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Rêveries
8 février 2016

Mousse au chocolat et artichauts

Les artichauts
Pour oublier la tempête sur les bourses dans le monde, pendant qu'il est encore temps, une petite recette au vol, sur la façon de manger les artichauts. C'est le facétieux Milton qui nous dévoile la recette.

Georges Milton, de son vrai nom Georges Désiré Michaud, est un chanteur et acteur français, né le 20 septembre 1886 à Puteaux, mort le 17 octobre 1970 à Antibes Juan-les-Pins.
Avant d'être un film, sorti en 1935, Le Comte Obligado fut une opérette crée en 1927. Milton y chante "Les artichauts" ainsi que la célèbre chanson "La filles du bédouin". 

Georges Milton - Les Artichauts (1934)

La mousse au chocolat
Hier, de retour de balade, trempé et crotté, il ne restait qu'une solution pour imaginer le soleil, réaliser une mousse au chocolat.

Faire fondre au bain marie 120g de chocolat noir 100% cacao. Blanchir 4 jaunes d'oeuf avec 50g de sucre de bouleau (Xilitol) plus 2 cuillères à soupe rase. Le xilitol ayant un indice glycémique bas, la mousse peut-être dégustée par tous. Battre en neige 4 blancs d'œufs. Quand le chocolat est fondu, ajouter un morceau de beurre et deux bonnes cuillère à soupe de crème crue. Bien mélanger et verser dans les jaunes blanchis. Un tour de fouet, ajouter un quart des blancs battus en neige, un tour de fouet et verser le tout dans le reste de neige. A l'aide d'une cuillère en bois soulever délicatement la mousse et mélanger longuement jusqu'à ce que les blancs battus disparaissent dans la mousse. Verser dans un plat de service et mettre au frais avant de déguster.

4 février 2016

Nocturne

 

(De notre envoyé spécial) Les chats ont déserté le quartier. Ils sont partis en autocar faire du ski dans les Alpes. Ils dévalent, chaussés de skis, de surfs, ou de patinettes, les pentes du Mont-Blanc. L'Angora turc de ma soeur, pour se distinguer des autres, fait du monoski. Un moyen de skier très à la mode dans les années 1960. Un peu périlleux pour un skieur à quatre pattes. Des chatons de riche, qui miaulent en cyrillique, se font déposer au sommet de la perle des Alpes en hélicoptère.
Les journées se passent en de joyeuses descentes dans un nuage de neige soulevée par la gente féline. Prudents, le skieurs confirmés, les profs et leurs élèves débutants se cachent derrières les sapins à l'approche de cette avalanche de poil de toutes races. Les loups égarés dans la région hurlent à la mort en voyant ce dîner dévaler les pistes noires.
Le soir, après de copieux apéritifs et des repas sortis des sacs à dos, généralement du rôt de souris lyophilisé, les fauves, écrasés de fatigue font une courte sieste. Ils rêvent à "Titi et Gros Minet", un classique des années 1960.
Vers minuit, ils sortent. Ils vont dans une boîte de jazz tenue par un matou jaune, un peu escroc par passion. Il est en relation avec la pègre de Chicago. Il faut montrer patte blanche pour entrer dans ce lieu à la mode, connu des chats du monde entier. WhatsChat, FaceChat ou TripRats, une application qui note les meilleurs lieux de chasse, ne tarissent pas d'éloges pour cette boîte de jazz installée dans un vieux container rouillé, abandonné dans le cul d'un sac.
Les chats boivent des boissons qui font des bulles millésimées, dansent des cha cha cha effrénés en fumant des Havanes ou des Gitanes.
Au petit matin, ivres mort, ronflants sur la chaussée enneigées, les félins sont jetés dans un panier à salade par le concierge du Palace voisin et se retrouvent à la fourrière. Ils cuvent le jus de raisin bu sans discernement pendant la nuit. Analphabètes, les chats ne savent pas que la fumée tue, qu'il faut boire avec modération et bouffer cinq fruits et légumes par jour. Ces carnivores font la nique au régime. Ils déguerpissent par une discrète chatière... Ils ont une gueule de bois carabinée et on peut, rivé à de puissantes jumelle, les voir zigzaguer sur les flancs du Mont Blanc...

 

4 juillet 2016

60e été - Le bel été

Nota Bene : le samedi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse : www.lakevio.canalblog.com

Le goût de l'été

Attention, ce devoir comptera pour le passage en classe supérieure !...



Albert Marquet (ou Pierre Léopold Albert Marquet) est un peintre post-impressionniste français né à Bordeaux le 27 mars 1875, mort à Paris le 14 juin 1947 et inhumé à La Frette-sur-Seine.

                                                   Capture
                                                                                                             Albert Marquet - Le grand olivier

 Bon, c'est juste que les vacances arrivent. Nous allons tous passer à d'autres occupations... jusqu'à la rentrée ! 
En attendant, à lundi, pour le dernier billet. Ensuite, rendez-vous en septembre si vous le voulez !
 

Le banc sous le grand olivier sera occupé ce soir, à la fraîche. Les volets de la maison sont tirés afin de conserver un peu de frais dans les pièces. Le silence règne, troublé par quelques cris d'oiseaux batailleurs. Les chats du quartier sont en embuscade, prêt à l'attaque. Dans la maison, on entend le tictac du régulateur qui trône dans le salon. C'est l'heure de la sieste. Heure Bleue écrit un texte. Les écrits d’Heure Bleue sont toujours empreints de nostalgie. Elle l'enverra sur la toile via I-Truc (ICI). Le Goût ronfle. Il rêve à des toiles plus... enfin... à des toiles de Marquet moins académiques. Le politiquement correct ne permet pas de présenter cette partie de l'œuvre du peintre, à cette heure de grande lecture. Dans un soupire, il a tout de même écrit son billet hebdomadaire (ICI). Lakevio, l'instigatrice de ce rendez-vous du lundi, a tapé son texte sur une vielle Underwood. Texte qu'elle a ensuite collé sur l'écran de sa tablette (ICI). Rose ne fait jamais la sieste. Sa boîte Agfa ne la quitte pas. Elle imprime rouleau sur rouleau. Elle arpente la maison et le jardin, tirant de magnifiques photographies en noir et blanc. Entre un défi à relever, des images à coller dans un album, elle griffonne, sur un coin de la nappe de la salle à manger un texte qu'elle envoie aussitôt à l'imprimerie (ICI). Praline papote dans la cuisine. Elle est de Savoie Praline, parfois d'ailleurs. De retour de Corse, elle a écrit son texte à l'aube, assise sur le banc qui est sous le grand olivier (ICI). Alphonsine, passionnée de couture, avant de faire la sieste, défait les nœuds de son fil. Elle pourra ainsi écrire un texte cousu de fil blanc (ICI).  Colette habite un pays où, l'hiver, la burle souffle avec violence sur la neige qui forme des menées*, comme on dit chez nous, qui peuvent atteindre dix mètres… Elle a des soucis avec son ordinateur. Elle a tenté d'installer une nouvelle version de Word, la version XB758. C'est une version avant-gardiste. Pour l'instant, elle a juste réussi à voir la mire sur son écran. C'est donc en morse qu'elle transmet son texte. Elle est installée au salon (ICI). Liliplume fait la sieste dans la chambre couleur mer. Le matin, elle s'installe dans un coin du jardin et pratique l'aquarelle. Elle accrochera, en fin d'été, ces œuvres dans le bureau . Elle a écrit son texte directement sur sa tablette de chocolat (ICI).
L'heure de la sieste fera place, bientôt, au goûter. Des cartons d'invitation ont été expédiés aux quatre coins de la blogosphère, un jeudi de pluie. Les invités vont arriver d'une minute à l'autre. Il y aura un beau tapage diurne. Chacun apportera un texte. Les adresses sont consignées dans les commentaires des manuscrits de Lakevio (ICI). Il y aura des gâteaux, du café et du champagne. On dansera jusque tard dans la nuit. Saoul de bonheur, tout ce monde virtuel, s'en ira ensuite en vacances. Les chats du quartier pourront enfin dormir. La maison retrouvera tout son monde, à la rentrée, en septembre...
A noter, qu'ici, en ville de Berne, les vacances scolaires ont commencé le samedi 2 juillet et se termineront le dimanche 14 août !
Je vous souhaite une bonne semaine
Jean-Jacques'22
Berne, ce 4 juillet 2016

*congères
22 septembre 2012

La désalpe à Lignières

 Les vaches

Désalpe 2 Désalpe 1


Film réalisé par jeanjacques666

L'Avenir de Lignières


Film réalisé par jeanjacques666

Désalpe abeilles Désalpe abeilles2
Les abeilles

Désalpe ânes Désalpe ânes2
Les ânes

Les sonneurs de cloches du plateau de Diesse


Film réalisé par jeanjacques666

Désalpe miss paysanne Désalpe miss paysanne2
Miss paysanne 2012


Film réalisé par jeanjacques666

Les enfants
Désalpeenfants1 Désalpeenfants2

Désalpeenfants3 Désalpeenfants4

Fanfare Espérence de Cressier


Film réalisé par jeanjacques666

 

 

 

 

 

27 avril 2017

Les lilas

"Le tableau du lundi" proposé par Lakevio était un délicat bouquet de violettes. Le texte était dans ma tête. Je le récitais depuis samedi. Il y avait des chats, un vieux marabout à moitié déplumé, "les planètes" de Gustav Holst, un magnifique poème symphonique, servait de décor sonore. 
Lundi 24 avril, le temps était magnifique. Les fleurs du lilas se balançaient, au-dessus du portail, soulevées par un vent du sud. Les trois ruches, installées dans un coin du jardin, étaient en pleine activité. Les abeilles se pressaient aux portillons entrée/sortie des différentes "maisons à miel". 
Et il y avait une lettre dans la boîte aux lettres.
J'ai fait une promenade dans le jardin. C'était le creux de l'après-midi. Il n'y avait personne. Les épées laser attendaient dans un coin de l'entrée. Les enfants du rez-de-chaussée et du premier étage allaient sans doute bientôt envahir les lieux. Le murmure du vent sera alors perturbé par des hurlements, des pleurs...
Je n'était pas pressé de vider la boîte aux lettres. L'écriture de l'adresse m'était inconnue. En retournant l'enveloppe, je fut fixé en un quart de seconde.
Depuis plus de trente ans, j'ai un échange épistolaire avec mon ami A... Ces derniers mois, il a parfois évoqué des problèmes de mobilité, des moment de fatigue, toujours avec élégance et humour, le propos tournant toujours autour de la musique, de la peinture, de la littérature, de souvenirs de voyage ou de randonnées en montagne. Aujourd'hui, c'est son épouse qui a pris la plume. Ce jour que je redoutais est arrivé...
Dans une lettre brève, elle nomme les différentes maladies que mon ami avait transformé en vague bobos, du à la vieillesse. Depuis la fin mars, il est dans un centre de soins palliatifs, sous morphine, il est en somnolence. 
Submergé par diverses émotions, j'ai revissé le capuchon de ma plume et refermé mon calepin. Le coeur n'y était plus...
La belle lumière du soir était mélancolique, ce lundi de fin avril... 

                                       

catherine Klein l 

Arletty - Deux sous de violettes

29 janvier 2018

La crue

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style.Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)
jorge santos-love-letters-submission

Sur ce que vous inspire la toile de Jorge Santos, peintre surréaliste américain, vous voudrez bien placer les dix mots suivants dans votre texte en les soulignant ou surlignant. pour mieux les repérer.

pourriture

dilettante

carpaccio

ecchymoses

roulage

tenture

équivoque

pourchasser

s'abstiendra

P.-S. Lakévio avait oublié le 10e mot dans son sac à malices. Elle nous l'a donc tramsmis par télex. Il s'agit de: saumâtre.

   

A Paris, la Seine grossie par des pluies inédites, en cette fin du mois de janvier 2018, a une couleur SAUMÂTRE. Les touristes traînent du côté des quais dans l’espoir de voir un débordement. Les CRS veillent, prêt à POURCHASSER la moindre goutte d’eau dépassant le niveau de 6 mètres. Le directeur du musée du Louvre regarde, en DILLETANTE de la science météorologique, le fleuve qui tente d’assassiner, par noyade, le Zouave du pont de l’Alma.

Dans la salle 123 Bis, sous le regard du gardien chef, des petits rats de l’opéra terminent le ROULAGE d’une TENTURE.
 C’est une tapisserie inachevée, tissée par Pénélope (Πηνελόπεια), la fille D’Icarios, l’épouse d’Ulysse. Télémaque, leur fils, traîne souvent dans les salles du Louvre, des écouteurs collés aux oreilles. Il écoute toujours la même musique, un LP numérisé, « American Garage » de Pat Metheny Group, gravé en 1979 et commercialisé en 1980 sous le label ECM Records
. C’est une musique aux nombreuses influences, un vaste delta de jazz, folk, rock, musique country et world music. La copie, pillée sur Le Tube, a des enchaînements douteux entre les morceaux. C'est un leurre pour tromper les algorithmes avides de droits d'auteur.

Le jeune homme, à la démarche féline, lorgne du côté de la salle 123 Bis. Les petits rats, qui font des arabesques dans la salle, leur travail achevé, rappellent à l’adolescent que le printemps, temps de la montée de la sève, est proche.
Une rumeur court sur la toile virtuelle, Pénélope serait la mère de Pan. Elle aurait, selon une vidéo un peu scabreuse, qui circule sous le manteau, couché avec Apollon. Un teste ADN a dissipé l’ÉQUIVOQUE, la guerre de Troie a bien eu lieu. Ulysse S’ABSTIENDRA de commenter l’affaire, il s’est contenté de poster sur son compte IG une photo de son déjeuner. On y voit un CARPACCIO d’ananas et une bouteille d’un gros rouge qui tache.

Les danseurs étoiles du Bolchoï transporteront la tapisserie, roulée, par des petits rats de l’opéra, en forme de boudin noir, dans les combles du musée. Elle y sera à l’abri de la POURRITURE due à l’humidité générée par un surpeuplement de gouttes d’eau dans la Seine.


Le catalogue général du musée du Louvre est une mine de renseignements complété d’une riche iconographie. La page 3647 est consacrée à la tapisserie tissée par Pénélope. L’artiste est actuellement écrouée à la Prison de la Santé, à Paris, pour une sombre histoire d’inceste. Elle aurait couché avec Pan, son fils supposé. Des faits prescrits, selon son avocat, puisqu’ils datent de l’époque de la guerre de Troie. L’arrachage de la photographie représentant la tapisserie, par un SDF ne pouvant s’offrir le catalogue, a également emporté une grande partie de l’analyse et de la description de la tenture. On peut tout de même lire qu’on distingue une femme couchée sur une table. Elle est couverte d’ECCHYMOSES et porte une robe bleue. Un homme en marcel blanc, les yeux empreints d’une certaine folie,
 regarde dans le vague. Une porte entrouverte laisse entendre le grondement d’un fleuve prêt à bondir hors de son lit. Un chien assiste à la scène. Il détient la clé de ce tableau énigmatique. Ulysse a violemment battu sa femme Pénélope.

Une chaîne de télévision d’utilité publique, organisera, dans le cadre d’une émission spéciale, ce lundi soir, un débat en direct, sur la violence conjugale dans les tableaux surréalistes.

 Pat Metheny Group - American Garage (1979)

 

8 mai 2017

La folle semaine 2/7 - Roméo et Juliette (version XXIe siècle)

Nota Bene: le samedi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: www.lakevio.canalblog.com
harold harvey

 Il était en tenue d'été, couché dans l'herbe d'un parc parisien. Quelques fleurs de dent-de-lion égayaient la pelouse. Certaines fleurs étaient déjà en graine. Ce sont ces boules blanches qui s'éparpillent quand on souffle dessus, ce geste est immortalisé sur la couverture du Larousse, avec cette maxime, écrite au-dessus des graines qui s'envolent, "je sème à tout vent".
Elle était assise à côté de lui.
- Si on se mariait, lança-t-elle d'un ton des plus sérieux.
Il lui tendit une fleur en graine.
- Oui, je sais, c'est impossible, ajouta-t-elle.
- Tu imagine le scandale dans nos familles dit-il en souriant.
Elle souffla sur la boule de graines. Des dizaines de petits parachutes, poussés par le vent envahirent une plate-bande.
- Alors que faire? Soupira-t-elle.
- On a plus qu'à se jeter du haut de la Roche de Solutré... Ironisa-t-il.
- Et rejoindre Jeanne au paradis ajouta-t-elle.
Un bref bip retentit. Il consulta l'écran de son téléphone, se leva d'un bond. Elle se leva aussi.
- Je dois partir. Je viens de décrocher un job et un appartement.
Ils s'embrassèrent langoureusement.
- A dans cinq ans, Marine
- Salut, Emmanuel.
D'un pas nonchalant, la veste sur l'épaule, il se dirigeait vers le No 55 de la rue du Faubourg Saint-Honoré...
(A suivre)

Conclusion: ICI



P.-S. Le plus grand froid d'un mois de mai, en Suisse, au XXe siècle, a eu lieu il a 60 ans, le 8 mai 1957. Il avait fait -8 degrés à Berne. Les dégats avaient été considérables dans tout le pays.

5 décembre 2022

Les mois d'hiver - Il a neigé cette nuit dans le petit village dans les montagnes

145e devoir de Lakevio du Goût

Consigne :

Devoir de Lakevio du Goût_145.jpg

J’aime la façon dont Mark Keller use pour nous faire comprendre que les choses ne se passent pas toujours comme prévu…
Mais vous ?
Que pensez-vous qu’il nous dise là ?
On en saura peut-être plus lundi.
Du moins je l’espère…

Yves

Je connais Yves depuis l’école primaire. Nous avons passé quatre années scolaires à nous côtoyer. Nous nous sommes revus quarante ans plus tard. Un de nos camarade avait réussi à réunir la classe entière le temps d’une soirée. Seize ans se sont écoulés depuis cette soirée, et, dans cette auberge baignée par l’océan, plantée au milieu de nulle part, où je passe une nuit, je reconnais Yves qui mange seul à une table, comme moi. Nous avons passé un bout de soirée à bavarder. Une conversation neutre, les souvenirs communs sont si diffus et lointains que la conversation s’égrène de banalités.
Ce matin avant de quitter l’auberge je suis passé dans la salle du petit déjeuner pour prendre congé d’Yves. Rien n’indique que nous nous reverrons un jour.

Yves est assis au bout d’une longue table. La tête appuyée contre ses mains, il a l’air sombre. Il sera sombre, renfermé et grognon tant qu’il n’aura pas avalé un premier café. Devant lui sont disposés un panier en osier tressé rempli de croissants, une motte de beurre à la crème crue et un pot de confiture aux abricots, l’inégalable confiture « Marillen aus dem Weinviertel » produite tout à l’est de l’Autriche. Le café déposé par le serveur détend les traits du visage et Yves ne tarde pas à en commander un second. Il a posé sa guitare devant un sucrier, un poivrier et une salière. Ces éléments en verre à fermetures métallique marquent le milieu de la table.

À l’autre bout de la table, un jeune couple tente, comme Yves, d’émerger des limbes du sommeil. Ils ont la gueule de bois. Ils sont rentrés de la ville voisine au petit matin. En regagnant leur chambre à grand fracas, ils ont réveillé les occupants des trois autres chambres. Ils en sont à leur troisième café et essayent d’organiser la journée. Ils passeront vraisemblablement cette journée de beau temps enfermés dans leur chambre, volets clos.

À travers les fenêtres à croisillons de la salle du petit déjeuner on voit la plage et l’océan. La marée est descendante. On voit aussi Lise de dos. Cette jeune fille, vêtue d’une jupe et d’un chandail de couleur bleu pastel, fixe l’horizon. Elle passe quelques jours dans cette auberge pour apprendre un texte. Dans deux mois elle sera sur scène, jouant dans un classique du répertoire français.

Un client est entré dans la salle du petit déjeuner et à commander une bière. Il a garé sa voiture à côté de celle d’Yves. Il est de passage. Il doit avoir une vingtaine d’années. Il regarde dans le vide. Il est vêtu d’une paire de bottes noires, d’un jeans et d’une veste en cuir. Discrètement il vérifie si son couteau est en place dans sa botte gauche. Il braconne parfois.

Le jeune couple a finalement décidé de faire une promenade le long de la côte. Le serveur affalé dans l’office, yeux rivés sur l’écran de son téléphone, joue à un jeu virtuel. Le client s’est dirigé vers les toilettes. Lise songe à regagner sa chambre. Yves est parti en voiture à la recherche d’un coin de plage tranquille pour mettre au point une chanson qui figurera sur son prochain album.

Lise est surprise, elle pensait en entrant dans sa chambre avoir fermé la porte à clé.
La lame du couteau sortie de la botte, le corps de Lise qui s’affale sur la moquette, la clé tombée ramassée par une main gantée, la porte de la chambre refermée, la clé remise sur le porte-clés des chambres à la réception, trois minutes de temps suspendu brouillé par le moteur d’une Ford Galaxie qui démarre en trombe.

23 janvier 2017

La Pastorale

Nota Bene: le samedi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: www.lakevio.canalblog.com

Paul Rafferty - Hydrangeas contre-jour
Paul Rafferty  "Hydrangeas - Contre-Jour"

La Pastorale

Allegro ma non troppo
Erwachen heitererEmpfindungen bei der Ankunft auf dem Lande 

Eté 1900, la porte-fenêtre du petit salon est ouverte, les arbres du parc de la villa Si-Ma-Y frisent avec légèreté, une bise mollissante chasse quelques nuages. Un guéridon, un fauteuil tapissé d'une toile moutarde, sont les seuls meubles de cette pièce. Accroché au mur, à gauche de la porte-Fenêtre, un tableau représentant un paysage alpestre, signé Alexandre Calame.
Sur le guéridon un bouquet d'hortensias roses, une peinture miniature encadrée, une boîte en bois, achetée  à Pékin en 1898, un pied en bois de dimension modeste, sur lequel se fixe un lutrin. 
Une douce chaleur pénètre dans cette pièce à contre-bise. Iris, sans bruit, fit le tour du salon. Elle retira ses gants en dentelle. Innocemment, elle passa son indexe sur le guéridon; aucune trace de poussière. On joue du piano dans la galerie. Le frère d'Iris massacre la version pour piano de la symphonie numéro 6 de Beethoven. Iris est heureuse, son frère lui fera visiter l'exposition universelle, à Paris. Elle saisit la peinture miniature et eut un sourire  amusé, elle représentait...


Andante molto grosso
Szene am Bach 

...Un petit salon de style anglais début du siècle. Un poste de T.S.F. était allumé dans la salle à manger. Par les portes ouvertes, on entendait le speaker annoncer un concert enregistré sur disques phonographiques le 8 janvier 1938 à New-York. Toscanini dirigera la 6e symphonie de Beethoven. Iris était dans le petit salon. Elle arrangeait un bouquet d'hortensias dans un vase en verre rose. Il trônait sur un guéridon, à côté d'une boîte en bois, souvenir de l'exposition universelle de 1900 à Paris. Ce guéridon était un  des seul meuble, avec un fauteuil en toile moutarde visible dans cette pièce. Son frère entra dans le petit salon par la porte-fenêtre, elle donnait sur le parc. A gauche de la porte-fenêtre était accroché un tableau intitulé "La femme qui pleure" signé Picasso 1937. 
On entendait le murmure du ruisseau qui traversait la propriété. "Il parait qu'Arturo à des colères légendaires, les musiciens le craignent", dit Iris en tentant de mettre de l'harmonie dans le bouquet d'hydrangeas. 
Le mois de juillet s'annonçait beau. En cet été 1938, l'air était irrespirable en Allemagne. Iris avait décidé d'émigrer à Buenos Aires. Elle tentera une dernière fois de convaincre son frère de la suivre lors du souper.
Elle aimait le chant des oiseaux, le bruit du ruisseau, le bruissement des feuilles des arbres, une quiétude,ici, à la campagne, qui n'existait pas à Berlin.
I
ris saisit une peinture miniature que cachait le vase. Elle sourit, amusée, elle représentait...


Allegro
Lustiges Zusammensein der Landleute 

...Un petit salon à la mode anglaise du début du siècle. Un guéridon occupait le milieu de la pièce complété par un fauteuil en toile moutarde. Une porte-fenêtre donnait accès au parc. Un des battants était ouvert. On entendait au loin les rires et les chants d'une noce paysanne. Le mois d 'août s'achevait et la journée avait été magnifique. A gauche de la porte fenêtre était accroché un tableau, "Les constructeurs, état définitif", huile sur toile de Fernand Léger achevée en 1950. Cette toile complexe ne plaisait pas à Iris qui arpentait le petit salon. "Mon frère se damnerait pour des oeuvres modernes qui n'ont pas de sens" soupira-t-elle en admirant un bouquet d'hortensias qui trônait, dans un vase en cristal de baccarat, sur le guéridon. Il y avait également une boîte en bois, noire laquée, ramenée de Chine à la fin du siècle passé par un oncle, mort depuis longtemps et une petite peinture miniature.
Un électrophone, installé dans la bibliothèque voisine, diffusait la Pastorale de Beethoven. La pochette du microsillon, procédé nouveau, indiquait que  Furtwangler dirigeait l'orchestre  philharmonique de Berlin. L'enregistrement en direct datait du  23 mai, juste avant le début de cet été 1954. 
Iris saisit la peinture miniature et eut un sourire  amusé, elle représentait...


Allegro
Gewitter - Sturm 

... Un petit salon meublé à l'anglaise de façon fort spartiate, on pouvait voir un guéridon et un fauteuil de toile moutarde. Une porte-fenêtre permettait de sortir dans le parc. A gauche de  la porte-fenêtre, était accroché un tableau, "White Light", un Pollok de 1954. Le guéridon était encombré; un vase avec quatre hortensias roses, une boîte en bois, une étoile de mer, un tableau miniature et les gants d'Iris ne laissait guère d'espace pour poser un livre. 
Cette journée d'été 1962 était orageuse. Un transistor, posé sur la table de la cuisine avait le volume poussé au maximum. "Mon frère exagère" pensa Iris. La 6e de Beethoven déversait le fracas de l'orage sur une campagne auparavant riante. George Szell dirigeait l'orchestre de Cleveland. Il s'agissait d'un enregistrement studio datant du début de l'année.
Iris ferma la porte-fenêtre. Une forte pluie s'était mise à tomber. On voyait des éclairs au loin. La retransmission du concert était émaillée de grésillement du à l'orage. 
Iris saisit la peinture miniature, sur le guéridon et eut un sourire  amusé, elle représentait...


Allegretto
Hirtengesang. Frohe und dankbare Gefühle nach dem Sturm

...un petit salon au charme désuet. Les rares meubles de la pièce sont probablement d'origine anglaise du début du siècle passé. Il y a un guéridon, sur lequel est posé un vase en plastic. Des hortensias artificiels y trouvent place, ils sont de couleur vieux rose. A côté du vase, une boîte en bois, laquée noire, probablement ramenée de Chine à la fin des années 1800. Une carte postale encadrée, photographie d'un tableau connu
Une porte-fenêtre permet d'accéder au parc. A gauche de cette porte-fenêtre est accroché une toile de Paul Rafferty intitulée  "Hydrangeas - Contre-Jour". L'ameublement sommaire de cette pièce est complété d'un fauteuil en toile moutarde. 
Iris ouvre la porte fenêtre. L'orage qui sévissait pendant la matinée s'est éloigné. Les arbres s'égouttent, le soleil est revenu et les oiseaux ont repris leur gamme.   
"Mon frère a oublié d'éteindre sa tablette" remarqua Iris. Elle était abandonnée sur le fauteuil. On y voyait la retransmission en direct de la symphonie numéro 6 de Beethoven. Un déroulant indiquait: Royal Albert Hall,  23 july 2012. Barenboim, impérial, dans cette immense salle de concert, s'épongeait le visage avec un mouchoir blanc, tout en gesticulant pour amener le West-Eastearn Divan Orchestra à bon port. Ce concert fait partie des mythiques Proms.
Iris saisit la carte postale encadrée, sur le guéridon et eut un sourire  amusé, elle représentait...

 

 

Notes: Crée le 22 décembre 1808 au Theater an der Wien de Vienne et publiée en avril 1809 chez Breitkopf & Härtel, la symphonie no 6 en fa majeur, opus 68, dite Pastorale, de Ludwig van Beethoven, est composée entre 1805 et 1808.

 

12 décembre 2016

Les quatre heures

Jasmine Hsiao Hui Huang
Aquarelle de Jasmine Huang

Nota Bene: le samedi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: www.lakevio.canalblog.com

À tante May (18.. - 1965)



Dans la campagne, le temps semblait suspendu. Le brouillard s'était retiré du côté des anciens marais. Les Alpes barraient l'horizon. Le soleil rasant, ombrait l'impressionnante barre rocheuse dentelée; le décor ressemblait à une toile de Hodler.

L'envol d'un avion à destination de Münich troubla le silence. Des chiens aboyèrent avec rage, des corneilles répliquèrent, un cheval éleva de la voix et le bêlement d'un mouton mis fin à ce vacarme. 
Les arbres nus attendaient la neige. Les flocons, qui ne devraient pas tarder, marqueront l'entrée dans l'hiver et précipiteront "la fin des temps" dans l'oubli.
Sur le chemin gelé, qui serpentait entre les parcelles labourées, une silhouette se déplaçait avec rapidité. Une grande dame, vêtue d'un manteau gris pastel, perdue dans ses pensées, regagnait la ville. Une écharpe bleu royal, nouée autour de son cou, rappelait le ciel d'été, du Bel Été disparut. Les battements d'ailes d'un papillon, qui s'accrochait au ruban de son chapeau, régissaient le monde. Elle aimait cette courte période entre la fin de la chute des feuilles et les premières neiges. Dans les pays germaniques, on l'appelle "la fin des temps". Chaque année, elle songeait de peindre un tableau de ce décor mort et silencieux. Chaque année, elle s'était lancée dans d'autres projets. 
Dans la cité, envahie par la nuit, une brume s'était formée. Les lumières de Noël faisaient des halos dorés dans les rues. Aux carrefours, l'armée du Salut avait dressé des marmites pour recevoir l'obole des passants. La grande dame tourna la clef dans la serrure d'une imposante porte en bois massif. Un chat jaune se frotta dans ses jambes en miaulant. Elle le caressa au creux du cou puis l'éloigna de l'entrée. 
Elle entra dans une grande pièce. Elle avait transformé une resserre, contiguë à sa maison, en atelier de peinture. 
Par la grande fenêtre, les arbres du parc, perdus dans la brume, ressemblaient, avec quelques feuilles suspendues aux branches, à des pantins dégingandés. Quelqu'un dans l'ombre manipulait les ficelles. Les feuilles, jaunies et à l'agonie, tremblotaient. 
La grande dame avait dressé sur la table, devant la fenêtre, un arrangement qui ressemblait à une nature morte. Des roses, disposées dans un vase de grès blanc, côtoyaient des bouteilles d'eau de vie, un panier remplit de pain aux noix. Des oranges de la Chine attendaient sur une coupelle. Des bols étaient garnis de confiture aux groseilles à maquereau et aux cerises. Sur un réchaud, l'eau chantait pour le thé. 
Sur l'électrophone un microsillon tournait à 33 tours 1/2 par minute. Un saphir puisait dans les sillons une musique composée par Camille Saint Saëns. On reconnaissait le prélude de l'Oratorio de Noël.
La grande dame, encore vêtue de son manteau se tenait devant un chevalet. Elle peignait les nuits d'Orient. Ces nuits d'encre parsemées de millions de points lumineux. Une étoile filait, la brise marine agitait les palmes des dattiers, trois chameaux avançaient avec élégance, ils guidaient trois rois vers une destination mystérieuse...
La cloche tinta. Les invités arrivaient pour "les quatre heures". Elle regarda le tableau, satisfaite, elle le retourna. Elle déposa le papillon qui logeait sur le ruban de son chapeau sur la corolle d'une rose, prépara le thé et alla ouvrir. Margaret et Irwin entrèrent. Dans la rue passa un chenapan qui cria, "bonjour madame". Il tira la langue et détala en chantant à tue tête, " De bon matin, j'ai rencontré le train  de trois grands rois qui partaient en voyage. De bon matin..."  Les pneus d'une Buick Riviera, noire, modèle 1971, crissèrent, le bêlement d'un mouton mis fin à ce vacarme. 
La porte de l'atelier se referma. Les premiers flocons dansaient dans la brise marine. L'hiver...
10 octobre 2016

M

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style.Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)
edouard vuillard nature morte avec bouteille et carafe
Edouard Vuillard


VOYAGE EN CHEMIN DE FER
Le rapide file dans la nuit. La voie ferrée longe la côte découpée entre Cannes et Saint-Raphael. La Pacifique 231, lancée à vive allure, entame les longs virages avec aplomb. L'express de nuit est composé, outre de la célèbre locomotive, d'un tender, d'un fourgon à bagages, d'un fourgon postal, de deux wagons de troisièmes classe,  de quatre de deuxième classe, d'une voiture de première classe et de trois wagons lits. Vers 23 heures, le train passe à Anthéor. Le mécanicien actionne le sifflet à la hauteur de la villa "Si-Ma-Y", perturbant l'écoute d'un concert symphonique retransmis à la T.S.F. Un peu plus tard, le train entre en gare de Saint-Raphaël. Une caisse, portant la mention: TABLEAU, est chargée dans le fourgon à bagage. Le train reprend sa course en direction de Paris. En ce mois d'octobre 1925, personne ne se soucie de la quatrième révolution industrielle qui bouleversera la vie des gens du début du XXIe siècle. 

 

EXPOSITION
Deux critiques, très contrastées, l'une parue fin juin 2014 dans le quotidien Le Temps et l'autre imprimée en début septembre 2014 dans le mensuel économique Bilan, mentionnent l'exposition d'automne du Kunstmuseum de Winterthour consacrée au peintre Edouard  Vuillard. L'exposition tourne autour d'un pastel, "La Vénus de Milo", récente acquisition par le musée, d'une oeuvre de ce peintre discret. L'exposition a eu lieu du 24 août au 24 novembre 2014 ( http://www.kmw.ch/ausstellung/edouard-vuillard/ )
ÉLÉMENTS BIOGRAPHIQUES
Edouard Vuillard est né en 1868. Il tombe malade début juin 1940. Ses amis, Lucy et Jos Hessel, le transportent à La Baule. Ils fuient l'avancée des troupe allemandes. Il meurt le 21 juin.
Edouard Vuillard fait partie des membres fondateur du mouvement Nabi.
Il a participé à diverses aventures théâtrales en illustrant des programmes et en brossant des décors. 
POUSSIÈRE
Un communiqué de l'AFP, repris par les principaux quotidiens de l'Hexagone et par les grands titres de la presse internationale relate un fait divers troublant. Lundi 10 octobre 2016, la gare de Lyon, à Paris, a été bouclée pendant  plusieurs heures par la police. La concierge a signalé un colis suspect. Une caisse recouverte d'une épaisse couche de poussière semblait abandonnée sur un rayon de la consigne. Après dépoussiérage, au plumeau d'autruche, de cette étrange  découverte, on pouvait lire en lettre rouge: TABLEAU peint directement sur la caisse.  Le nom de se groupe terroriste était inconnu des services de renseignements. Pendant que les pontes des services secrets cherchaient des noms, la concierge a ouvert la caisse et en a retiré un tableau. 
Un expert pictural, dépêché sur les lieux a affirmé qu'il s'agissait d'une peinture d'Edouard Vuillard.
Les passagers, bloqués durant plusieurs heures, dans leur  projet de voyage, ont été mécontents d'apprendre qu'une croûte en était la cause.
CONFIDENCES SUR L'OREILLER
On pourra lire le récit de la concierge dans le prochain numéro  de "Elle". Un magazine à la mode qui se lit dans les salles d'attente des dentistes. Les meilleures feuilles se vendent sous le manteau. On peut y lire une description du tableau:
Sur une table, installée devant une fenêtre, donnant sur une ruelle, une bouteille de vin rebouchée, une carafe d'eau, une assiette avec un reliquat de repas, un couteau posé sur l'assiette, laisse supposer que l'on a quitter précipitamment la table. On peut aussi distinguer le bouchon en cristal de la carafe sur la table et un bouchon en liège d'une bouteille invisible.  Un brouillard automnal assombri la scène. La personne qui a quitté la table est un membre actif d'un groupuscule anti "nabi" qui signe : TABLEAU. Il est allé, ce 10 octobre 1925 déposé un colis piégé à la gare de Lyon...
22 septembre 2014

Été 14 - Fin

L'Été, le bel été s'en va sur la pointe des pieds.....

GRACIAS A LA VIDA "Mercedes Sosa" {Miros Mar}¸.•*¨*• ♪♫

Gracias a la vida,
que me ha dado tanto;
me dio dos luceros
que cuando los abro
perfecto distingo
lo negro del blanco,
y en el alto cielo
su fondo estrellado,
y en las multitudes
al hombre que yo amo.

Gracias a la vida,
que me ha dado tanto;
me ha dado el oído
que en todo su ancho
graba, noche y día,
grillos y canarios,
martillos, turbinas,
ladridos, chubascos.
y la voz tan tierna
de mi bienamado.

Gracias a la vida,
que me ha dado tanto;
me ha dado el sonido
y el abecedario.
Con él, las palabras
que pienso y declaro:
"madre", "amigo", "hermano",
y "luz", alumbrando
la ruta del alma
del que estoy amando.

Gracias a la vida,
que me ha dado tanto;
me ha dado la marcha
de mis pies cansados.
Con ellos anduve
ciudades y charcos,
playas y desiertos,
montañas y llanos,
y la casa tuya,
tu calle y tu patio.

Gracias a la vida,
que me ha dado tanto;
me dio el corazón,
que agita su marco
cuando miro el fruto
del cerebro humano,
cuando miro al bueno
tan lejos del malo,
cuando miro el fondo
te tus ojos claros.

Gracias a la vida,
que me ha dado tanto;
me ha dado la risa
y me ha dado el llanto.
Así yo distingo
dicha de quebranto,
los dos materiales
que forman mi canto;
y el canto de ustedes,
que es el mismo canto;
y el canto de todos,
que es mi propio canto.

Gracias a la vida,
que me ha dado tanto.


                       Un coin de Berne, la Ville fédérale vue depuis la pièce de l'écritoire...               

23 juillet 2018

Un été sans fin - Le bain, carte postale

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style.Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)
Tracey Sylvester Harris_Luscious_Swim

 Tracey Sylvester Harris

Votre histoire devra être "étoffée" autour de la phrase suivante :
"Ah ! qui n'a pas eu envie d'un pastis après un bain de mer pris en Méditerranée ne sait pas ce qu'est un bain de mer pris le matin en Méditerranée."
C'est Marguerite Duras qui nous le dit, dans Le marin de Gibraltar (1952).

 Splash et Tchin, lundi !

LE BAIN, CARTE POSTALE

"Ah ! qui n'a pas eu envie d'un pastis après un bain de mer pris en Méditerranée ne sait pas ce qu'est un bain de mer pris le matin en Méditerranée."
Elle quitte quelques instants les pages du livre qu’elle lit. Cette image d’un pastis après un bain de mer s’insinue en elle. On est au coeur de l’été, d’un été sans fin. Ce dimanche de juillet, la température est basse. Dans son tube, le mercure indique 24 degrés centigrades. Les météorologues prédisent toutefois de fortes chaleurs pour la dernière semaine de juillet. Le ciel est chaotique en ce milieu d’après-midi. Les nuages, pressés de gagner le sud, là, où le temps dure longtemps, forment d’immenses bouchons qui masquent le soleil. 

La lectrice, allongée sur une serviette de bain, reprend la lecture du roman qui donne envie de déguster un pastis. Elle a abandonné l’idée de se précipiter au restaurant de la plage. Ici, on carbure à la bière, une bière généralement insipide et bon marché.
Le long du chemin au bord de l’eau,  un interminable chapelet de baigneurs se dirige ostensiblement en direction du camping. Ce cortège de chair blanche ou bronzée, véritable défilé de mode à la gloire du maillot de bain, « costume de bain », dans nos régions, germanisme oblige, ce morceau de tissus, savamment disposé, pour cacher ces choses que l’on ne saurait voir, « n’affecte en rien la lectrice plongée dans la lecture d’un roman de Marguerite Duras, « Le marin de Gibraltar ». Elle fait semblant de lire, elle rêve d’un pastis. L’évocation d’un 51, dans ce roman maritime, lui a mis l’anis à la bouche. N’y tenant plus, elle se précipite au restaurant de la plage. Dépitée devant le manque d’audace de la carte des vins et spiritueux, elle opte pour Le Negroni. Un cocktail composé à parts égales de 3 cl de gin, de Campari et de vermouth rouge, capable de faire oublier Marguerite. Après ces effluves alcooliques, la lectrice décide de prendre un bain. L’après-midi est presque écoulée, la belle lumière du soir s’est installée et les baigneurs se font rares. Elle prend le chemin du camping.

Comme tous les soirs, du haut du pont Monbijou, une foule nombreuse tente de voir la lectrice muée en nageuse. Dans une brasse élégante, elle se laisse porter par le courant. Ses longs cheveux noirs flottent dans l’eau verte.
Comme des milliers de baigneurs, elle perpétue la tradition bernoise de la descente l’Aar, depuis le camping jusqu’au Marzili.

A voir ici

2 juillet 2018

Un été sans fin - Rosās amāmus

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style.Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

Les roses blanches

Oubliez, s'il vous plait, Berthe Sylva ou Tino Rossi.

Pas de drame, ici !

Au gué, vivent les roses sous la tonnelle !

Un petit tour à Bagatelle ?

Enivrez-vous d'odeurs.

Saisissez l'heure !

Revenez lundi avec un joli bouquet d'idées !

Igor Levashov

Igor Levashov

Rosās amāmus

Je t’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout, je t’aime...

Pour la troisième journée consécutive la bise court sur le Plateau suisse. Elle soulève les jupes des filles, couche les blés presque mûrs, emporte avec elle, dans sa course folle, les parasols mal arrimés et croûte la terre.
Dans la ruelle, abritée par une grande bâtisse, les tilleuls arrivent en fin de floraison. Les narines sont encore chatouillées par ce parfum enivrant qui s’échappe des fleurs. En passant au pied des arbres, on entend un bourdonnement, un grondement sourd. Ce sont des milliers d’abeilles qui, sans relâche, du lever au coucher du soleil, butinent. Le miel d’automne aura des notes de tilleul.

Je t’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout, je t’aime...

Dans la cuisine, la cafetière italienne est sous pression. Sur le poste à galène, Mélina Mercouri égrène  une chanson en grec. Une ritournelle d’un film, oublié, dont elle fut la vedette. La belle lumière du soir s’est installée. Des bulles paressent dans une flûte à champagne. 

Je t’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout, je t’aime...

Quelque part en Russie, dans la surface de réparation d’un stade, l’Uruguay mène 2 à 1 contre la Lusitanie. La rencontre en est à la 75e minute. Tout peut encore basculer et parfois cela se termine par des tirs au but. Cette agitation sportive, qui secoue le globe terrestre, pour autant que la terre soit ronde, certains pensent qu’elle est plate et soutenue par quatre tortues, est nourrie par le championnat du monde masculin de balle au pied, #RussieFIFA2018.

Je t’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout, je t’aime...

Dans le jardin, La Fée des neiges, un cultivar fort répandu de rosier floribunda, est resplendissant. Cré en 1958 en Allemagne par Reimer Kordes, ce rosier a été commercialisé sous le nom de “Schneewittchen”, Blanche Neige. Dans les pays anglophones, ce rosier est connu sous le nom d' "Iceberg". C'est un croisement de "Robin Hood" (1927, Pemberton), hybride de Rosa moschata, et de "Virgo" (1947, Charles Mallerin), hybride de thé. Planté dans le jardin depuis plus de 30 ans, c’est la propriété et l’orgueil de la vieille mégère, apprivoisée depuis le temps, du troisième.

Je t’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout, je t’aime...

Peu à peu le paysage s’assombrit. La nuit tombe. Les chats du quartier partent à la conquête de territoires. Des cris perçants retentissent aux coins des rues. Après la bataille, dans le silence retrouvé, les vaincus, estampillés d’un œil au beurre noir, rentrent penauds au bercail. Ils échafaudent déjà des plans revanchards pour le prochain samedi.

Je t’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout, je t’aime...

En fin d’après-midi, à l’heure des quatre heures, une tragicomédie en 3 actes, s’est déroulée dans le jardin. Zoé quatre ans a crié “Maman, je t’aime à la folie” en brandissant fièrement les restes d’une rose. Au même moment, un coup de bise plus violent que les autres passa par dessus le mur du jardin. Le courant souleva des centaines de pétales de roses blancs qui jonchaient le sol, tandis que la mégère du troisième tombait en pâmoisons dans un cageot de pommes en murmurant “ma fée des neiges”. Le rosier se balançait, déshabillé de ces fleurs, dans le souffle d’air mourant.

Dans la boîte aux lettres du locataire du premier, dort une carte postale. Le cachet postal, illisible, s’étale en pâté sur un timbre italien.  Sur la photographie, prise d’avion, on voit des parasols alignés qui cachent la plage de sable. La bise n’est pas passée par Rimini. Au dos de la carte, on pourra lire, "Mon cher Franz, je te souhaite un été sans fin. Eva."

25 juin 2018

Un été sans fin - Quoi de neuf?

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style.Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

couloumy anne francoise la lettre pliee 82

 Anne-Françoise Couloumy

Dans quelques jours, Blondine déménage.

 

Quand on déménage, on trie, on jette, parfois on oublie...

 

Cette fois-ci, la "lettre oubliée" doit être prise au pied de la lettre si j'ose dire !

 

Il s'agit du caractère et non du feuillet !

 

Pouvez-vous écrire une courte histoire sans utiliser la lettre A ?...



Lettre oubliée

Blondine quitte les lieux. Les meubles enlevés, les pièces vides résonnent. Les sols en pont de goélette, cirés, brillent. Les portes ouvertes donnent l’illusion d’infini. Quelques poussières oubliées tournoient, les fenêtres sont ouvertes, le vent s’engouffre. Le long du couloir désert, un clou retient un bélino, coupure d’une vieille revue, qui oscille et tombe, dès qu’une montgolfière survole cette ville construite sur les berges d’une rivière. Une rivière que personne ne nomme. Son nom contient trop de cette première lettre issue d’un idiome teutonique. Sur ce bélino, on distingue cette voyelle, première de cordée, interdite, décret présidentiel numéro 746, imprimé sur une feuille officielle en juin 2018. Il semble que cette  censure d’une voyelle très en vogue, soit orchestrée depuis le blog « En gondole,  L ..! », juste pour rendre dingue les élèves du cours du lundi.
C’est une belle journée, un été infini, merlettes et rouges-gorges expriment leur joie mélodieusement.
L’oubli d’une lettre, consigne imposée pour le devoir du lundi, torture l’esprit, rend folles plume et gomme et me prive de mon petit noir, boisson fétiche qui rythme mes journées. Les T.S.F sont muettes, pour respecter l’ordre de l’institutrice, les orchestres qui font swinguer chôment. Dehors, une belle lumière du soir s'estompe, un bout de lune luit, les félins domestiques feulent.
« Bon congé d’été les juilletistes, ceux du huitième mois seront privés d’oisiveté ! »

4 décembre 2017

Nuit 11/16 - Paris 1/5 - La marquise

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

Antoni Caba - Portrait de la marquise de Castellflorite - 1880

"Voici votre carte d'embarquement, sortie F16, siège 22a, embarquement à 12:30. Bon voyage".
Le secteur français de l'aéroport de Genève/Cointrin est minuscule. Les passagers patientent sur des chaises inconfortables. Un magasin de souvenirs, de journaux et de chocolat suisse permet d'écouler les devises restantes avant de s'envoler. Un vague restaurant propose des boissons et quelques nourritures, hors de prix. On règle en € ou en CHF.
Le tableau affichant le départ des vols est clair, c'est la pagaille.
Départ retardé de 30 mn, en raison de l'arrivée tardive de l'avion..! 
La prochaine fois, on ira à pied, comme Rousseau.

La salle de bain ressemble à un sauna, la marquise aime les bains très chaud. Elle paresse depuis une heure dans la mousse aux effluves de verveine.

Le téléphone couine, un messager apporte des nouvelles par TEXTO "Le départ du vol AF1743 est maintenant prévu à 13:45 le 04/12. Merci de respecter l'heure limite d'enregistrement initiale indiquée sur la carte d'embarquement".
Des toiles d'araignées se forment entre les sièges de la salle d'attente et les passagers. Un concierge époussette tous les quart d'heure ces méfaits provoqué par l'engorgement du ciel. 

Hortense, la bonne à tout faire, habille, parfume et coiffe la marquise. C'est lundi, jour de réception. La marquise reçoit de 5 à 7. 

Trois petites notes de musique puis une voix masculine, enjoué et encourageante annonce que le vol AF1743 décollera à 13:50.
Une jeune femme se ronge les ongles, elle ne trouve pas de fumoir et le temps d'attente de sa correspondance  à CDG, pour La Havane, fond comme neige au soleil.


La marquise ne prend jamais l'avion, ni le bateau. Elle commande, pour aller vagabonder, des Uber, c'est si émoustillant.


13:00, secteur français de l'aéroport de Genève/Cointrin, l'encéphalogramme est plat.


La marquise déjeune. Hortense lui a préparé des pieds de porc au madère. La marotte du moment avec les carottes Vichy et le rösti au lardon. Pour le dessert elle dévore une Sacher XXL, envoyée de chez Demel, café/pâtisserie situé à deux pas de la Hofburg à Vienne. Le meilleure moment de la journée, pour aller chez Demel, c'est le matin vers 10:00. La foule dort encore. Commander un café et un morceau d'Apfelstrudel, c'est un moment de grâce avant d'entamer une journée viennoise.  Le lyonais, le tourangeau et même le parisien ignore le Gemütlichkeit qui se pratique de Vienne à Berlin en passant par la Ville fédérale.


"PNC, décollage dans une minute"
Le vol AF1743 décolle avec son lot de passagers entassés,  6 par rangée dans un Airbus A318 d'Air France. L'avion survole le Léman avant de faire un virage, de passer au-dessus de la Dôle et de disparaitre à l'horizon. Les sommets jurassiens sont enneigés.
Des sandwichs au fromage de brebis et poivronade et des boissons chaudes, thé ou café, sont servis  à bord. Deux hôtesses de l'air en font la distribution. 


La marquise habite au  132 Boulevard Richard-Lenoir, dans le 11e à Paris. La cuisine, et, en enfilade, la salle à manger, le salon de musique et la bibliothèque occupent le rez-de-chaussée.  Le lundi de réception, le valet de pied ouvre les cloisons pour former un grand salon. les chambres sont à l'étage.


"Charles!", s'écrie la marquise.
Malgré un espace aérien surchargé, le tapis des bagages en panne, un RER B bondé, Charles arrive à temps pour un baise main conventionnel. 
La marquise est vêtue d'une robe bleue, assortie au papier peint de la cage d'escalier.
La marquise et Charles s'éclipsent pour un 5 à 7 en tête à tête dans un pied à terre avec terrasse, situé dans une impasse du 11e. 


Dans le murmure des conversations une bouche de ténor,  remplie de petits four, lance "Et la Marquise?" Une basse, se gargarisant au Dom Perignon 1966, répond "La marquise sortit à cinq heures"." Paul Valéry" ajouta Jim, qui ne manquait aucun goûter dînatoire concocté par la marquise et qui louchait sur le béluga. "Phrase attribuée au poète par André Breton" rectifia Miss Marpel qui avait accaparé le plat d'ortolans, spécialité prisée par Napoléon III, Alexandre Dumas et F.M."mais, il y a des doutes..." pensa Anne, trop absorbée à décortiquer un homard bleu, pour parler à voix haute.
La pendule marque 18:55 et le valet de pied commence à évacuer les invités, avec gentillesse et fermeté. Le buffet est dévasté, les cadavres de Dom Perignon 1966, s'entassent dans les rafraîchissoirs. 


Il fait froid, le ciel est couvert, on entend au loin les avion qui décollent. C''est l'hiver. Rousseau arrive aux portes de Paris.

 

"La marquise sortit à cinq heures"...

phrase attribuée par André Breton à Paul Valéry, mais, il y a des doutes...

 

Devoir-Jeu Numéro 4 !

Il s'agit d'étoffer cette simple phrase pour en faire... toute une histoire !

10 novembre 2017

Jouez-vous du thérémine?

 Le thérémine (ou theremin en anglais) est un des plus anciens instruments de musique électronique, inventé en 1919 par le Russe Lev Sergueïevitch Termen (connu sous le nom de « Léon Theremin »). Composé d’un boîtier électronique équipé de deux antennes, l'instrument a la particularité de produire de la musique sans être touché par l’instrumentiste. Dans sa version la plus répandue, la main droite commande la hauteur de la note, en faisant varier sa distance à l’antenne verticale. L’antenne horizontale, en forme de boucle, est utilisée pour faire varier le volume selon sa distance à la main gauche.
Image illustrative de l'article Thérémine              


Léon Theremin

C'est un instrument de musique fascinant...


Thérémin : Debussy : Clair de Lune

 

J.S.Bach : Variation Goldberg n°25, Thérémin

 

Grégoire Blanc, Thérémin, Sinatra : My Way, Live French TV-Show

 
Clara Rockmore, née Clara Reisenberg le 9 mars 1911 à Vilnius (Empire russe, aujourd'hui Lituanie) et décédée le 10 mai 1998 à New York aux États-Unis, est une violoniste américaine d'origine lituanienne surtout connue comme l'une des plus grandes virtuoses du thérémine. Sa sœur est la pianiste Nadia Reisenberg.

Theremin - Clara Rockmore play "The Swan" (Saint-Saëns)

Au piano: Nadia Reisenberg

 

Sergei Rachmaninoff - Vocalise - theremin and piano


...Du rock, au thérémine...

Nirvana - Smells Like Teen Spirit (Theremin Cover)

31 octobre 2016

La brisolée

LUNDI
Prendre la clef des champs et quitter le monde urbain pour se plonger dans l'atmosphère de l'automne à Arolla, en Valais. Les fous de lumière prennent des teintes jaunâtres qui irradient le paysage. C'est grandiose.
Les restaurants de la plaine du Rhône annoncent en grandes lettres "Brisolée". Cette tradition culinaire automnale du Bas Valais est peu connue ailleurs...
De retour à la nuit tombée dans la ville fédérale, on tombe sur les voisins du rez-de-chaussée et du 1er étage qui mangent un risotto d'Halloween devant la maison...

 

23 novembre 2015

Berne - Zibelemärit

Le 4e lundi de novembre, c'est la fête dans la capitale helvétique, le Zibelemärit (marché aux oignons) ouvre vers 4 heures du matin. C'est d'ailleurs le moment propice pour déambuler dans ce marché qui propose des oignons sous toutes les formes. Quelques marchands allument des bougies pour  éclairer leur marchandise comme ce fut le cas jusque vers le mitan des année soixante. Il parait que c'était très poétique. J'aime me promener au creux de la nuit dans ce marché, il y a déjà des batailles de confettis et on y boit l'apéritif... ICI et ICI
Jusqu'à 5 heures il y a les habitués, puis les Bernois qui travaillent viennent y faire un tour avant d'aller à leur labeur. Les transports publics de la région circulent depuis 4 heures pour permettre au gens d'arriver tôt. A partir de 7 heures les visiteurs commencent d'arriver des quatre coins de la Suisse par trains spéciaux, cars ou voitures particulières.
Lire ICI quelques renseignements intéressants ou ICI en langue originale.

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Le soleil était de la partie. La journée fut froide mais chaude dans les coeurs.
Le lever du soleil fut une merveille, avec les Alpes en ombres chinoises...

19 novembre 2015

Fin des temps - Berthoud

La "Fin des temps" fut à son apogée cet après-midi à Berthoud. Un ciel gris et bas, les arbres dépouillés de leur verdure, un décor comme suspendu dans le temps. C'est l'attente d'une neige qui serait annoncée pour la fin da la semaine....

L'Arabesque No1 (Ciccolini) de Debussy épouse cette période de "Fin des temps"....

 

 

 

10 novembre 2013

La fin des temps

La fin des temps, dans la tradition germanique, est la période entre la fin de la chutes des feuilles et la première neige. Certaine année, la neige tombe sur le feuillage et nous prive de cette période mystérieuse où la nature semble figée.
Voir également ici, ici et ici

                                                               photographie prise par Ric et envoyée via I-Truc

1 novembre 2013

Pause café

L'automne bouillonne, culture de couleurs.
À l'Adrianos bar la pendule indique 09H35. C'est le coup de feu. La machine à café fonctionne à plein régime. Parfois essoufflée elle lâche un jet de vapeur.
Dans la salle pleine à craquer, c'est une collision de dialectes. Valaisan, soleurois ou lucernois se disputent la suprématie du dialecte bernois. Tandis que dans la Berne protestante la journée est laborieuse, les cantons catholiques honorent tous leurs Saints, connus ou inconnus. Ce vendredi de congé permet aux habitants des petits États voisins de squatter les cafés bernois.
Dehors, l'automne, indifférent à la Toussaint, diffuse un pâle soleil dissimulé derrière une brume persistante...

20 octobre 2013

Dimanche de pluie...

Cortinarius praestans de ses noms vernaculaires en français, cortinaire remarquable, cortinaire majestueux, cortinaire élégant, aussi appelé cortinaire de Berkeley, est une espèce de champignon basidiomycète de la famille des cortinariacées.
Poêlés dans de la graisse d'oie, ces cortinaires, accompagnées d'oeufs brouillés ont fait un excellent petit déjeuner...

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Café à l'Adriano's et lecture de la presse dominicales, vers midi...

Au potager, il n'y avait personne en fin d'après-midi. Seule, Sissi  s'ennuyait sur la fenêtre. Il est loin le temps des fastes du potager...

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Spleen
Pluie
Café à l'adriano's bar
Il est bientôt huit heure du soir, il fait nuit
Une fine pluie tombe

27 août 2013

Un été de porcelaine - Le temps figé

Le temps est figé. Dans la cuisine un petit électrophone de fortune diffuse en boucle un air de jazz mélancolique "I Shall Be Released". Une alliance de piano et de saxophone accompagne la pluie qui, dehors, s'épanche sur le feuillage du lilas qui pleure. Charles Llyod et Jason Moran joue sans fin cette mélodie figurant sur leur album "Hagar's Song"
Quelques lueurs rougeâtres, là-bas au-loin, au-dessus du Jura, miraculeusement sorties de l'amas des nuages d'orage, ont offert un spectacle intimiste et bref du coucher de soleil.
La musique lancinante berce les papillons de nuit qui hantent quelques recoins de la cuisine. Les ailes de ces insectes, ignorés de beaucoup, offrent aux curieux un graphisme étonnant. On dirait parfois des encres de Paul Klee.
Depuis la fenêtre de la cuisine le bout de route éclairé par un lampadaire pourrait être le décor d'une pièce d'Arthur Miller...
Peu à peu la route sèche.
Le temps est figé. L'été, le Bel été ne s'en remettra pas de ces dépressions qui cachent le bleu des yeux du ciel.

25 août 2013

Un été de porcelaine - dimanche de pluie

dimanche, il pleut. Le branches du lilas se balancent devant les fenêtres de la cuisine. Les gouttes d'eau glissent sur les feuilles de l'arbuste, larmes amères, l 'été par petites touches est en train de disparaître... Dans un vase improvisé une équinacée "ensoleille" la cuisine. L'été, le Bel été soupe d'un quignon de pain valaisan et d'un morceau de fromage d'alpage. 

Rêveries
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CINÉMA

- Mais... c'est l'intervention de cette grosse femme... C'est un ptit peu... enfin... ça va très loin.
- C'est là que je me rends compte que malheureusement, je vous ai beaucoup moins bien réussi que le porc.

Pierre et Thérèse.
Le père Noël est une ordure 

 

GUERRE

La guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas.
Paul Valéry

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