La mort est si proche à chaque aube que je la sens monter en moi comme un fleuve souterrain qui charrie dans mon corps ses éclats empoisonnés la mort est si proche quand je me tais qu'il suffirait d'une seconde d'oubli pour qu'elle envahisse mon sang et me jette dans une terre sans soleil
Francis Giauque (1934 - 1965)
La nuit est bien avancée, la fenêtre de la cuisine est ouverte. J'écoute le Trio / Notturno, en mi bémol majeur, pour piano, violon et violoncelle "Triosatz"D897 de Schubert. Soudain, l'adagio débute et vous déchire l'âme. Le corps frissonne. Je suis mal barré, en écoutant cette musique d'une beauté vénéneuses, je lis des poèmes de Francis Giauque. Entre la musique et le texte, aucun répit pour le repos de l'esprit. Tout vacille, dans cette soirée d'été tiède. Des effluves du philadelphus montent du jardin. Ce parfum entêtant s'ajoute au spleen ambiant. Pour rompre ces tourments de l'âme, je plonge mes lèvres dans une petite tasse blanche, ma dose de ciguë, qui a pour nom café, m'y attend. Ce breuvage rompra le maléfice.
Au loin, un clocher égrène les douze coups de minuit...
De ce coin-ci de la Ville fédérale, on distingue au loin le Chasseral...
Pia Colombo - Un soir de mai ( de Fanon) (télévision, 1965)
Pia Colombo (1930-1986) fut une grande interprète de la rive gauche, excellant notamment dans Bertolt Brecht et Kurt Weill, dans Léo Ferré (dont elle a créé plusieurs chansons méconnues en 1975), mais peut-être surtout dans le répertoire de Maurice Fanon, qui n'était autre que son mari.
La folle semaine touche à sa fin. Rendez-vous dans 10 ans pour les septante ans..!
Il faudra devenir sage, les textos reçus étaient sans équivoques: "Bienvenue au club des sexagénaires!" Bon, fini les danses improvisées dans la cuisine, les cris de singe en dévalant les escaliers, de piquer les épées laser des enfants de l'étage du dessous, pour faire des combats avec des ennemis imaginaires, d'étendre les bras en courant dans la rue en prétextant qu'on est un Boeing 747 au décollage... De chanter à tue-tête, un opéra que j'ai composé, il y a une quinzaine d'années, intitulé "Dans les bois" et qui raconte les aventures d'une dame qui se promène nue dans la forêt... Je serai sage, je porterai la cravate et le costume, je me plongerai dans le moule.... et j'apprendrai l'orthographe...
Samedi soir, c'est jazz...
Artie Shaw, de son vrai nom Arthur Jacob Arshawsky, est un clarinettiste et chef d'orchestre de jazz américain, né le 23 mai 1910 à New York et mort le 30 décembre 2004 à Los Angeles.
The Best of Artie Shaw | Jazz Music
THE BEST OF ARTIE SHAW
ARTIE SHAW AND HIS ORCHESTRA All clarinet solos by Artie Shaw arr. Jerry Gray, solos: Tony Pastor (ts) 1 Begin the Beguine (Porter) - July 24, 1938 (00:00) solos: George Arus (tb), Johnny Best (tp), Les Burness (p), Tony Pastor (ts) 2 Back Bay Shuffle (Shaw - McRae) - July 24, 1938 (3:14) arr. Jerry Gray & Artie Shaw, solos: Billie Holiday (voc) 3 Any Old Time (Shaw) - July 24, 1938 (06:29) 4 Nightmare (Shaw) (band's theme song) - Sept. 27, 1938 (09:40) solos: Helen Forrest (voc), Tony Pastor (ts), George Arus (tb) 5 Room with a View (Coward) - Dec. 19, 1938) (12:29) solos: Tony Pastor (ts) 6 Non-Stop Flight (Shaw) - Dec. 1, 1938 (15:57) solos: Helen Forrest (voc) 7 Comes Love (Brown - Tobias - Stept) - June 12, 1939 (18:45) arr. Ted McRae, solos: George Auld (ts), George Arus (tb), Bob Kitsis (p), Buddy Rich (dm) 8 Traffic Jam (McRae - Shaw) - June 12, 1939 (21:03) solos: Helen Forrest (voc) 9 All the Things You Are (Kern - Hammerstein) - Oct. 26, 1939 (23:15) arr. William Grant Still & Artie Shaw, solos: Jack Cave (horn), Dick Clark (ts), Mannie Klein (tp), 10 Frenesi (Dominguez) - March 3, 1940 (26:27) ARTIE SHAW AND HIS GRAMERCY FIVE: Billy Butterfield (tp), Artie Shaw (cl) Johnny Guarnieri (harpsichord), Al Hendrickson (g), Jud Denaut (b), Nick Fatool (dm) 11 Special Delivery Stomp (Shaw) - Sept. 3, 1940 (29:30) ARTIE SHAW AND HIS ORCHESTRA arr. Lennie Hayton & Artie Shaw, solos: Manny Klein (tp), Jack Jenney (tb) 12 Stardust (Carmichael - Parrish) - Oct. 7, 1940 (32:13) arr. William Grant Still, solos: Johnny Guarnieri (p), Billy Butterfield (tp), Les Robinson (ts), Jerry Jerome (ts), Jack Jenney (tb) 13 Blues - parts 1&2 (Still) - Dec. 4, 1940 (35:44) arr. Artie Shaw, solos: J.C. Higginbotham (tb), Benny Carter (as), Red Allen (tp) 14 I'm Confessin' (Neiburg - Reynolds) - June 26, 1941 (42:09) arr. Bill Challis, solos: Hot Lips Page (voc, tp) 15 Blues in the Night (Mercer - Arlen) - Sept. 2, 1941 (45:29) solos: Hot Lips Page (voc, tp), Les Robinson (as), Johnny Guarnieri (p), Ray Conniff (tb) 16 St. James Infirmary - parts 1&2 (Primrose) - Nov. 12, 1941 (48:43) arr. Margie Gibson, solos: George Auld (ts), Hot Lips Page (tp) 17 Deuces Wild (Gibson) - Nov. 12, 1941 (55:00) arr. Bill Challids, solos: Hot Lips Page (voc, tp), George Auld (ts 18 Take Your Shoes off, Baby (Austin) - Oct. 30, 1941 (57:10) arr. Paul Jordan, solos: Les Robinson (as), Hot Lips Page (tp), Dave Tough (dm) 19 Suite N.8 (Jordan) - Dec. 23, 1941 (1:00:34) arr. Jimmy Mundy, solos: Roy Eldridge (tp) 20 Lady Day (Mundy) - Jan. 9, 1945 (1:05:15) arr. Eddie Sauter, solos: Roy Eldridge (tp), Dodo Marmarosa (p) 21 Summertime (Gershwin - DuBose) - Nov. 23, 1944 (1:08:16) arr. Eddie Sauter, solos: Roy Eldridge (tp) 22 The Man I Love (Gershwin) - June 12, 1945 (1:13:17) ARTIE SHAW AND HIS GRAMERCY FIVE: Roy Eldridge (tp), Arti Shaw (cl), Dodo Marmarosa (p), Barney Kessel (g), Morris Rayman (b), Lou Fromm (dm) 23 The Gentle Grifter (Shaw - Carleton) - July 31, 1945 (1:16:26)
La boîte de jazz a rouvert ses portes. Les chats du quartier sont aux anges. L'ambiance est folle comme la semaine écoulée, ça balance un maximum. Les serveurs sont débordés, la salle est noyée dans la fumée de cigarettes, cigares et pipes...
Eliane Embrun - Si J'etais Une Cigarette
Ce soir c'est l'eurovision. Ce concours est né en 1956, un an avant ma naissance, je suis un enfant de l'Eurovision, de la reine d'Angleterre et des enfants de la télé. J'ai vu en direct le premier pas de l'homme sur la lune. Et maintenant, les stars, ce n'est plus Signoret et Montand, mais Zoé (16 ans) ou Cyprien, des youtubers qui drainent des millions de fans..!
SOS FÊTES DES MÈRES : À OFFRIR / À NE PAS OFFRIR
Intéressant, non?
Le Concours Eurovision de la chanson 1957 fut la deuxième édition du concours. Il se déroula le dimanche 3 mars 1957, à Francfort-sur-le-Main, situé alors en République Fédérale d'Allemagne. Il fut remporté par les Pays-Bas, avec la chanson Net Als Toen, interprétée par Corry Brokken. La France termina deuxième et le Danemark, troisième.
Corry Brokken - Net Als Toen - Eurovision 1957 - The Netherlands - Winner
Le Concours Eurovision de la chanson 1958 fut la troisième édition du concours. Il se déroula le mercredi 12 mars 1958, à Hilversum, aux Pays-Bas. Il fut remporté par la France, avec la chanson Dors, Mon Amour, interprétée par André Claveau. La Suisse termina deuxième et l'Italie, troisième
Eurovision Song Contest 1958 WINNER
Une chanson qui ferait mouche en 2017...
Pendant cette folle semaine, beaucoup de café... café... la boisson fétiche...
Une dernière scie pour la route.... Elle n'a pas gagné l'Eurovision 1980, mais on l'a chanté tout l'été, cette chanson... Et puis on voit Drucker, déjà?! (encore, toujours, immortel)
Balade dominicale de Wabern à L'aéroport de Belp, la classique du dimanche... Le gel de la mi-avril à laissé beaucoup de traces. De magnifiques magnolias sont dans un triste état, la maraude des cerises n'aura pas lieu cette année... Les lilas se portent bien! Les Alpes étaient bien visibles...
A propos des Alpes, Michel Bühler chantait, en 1986, "Rasez les Alpes"...
Nonchalants, des nuages passent au-dessus de la Ville fédérale. Poussés par un léger vent de sud, ils voyagent à petite vitesse. En fin de journée, un embouteillage de nuages gris, annonce une pluie qui avortera. Vers 22h15, la lune se lève dans un ciel noir, sans nuages, pigmenté d'étoiles. Sur la porte d'entrée un insecte fait la sieste de l'après-midi. Imprudent, il servira de souper à une merlette qui volait en rase motte au-dessus de tulipes jaunes aux pétales fripés. Vu à Crémines, dans le Jura bernois, un magnifique magnolia... Chaude journée de printemps...
Cher André, Au Colonial Bar, on boit un des meilleur café de Berne. En ce moment, il propose un équatorien fabuleux, l'Hakuna Matata. Des notes de chocolat-griottes titillent les papilles. Sur le comptoir trône un bouquet composé de tulipes, de fleurs de daphnés et d'amélanchier. Salutations amicales Jean-Jacques'60
Le soir, un mécanisme dissimulé dans l'éther, se mit en marche. Le soleil se coucha La lune se leva Un aéronef, à haute altitude, survola la Ville fédérale, laissant une trace blanche derrière lui. Les chats du quartier ne tarderont pas à partir en chasse en se fondant dans la nuit tombante...
Dimanche soir, jazz à Zanzibar. Les chats du quartier sont au cabaret. Ils engloutissent des souris grises en buvant de grands verres de bière. Un orchestre joue Moonlight Serenade. Un couple de rat des villes, égaré dans cette confrérie de chats, danse sur la musique de Glenn Miller. Des spots, rouges et verts, éclairent faiblement la salle. Sur l'écran géant, installé derrière le bar, est diffusé en rediffusion une émission de cuisine, "Top chef". Les chats ne sont guère intéressés par des recettes de tomates... Ils préfèrent le numéro d'effeuillage des souris de la troupe de Mme Kit et Cat. Ils se lèchent les babines...
Moonlight Serenade
Soleil sur la Ville fédérale... La petite patinoire portative installée sur la Place fédérale vit sa dernière journée ce dimanche 19 février... Un petit bonnet de laine est encore nécessaire, en cette belle journée de février...
C'est un café "Candelaria", fraîchement grillé à l'Adriano's bar, qui coule dans les veines de la cafetière italienne; cafetière grande taille ce samedi soir. La 1ère symphonie de Beethoven passe en sourdine dans la cuisine.
Le mystère est complet au sujet de Léo, le chaton jaune des voisins du dessous. A-t-il été enlevé par la bande à Bader, est-t-il parti en TGV à Paris pour soutenir un candidat malheureux, qui fait campagne pour les présidentielles françaises du printemps prochain? Le président des Etats-Unis l'a-t-il bombardé ministre des félins issus de l'immigration? lit-il en catimini l'ultime numéro de L'Hebdo? L'Hebdo, c'est fini en ce début février, ainsi en a décidé Ringier, le propriétaire du titre. 1981-2017... Un journal qui meurt, c'est l'espace de liberté qui se rétrécit. Léo n'est-il tout simplement pas dans son lit en train de ronfler? Devant tant d'interrogations, une tasse de café est nécessaire... (Affaire à suivre)
P.-S. Pour le dîner, il y avait du lapin... à fourrure jaune!!!
Le meilleur café de la Ville fédérale se boit dans l'annexe de l'Adriano's bar, au "Colonial bar"... Ce bar est ouvert depuis quelques semaines. Il est situé dans l'espace qu'occupait feu le "Cesary". Les tasses portent les armes de l'Adriano's. La petite salle a entièrement été refaite.
Il neigeait, hier soir vers 11 heures. Ce matin, en ouvrant les volets, le décor était blanc... Le Ville fédérale sommeillait sous une fine couverture de flocons. Une couverture qui fondra rapidement dans le centre. Sur les hauteurs, la neige ravi les enfants, qui font des combats de chevalerie dans une impasse sous le regard effrayé de Léo, le chaton jaune...
C'est mardi, jour de marché sur la Place fédérale. Le marchand de pommes propose un choix important du fruit préféré des suisses
Jean-Roger Caussimon est un auteur-compositeur-interprète et acteur français, né le 24 juillet 1918 dans le 14e arrondissement de Paris et mort le 20 octobre 1985 dans le 13e arrondissement. Il est notamment l'auteur de la chanson Monsieur William, mise en musique et popularisée par son ami Léo Ferré.
Jean-Roger Caussimon - Les cœurs purs
Les cœurs purs paroles : Jean-Roger Caussimon musique : Eric Robrecht 1959
Ils ne sont pas encore amis Des notaires et des notables Ils ne sont pas encore admis A dîner, le soir, à leur table Ils ne sont pas encore polis Comme Papa le fut toujours Ils ne sont pas encore salis Par les combines au jour le jour...
Mais on leur dit que ça viendra Et, bien sûr, ils ne le croient pas Les coeurs purs Les coeurs purs...
Ils ne sont pas encore rusés Ni blasés d'être un peu bohèmes Ils ne sont pas encore usés Par le métro des matins blêmes Ils ne sont pas encore conscrits Bien qu'ils soient souvent "engagés" Ils ne sont pas encore inscrits Ni au chômage, ni aux congés...
Mais on leur dit que ça viendra Et, bien sûr, ils ne le croient pas Les coeurs purs Les coeurs purs...
Ils ne sont pas encore lassés D'écouter chanter leur idole Ils ne sont pas encore blessés Par le Temps qui tant nous désole Ils chantent des "songs" sur un banc Ils n'ont pas honte de la rue Ils ne sont pas encore perdants Ils ne sont pas encore perdus...
Mais on leur dit que ça viendra Et, bien sûr, ils ne le croient pas Les coeurs purs Les coeurs purs...
Nota Bene: le samedi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: www.lakevio.canalblog.com
J'ai passé la fin de semaine chez mes amis, les M.
Margaret cuisine un canard à l'orange divin. Archibald, son évêque de frère, toujours aussi bizarre, ne manquerait pour rien le dîner. Il accapare le plat! Irwin, choisit avec soin les vins et les whiskies. Il écrit toujours d'épouvantables romans policiers sous le pseudonyme de F.C. On peut se procurer cette lecture dans les halls de gare. Leurs enfants, Eva et Billy, ont bientôt 30 ans. Ils vivent toujours avec leurs parents. Ces journées, passées en leur compagnie, sont reposantes.
Tous les soirs il y a cette mystérieuse cérémonie dont les invités sont exclus et qui ne fait l'objet d'aucun commentaire. J'observe ce rituel depuis plus de trente ans. Peu avant le coucher du soleil, ils s'installent sur des chaises pliantes sur une petite terrasse à côté de leur maison. Toujours dans le même ordre, au premier rang, Eva, Irwin, Margaret et Archibald; Billy se tient derrière. Il déplie une grand feuille dactylographiée et lit à voix haute. La langue qu'il parle m'est totalement inconnue. Il y a ensuite un long silence et la soirée se poursuit comme si rien ne s'était passé.
Je vous envoie une esquisse de ce tableau singulier.
A Moutier, ça commence de chauffer..! La Ville fédérale: Une jolie affiche, en forme de sapin, pour la bibliothèque du Kornhaus Sapin au Kornhaus Bougie dans la vieille ville Un coiffeur propose un coeur en boules de Noël Un coin de l'Eigerplatz Deux photographies prises dans la vieille ville
Dans la douceur d'une fin d'après-midi d'un vendredi de septembre, balade dans la Ville fédérale. Le soleil chauffe encore et diffuse une belle lumière du soir. On a maraudé des pommes. Elles étaient exquises. Comme des gamins on a couru, pensant que tout le quartier était à notre poursuite. Shakerato bu à l'Adriano's bar en souvenirs de l'été...
Plus tard
C'est un thé noir qui a accompagné le souper. Un "Thé P'uh-êhr" Pavillon Impérial. Thé vieilli de longues années. Il est connu en Chine pour ses nombreuses vertus médicinales. Thé aux feuilles régulières. Une infusion au goût de terre. De la province de Yunan; dixit le paquet.
Le repas
une salade composée de feuilles de salade brune, de tomates et de choucroute/salade
De maquereaux au four, au beurre clarifié et beurre cru
Les mûres Les framboises Poires Willams précoces Reine Claude, Label rouge, en provenance de Midi-Pyrénées Figues de barbarie ( mon pêché mignon) Quetsche Figues d'Italie et myrtilles suisses
P.-S. Le thé bu pendant le souper était un thé noir. "Thé P'uh-êhr" Petit Nid d'Oiseau. Thé compressé à la forme sympathique, chaque petite brique est emballée dans un papier de soie. Emballage que l'on retire avant de faire infusé. Originaire de la province de Yunan en Chine, ce thé à un goût de terre.
Il pleut. Au marché, avant neuf heures, les acheteurs sont encore peu nombreux. Chargé de sacs, remplis de légumes, salade, figues, brochet, coeur d'agneau, d'un lapin coupé en morceaux et de scoubidou, bidou, bidou, s'est sans mal que l'on trouve une table de libre à l'Adriano's bar. La foule arrive vers dix heures. Les deux ventilateurs, fichés au plafond sont figés. Le haut-parleur, situé au-dessus de la machine à café est muet. Les consommateurs ont le nez plongé dans la presse du samedi. Quelques touristes chinois, passent sous les arcades. Un instantané, oublié sur une table, montre des coquelicots au bord d'un chemin, sous un ciel bleu. Souvenir de l'Été, du bel été, que des gouttes de café maculeront de couleurs automnales. Il pleut sur la Ville fédérale...
A Spiez, le lac de Thoune, qui permet au château de se mirer dans l'eau minérale, qui attend les baigneurs. Ce dernier dimanche d'août est salué par un soleil chaud. Les faînes du grand hêtre pourpre sont à maturité, la faînée est proche. Un prunier au bord du chemin permet de marauder quelques fruits presque mur avant de se plonger dans le lac. L'eau est assez fraîche, mais je nage un peu...
Ils cueillent les colchiques qui sont comme des mères
Filles de leurs filles et sont couleur de tes paupières
Qui battent comme les fleurs battent au vent dément
Le gardien du troupeau chante tout doucement
Tandis que lentes et meuglant les vaches abandonnent
Pour toujours ce grand pré mal fleuri par l'automne
Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)
Les colchiques fleurissent sur les hauts de Crémines (Jura bernois). L'Été, le bel été, entre dans l'âge des déambulateurs en titane avec freins à disque...
Lentement, l'été se fond dans les couleurs automnales, avec élégance...
Bümpliz, un quartier de Berne, peuplé de tours et de grands ensembles est un peu glauque, le samedi soir, vers 20H20, quand on cherche la gare au volant d'un voiture de partage. Finalement, la voiture est garée à quelques mètres de Berne-Bümpliz Nord. Le train pour la Ville fédérale passe dans cinq minutes... A Berne, gare terminus de ce train en provenance de Chiètres, les voyageurs grossissent le flot humain qui fonce vers les sorties. C'est samedi soir... Retour dans la cuisine de l'appartement des papillons en même temps que le coucher du soleil...
Dans les films espagnols, du temps de la movida, des pattes de poulet posées sur un plat étaient enteposées sur les rayons de l'armoir frigorifique.
Dans la cuisine de l'appartement des papillons, c'est une tête de porc qui hante le frigot. Il est 15H22, le vol 2L5391 en provenance de Larnaca provoque un léger tremblement dans l'aile du nez du cochon,en passant au-dessus de la cuisine.
Il a plu, comme vache qui pisse, ce matin, sur la Ville fédérale.
L'Été , le bel été s'est fait une tête de porc pour aller à un dîner de têtes à Paris-France. il a reçu un bristol par pneumatique. Il lisait "Paroles" de Prévert quand un groom a gratté à sa porte...
La nuit, on entend des ronflements dans le frigo. La tête de porc dort et rêve qu'il y a de l'eau sur mars.
En France, les stades sont déserts ce soir. C'est le repos. Les Islandais savourent une victoire inespérée... Les Anglais ont choisi de quitter l'Euro 2016. Un divorce à l'italienne...
La Ville fédérale aux alentours de 18 heures, un lundi de fin juin...
Plus tard, alors que les supporters italiens fêtent la victoire, en actionnant le klaxon de leurs voitures drapées de vert, blanc et rouge, quelque part en France, les Islandais essayent, dans un début de match de folie, de battre les Anglais... Un match de balle au pied plein de suspens à l'heure où nous écrivons ces lignes. Tout peut vaciller d'une minute à l'autre... Le concert de klaxon résonnera tard dans la capitale, les Italiens sont trop contents. Les chats du quartier se bouchent les oreilles. Le consulat d'Islande pavoisera en cas de victoire...
Après trois dimanches de pluie, ce dimanche, de février déclinant, s'annonce sous le soleil. A 10H00, heure de l'ouverture de l'Adriano's bar, un doppio Malabar est avalé avant que la foule n'envahisse la petite salle.
Balade dans la campagne de Wabern. Les cerisiers ont été taillés. Au loin les Alpes forment un mur de neige et de glace. Un vent d'ouest, venu des Acores, apporte de la chaleur. Le thermomètre montera à 16 degrés..! Ce vent de traverse rend périlleux l'attérissage des aéronefs sur le tarmac de l'aéroport de Belp-Berne.
Les crocus fleurissent. Le vent, qui ne mollit pas, transporte le pollen des noisetiers. C'est de cette façon que la petite graine du papa... Les panneaux d'interdiction de circuler ont gardé un dessin des années 1950... Le soir, magnifique coucher de soleil
Vendredi, 11 décembre 2015 Pour échapper au brouillard qui, tenace, danse toujours au-dessus de la Ville fédérale et oblige la tour de contrôle à fermer l'aéroport, fuite en Valais. Train jusqu'à Goppenstein d'où, un bus s'enfonce dans la vallée du Lötschental. Une vallée un peu à l'écart des grands courants touristiques. Au terminus, à Blatten, marche jusqu'à Faflerap, l'été, le bus y dépose les randonneurs. De là, on peut monter en un peu plus de 2 heures de marche jusqu'à la Anenhütte(ICI). En hiver le tronçon de route entre Blatten et Faferalp est fermé et transformé en chemin piétonnier. Le hameau n'est guère habité en période hivernale. L'hôtel-restaurant sera ouvert fin janvier pour la période des vacances scolaires. La balade dans la neige est magnifique. Les fous de lumière, dépouillés de leurs aguilles, dressés comme des piquets, attendent le retour du printemps pour revivre. Les plus téméraires s'approchent des cimes. Le soleil joue à cache-cache avec les sommets. En cette presque mi-décembre il se déplace à basse altitude. Il se repose des folles journées estivales. Il y a de la glace dans le bénitier de la petite église baroque de Kühmatt.
Photos: Blatten, l'église, la vallée, l'église baroque de Kühmatt: extérieur, intérieur et le bénitier pris dans les glaces, Faferalp, la vallée, les fous de lumière, Blatten
Phébus s'est déplacé sur l'horizon et ne se couche plus derrière Le Chasseral. C'est près du Gurten, que son coucher public a lieu. Le décor est grandiose et le soleil s'abime derrière les collines blanchies par les premiers flocons de l'hiver. Cette nuit, il a fait -7 degrés. Mardi, c'est jour de marché et, à l'Adriano's bar jour de torréfaction. L'odeur du café embaume la petite salle.
- Mais... c'est l'intervention de cette grosse femme... C'est un ptit peu... enfin... ça va très loin.
- C'est là que je me rends compte que malheureusement, je vous ai beaucoup moins bien réussi que le porc.
Pierre et Thérèse.
Le père Noël est une ordure