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Rêveries
2 octobre 2017

L'offre et la demande, jusqu'à saturation...

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

Parfois, comme cette-fois-ci, il y a une consigne supplémentaire:

Jeu des Papous

1) Commencez impérativement votre texte par la phrase suivante : "Ça a débuté comme ça." (emprunt à Louis-Ferdinand, qui voyage au bout de la nuit.)

2) Terminez impérativement votre texte par la phrase suivante : "En fait, Madame Polant déléguée par la famille avait seule suivi le corbillard." (emprunt à Maurice des Grandes familles.)

Entre les deux, casez ce que vous voulez !

°°°°°°°°°°°°°°°°°

Ça a débuté comme ça. Le père Maxime, béret vissé sur la tête, vêtu d'un costume aux couleurs indéfinissables, s'est penché vers la vitrine pour regarder un éclair au chocolat. Il en avait envie. Il soupira, réfléchit, il regarda longuement la pâtisserie et se décida. Il franchit la porte de la boulangerie-pâtisserie. La patronne fut surprise de voir le père Maxime dans son magasin. On chuchotait, dans le village, qu'il dormait sur un magot et que son porte-monnaie avait des toiles d'araignée.
-C'est un pingre et un grippe-sou disait de lui Martha, une parente éloignée.
-Bonjour, monsieur...
-Bonjour, bonjour, je voudrais l'éclair au chocolat qui est dans la vitrine.
La patronne mit la pâtisserie dans un petit carton. Elle encaissa, le père Maxime salua et sortit.
Le lendemain il restait une tartelette aux framboises. Il salua et emporta la fine pâtisserie. Personne, dans le village ne se souvenait l'avoir vu faire des dépenses, encore moins pour des sucreries.
Le troisième jour, il restait un diplomate et un baba au rhum. Le père Maxime salua prestement en emportant son butin.
Le village commença à jaser. Que se passait-il?
On interrogea Martha, sa proche parente. Elle criait à qui voulait l'entendre:
-Balivernes que tout cela. C'est un pingre et un grippe-sou.
Au fil des jours les pâtisseries se mirent à fourmiller dans la vitrine. Il prenait tout.
Les semaines passèrent et l'on vit le père Maxime à l'étroit dans son costume aux couleurs indéfinissables.
Madame Polant, une autre parente, qui suivait tous les cortège funèbres, disait à voix basse:
-Si c'est pas malheureux de dilapider son patrimoine dans de la pâtisserie.
Madame Polant et Martha étaient les principales héritières du père Maxime. Elles veillaient à leur façon sur le magot. Il y avait bien de la famille à Paris, mais on oublierait de les prévenir. Martha en ferait son affaire auprès du notaire, un cousin à elle.
La patronne de la boulangerie-pâtisserie avait engagé un commis. On ne cuisait presque plus de pain. On faisait des pâtisseries jour et nuit. Il n'y en avait jamais assez.
Le père Maxime devint énorme. Une fillette le poussait désormais dans une fauteuil roulant.
On passait directement à l'arrière-boutique située sur le côté du magasin. Les cartons de babas, de Paris-Brest, d'éclairs au chocolat, au café ou à la vanille, de tartelettes et de bien d'autres merveilles étaient entassé sur une charrette que tirait le frère de la fillette.
Les saisons rythmaient le choix de la garnitures des différentes pâtisseries. Les années passaient. Il y avait maintenant 3 commis qui faisaient les 3 huit. On avait testé toutes les recettes existantes.
A trois heures de l'après-midi, l'activité du village cessait. Les habitants se massaient dans la rue principale pour regarder un étrange cortège. Une fauteuil roulant avançait lentement au milieu de la rue. Trois fillettes, poussaient l'énorme masse de chair du père Maxime. Trois garçons tiraient une charrette lourdement chargée de cartons débordant de pâtisseries. Les six enfants du clerc de notaire avaient étés réquisitionnés au fil du temps.
Martha courrait les ruelles du village en chemise de nuit en braillant:
-Du baratin, c'est un pingre et un grippe-sou.
Madame Polant scrutait avec anxiété la diminution du magot.
Le notaire se décida à écrire une lettre urgente aux cousins de Paris de son client, pour décrire le chaos qui régnait au village. Tout cela est crée par votre oncle Maxime. Je vous signale qu'il y a un testament. Il écrivit en lettres minuscule la suite. Il ne devrait pas, mais la situation l'exigeait. Les deux folles du village pensent hériter, mais elles ne toucheront que le minimum légal. C'est vous les héritiers. Le magot sera dans quelques mois dilapidé sous forme de sucre, farines diverses et avariées (parfois), d'oeufs, de vanille et autres cerises sur le gâteau. Bientôt il n'y aura plus que quelques miettes de baba.
Marthe mourut un matin d'octobre. Madame Polant jubila, la voie était libre.
Elle se précipita chez le père Maxime. En ouvrant la porte, elle resta interdite sur le palier, blanche comme un linge.
Une ribambelle de cousins de Paris, attablés à la cuisine dévoraient le stock de pâtisserie de la veille. Le père Maxime se noyait lentement dans sa propre graisse. Il n'avait rien pu manger depuis la veille.
-Entrez, ma très lointaine cousine. Il faut que vous alliez chercher Marthe.
-Oui, cette autre lointaine cousine, ajouta une autre voix.
-Elle est morte Marthe. On l'enterre dans trois jours.
Il y eu un long silence. On entendait juste le bruit des mandibules des cousins de Paris, qui s'empiffraient, et le ronronnement de la liposuceuse qui dégonflait l'oncle.
On vit madame Polant, ressortir de chez sont très lointain oncle, cramoisie de colère, un baba au rhum en travers de la gorge. Elle ne digérait pas cette humiliation que lui infligeait les cousins gloutons de Paris.
L'enterrement de Marthe se déroula dans l'indifférence générale.
En fait, Madame Polant déléguée par la famille avait seule suivi le corbillard.

13 août 2017

L'été russe - Randonnée

Berne - Viège en train (wagon restaurant)
Viège - Visperterminen (1378m) en car postal
Visperterminen - Giw (1960m) en télésiège
Giw - Gibidumpass (2201m) à pied. Une courte randonnée de 2 heures aller et retour.
Le paysage est splendide. On traverse une forêt de mélèzes, pins crochet et épicéas, la flore est variées et les sauterelles et papillons pullulent. C'est un signe de peu ou pas de pollution.
A noter que la vigne la plus haute d'Europe pousse sur le territoire de cette commune jusqu'à 1 150 m. Il s'agit de la variété Heida, qui est autochtone à la région.

ENCORE UN BEAU DIMANCHE!

10 juillet 2017

L'été russe - Le rouge est mis... Moteur!

Nota Bene: le samedi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: www.lakevio.canalblog.com

PUZZLE

Les jours d'été, les notes égrenées par une pianiste, s'enfuient par les persiennes entrouvertes et ruissellent dans la rue inondée de soleil, déserte et brûlante.
Persiennes, ce mot évoque des souvenirs d'été.
Les persiennes entrouvertes laissent entendre une musique inlassablement répétée par une pianiste déchiffrant une partition. Absorbée par les fa# du monde, elle sursaute, quand une paire de chaussures rouges à talon tombe sur le clavier, provoquant une dissonance du plus bel effet...

Ding ding dong!
- Maman, on a sonné à la porte
- J'y vais
Elle se trouve nez à nez avec la bande de gosses du quartier.
- 'Jour M'dame. Si ces chaussures sont votre pointure, vous pourrez épouser le prince charmant.
Tous les regards se tournent vers Jules, un pré-adolescent boutonneux et rouge comme une pivoine.
Une gamine brandit, devant les yeux ébahis de la mère de famille, une paire de souliers à talon de couleur rouge.
- D'où sortent ces godasses demande la M'dame.
- On les a trouvées sous la haie, près de la boucherie.
Elle essaye les chaussures, elle lui plaise.
- Pas de chance M'dame, votre pied est beaucoup trop petit.
On lui arrache les escarpins et la bande s'en va.
En refermant la porte, la mère entend un bonhomme haut comme trois pommes dire gravement à son copain:
- Dommage, Jules, elle était bien roulée la nana...

- Tu pourrai mettre des annonces sur les réseaux sociaux.
- Tu as une photo?
- Oui.
- Montre.
Isis montra le cliché qu'elle venait de récupéré du Cloud.
- Elles sont belles
- Tu les a perdues où?
- Oubliées à la piscine. Je suis effondrée, je venais de les recevoir.
- A nous trois on a un large réseau. On met des avis sur Twitter, Instagram, Snapchat et une vidéo sur Youtube.
- On va les retrouver, tes belles chaussures rouge à talon...

- Lot No 434, une paire de chaussure rouge à talon. Nous démarrons à 5 francs.
Chaque année, les objets trouvés mettent en vente une partie des objets orphelins de leur propriétaire.
Roseline, la fille de la chanson, patiemment, par tranche de cent sous, obtient le lot pour 20 francs.
Roseline, la fille de la chanson, était à la traine. Son amoureux marchait loin devant. Les belles chaussures rouges la faisaient atrocement souffrir. Ses pieds meurtris refusaient d'avancer.
Son amoureux se porta à son secours. Il la saisit dans ses bras. Il retira les souliers des pieds gonflés et les expédia aussi loin que possible. Ils virent les chaussures rouges à talon disparaitre, engloutie par une persienne.
Ils éclatèrent de rire, s'embrassèrent longuement et poursuivirent leur route.

LE CHAINON MANQUANT
La pianiste, dépourvue d'intérêt pour une paire de chaussures rouges à talon a discrètement égaré les souliers sous la haie près de la boucherie...

1 juin 2017

L'Été

Le 1er juin, c'est le début de l'été météorologique.Pour la 4e soirée consécutive, la Ville fédérale a entendu gronder un orage. Quelques gouttes de pluie ont fait semblant d'arroser les jardins...Hier soir, après s'être éloigné, l'orage est revenu en force sur la capitale. Il est tombé 5 litres au M2...

Photographies, l'Été, le bel été croqué à Berthoud

30 septembre 2016

L'assassin habite-t-il toujours au 21?

Les petits meurtres...

 Cela commença par le jardinier, que l'on trouva mort au fond du puits.

Quelques jours plus tard, alors que septembre allait s'achever, que les journées étaient douces, que les arbres se coloraient, c'est la cuisinière que l'on repêcha, noyée dans un chaudron plein de potage, pauvre Célestine!

Ce fut ensuite le facteur, que les chiens mordirent, au mollet gauche, jusqu'au sang. On retrouva l'homme de lettres, agonisant, dans un massif de cactus. Il fallut l'épiler avant que la baronne ne pratique sur la dépouille le bouche à bouche. Ce fut bref, pornographique, et revigorant. Cette séquence, classée X, est projetée le soir à des adultes avertis, dans les caves du Majestic. Un palace de premier ordre...
(À suivre)

12 avril 2016

Coin de rue**...

Muristrasse
Ostring
Ciel d'orage vu de l'appartement des papillons

Mode d'emploi: De haut en bas de gauche à droite
Muristrasse: Magnolias en fleur,primevère, ciel de printemps, rébus routier, groseillier sanguin
Ostring: L'église catholique romaine du Frère Klaus, il reste 1902 kilomètres jusqu'à Saint Jacques de Compostelle..., le tram, circulation, art de la rue, rébus routier
Muristrasse:L'ambassade de Hongrie
Ciel d'orage vu depuis l'appartement des papilons...
Deuxième soir d'orage à proximité de la Ville fédérale.

                                          

18 octobre 2015

Piscine de Worb

La piscine extérieure de Worb fermait ses porte ce dimanche soir à 18H00. C'est une des seule piscine extérieure de Suisse à fermer si tard dans la saison. Elle affichait une eau entre 25 et 29 degrés. Le plus difficile, ce n'était pas d'entrer dans l'eau, mais, d'en sortir, avec des températures extérieures oscillant entre 9 et 12 degrés! Les vestiaires ne sont pas chauffés, en revanche il y a des douches chaudes.

13 août 2015

Un été aigre-doux, papillons de nuit

Une colonie de papillons de nuit tous habillés du même smoking se reposent sur les murs de la cuisine. Ils fument de gros Havane en lisant des romans d'Hemingway. Des bouteilles de scotch circulent. Sur la plonge se joue "Le vieil homme et la mer". Les papillons ont mis du gros sel dans l'eau de vaisselle. Un os de sèche, reste d'un dîner, fait office de requin. Un sèche-cheveux fabrique les tempêtes indispensables à la narration de la triste histoire. 22H10, le vol SX0503 passe au-dessus de la cuisine. Il arrive de Londres Southend et va se poser à Belp-Bern. Dehors, les chats, en chasse, se battent en poussant des miaulements stridents. Chacun défend son coin avec acharnement. Le territoire est petit et les félins nombreux. Dans l'eau de vaisselle, le vieil homme rame, rame en remorquant un os de sèche qu'il prend pour un requin. Au loin, les lumières de la Havane brillent. C'est l'ordinateur de la gazinière qui se croit, l'espace d'un instant, la capitale de Cuba.
La colonie de papillons s'envole pour les colonies, là-bas, de l'autre côté de la mer...
Je termine une des bouteilles de whisky et m'endors sur une chaise au milieu de la cuisine. Je rêve qu'une colonie de papillons de nuit tous habillés du même smoking est en train de faire la vaisselle, que le film "le vieil homme et la mer" est projeté sur l'ordinateur de la gazinière et que les chats du quartier dans des miaulements stridents se disputent un os de sèche.
L'été poursuit sa route...

              Le crépis de la cuisine ressemble à la surface da la lune. Les papillons vont alunir.
"Houston, we have a problem..."

6 août 2015

Un été aigre-doux, papillon de nuit

Un papillon, aux couleurs sombres, se repose sur la porte du congélateur. Il ne va pas tarder à s'envoler par la fenêtre ouverte et se fondre dans la nuit chaude. La journée a été caniculaire et les souffles d'air sont rares. Le papillon, aux couleurs sombres, se hâte d'atteindre une boîte de nuit à la mode, installée depuis peu dans l’acacia qui trône en face de la cuisine. Les papillons de nuit et d'autres insectes s'y retrouvent pour des bals et des soirées déraisonnables.
Le lendemain, au petit jour, des effluves d'alcool flottaient autour du papillon,aux couleurs sombres, qui ronflait sur le bord de la fenêtre.

14 décembre 2014

3e dimanche de l'Avent

Des nuages se sont prélassés toute la journée, avec volupté, au-dessus de la ville fédérale. Parfois, un trou bleu dans la couverture laissait espérer un peu de soleil.
Les touristes à l'accent lombard qui visitent la ville en ce dimanche de décembre tombent sous le charme du tram vapeur dont l'unique wagon fait la joie des marmots et de leur parents.
Les magasins sont ouverts ainsi que les restaurants d'ordinaire fermés.
A la tombée de la nuit, une pluie s'est mise à tomber.
Il était temps d'allumer 3 bougies, symbolisant ce troisième dimanche de l'Avent.
Dans les rues de la capitale helvétique, des milliers d'ampoules forment des décors féeriques.

28 septembre 2014

Brienzer Rothorn, 2'350m

 

Dernier dimanche de septembre. Une journée magnifique. Le plus beau jour de septembre. Montée au Brienzer Rothorn depuis Sörenberg avec le téléphérique. Le sommet fait la frontière entre les cantons de Berne, Lucerne et Obwald.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De Brienz, on monte en train à crémaillère, c'est le dernier train vapeur de Suisse. 
Depuis le sommet du Brienzer Rothorn (2350m.), la vue est saisissante, on y voit le Jura, les pré-alpes et les alpes.

                                    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

27 mai 2014

Ours...

Deux entrefilets parus dans "20 minutes Lausanne" (photo de gauche) et "Le Temps" (photo de droite) évoquent les aventures culinaires de l'ours M25. Tandis que l'ours M25 vit sa vie de plantigrade, les hommes songent que cet animal dérange l'ordre instauré par les humains.
En dévorant allègrement ânes et moutons, l'ours ne sait pas qu'il hypothèque sa vie. La décision des hommes tombera un jour ou l'autre, l'ours devra être tué. Il est évident que l'ours n'a pas bien lu son contrat. C'est lui qui doit respecter les multiples règlements crées par l’homme et non l’homme qui doit s’adapter aux mœurs de l’animal…
Un décret tombera, si M25 continue de vivre sa vie d’ours, autorisant l’abattage de l’animal !
L’homme est con et restera con.

12 février 2019

Les mois d'hiver - La caserne

Hier après-midi et hier soir, Canalblog avait disparu des écrans radar. Impossible de consulter les blogs et pas d'accès à l'envers du décor. Il m'étais donc impossible de poster mon devoir du lundi. Il semble que ce mardi matin, la liaison soit rétablie...

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style.Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

 

Dix mots à caser, histoire de trouver des serrures à ces clés...

Tardivement

Symphonie

Eclat

Bordure

Ergot

Influence

Grenat

Correct

Fracasser 

Parloir

 

Ouverture, lundi !

La caserne

Un carton, de couleur GRENAT circule dans le PARLOIR de la caserne construite sur une falaise. À force de se FRACASSER contre la paroi de craie blanche, l’océan ronge, grignote, par un ressac incessant, les assises de l’ouvrage militaire. 

Des figuiers de barbarie forment une BORDURE autour de la caserne, fragiles remparts contre l’envahisseur, des hordes de lapins affamés. Un ECLAT de verre, abandonné dans la cour d’honneur, ultime vestige du monocle d’un général, un homme CORRECT, démobilisé depuis de longues années, brille quand le soleil est au zénith. Les jours de beau temps offrent, en fin de journée, une SYMPHONIE visuelle, un camaïeu de rose qui vire au rougeoiement quand l’astre de feu s’enfonce dans l’horizon pour prendre ses quartiers de nuit.  Ce spectacle fugace a une INFLUENCE positive sur le moral de la troupe. 

Cette année, c’est TARDIVEMENT que la nouvelle s’est répandue, novembre est proche, toute la compagnie, réunie dans le parloir retient son souffle. L’énigme, qui permettra à l’un deux de partir en permission, passe de main en main, parmi les hommes en tenue de gala. Un mot unique est écrit sur un rectangle de carton grenat, ERGOT. Celui qui résout ce problème peut choisir entre une grande ou une petite clé. Elles sont accrochées à côté de la porte, la porte que tous espèrent franchir. Une seul clé fonctionne.

Un jeune soldat marche avec détermination dans un long couloir. De lourdes grilles s’ouvrent puis se ferment sur son passage. Dans une de ses poches, roulée  dans un étui, la permission convoitée par tous. Ce jeune soldat est le seul qui a osé retourner le carton sur lequel figurait l’énigme. Un épi de seigle, dessiné à l’encre de chine, côtoyait les contours de la petite clé, esquissée à la mine de plomb. 

Le couloir où chemine la jeune recrue, creusé pendant un siège de la caserne, débouche à mi-hauteur de la falaise, dans un endroit découpé. Un pont permet de passer l’anfractuosité sous lequel se déchaîne l’océan. 

Le visage joyeux du militaire, en une fraction de seconde, devient livide. Le pont en bois, rongé par les intempéries et le sel, a disparu depuis longtemps. Les multiples grilles qui se sont refermées sur son passage s’ouvriront à nouveau lors de la prochaine énigme, dans dix ans.

Une larme ou un embrun coule sur la joue du soldat.


Ergot : Petit corps oblong et vénéneux formé par un champignon parasite des céréales. L'ergot du seigle.

13 avril 2016

50 francs

Depuis plusieurs jours, les réseaux sociaux en parlent, les journaux télévisés, dans les quatre langues nationales, ont annoncé son impression, la presse en a fait ses titres, un nouveau billet de 50 francs est né... Il inaugure la nouvelle série de billets, émise par la Banque nationale suisse.Il est minuscule.

 

 

Ce nouveau billet, couleur du printemps, a pour thème le vent... 

Troisième soir consécutif où l'orage gronde. Contrairement à hier et avant-hier, les coups de tonnerre étaient très proches de la Ville fédérale. Un léger grésil est tombé à l'heure des quatre heures. Pourquoi tant d'orage? 

A 22H08, le vol SX0207 en provenance de Hambourg est passé, phares allumés, au-dessus de la cuisine de l'appartement des papillons...

 

 

2 mai 2016

Coin de rue****

Place de l'Hôtel de Ville, ambiance d'un lundi de début mai, entre soleil et chagrin...
Berne est à la fois la Ville fédérale et la capitale du canton de Berne. Tout un programme pour cette ville à la campagne. Il n'est pas rare que l'on se salue dans les petite rues. Cette semaine, la ville est en effervescence, c'est la BEA. La grande foire de printemps.

25 avril 2016

Lapin de Pâques

L'envie était forte. Ce soir avec le café, le dernier lapin de Pâques de la collection, le rose à la framboise, le plus cher de la collection (130 CHF le kilo), a été mangé...
Un délice ce chocolat à framboise... Une réussite, un triomphe...
Il en reste une miette pour demain. une miette minuscule. Le lapin pesait 120g...

23 avril 2016

Lecture

Romans et récits lus pendant le premier trimestre 2016

Le crime du comte Neville, Amélie Notomb, Editions Albin Michel 2015
L'Or de Chasseral, Hugues Richard, Nouvelle Revue neuchâteloise (nrn) Neuchâtel 2003
Extérieurs à Venise, Frédéric O'Brady, Editions Gallimard 1950
Pour Isabelle, Antonio Tabucchi, Editions Gallimard "Du monde entier" 2014
Jean-Christophe volume 1: L'aube, Romain Rolland, Editions Albin Michel 1948
L'année du jardinier, Karel Capek, Editions 10/18 "domaine étranger" 2000
Loin des bras, Metin Arditi, Editions Actes Sud 2009 ***
Pour mourir en février, Anne-lise Grobéty, Editions 24 heures "collection écrivains" 1984 ***
Le guerrier de cristal, François Cérésa, Editions Robert Laffont 1991

*** coup de coeur

13 février 2016

Carnaval 3e jour

Aujourd'hui, c'est sous une pluie battante que les guggenmusik ont défilé dans les rue de la Ville fédérale. Un confetto accroché à mon manteau, je suis rentré, en dansant sous la pluie, à la maison. La bûche de carnaval, confectionnée et cuite dans le four de la cuisine da l'appartement des papillons a couronné le dîner de ce soir. Par la fenêtre entrouverte arrivent des musiques de la vieille ville.

11 décembre 2024

Les mois d’hiver - Doppio

Je tente, comme l’an passé, de réaliser un vidéogramme de une minute par jour pendant le mois de décembre. Un calendrier de l’Avent numérique…

Versa bar - un mercredi matin - 11 décembre 2024 - Berne / Images, montage, réalisation Jeanjacques666

2 janvier 2013

Marlène

Marlène souhaite la bonne année et dit un poême de Verlaine:
http://www.youtube.com/watch?v=24PSA8vo-F0&list=FLC0UgzNsM0py7YXNaZXCDYA&index=10

Marlène chante Berlin
http://www.youtube.com/watch?v=pbN9CfHCO60

Encore:
http://www.youtube.com/watch?v=YGx4G0ifdaQ

Marlène...
Qui se souvient?

 

Les photos proviennent de la toile.

3 octobre 2016

Le baby-foot

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style.Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)
Juillet 56 Ladies home journal Harry Anderson

Une illustration d'Harry Anderson


La voiture freina brusquement. Le chemin devenait une collection d'ornières impossible à franchir. Trois enfants sortirent de l'arrière de la vieille guimbarde , un couple de l'avant. Le père saisi la cadette et la porta.  Elle était habillée d 'une veste jaune, un fichu à carreaux multicolores cachait ses cheveux blonds. Elle hurlait de frayeur. L'aîné des garçons avait mis une main sur l'épaule de son frère comme pour le protéger.  La mère, vêtue d'un manteau bleu s'accrochait à sa fille. La famille regardait devant eux avec angoisse.  Seul le cadet faisait une moue dubitative. Il pensait aux parties de baby-foot qu'il allait manquer.

Soudain une voix puissante hurla "coupez, c'est très mauvais, on recommence". Cette voix furieuse sortait d'un petit gros bonhomme assis sur un pliant. Sur le dossier en toile on pouvait lire AH.
La famille repris place dans la voiture, un assistant cria: "Les oiseaux, scène 104, plan 18, 21e prise, moteur"...
Cette scène, coupée au montage, a été évoquée une fois, par François Truffaut, grand spécialiste de Hitchcock. Il ne subsiste qu'une illustration faite par Harry Anderson.
6 novembre 2017

La lettre

 

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)
Sally Storch - A la fenêtre

 

 Sur cette image belle comme du Hopper, je vous propose le

Jeu des Papous N°1
1) Commencez impérativement votre texte par la phrase suivante : "Je suis née à quatre heures du matin, le 9 janvier 1908, dans une chambre aux meubles laqués de blanc, qui donnait sur le boulevard Raspail." (emprunt à Simone, jeune fille rangée.)

2) Terminez impérativement votre texte par la phrase suivante : "Je vais laisser pousser ma moustache, décida-t-il" (emprunt à Jean-Paul, celui qui écrit sur le mur.)

Entre les deux, casez ce que vous voulez !

 

"Je suis née à quatre heures du matin, le 9 janvier 1908, dans une chambre aux meubles laqués de blanc, qui donnait sur le boulevard Raspail." Si elle avait eu le don de la parole, la pendule, posée sur la coiffeuse Charles X, aurait raconté ses premiers battements de cette façon, devant les caméras d'une télé-réalité.
Selon la légende, qui perdure depuis plus de 100 ans, mon arrière grand-père maternel, horloger paysan dans les montagnes neuchâteloises, donnait vie à son chef-d'oeuvre, une pendule rococo, à la minute même où son fils, mon grand-père, prenait connaissance du monde.
La veille du 9 janvier 1908, mon arrière grand-mère, seule dans la ferme familiale, avait fait venir une sage-femme. La ferme bâtie sur les hauteurs, surplombait la ville de La Chaux-de-Fonds. Les hivers, en ce début du XXe siècle étaient rigoureux.
Mon aïeul, faisait partie des derniers paysans horlogers. Au mitant des années 1800, nombreux étaient les paysans des Franches-Montagnes et des Montagnes neuchâteloises qui exerçaient le métier d'horloger l'hiver. L'habileté de mon arrière grand-père et un concours de circonstances fit qu'il passa l'hiver 1907 - 1908 à Paris et qu'il mit au point une pendule extraordinaire commandée par le comédien Lucien Guitry.
En été 1914, la pendule est retournée à La Chaux-de-Fonds, chez son créateur, pour une grande révision. La Grande guerre déclarée en août fit que la pendule ne repartit jamais pour Paris.

Romain Rolland note dans son journal: "Vevey, Hôtel Mooser
31 juillet 1914. 3 H. 30. un télégramme du Conseil fédéral affiché à la gare de Vevey annonce "la mobilisation complète en Russie et l'état de guerre proclamé en Allemagne". C'est un des plus beaux jours de l'année, un soir merveilleux. Les montagnes flottent dans une légère brume lumineuse et bleutée; le clair de lune répand sur le lac une coulée d'or rouge qui part de la côte savoisienne entre Bouveret et Saint-Gingolph et va jusqu'à Vevey. L'air est délicieux, le parfum des glycines flotte dans la nuit; et les étoiles brillent d'un éclat si pur! C'est dans cette paix divine et cette tendre beauté que les peuples d'Europe commencent le grand égorgement."

Ma chère Élise,
Ce long préambule, un peu ennuyeux, était nécessaire pour expliquer la présence de la pendule de mon arrière grand-père dans mon salon. Il manque un chaînon, c'est un héritage de ma mère. Mon fils Jonathan en héritera à son tour.
La pendule rococo rythme depuis peu la vie de notre logement.
Ce matin, en ouvrant les volets, j'ai découvert un décor de neige sur les hauteurs du Raimeux. Il fait froid à Corcelles. Les cheminées du village ne chôment pas. Les chats ronronnent près du poêle. Sur l'électrophone passe un 45 tours de 1965, "Leaving Here" par les Birds, rock/rhythm and blues.
J'ai reçu, il y a une quinzaine de jours, par l'intermédiaire de la galerie Lakevio, le tableau que tu m'as offert pour mes 60 ans. Un immense merci. C'est un peu de ville au village. Je ne partage pas l'avis de Jeanne qui dit que c'est comme du Hooper. Cette toile de Sally Storch, intitulée "A la fenêtre", à des couleurs chaudes et il se dégage un bien-être et une quiétude à l'opposé des inquiétudes et de la solitude que suggèrent les tableaux de Hooper. Note que les toiles d'Edgar me passionnent. Nous auront de quoi causer pendant les soirées d'hiver, Jeanne et moi.
Nous entrons dans l'hiver et toi, tu va vivre ton 25e été austral. Le village a bien changé depuis ton départ pour Sydney!
Te décideras-tu un jour à faire le voyage de Corcelles?
Comme d'habitude, ma lettre est décousue.
Je t'embrasse, ma Chère cousine.

Paul

Corcelles, le 6 novembre 2017

P.-S. On distingue, sur la toile de Sally Storch, un livre ouvert posé sur le lit. Armé d'une loupe j'ai pu déchiffré quelques mots. Voici ce que j'ai lu: "Je vais laisser pousser ma moustache, décida-t-il."

 

"LEAVING HERE" THE BIRDS DECCA 45 F 12140 P 1965 UK

 

 

8 février 2013

Le carnaval de Venise

Le carnaval de venise 2013. …

Le carnaval de Venise 2013

Plus de 70 000 personnes s'étaient donné rendez-vous sur la place Saint Marc de Venise dimanche 3 février pour le coup d'envoi du carnaval, avec le traditionnel "Vol de l'ange" depuis le campanile de la Basilique Saint Marc. le carnaval se déroulera jusqu'au 12 février
(Source: Yahoo actualités)
Et ceci:  http://fr.news.yahoo.com/video/et-voici-le-mozart-du-141000751.html
Et cela:  http://www.musictory.fr/musique/Camille/La+France

3 avril 2017

Poisson d'avril - Pochade

Nota Bene: le samedi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: www.lakevio.canalblog.com
Mrs Fields original on Fealing Lin Watercolors
Toc, toc
-Entrez
Un gamin se tenait debout en se tortillant.
-Toto, tu n'as pas fait ton devoir du lundi? Demanda la directrice de l'école.
Elle se tenait derrière son bureau, juché sur une estrade. Elle était toujours vêtue de façon extravagante. Cela contrastait avec son caractère sévère. Elle portait des lunettes oblongues à la monture en bois d'olivier. Des rubans multicolores flottaient dans ses cheveux. Des colliers de pacotille pendaient à son cou. Une robe en taffetas, de couleur mauve-brun habillait son corps beau... Elle écoutait son pianiste préféré à longueur de journée sur son téléphone portable. Aujourd'hui, Dinu Lipatti jouait des valses et des mazurkas de Chopin, un enregistrement de 1950.
-Non, répondit le gamin.
-Et l'excuse cette semaine?
-J'ai été à la pêche avec mon père!
-A la pêche aux moules, moules, je suppose.
-Non, à la pêche aux poissons.
-Quel poissons?
-Poisson d'avril, Madame la directrice. J'ai fait mon devoir.
Toto brandissait des feuillets.
- Pose ces feuilles sur mon bureau.
Un ange passa, flap, flap, flap... (bruit d'aile froissée)
-Mais qu'est-ce que c'est que ce charabia? Demanda la directrice, visiblement en colère.
-C'est une mouche qui a fait mon devoir, Madame la directrice. Elle a marché dans l'encrier, ensuite elle s'est promenée sur mes feuilles.
-Je vois bien, c'est des pattes de mouche.
Elle se leva et alla chercher un bonnet posé sur une étagère.
-Madame, regardez, Jules.
Le chat du collège, installé sur le bord extérieur de la fenêtre faisait sa toilette. La directrice tira le rideau. Elle mit le bonnet sur la tête de Toto. C'était écrit âne sur le devant et le bonnet de laine d'acier avait deux oreilles d'âne.
Un ange repassa, flap, flap, flap... (bruit d'aile froissée), il avait oublié son casse-croute.
-Au coin, jusqu'à lundi prochain, ordonna la directrice.
La sonnerie de la récréation retentit.
La directrice jeta un oeil dans le miroir. Elle arrangea ses colliers. Elle trouvait qu'elle ressemblait à Brigitte Bardot! Elle laissa Toto en compagnie d'un ange qui repassait ses ailes froissées, d'un chat prénommé Jules et de Dinu Lipatti.
Impériale, la directrice arpentait les couloirs de son école à l'heure de la récréation. Discrets puis de plus en plus bruyants, des rires emplissaient les étages au passage de la directrice. Toto avait réussi à épingler un grand poisson, qui tirait la langue, dans le dos de la directrice...


23 octobre 2017

Perdus dans l'espace

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)
Francis Coates Jones 52
Francis Coates-Jones

Jeu des Papous N°2

A partir du tableau proposé, écrire un texte  en prose ou un poème en plaçant judicieusement les huit mots de la liste suivante que vous mettrez en gras dans votre texte.

dictionnaire

pianiste

hortensia

bouée

affreux

mordant

pénible

éclairer

Il n'est pas permis de changer l'orthographe des mots. Impossible donc de les accorder ou de conjuguer les verbes. je vous conseille de copier-coller la liste avant la composition de votre texte.

La tour
À gauche de l'entrée, un fleuriste occupe un espace rectangulaire avec une grande vitrine donnant sur le canal. On peut y voir une fillette de cinq ans qui confectionne des bouquets. Assise sur un tabouret, du matin au soir, elle assortit des fleurs par tailles, couleurs ou cultivars. À droite de l'entrée, la loge du concierge occupe un même espace rectangulaire que le vendeur de fleurs. À longueur de journée, il écluse des cafés. Parfois, armé d'un balai, il tente de déloger une araignée. Si on lève les yeux, en se plantant en retrait de l'entrée, près du canal, on ne voit pas le sommet de la tour, perdu dans les brumes matinales. "Une vraie Tour de Babel" a coutume de dire le concierge aux nouveaux arrivants.
Chaque soir, des milliers de bougies, réparties sur la façade nord, sont allumées pour ÉCLAIRER le voisinage. C'est la femme du concierge qui effectue ce travail PÉNIBLE. Elle s'y met à partir de midi.
Chaque soir, armé d'une paire de jumelles, le propriétaire de la "Donald Tower", scrute chaque centimètre carré de l'édifice. La moindre bougie manquante fait l'objet d'une déduction sur le salaire du concierge.
En passant dans les coursives, on peut entendre au sixième étage, en collant une oreille indiscrète contre la porte de l'appartement no 25bis, une PIANISTE massacrant un pianoforte. Distraite, elle a posé sur le lutrin de son accompagnatrice, la célèbre violoniste Anne Sophie, un DICTIONNAIRE ouvert à la page pizzicato.
A chaque étage une BOUÉE est suspendue à un croc de boucher. En cas de naufrage financier de l'édifice, on peut se jeter à l'eau.
Allo? Allo Ween? Ici Trouille!
Le téléphone sonne dans la boutique du fleuriste, tirant la fillette, qui prépare des bouquets du matin au soir, hors de ses pensées philosopolitiques. Elle tourne et retourne, dans sa tête de linotte, une question que bien des enfants de son âge se posent: faut-il célébrer le cinquantenaire de mai 1968? La fillette, indécise au sujet de mai 68, décroche le combiné. C'est la vieille du 155e étage qui crie dans l'appareil. Il faut lui livrer dare-dare 12 baccaras. La conversation est difficile. La vieille est sourde et son téléviseur est à fond. On entend des brides d'AFFREUX, sales et méchants, le film de Scola qui a remporté le Prix de la mise en scène lors de la 29e édition du festival de Cannes.
Dans cette tour dont le sommet se perd dans les brumes d'automne, le cimetière occupe le 172e et le 173e étages. Un HORTENSIA bleu en indique l'entrée. On peut louer une concession pour 10, 20, 50 ou 100 ans. Les tarifs sont sur demande. La mort, ça n'a pas de prix.
Le concierge, entre deux cafés, balaie dans les étages. Il ramasse un rectangle de papier. Ce rectangle évoque le fleuriste, installé 300 m plus bas. Une fillette de cinq ans y est injustement exploitée. Du matin au soir elle prépare des bouquets pour un revenu dérisoire. Elle n'est ni chinoise ni hindoue. Sur le rectangle de papier le mot MORDANT est écrit à la mine de plomb. Le concierge tourne et retourne ce petit papier. Il hausse les épaules et jette dans le dévaloir ce bout de billet. Imaginez l'effet sonore lorsque l'ivrogne du 201e étage se défait de ses cadavres, résultat d'une semaine de soulographie, jetés un à un dans un tube de plus de 300 m de haut, à minuit et une minute un 31 octobre. Les locataires frissonnent. Une pétition circule depuis 10 ans pour la fermeture du dévaloir. Elle est actuellement bloquée au 75e étage chez un analphabète.
Le 32 octobre au matin, les chenapans du quartier, aidés de quelques chats ont branché la tour à leur compteur à rebours. Ils écoutent, dans leur cabane, du jazz sur un petit poste à galène. Ils captent Heure-Bleue FM, une radio pirate qui émet depuis la Butte.
5,4,3,2,1, go... Un tremblement ressenti à quinze kilomètres à la ronde réveille tout le monde. La Tour de Babel, comme la nomme le concierge, décolle. Dix fois plus grosse qu'une Saturne V, ces fusées qui emmenaient, au siècle passé, des humains et une jeep sur la Lune, la tour, en décollant, provoque un tsunami sur le canal. "Encore un coup des chenapans", grommelle l'éclusier!
La tour devient invisible pour l'oeil nu. L'immense flamme sortant de la tuyère a brûlé deux hectares de forêt. Des Canadairs tentent de circonscrire cet incendie. Le silence s'est installé. On entend la pie voleuse. Soudain dans la cabane des gamins, un haut parleur grésille et on entend la voix calme de Jack: "Houston, we have a problem".

Rêveries
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CINÉMA

- Mais... c'est l'intervention de cette grosse femme... C'est un ptit peu... enfin... ça va très loin.
- C'est là que je me rends compte que malheureusement, je vous ai beaucoup moins bien réussi que le porc.

Pierre et Thérèse.
Le père Noël est une ordure 

 

GUERRE

La guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas.
Paul Valéry

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