Le calendrier de l'avent est une boîte, aux décors de Noël, contenant 24 sachets de thé et de tisane. Il y a également un minuscule livret avec 24 pensées, citations ou réflexions ayant la période de Noël pour sujet. Les voisins du rez-de-chaussée ont installé une étoile à leur porte d'appartement. Un peu de neige sur la Ville fédérale donne le ton de ce 1er jour de l'avent. La température à été négative une bonne partie de la journée. C'est le premier jour de l'hiver météorologique.
Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)
A partir du tableau proposé, écrire un texte en prose ou un poème en plaçant judicieusement les dix mots de la liste suivante que vous mettrez en gras dans votre texte. (Comme vous êtes doués, j'ai ajouté deux mots à la liste , ce qui est plus conforme au vrai jeu des Papous dans la Tête, émission diffusée le samedi soir de 20h à 21h sur France-Culture ou en podcast quand vous voulez ou presque !)
soierie
excellent
éliminer
explication
tranchant
éclaireur
douceâtre
dominer
effet
hostile
Il n'est pas permis de changer l'orthographe des mots. Impossible donc de les accorder ou de conjuguer les verbes. je vous conseille de copier-coller la liste avant la composition de votre texte. Mettez en gras ou soulignez les mots utilisés dans votre texte.
Le marché du samedi, Berne
Les chalands sont clairsemés au marché ce samedi matin. Il pleut averse. L'horloge du Zytglogge sonne neuf heures. C'est dans un mélange de dialecte bernois et de français qu'une botte de carottes, des jaunes du Doubs, parfois étiquetées longues jaunes du Doubs, une variété au goût DOUCEÂTRE, passe de l'étal du marchand au cabas du client. Il règle ses achats et quitte la Place Fédérale abrité sous un parapluie noir. Les fanes de carottes dépassent du sac.
CAC* Voltaire, Genève
À la salle Michel Simon, le dernier quarteron de cinéphile, regarde un florilège du Ciné-Journal suisse. En 1940, au début de la guerre, le Conseil fédéral reçoit les pleins pouvoirs. C'est à la demande de celui-ci que le Ciné-Journal suisse est crée. Il présentait, avant chaque séance de cinéma, un résumé des événements de la semaine. Il a perduré, après la guerre, jusqu'en 1975, devenant à partir de 1973, un magazine avec un sujet unique. Un EFFET, parmi tant d'autres, de l'emprise rapide de la télévision explique l'abrupte disparition du Ciné-Journal suisse. Les spectateurs sont figés devant une séquence saisissante: "Pour lutter contre la faim dans le monde, des savants suisses ont manipulé génétiquement la carotte jaune du Doubs pour la rendre géante. Une seule apiacée pourra nourrir des centaines de personnes. Pour extraire cette géante de 15 m de haut et de 18 tonnes, des grues spéciales, dites les arracheuses de carottes, seront construites". Le speaker débite son texte d'une voix monocorde. "La communauté scientifique internationale est HOSTILE à ces manipulations. Les effets secondaires dus à une absorption massive de carottes jaunes du Doubs ne sont pas connus. La peau risque de devenir jaune, préviennent les scientifiques. Cette EXPLICATION est balayée d'un revers de la main par les créateurs de ces géantes alimentaires. Il suffira d'ÉLIMINER la pelure avec le TRANCHANT d'un couteau suisse et la carotte sera un EXCELLENT nutriment." Le mot fin s'inscrit sur l'écran, les lumières s'allument et les spectateurs disparaissent dans la grisaille pluvieuse de cet fin d'après-midi dominicale de novembre agonisant.
*Centre d'Annimation Cinématographique
"-Quoi de neuf docteur?"
Bugs Bunny, appuyé à la barrière du jardin croque dans une carotte. Il est en ÉCLAIREUR pour inspecter les lieux. Un carré de carottes, sans doute des jaunes du Doubs, lui font de l'oeil. La télévision hurle. Et, juste au moment du suspens, quand le canon du fusil du jardinier est braqué sur Bugs Bunny, la main d'une ménagère de moins de 40 ans change de chaîne. Un échange de balles, une montée au filet, indiquent qu'une partie de tennis se déroule quelque part sur la planète Terre. Le commentateur, flanqué d'un consultant, indique aux téléspectateurs qui rejoignent la chaîne "Rien que du sport, tout sport 24/24", que Roger semble DOMINER la partie.
Vernissage
Noyée dans la SOIERIE orange, la galerie de Lakevio, va ouvrir dans quelques instants. Des flûtes attendent des bulles, des carottes râpées patientent dans des saladiers en cristal de Bohême. La grande prêtresse de l'art brut nouveau, Miranda López de la Fabada (MLF), va ensorceler ses admirateurs avec sa nouvelle installation: "La carotte de A à C". La galerie est transformée en long couloir revêtu de tissus en soie orange avec des motifs de carottes imprimés. Tout au fond de la galerie, un tableau, un seul, de dimension modeste, 10 cm sur 10 cm, "La jaune du Doubs", signé MLF, participe au clou de ce spectacle. Miranda est aux anges, les critiques ont déjà écrit des papiers dithyrambiques qui satureront les réseaux sociaux. Le vernissage est prévu ce lundi 27 novembre à 22:15.
Nous interrompons la diffusion de ce programme, pour annoncer, qu'en début de soirée une partie de la vieille ville de Berne à disparu sous une botte de carottes géantes. Selon la police, un quidam a eu l'imprudence d'acheter samedi, au marché, des jaunes du Doubs. Il a déposé la botte de ces légumes dans son frigo. Manipulées génétiquement dans les années 50, la jaune du Doubs ne supporte pas la fraîcheur et se transforme en monstre. L'Adriano's bar n'a pas été touché!
Lignières, Hôtel de Commune Samedi 18 novembre 2017
Comme chaque année, le cercle restreint de la famille s'est retrouvé samedi soir à l'Hôtel de Commune de Lignières, pour un dîner de chasse. J'ai choisi le Menu Chasse. Les autres convives ont pris le menu du Compas ou le menu Clocher. Par un tour de passe-passe, j'ai eu fromage et dessert. Le restaurant était complet,comme souvent le samedi soir. L'adresse est bonne et la clientèle vient surtout de l'extérieur du village. Le vin, "Grillette 2014", un Merlot 100% du domaine Cressier (à quelques kilomètres, à vol d'oiseau, de lignières) fut une belle découverte. Un vin extraordinaire. Mon frère, avec un appareil photo nouvelle génération à pris des photos surprenante. Une super soirée. Merci aux parents pour l'invitation!
Il fait froid dans la Ville fédérale. Une bise court, à petite vitesse, sur le Plateau suisse. Elle perd en chemin des morceaux d'air froid. La capitale grelotte.
Un cappuccino, bu rapidement en lisant la presse, à l'Adriano's bar, réchauffe le corps. Les nouvelles du monde, imprimées dans le journal, glacent le cœur. Le haut-parleur, situé au-dessus de la machine à café, diffuse une musique rock. Les notes de musique tentent de se faire une place dans le bavardage ambiant. C'est vendredi, il est 16h30, la salle est pleine. C'est plutôt l'heure de la bière et de la Gazzosa que celle du café.
Dans le journal, on peut lire, entre deux dépêches de politique, qu'un tableau, "Salvator Mundi", 65 cm sur 45 cm, vendu 45 livres britanniques en 1958, un tableau peint vers 1500, peut-être par Léonard de Vinci, la querelle des experts n'est pas close, que ce "Sauveur du Monde" s'est vendu, à l'encan, en 19 minutes, pour la somme record dans le monde de l'art de 450,3 millions de dollars. Léonard songe à demander des droits d'auteur ! Je vais revoir à la hausse le prix de mes dessins d'écolier...
De l´autre côté de l´Atlantique Dans la fabuleuse Amérique Brillait d´un éclat fantastique Le dollar Il f´sait rêver les gueux en loques Les marchands d´soupe et les loufoques Dont le cerveau bat la breloque Le dollar Et par milliers, d´la vieille Europe Quittant sa ferme ou son échoppe Ou les bas quartiers interlopes On part, ayant vendu jusqu´à sa ch´mise On met l´cap sur la terre promise Pour voir le dieu dans son église Le dieu Dollar!
Mais déjà dans la brume Du matin blafard Ce soleil qui s´allume C´est un gros dollar! Il éclaire le monde De son feu criard Et les hommes à la ronde L´adorent sans retard
On ne perd pas l´nord, vous pensez, Juste le temps de s´élancer De s´installer, d´ensemencer Ca part! On joue, on gagne, on perd, on triche Pétrole, chaussettes, terrains en friche Tout s´achète, tout s´vend, on d´vient riche Dollar!
On met des vieux pneus en conserve Et même, afin que rien n´se perde, On fait d´l´alcool avec d´la merde Dollar! Jusqu´au bon Dieu qu´on mobilise Et qu´on débite dans chaque église Aux enchères comme une marchandise A coups d´dollars!
Mais sur la ville ardente Dans le ciel blafard Cette figure démente C´est le dieu Dollar! Pas besoin de réclame Pas besoin d´efforts Il gagne toutes les âmes Parce qu´il est en or
Autos, phonos, radios, machines, Trucs chimiques pour faire la cuisine Chaque maison est une usine Standard A l´aube dans une Ford de série On va vendre son épicerie Et l´soir on retrouve sa chérie Standard Alors on fait tourner des disques On s´abrutit sans danger puisque On est assuré contre tous risques Veinard! La vie qui tourne comme une roue Vous éclabousse et vous secoue Il aime vous rouler dans la boue Le dieu Dollar
Quand la nuit sur la ville Pose son manteau noir Dans le ciel immobile Veille le dieu Dollar Il hante tous les rêves Des fous d´ici-bas Et quand le jour se lève Il est encor là!
On d´vient marteau, dans leur folie Les hommes n´ont plus qu´une seule envie Un suprême désir dans la vie : De l´or! S´ils s´écoutaient, par tout le monde On en sèmerait à la ronde Au fond de la terre profonde Encor! On en nourrirait sans relâche Les chèvres, les brebis, même les vaches Afin qu´au lieu de lait elles crachent De l´or! De l´or partout, de l´or liquide De l´or en gaz, de l´or solide Plein les cerveaux et plein les bides Encor! Encor!
Mais sous un ciel de cendre Vous verrez un soir Le dieu Dollar descendre Du haut d´son perchoir Et devant ses machines Sans comprendre encor L´homme crever de famine Sous des montagnes d´or!
Dollar est une chanson écrite par Jean Villard-Gilles, en juillet 1932.
Dimanche, 17:40 La nuit est tombée, il a plu une grande partie de la journée. L'Adriano's bar est plein à craquer. Le haut parleur, situé au-dessus de la machine à café diffuse en sourdine une musique plutôt rock . Les deux ventilateurs fichés au plafond, faute d'air chaud à brasser, s'ennuient le dimanche. Quelques cris d'enfants tentent de s'imposer. Les conversations se font en dialecte bernois avec des percées d'espagnol et d'un peu de français. La presse francophone, excepté "Le Monde" daté de samedi, à disparu. Aucune trace de "Télérama" ;-). Je ne sais même pas si l'hebdomadaire préféré de HB est vendu à la gare. Je le lisait régulièrement dans les années 1980, j'habitais dans la Cité de Calvin. Dans la ville du bout du lac Léman, le choix de la presse française est plus grand que dans la Ville fédérale. Ici, se sont les titres allemands et autrichiens qui sont proposés. Le cappuccino était délicieux. C'est totalement iconoclaste de boire un cappuccino en fin d'après-midi. Peu à peu la petite salle se vide. L'Adriano's sera calme ce soir... Un tram no9 est visible au loin. Le temps de payer la consommation et les portes du serpent d'acier se referment, emportant les passagers en direction de la gare. Il pleuvra encore dans la soirée...
Cornelis « Kees » Dopper, né le 7 février 1870 à Stadskanaal et mort le 19 septembre 1939 à Amsterdam, est un compositeur et chef d'orchestre néerlandais. Henriëtte Bosmans a été son élève.
Cornelis Dopper: Symphony 7 ('Zuiderzee')
...La Ville fédérale en automne... Samedi 9 octobre 2017
A la Cäcilienstrasse, le meilleur glacier de Berne offre une large palette de glaces et de sorbets qui brouille les esprits à l'heure du choix. Ce glacier fait également partie du trio de tête des meilleurs du pays. Chaque été, la presse alémanique parle de cette échoppe. Il y a aussi eu quelques articles dans les journaux romands. J'ai demandé, gianduia, myrtilles et citron de Sorrente. Mon parfum préféré est le citron de Sorrente. Je le déguste à chaque passage, si il est présent dans les bacs à glace. Myrtille est une réussite, c'est la Myrtille commune, plus rustique que les "roues d'avion" ou Bleuet. Gianduia fait un lien parfait entre les deux fruits. A noter que je passe 3 ou 4 fois par saison par ce temple dédié aux papilles.
Encore quelques jours de congé... Quelques jours pour s'enivrer de l'automne naissant... Les cerisiers du Japons de la roseraie sont rouges, cramoisis Asters, colchiques, roses Encore quelques jours de congé... Quelques jours pour se gaver de l'automne naissant... L'automne, les brumes dans la plaine Des mouettes qui piaillent derrière un tracteur qui laboure un champs Une pluie de feuilles qui tombent sur la rue Un gars qui tous les matins balaie les feuilles déclarées mortes
Réfugié à l'Adriano's bar, sous la protection des deux ventilateurs fichés au plafond, le temps de reprendre vie en buvant un Shakerato. Le haut-parleur, situé au-dessus de la machine à café joue du jazz. C'est lundi, il est 16h00. La salle est presque vide. Les consommateurs sont agglutinés sur la terrasse.
Recette du Shakerato Un doppio Malabar est coulé dans un pot en métal puis versé dans un verre rempli de glace. Le verre est engoncé dans un shaker et la serveuse agite l'appareil au-dessus de sa tête, comme pour un cocktail. Elle verse ensuite le café et la glace dans un verre refroidi. Le café est mousseux. Il m'y a plus qu'à déguster par petites gorgées...
Dehors passent des gamins qui chantent: "Il a pas fait le devoir de Lakevio, Il a pas fait le devoir de Lakevio."
Hier soir, la lune s'est partiellement éclipsée. Elle flottait au raz des immeubles et des arbres, cachée par des nuages. Plus tard, triomphante, elle paradait dans le ciel, bien en vue, escortée d'ombres nuageuses. Au fil de la nuit le ciel s'est couvert et la pluie a commencé. La pluie enfin. Un mardi pluvieux. Une journée passée à boire des cafés... Le soir, les nuages se sont retirés. Un ultime café bu au Colonial bar en regardant la Ville fédérale s'enfoncer dans la nuit. Retour dans un bus bondé de bambins malgré l'heure tardive. Ils dévorent jusqu'à la lie les derniers jours de vacances. Lundi...
Le mercure est monté à 36 degrés, frôlant le record de 1 degré. Toutes activités cérébrales et physiques sont plongées dans la torpeur. La chaleur a transformé le cerveau en magma incandescent...
A VOIR ( durée 15 mn) 1 mars 1973 "Voix au chapitre" (émission littéraire de la télévision suisse romande)) A l'occasion du 100ème anniversaire de Colette, une visite dans son village natal à St-Sauveur-en-Puisaye dans l'Yonne. http://www.rts.ch/archives/tv/culture/voix-au-chapitre/3740511-colette-100-ans.html Colette est morte le 3 août 1954.
Nota Bene: le samedi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: www.lakevio.canalblog.com
VOYAGE EN CHEMIN DE FER, COURTE FANTAISIE Les chats avaient discrètement quitté le quartier. Chargés de bagages, ils avaient contacté un Uber. C'est un hérisson, plutôt jeune, qui les a conduit à la gare à bord de son Alfa Roméo. Le train pour Lecce partait de la voie 6 à 15h07. Les félins, après avoir semé le chaos dans la gare, s'engouffrèrent dans un wagon de 1ère classe. Ils bousculèrent une dame, vêtue d'une robe et de talons aiguilles blancs qui rêvassait dans le couloir. Un coup de sifflet retentit sur le quai - En voiture, cria le contrôleur. Le train s'ébranla. L'Été, le bel été sirotait un verre de bulles au wagon restaurant. Un téléviseur installé dans le wagon fumoir, permettait de voir,en noir et blanc, l'arrivée de l'étape du jour du Tour de France. Un air de vacances flottait dans le train qui filait vers le talon de la botte italienne. Un hippopotame faisait des arabesques devant la grande porte de Kiev. A New York, sur la scène de Radio City, les girls faisaient des claquettes. Oublié sur une banquette de seconde, "La modification", roman ferroviaire de Butor, attendait une lectrice (chérie). "Marie-Chantal contre le docteur Kha", un film franco-italo-hispano-marocain réalisée par Claude Chabrol, sorti en 1965, comporte une scène, avec Marie Laforêt, qui se déroule dans un wagon restaurant. Au petit matin, alors que le train roulait dans la campagne italienne, un voyageur trouva la dame aux talons aiguilles pendue à son écharpe rouge dans les WC. Son corps se balançait doucement. Les chats avaient quitté le train depuis longtemps. On pouvait voir, sur Instagram, des égoportraits en maillot de bain de ces chères félins... Le commissaire Montalbano, dépêché sur les lieux, par autorisation spéciale de Camilleri, élucida le mystère de la pendue en deux minutes. Au pied du cadavre un billet disait ceci: "J'ai perdu tous mes amis FB. Adieu monde cruelle." Encore une victime des chimères virtuelles. Ce soir le coucher de soleil fut de toute beauté. Dans la rue on peut humer les derniers parfums des tilleuls. Tout est calme, les chats du quartier sont en vacances. A l'Adriano's bar, un client écrit, sur un carnet de moleskine, une histoire abracadabrante. Les deux ventilateurs, fichés au plafond, sont à l'arrêt. Le haut-parleur, situé au-dessus de la machine à café diffuse un nocturne de Schubert.
Aujourd'hui, la 31e course féminine suisse se déroulait, comme chaque année, dans les rues de la Ville fédérale. Deux parcours, un de 10km et un de 5km, sont proposés. La doyenne de participantes, 82 ans et 2 mois, avait choisi de courir sur 10km! La circulation automobile et des transports publics est un peu chaotique ce dimanche-là. Des femmes de tous âges arrivent en cars ou en train des quatre coins de la Suisse et prennent possession de la capitale. Il a fait 30 degrés à Berne ce dimanche. Vers 22h00, un espresso coulé sur de la glace, bu à l'Adriano's bar, était le bienvenu. Le soleil finissait de s'éteindre. J'ai récupéré mon vélo à la gare et retour à la maison en pédalant dans la chaleur de la nuit... Le vélocipède est près pour reprendre du service demain matin à 04h30...
La mort est si proche à chaque aube que je la sens monter en moi comme un fleuve souterrain qui charrie dans mon corps ses éclats empoisonnés la mort est si proche quand je me tais qu'il suffirait d'une seconde d'oubli pour qu'elle envahisse mon sang et me jette dans une terre sans soleil
Francis Giauque (1934 - 1965)
La nuit est bien avancée, la fenêtre de la cuisine est ouverte. J'écoute le Trio / Notturno, en mi bémol majeur, pour piano, violon et violoncelle "Triosatz"D897 de Schubert. Soudain, l'adagio débute et vous déchire l'âme. Le corps frissonne. Je suis mal barré, en écoutant cette musique d'une beauté vénéneuses, je lis des poèmes de Francis Giauque. Entre la musique et le texte, aucun répit pour le repos de l'esprit. Tout vacille, dans cette soirée d'été tiède. Des effluves du philadelphus montent du jardin. Ce parfum entêtant s'ajoute au spleen ambiant. Pour rompre ces tourments de l'âme, je plonge mes lèvres dans une petite tasse blanche, ma dose de ciguë, qui a pour nom café, m'y attend. Ce breuvage rompra le maléfice.
Au loin, un clocher égrène les douze coups de minuit...
De ce coin-ci de la Ville fédérale, on distingue au loin le Chasseral...
Pia Colombo - Un soir de mai ( de Fanon) (télévision, 1965)
Pia Colombo (1930-1986) fut une grande interprète de la rive gauche, excellant notamment dans Bertolt Brecht et Kurt Weill, dans Léo Ferré (dont elle a créé plusieurs chansons méconnues en 1975), mais peut-être surtout dans le répertoire de Maurice Fanon, qui n'était autre que son mari.
La folle semaine touche à sa fin. Rendez-vous dans 10 ans pour les septante ans..!
Il faudra devenir sage, les textos reçus étaient sans équivoques: "Bienvenue au club des sexagénaires!" Bon, fini les danses improvisées dans la cuisine, les cris de singe en dévalant les escaliers, de piquer les épées laser des enfants de l'étage du dessous, pour faire des combats avec des ennemis imaginaires, d'étendre les bras en courant dans la rue en prétextant qu'on est un Boeing 747 au décollage... De chanter à tue-tête, un opéra que j'ai composé, il y a une quinzaine d'années, intitulé "Dans les bois" et qui raconte les aventures d'une dame qui se promène nue dans la forêt... Je serai sage, je porterai la cravate et le costume, je me plongerai dans le moule.... et j'apprendrai l'orthographe...
Samedi soir, c'est jazz...
Artie Shaw, de son vrai nom Arthur Jacob Arshawsky, est un clarinettiste et chef d'orchestre de jazz américain, né le 23 mai 1910 à New York et mort le 30 décembre 2004 à Los Angeles.
The Best of Artie Shaw | Jazz Music
THE BEST OF ARTIE SHAW
ARTIE SHAW AND HIS ORCHESTRA All clarinet solos by Artie Shaw arr. Jerry Gray, solos: Tony Pastor (ts) 1 Begin the Beguine (Porter) - July 24, 1938 (00:00) solos: George Arus (tb), Johnny Best (tp), Les Burness (p), Tony Pastor (ts) 2 Back Bay Shuffle (Shaw - McRae) - July 24, 1938 (3:14) arr. Jerry Gray & Artie Shaw, solos: Billie Holiday (voc) 3 Any Old Time (Shaw) - July 24, 1938 (06:29) 4 Nightmare (Shaw) (band's theme song) - Sept. 27, 1938 (09:40) solos: Helen Forrest (voc), Tony Pastor (ts), George Arus (tb) 5 Room with a View (Coward) - Dec. 19, 1938) (12:29) solos: Tony Pastor (ts) 6 Non-Stop Flight (Shaw) - Dec. 1, 1938 (15:57) solos: Helen Forrest (voc) 7 Comes Love (Brown - Tobias - Stept) - June 12, 1939 (18:45) arr. Ted McRae, solos: George Auld (ts), George Arus (tb), Bob Kitsis (p), Buddy Rich (dm) 8 Traffic Jam (McRae - Shaw) - June 12, 1939 (21:03) solos: Helen Forrest (voc) 9 All the Things You Are (Kern - Hammerstein) - Oct. 26, 1939 (23:15) arr. William Grant Still & Artie Shaw, solos: Jack Cave (horn), Dick Clark (ts), Mannie Klein (tp), 10 Frenesi (Dominguez) - March 3, 1940 (26:27) ARTIE SHAW AND HIS GRAMERCY FIVE: Billy Butterfield (tp), Artie Shaw (cl) Johnny Guarnieri (harpsichord), Al Hendrickson (g), Jud Denaut (b), Nick Fatool (dm) 11 Special Delivery Stomp (Shaw) - Sept. 3, 1940 (29:30) ARTIE SHAW AND HIS ORCHESTRA arr. Lennie Hayton & Artie Shaw, solos: Manny Klein (tp), Jack Jenney (tb) 12 Stardust (Carmichael - Parrish) - Oct. 7, 1940 (32:13) arr. William Grant Still, solos: Johnny Guarnieri (p), Billy Butterfield (tp), Les Robinson (ts), Jerry Jerome (ts), Jack Jenney (tb) 13 Blues - parts 1&2 (Still) - Dec. 4, 1940 (35:44) arr. Artie Shaw, solos: J.C. Higginbotham (tb), Benny Carter (as), Red Allen (tp) 14 I'm Confessin' (Neiburg - Reynolds) - June 26, 1941 (42:09) arr. Bill Challis, solos: Hot Lips Page (voc, tp) 15 Blues in the Night (Mercer - Arlen) - Sept. 2, 1941 (45:29) solos: Hot Lips Page (voc, tp), Les Robinson (as), Johnny Guarnieri (p), Ray Conniff (tb) 16 St. James Infirmary - parts 1&2 (Primrose) - Nov. 12, 1941 (48:43) arr. Margie Gibson, solos: George Auld (ts), Hot Lips Page (tp) 17 Deuces Wild (Gibson) - Nov. 12, 1941 (55:00) arr. Bill Challids, solos: Hot Lips Page (voc, tp), George Auld (ts 18 Take Your Shoes off, Baby (Austin) - Oct. 30, 1941 (57:10) arr. Paul Jordan, solos: Les Robinson (as), Hot Lips Page (tp), Dave Tough (dm) 19 Suite N.8 (Jordan) - Dec. 23, 1941 (1:00:34) arr. Jimmy Mundy, solos: Roy Eldridge (tp) 20 Lady Day (Mundy) - Jan. 9, 1945 (1:05:15) arr. Eddie Sauter, solos: Roy Eldridge (tp), Dodo Marmarosa (p) 21 Summertime (Gershwin - DuBose) - Nov. 23, 1944 (1:08:16) arr. Eddie Sauter, solos: Roy Eldridge (tp) 22 The Man I Love (Gershwin) - June 12, 1945 (1:13:17) ARTIE SHAW AND HIS GRAMERCY FIVE: Roy Eldridge (tp), Arti Shaw (cl), Dodo Marmarosa (p), Barney Kessel (g), Morris Rayman (b), Lou Fromm (dm) 23 The Gentle Grifter (Shaw - Carleton) - July 31, 1945 (1:16:26)
La boîte de jazz a rouvert ses portes. Les chats du quartier sont aux anges. L'ambiance est folle comme la semaine écoulée, ça balance un maximum. Les serveurs sont débordés, la salle est noyée dans la fumée de cigarettes, cigares et pipes...
Eliane Embrun - Si J'etais Une Cigarette
Ce soir c'est l'eurovision. Ce concours est né en 1956, un an avant ma naissance, je suis un enfant de l'Eurovision, de la reine d'Angleterre et des enfants de la télé. J'ai vu en direct le premier pas de l'homme sur la lune. Et maintenant, les stars, ce n'est plus Signoret et Montand, mais Zoé (16 ans) ou Cyprien, des youtubers qui drainent des millions de fans..!
SOS FÊTES DES MÈRES : À OFFRIR / À NE PAS OFFRIR
Intéressant, non?
Le Concours Eurovision de la chanson 1957 fut la deuxième édition du concours. Il se déroula le dimanche 3 mars 1957, à Francfort-sur-le-Main, situé alors en République Fédérale d'Allemagne. Il fut remporté par les Pays-Bas, avec la chanson Net Als Toen, interprétée par Corry Brokken. La France termina deuxième et le Danemark, troisième.
Corry Brokken - Net Als Toen - Eurovision 1957 - The Netherlands - Winner
Le Concours Eurovision de la chanson 1958 fut la troisième édition du concours. Il se déroula le mercredi 12 mars 1958, à Hilversum, aux Pays-Bas. Il fut remporté par la France, avec la chanson Dors, Mon Amour, interprétée par André Claveau. La Suisse termina deuxième et l'Italie, troisième
Eurovision Song Contest 1958 WINNER
Une chanson qui ferait mouche en 2017...
Pendant cette folle semaine, beaucoup de café... café... la boisson fétiche...
Une dernière scie pour la route.... Elle n'a pas gagné l'Eurovision 1980, mais on l'a chanté tout l'été, cette chanson... Et puis on voit Drucker, déjà?! (encore, toujours, immortel)
Balade dominicale de Wabern à L'aéroport de Belp, la classique du dimanche... Le gel de la mi-avril à laissé beaucoup de traces. De magnifiques magnolias sont dans un triste état, la maraude des cerises n'aura pas lieu cette année... Les lilas se portent bien! Les Alpes étaient bien visibles...
A propos des Alpes, Michel Bühler chantait, en 1986, "Rasez les Alpes"...
Nonchalants, des nuages passent au-dessus de la Ville fédérale. Poussés par un léger vent de sud, ils voyagent à petite vitesse. En fin de journée, un embouteillage de nuages gris, annonce une pluie qui avortera. Vers 22h15, la lune se lève dans un ciel noir, sans nuages, pigmenté d'étoiles. Sur la porte d'entrée un insecte fait la sieste de l'après-midi. Imprudent, il servira de souper à une merlette qui volait en rase motte au-dessus de tulipes jaunes aux pétales fripés. Vu à Crémines, dans le Jura bernois, un magnifique magnolia... Chaude journée de printemps...
Cher André, Au Colonial Bar, on boit un des meilleur café de Berne. En ce moment, il propose un équatorien fabuleux, l'Hakuna Matata. Des notes de chocolat-griottes titillent les papilles. Sur le comptoir trône un bouquet composé de tulipes, de fleurs de daphnés et d'amélanchier. Salutations amicales Jean-Jacques'60
Le soir, un mécanisme dissimulé dans l'éther, se mit en marche. Le soleil se coucha La lune se leva Un aéronef, à haute altitude, survola la Ville fédérale, laissant une trace blanche derrière lui. Les chats du quartier ne tarderont pas à partir en chasse en se fondant dans la nuit tombante...
Dimanche soir, jazz à Zanzibar. Les chats du quartier sont au cabaret. Ils engloutissent des souris grises en buvant de grands verres de bière. Un orchestre joue Moonlight Serenade. Un couple de rat des villes, égaré dans cette confrérie de chats, danse sur la musique de Glenn Miller. Des spots, rouges et verts, éclairent faiblement la salle. Sur l'écran géant, installé derrière le bar, est diffusé en rediffusion une émission de cuisine, "Top chef". Les chats ne sont guère intéressés par des recettes de tomates... Ils préfèrent le numéro d'effeuillage des souris de la troupe de Mme Kit et Cat. Ils se lèchent les babines...
Moonlight Serenade
Soleil sur la Ville fédérale... La petite patinoire portative installée sur la Place fédérale vit sa dernière journée ce dimanche 19 février... Un petit bonnet de laine est encore nécessaire, en cette belle journée de février...
C'est un café "Candelaria", fraîchement grillé à l'Adriano's bar, qui coule dans les veines de la cafetière italienne; cafetière grande taille ce samedi soir. La 1ère symphonie de Beethoven passe en sourdine dans la cuisine.
Le mystère est complet au sujet de Léo, le chaton jaune des voisins du dessous. A-t-il été enlevé par la bande à Bader, est-t-il parti en TGV à Paris pour soutenir un candidat malheureux, qui fait campagne pour les présidentielles françaises du printemps prochain? Le président des Etats-Unis l'a-t-il bombardé ministre des félins issus de l'immigration? lit-il en catimini l'ultime numéro de L'Hebdo? L'Hebdo, c'est fini en ce début février, ainsi en a décidé Ringier, le propriétaire du titre. 1981-2017... Un journal qui meurt, c'est l'espace de liberté qui se rétrécit. Léo n'est-il tout simplement pas dans son lit en train de ronfler? Devant tant d'interrogations, une tasse de café est nécessaire... (Affaire à suivre)
P.-S. Pour le dîner, il y avait du lapin... à fourrure jaune!!!
Le meilleur café de la Ville fédérale se boit dans l'annexe de l'Adriano's bar, au "Colonial bar"... Ce bar est ouvert depuis quelques semaines. Il est situé dans l'espace qu'occupait feu le "Cesary". Les tasses portent les armes de l'Adriano's. La petite salle a entièrement été refaite.
Il neigeait, hier soir vers 11 heures. Ce matin, en ouvrant les volets, le décor était blanc... Le Ville fédérale sommeillait sous une fine couverture de flocons. Une couverture qui fondra rapidement dans le centre. Sur les hauteurs, la neige ravi les enfants, qui font des combats de chevalerie dans une impasse sous le regard effrayé de Léo, le chaton jaune...
C'est mardi, jour de marché sur la Place fédérale. Le marchand de pommes propose un choix important du fruit préféré des suisses
Jean-Roger Caussimon est un auteur-compositeur-interprète et acteur français, né le 24 juillet 1918 dans le 14e arrondissement de Paris et mort le 20 octobre 1985 dans le 13e arrondissement. Il est notamment l'auteur de la chanson Monsieur William, mise en musique et popularisée par son ami Léo Ferré.
Jean-Roger Caussimon - Les cœurs purs
Les cœurs purs paroles : Jean-Roger Caussimon musique : Eric Robrecht 1959
Ils ne sont pas encore amis Des notaires et des notables Ils ne sont pas encore admis A dîner, le soir, à leur table Ils ne sont pas encore polis Comme Papa le fut toujours Ils ne sont pas encore salis Par les combines au jour le jour...
Mais on leur dit que ça viendra Et, bien sûr, ils ne le croient pas Les coeurs purs Les coeurs purs...
Ils ne sont pas encore rusés Ni blasés d'être un peu bohèmes Ils ne sont pas encore usés Par le métro des matins blêmes Ils ne sont pas encore conscrits Bien qu'ils soient souvent "engagés" Ils ne sont pas encore inscrits Ni au chômage, ni aux congés...
Mais on leur dit que ça viendra Et, bien sûr, ils ne le croient pas Les coeurs purs Les coeurs purs...
Ils ne sont pas encore lassés D'écouter chanter leur idole Ils ne sont pas encore blessés Par le Temps qui tant nous désole Ils chantent des "songs" sur un banc Ils n'ont pas honte de la rue Ils ne sont pas encore perdants Ils ne sont pas encore perdus...
Mais on leur dit que ça viendra Et, bien sûr, ils ne le croient pas Les coeurs purs Les coeurs purs...
Nota Bene: le samedi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: www.lakevio.canalblog.com
J'ai passé la fin de semaine chez mes amis, les M.
Margaret cuisine un canard à l'orange divin. Archibald, son évêque de frère, toujours aussi bizarre, ne manquerait pour rien le dîner. Il accapare le plat! Irwin, choisit avec soin les vins et les whiskies. Il écrit toujours d'épouvantables romans policiers sous le pseudonyme de F.C. On peut se procurer cette lecture dans les halls de gare. Leurs enfants, Eva et Billy, ont bientôt 30 ans. Ils vivent toujours avec leurs parents. Ces journées, passées en leur compagnie, sont reposantes.
Tous les soirs il y a cette mystérieuse cérémonie dont les invités sont exclus et qui ne fait l'objet d'aucun commentaire. J'observe ce rituel depuis plus de trente ans. Peu avant le coucher du soleil, ils s'installent sur des chaises pliantes sur une petite terrasse à côté de leur maison. Toujours dans le même ordre, au premier rang, Eva, Irwin, Margaret et Archibald; Billy se tient derrière. Il déplie une grand feuille dactylographiée et lit à voix haute. La langue qu'il parle m'est totalement inconnue. Il y a ensuite un long silence et la soirée se poursuit comme si rien ne s'était passé.
Je vous envoie une esquisse de ce tableau singulier.
A Moutier, ça commence de chauffer..! La Ville fédérale: Une jolie affiche, en forme de sapin, pour la bibliothèque du Kornhaus Sapin au Kornhaus Bougie dans la vieille ville Un coiffeur propose un coeur en boules de Noël Un coin de l'Eigerplatz Deux photographies prises dans la vieille ville
- Mais... c'est l'intervention de cette grosse femme... C'est un ptit peu... enfin... ça va très loin.
- C'est là que je me rends compte que malheureusement, je vous ai beaucoup moins bien réussi que le porc.
Pierre et Thérèse.
Le père Noël est une ordure