d'iode radioactif et tout ce qu'il touche désormais subira un contrôle et risque de terminer son histoire avec les déchets radioactifs. Quand le taux de radiation a retrouvé la normale, le patient peut ressortir de sa bulle isolante.
Adriano's 10 heures, c'est la presse dans le café. Les tables sont encombrées de tasses, de viennoiseries, de sandwich. Les papotages couvrent la musique, le concerto No 21 de Mozart. Derrière le bar c'est le chaos organisé. A deux il faut servir les fous de café et satisfaire les affamés, remplir et vider le lave-vaisselle, encaisser les consommations et répondre au téléphone. Dans cette agitation matinale un homme vêtu d'une combinaison couleur café, avec minutie rend une jeunesse au torréfacteur.
Il s'installa dans une voiture de première classe du train de nuit à destination de Genève. Il déballa un sandwich géant, décapsula une canette d'une boisson à base de coca avec un degré zéro en sucre. A 23H08 précise le train quitta le quai de la gare de la capitale helvétique. Alors que le convois fonçait dans la nuit, il mastiquait avec rigeur son en-cas tout en lisant l'étiquette énumèrant les ingrédients composant le sandwich géant. Cette liste le fit frisonner, elle était digne d'un roman d'angoisse. Il éructa de façon violente. Les rares voyageurs assis dans le wagon de première classe le regardèrent avec des mines réprobatrices. Quand le train entra dans la gare de Fribourg, affalé sur la banquette, il ronflait...
Automne, un pâle soleil se glisse entre les nuages pluvieux qui ne se pressent pas de passer. Dimanche matin, l'Adriano's déborde de consommateurs, la terrasse est désertée. A l'intérieur, les amateurs de café sont comme harengs en caque. L'automne et sa fraîcheur rendent méfiant les fervents de terrasse. Seul les amateurs de nicotine envahissent les bancs balayés par un ventelet frais.
Bonjour Jean-Jacques. Le ciel pleure... pourquoi on ne sait pas mais il pleure beaucoup. Mais c'est pas grave, moi je ris d'être loin de vous. C'est joli non?!
Laurent
Gros mimis
Cath
Carte postale : Concarneau 8 petites photos: La ville close, le port et la plage des Sables Blancs. Cachet postel: LETTRE LA POSTE 05513A PRIORITAIRE 16.06.11 FRANCE. Affranchissement: Une Marianne bleue.
La table dressée sur le balcon attend les convives. Le souper est servi dans de grandes assiettes au liseré couleur des blés. Le soleil a disparu derrière les maisons dessinées dans les années 1940. Une guêpe affamée survole les plats et tente plusieurs atterrissages. La chaleur des plats empêche la carnassière d’attaquerle dîner. Las, elle disparaît dans le feuillage de l’arbre des oiseleurs qui ombre le balcon. Un cafard tombé dans un verre à jambe se noie dans un grand cru classé. Une fourchette adroitement maniée sauve de l’ivresse des profondeurs l’insecte. Déposé sur la rambarde, il cuve avant de disparaître dans un interstice du balcon. Le contenu du verre « cafardisé » est jeté par-dessus bord et s’égoutte sur un chat qui déguerpi. Un élégant gentilhomme en costume blanc avec une guêpe affamée à la boutonnière passe sur la pelouse. Il soulève son chapeau dégageant une chevelure argentée et fait un clin d’œil aux convives qui s’installent à la table dressée sur le balcon. L’élégant gentilhomme disparaît dans les bosquets du jardin. C’est l’Eté, le bel été qui parcourt son domaine. Dans le ciel, une étoile s’allume…
Le paysage blanchi par des chutes de neige industrielles dessine une tache blanchâtre dans la nuit qui s'avance. Une sonate de Schubert égrenée par un piano mécanique plonge les voyageurs du wagon restaurant dans une indicible tristesse. Le train file sur les rives du Léman. L'hiver s'est installé...
L'hiver prend ses aises et marque son territoire jusque sur les toits de Lucerne. En déambulant dans la vieille ville, des bouffées d'Est sont perceptibles. C'est une ville dépaysante. Au loin, les montagnes enneigées qui cernent le lac des Quatre Cantons appellent à l'aventure.
Un bateau escorté d'une colonie de mouettes braillardes acoste.
Sur le quai de la gare un couple d'amoureux s'enlace avant le déchirement du départ. Quelque part une horloge frappe la demie d'une heure.
Dans la soirée de jeudi, une chute de neige a mis un terme à "la fin des temps". Silencieusement une armée de flocon a blanchi le décor. L'hiver arrive, l'hiver s'installe.
Depuis le wagon restaurant situé au milieu d'un train qui file vers Zurich, le voyageur admire le paysage immaculé. Un troupeau de chevreuils détale, effrayé par le bruit du chemin de fer.
Berne - Zurich, IC de 10H30
Une chute de neige a mis un terme à "la fin des temps". L'hiver s'installe. Songeuse, la mouette perchée sur la rambarde au bord de la Limmat hésite à passer chez le bottier.
La nuit enveloppe la ville. Les environs du Palais Fédéral sont interdits. La présidente de la Confédération invite à dîner le président turc ainsi que quelques initiés triés sur le volet.
Pour échapper à ces mondanités, descente sans les sous-sol d'une maison antique où est installé le café Roma. Le cappuccino y est délicieux.
L'eau pétille dans le verre. De petites bulles, à une vitesse vertigineuse, se ruent à la surface où elles éclatent de rire en faisant pschitt!
Il fait beau.
Un vent agite les bambous en pot bordant la terrasse du restaurant ayant pignon sur la place de la gare. La chaleur enveloppe les consommateurs absorbés dans la lecture de la presse quotidienne.
Exilé dans mon village presque natal, je regarde le printemps s'épanouir. Cette torpeur ne durera pas. Je serai absorbé par "les temps modernes*" d'ici peu.
"L'oeuvre au noir" de Marguerite Yourcenar accompagne ma retraite. "Les mémoires d'Adrien" m'avait laissé sur le carreau. J'étais éblouis, cette lecture m'a bouleversé. La beauté du texte c'est transformé en musique intérieure au point que je me demandais si la lecture devenait possible sans Yourcenar. Plusieurs mois se sont écoulés... Avec "l'oeuvre au noir" me voilà une nouvelle fois plongé dans les rets de Marguerite. Je parcours l'Europe en compagnie de Zénon. Je tremble. L'aventure s'achèvera tragiquement dans un cachot de l'inquisition. Je tremble pour Zénon. Je tremble pour notre liberté...
L'eau du lac de Thoune couleur des glaciers bercent les ramures des hêtres qui, depuis des siècles abritent le sentier du bord de la rive. Le château de Spiez veille sur le vignoble et le vapeur aux lignes 1900 cabote de ponton en ponton de Thoune à Interlaken.
Les eaux couleur de glacier m'ouvrent leur bras et je m'enfonce dans l'eau minérale.
Le soleil du soir diffuse une douce clarté. Les rares nageurs se saoûlent de l'été, se saoûlent de l'été.
La sirène du vapeur semble sortir d'un autre temps.
Café Sperl, neuf heures et demie du soir. Les parties de cartes battent leur plein. La caissière devant une pile de cahiers fait les comptes du jour. Le garçon, avec nonchalance, apporte cafés, bières ou sodas. Calé sur la banquette chamarrée de rouge, gris et blanc, un voyageur lit la NZZ. Deux dames à chapeau devisent durant des heures dans leur parler viennois chantant. Les nouveaux arrivants déposent leurs vestes aux porte-manteaux disposés près des tables. Les lustres et appliques diffusent une lumière chaleureuse. Nul ne songe à s'en aller. L'horloge, figée depuis longtemps sur huit heures du matin ou du soir, fait oublier au voyageur que dehors les gens passent...
Dans le parc d'une villa à l'abandon, la floraison d'un magnolia jonche le sol, ceinture laiteuse aux reflets roses sur laquelle vagabondent des fourmis avanturières.
Des milliers de pissenlits, soleils miniatures ,tapissent champs, plates-bandes et jusqu'aux interstices des murailles.
Le printemps trépigne, le printemps s'affiche.
Les branches chargées d'espoir gourmand s'épanchent, il neige sous les cerisiers.
Le ciel est barbouillé. Les Alpes et leur légendaire candeur éternelle, voilées par la brume barrent l'horizon.
Au détour d'un stöckli, deux cardamines des champs en grande coversation ignorent le Bouvier bernois qui s'oublie à leur pied.
Deux ventilateurs brassent l'air matinal. La porte de verre de l'Adriano's s'ouvre et se referme. Devant le zinc une poignée d'habitués les yeux embués, mal réveillés, boivent un doppio. Le breuvage, un café Malabar, arrache les consommateurs à leur somnolence.
Il fait beau.
Dans la rue passe un cortège de jeunes gens. Ils scandent des slogans antinucléaires. La manifestation improvisée s'engouffre dans la rue voisine, suivie d'un ruban de voitures et de bus...
Sur une assiette blanche au liseré bleu royal des nèfles brun ocre blettissent...
Loin de là, sur le marché de Llucmajor, dans une caissette en bois, d'autres nèfles attendent de devenir blettes pour offrir leur parfum de pommes en compote.
Le vert sombre, rehaussé du vert tendre, des pousses automnales des caroubiers se fond dans la nuit d'encre. Le vent avec force court dans les yeuses où brillent furtivement des billes blanches, yeux de lapins partis à l'aventure.
La mer avec furie achève sa course sur les rochers abrupts de la Côte Sauvage.
Dans la nuit d'encre, quelques étoiles scintillent. Dans la campagne où souffle le vent, des jappements de chiens se mêlent au concert des bruits mystérieux qui peuplent la soirée.
Dans la ferme close, près de la cheminée les anciens racontent le passé en jouant aux dominos. Dans la cuisine sur un plat des nèfles couleur brun ocre blettissent...
Pacific 231 est un court métrage (9'53) français réalisé par Jean Mitry, sorti en 1949.
Il est illustré par la pièce symphonique composée en 1923 par Arthur Honegger, Pacific 231.
La vedette principale est la locomotive à vapeur Pacific 231 E 24 « Chapelon. »
L'adaptation du film est de Jean Mitry et Marc Ducouret, les images d'André Périé (cinéaste officiel de la SNCF), d'André Tadié et Jean Jarret, le son de Georges Leblond.
La machine était conduite sur la ligne Paris-Lille par l'équipage composé de Gilbert Parrage et Jean Grangier.
"Pacific 231" 1949 movie: Jean Mitry-music: Arthur Honegger original !
A Tempelhof, le silence ne se manifeste jamais. Les avions qui passent au large des fenêtres de la cuisine dorment, mais les voitures qui errent aux alentours d'Ostring ne sont jamais fatiguées... Le lave-vaisselle couine pour indiquer que les porcelaines sont rutilantes, chaudes et encore un peu humides! Le téléviseur installé au salon sur un meuble en zébrano, diffuse un film d'Almodovar en version originale sous-titrée. L'intérieur de la maison est d'un silence total, c'est à l'extérieur que par intermittence se fait entendre le bruit des moteurs des automobiles. Un tram s'arrête à l'arrêt situé à deux pas de la maison. Dans la cuisine, le clapotis des touches de l'ordinateur couvre à peine le chuintement du ventilateur de la machine qui permet de se connecter avec le monde virtuel. A Tempelhof, le silence ne se manifeste jamais.
Les vents de la plaine pannonienne soufflent sur Vienne, déchirent les nuages et laissent entrevoir un dernier rayon de soleil avant la nuit glaciale... ...La nuit enveloppe Vienne, il est 17 heures. A l'abri du froid au café Demel, mon âme vagabonde du côté du Belvédère où s'expose les oeuvres de Klimt. Je bois un thé biedermeier en grignotant une tranche d'apfelstrudel... ...Voyager, voyager....
L’exercice, le défi, réaliser un vidéogrammes de 30 secondes chaque jour de décembre. Un calendrier de l’Avent numérique qui se poursuivrait jusqu’au 31. Vais-je relever le défi ? Vidéogramme 8/31
Route carrossable Interlaken 8 décembre 2023 Images, montage, traitement de l'image, réalisation Jeanjacques666
L’exercice, le défi, réaliser un vidéogrammes de 30 secondes chaque jour de décembre. Un calendrier de l’Avent numérique qui se poursuivrait jusqu’au 31. Vais-je relever le défi ? Vidéogramme 7/31
Anniversaire de Mi-ibô. J’ai commencé ma sieste chauffé par les rayons du soleil et me suis éveillé alors qu'Il se couchait sur le jardin. Ma mère qui, à moitié endormie, cousait un «jûban» pour mon père, s'est entetée à recommencer car tout était de travers. «Ça restera après moi !» nous a-t-elle dit. Voici la question de circonstance posée par Mi-ibô pour son anniversaire: «De quel côté de la rivière est-elle arrivée la pêche dans laquelle vous m'avez trouvée?» Au diner, on avait préparé les crevettes envoyées par Haruta. Mi-ibô a refusé de venir manger de peur de subir le même sort que les enfants de l'ogre!
L’exercice, le défi, réaliser un vidéogrammes de 30 secondes chaque jour de décembre. Un calendrier de l’Avent numérique qui se poursuivrait jusqu’au 31. Vais-je relever le défi ? Vidéogramme 5/31
Aujourd'hui, il faut parler chiffres...
Ce vidéogramme est chiffré de bout en bout 5.12.2023 Images, montage, réalisation Jeanjacques666
Au duc Léopold de Lorraine
À Versailles, ce dimanche 5 de décembre 1706
Il m’est si naturel, Monsieur, m'étant ce que vous m'êtes, de m’intéresser à votre santé pour laquelle je fais toujours des vœux, que je ne prétends pas que vous m'en deviez le moindre remerciement. Je suis ravie que vous en soyez délivré, et vous souhaite une longue et parfaite santé, Monsieur. Vous avez bien fait d'empêcher ma fille d'écrire en l'état où elle est, mais j'espère que, puisque son rhume se guérit, qu'elle en sera bientôt délivrée. Dès qu'elle pourra cracher cela finira. Je n'ai garde de trouver mauvais les soins que vous me marquez avoir pour ma fille, Monsieur, jusques à vous donner la peine que d'écrire vous-même pour elle. Cela ne peut que me faire grand plaisir ; je voudrais seulement que ce ne fut pas à l'occasion d'une maladie. Dieu merci, le rhume n'est qu'un mal passager. J'espère que le beau temps qu'il fait aujourd'hui que la lune renouvelle, aidera à guérir ma fille. Je vais lui écrire après vous avoir assuré de mon estime et tendre amitié maternelle.
Elisabeth Charlotte
Lettre 324 Madame Palatine Lettres françaises Présentées par Dirk der Cruysse Ouvrage publié avec le concours du Centre national des Lettres Librairie Arthème Fayard, 1989
- Mais... c'est l'intervention de cette grosse femme... C'est un ptit peu... enfin... ça va très loin.
- C'est là que je me rends compte que malheureusement, je vous ai beaucoup moins bien réussi que le porc.
Pierre et Thérèse.
Le père Noël est une ordure