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Rêveries
17 avril 2023

Le temps des fleurs - Requiem pour une Ford Galaxie

160e devoir de Lakevio du Goût

La consigne :

devoir dernier

Mes chéris, ce devoir est le dernier que je vous propose.
Je vous aurai proposé cent-soixante devoirs !
Pensez que je me suis mis dans l’idée de vous soumettre le premier de ces devoirs le 9 juillet 2019 quand Lakevio en a abandonné l’idée.
Le sujet de ce dernier devoir est triste.
D’abord parce qu’il est question d'une perte évidemment.
Mais surtout parce que c’est la mort d’un symbole.
La dame que vous voyez sur la photo est retournée « ad patres » hier, dans un silence quasi général.
Celle qui remplit, involontairement j’en suis sûr, les rêves de tous les ados des années soixante a tiré sa révérence.
Si vous vous racontiez ce que vous auriez dit de cette dame lors de la dernière cérémonie à laquelle est assistera…
Si une lectrice chérie ou un lecteur non moins chéri voulait prendre la suite, ce serait sympa et je me plierais volontiers à cette discipline car je ne souhaite pas du tout abandonner ce blog que je squatte depuis 2003 avec une infidélité à une autre plateforme jusqu'en 2006.

Dernière ligne droite avant le lancement de Space X !

Une Ford Galaxie roule sur une route longeant le lac de Thoune. Elle file dans la belle lumière du soir. À son bord, un pilote et sa cartomancienne, la cousine de Bette. Elle tire les cartes routières d’un sac en toile de jute et trace les plans du voyage dans les marcs de café qui stagnent au fond d’une tasse estampillée «Adriano’s bar».
Une photographie coincée entre les cartes routières attire l’attention du pilote.
« C’est qui cette meuf ? » « Regarde la route » lui suggère la cousine de Bette. Un éléphant rose qui stagne sur la route est évité de justesse par le bolide.
Le pilote et sa cartomancienne écoute la bande FM, le courrier du cœur occupe l’antenne.
«Elle est de quelle couleur la Ford Galaxie 
? » demande un auditeur du courrier du cœur.
«C’est qui cette meuf, tu ne m’as pas répondu. On dirait une photographie des années 60 du siècle passé 
! » « Regarde la route » se fâche la cousine de Bette. Une mini presque à l’arrêt forme le bouchon d’une longue file de voitures millésimées 2014, un cru qui ne figure pas dans la nouvelle édition de Robert Parker.
« C’est qui Robert Parker ?» demande un auditeur du courrier du cœur.

Robert Parker guide les œnologues. La Ford Galaxie est bicolore, blanche sur le dessus et vert émeraude sur les côtés, c’est une voiture américaine, modèle 1959. On distingue, sur la photographie en noir et blanc, Mary Quant. La RTS (Radio Télévision Suisse) a publié un article vendredi qui commence ainsi « La styliste britannique Mary Quant, qui a révolutionné la mode en popularisant la minijupe, est décédée jeudi à l'âge de 93 ans. Elle avait ouvert en 1955 sa première boutique, « Bazaar », dans le quartier de Chelsea alors en pleine ébullition. » Fin de citation.

À bord de la Ford Galaxie, le moteur ronronne, le pilote se laisse guider par le hasard, la cartomancienne, assoupie, rêve en couleur. Elle rêve qu’elle est sur un grand bateau blanc. Les auditeurs du courrier du cœur susurrent des mots, des mots d’amour au microphone.
Quand la grande aiguille rejoint la petite sur midi, la montre bracelet du gardien du phare des Baleines indique qu’il est minuit, l’heure des informations sur la bande FM.

Pendant le générique du journal parlé, les rares auditeurs encore à l’écoute s’attendent à ce que la voix monocorde du journaliste lise une liste interminable de guerres, de tremblements de terre, d’une éruption volcanique perturbant le trafic des aéronefs ou de confiture d’orange amer étalée sur «le déjeuner sur l’herbe» pour protester contre l’indolence des politiciens qui occultent le réchauffement climatique provoqué par les vaches affalées dans les prés, qui ruminent paisiblement des idées noires.

 

PUB :

«24 heures sur 24, la vie serait bien dure si l'on n'avait pas le Pop Club, avec José Artur.» chantent les Parisiennes.

ANNONCE :
« Le premier accroc coûte 200 francs », je répète « Le premier accroc coûte 200 francs ».

Le journaliste ouvre le journal parlé avec une nouvelle inédite, un imprévu, un coup de tonnerre dans le ciel bleu d’une journée sans anicroches particulières. Cette nouvelle stupéfiante pourrait mettre en faillite les derniers fabricants de plumes, ces plumes munies d’un réservoir rempli d’encre et qui grattent la feuille blanche. Cette nouvelle qui déchire la mi-nuit pourrait mettre sur la paille des créatrices et des créateurs. Le monde politique et celui des affaires sont en ébullition. Il faut éviter une crise mondiale du dernier carré de la liberté d’expression. Déjà, les Chinois, tel des vautours, s’intéressent à la reprise du concept.
Cette nouvelle qui bouleverse la marche du monde est lue d’une voix monocorde par le journaliste du journal parlé :
«Mes chéris, ce devoir est le dernier que je vous propose.
Je vous aurai proposé cent-soixante devoirs !
Pensez que je me suis mis dans l’idée de vous soumettre le 
premier de ces devoirs le 9 juillet 2019 quand Lakevio en a abandonné l’idée. » Fin de citation.
Sans un rictus d’amertume, sans l’ombre d’une larme qui coulerait sur un visage buriné et connu du tout Majorque, il a ses entrées, sans un tremblement de la voix, le journaliste récite l’information sur un ton monocorde. Des grésillements empêchent d’entendre la suite. Ce brouillage passager est émis par radio Caroline, 199 mètres OM (1485/1520 kHz), qui tente une résurrection depuis le vapeur « Blümlisalp » ancré dans les eaux internationales du lac de Thoune. Seule la fin du communiqué de presse est audible, « Si une lectrice chérie ou un lecteur non moins chéri voulait prendre la suite, ce serait sympa et je me plierais volontiers à cette discipline, car je ne souhaite pas du tout abandonner ce blog que je squatte depuis 2003 avec une infidélité à une autre plateforme jusqu’en 2006. » Fin de citation.

« Zut ! » lâche le pilote. Il venait d’allumer une Gauloise bleue sans filtre, d’aspirer une longue bouffée de fumée. Juste avant d’expirer ces vapeurs de nicotine, de tabac brut et de produits non déclarés sur le paquet de clopes, au moment les poumons gorgés de fumée emplissent le cerveau d’un plaisir intense, le journal avait parlé. Il avait recraché la fumée rapidement, une tirée pour rien.
La Ford Galaxie s’ennuie sur une aire d’autoroute à l’aspect fantomatique, il est minuit. Le pilote est appuyé contre la portière et la cartomancienne s’est allongée sur le capot.
« Tu connais ce mec ? » demande la cartomancienne. Le pilote allume une nouvelle Gauloise. Il avait jeté la précédente, pratiquement intacte, mais totalement gâchée par cette nouvelle surprenante, sortie du poste à galène. Il aspira la fumée, et s’en gargarisa longuement avant de répondre à la question. «C’est le Goût-des-autres, un blogueur émérite qui propose un devoir le vendredi. Il faut rendre la copie le lundi.» La cartomancienne tira une carte routière de son sac. « Il est aussi minuit dans la Creuse» lança-t-elle en dépliant ce coin de France.
La Ford Galaxie, construite au mitan du siècle passé,
est dépourvue d’écran. Il est indispensable d’embarquer un sac en toile de jute débordant de cartes routières.
« Chéri, tu pourrais reprendre le devoir du lundi, ce serait sympa »hasarde la cousine de Bette. Le pilote ne répond pas, absorbé dans l’allumage de l’avant-dernière cigarette. Il tente le jeu des ronds de fumée, réussir à faire passer un petit rond dans un grand rond.
Comme dirait Catherine, une amie de longue date,
« c’est la dèche ». Il reste une Gauloise dans le paquet qui tout à l’heure sera chiffonné et jeté par la vitre entrouverte de la Galaxie glissant sur une route déserte éclairé par une lune gibbeuse. Il reste un sandwich et un filet d’eau dans une bouteille en verre vert. Le restoroute est fermé. La station essence est ouverte, il est temps d’abreuver la Ford Galaxie.

Après avoir renseigné un étrange équipage, le pilote et la cartomancienne ont repris la route. Un cheval blanc, d’une maigreur épouvantable s’était arrêté à leur hauteur. Il était suivi par un âne que montait un homme de forte corpulence qui ronflait bruyamment. Le cavalier maigre comme son cheval, vêtu d’une armure bricolée avec des boîtes de conserve, tenant une longue pique en bois, demanda de manière courtoise, « Madame la cousine de Bette, pouvez-vous me renseigner, y a-t-il des moulins quelque part ? « Un instant ! » répliqua-t-elle en plongeant un bras ganté de noir dans le sac en toile de jute. Elle extirpa la carte de La Manche, région historique située au cœur de l’Espagne, pointa son doigt sur un tout petit moulin dessiné dans un coin de la carte. L’équipage avait disparu sans bruit. Un mirage.

Le ronronnement de la Ford Galaxie, le paysage blafard éclairé par la gibbeuse provoquent dans le cerveau de la cartomancienne une cascade de trouvailles. « Si on organisait une méga teuf, le devoir du lundi en folie, tous en minijupe, chéries et chéris, ce serait un bel hommage à Mary » 
« On mettra à donf les Beatles, on projetera sur le mur de la maison le film Kes de Ken Loach » dit le pilote. « Et aussi Deep End de Jerzy Skolimowski » ajouta la cousine de Bette.


Plus tard, bien plus tard, dans une belle lumière matinale, la Ford Galaxie sillonne les rues d’une petite ville. Le pilote et la cousine de Bette cherchent une boîte aux lettres afin d’y jeter une carte postale affranchie avec un timbre à l’effigie du Petit Prince. La photographie affichée sur la carte représente une scène printanière, saison du renouveau, un champ de cerisiers couverts de fleurs blanches. Avant que la carte ne disparaisse dans la bouche de la boîte, on a le temps de lire ceci :

Merci pour tout Monsieur le Goût
Gros bec à Heure Bleue

Le pilote et la cousine de Bette


STOP STOP STOP

Bonjour
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er devoir de Lakevio du Goût de ChatGPT (Chat Generative Pre-trained Transformer)
A partir de ce vendredi le devoir du lundi sera totalement automatisé. Le vendredi et Le lundi à 6 heures du matin vous recevrez sur votre montre connectée : La présentation du devoir, le texte de présentation, les textes des participants ainsi que les commentaires, le tout généré par ChatGPT. Vous n’aurez plus à vous tracasser d’un manque de temps ou d’imagination, ChatGPT a pris le contrôle de vos cerveaux et du devoir du lundi !

10 avril 2023

Le temps des fleurs - Lundi de Pâques

La saison des nèfles est ouverte !

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Pour le souper de ce lundi de Pâques, j'ai cuisiné des cailles des Vosges. Rôties en cocotte, poivrées, salées et parfumées à l'alcool de coing, ces cailles ont été servies accompagnées de légumes poêlés (asperges vertes, poivrons, oignons nouveaux et aulx) et de lentilles béluga.
Un ananas frais, arrivé par jet privé des pays lointains, ravit les papilles au dessert.

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11 mars 2023

Le temps des fleurs - Topinambours

Pour le dîner, j'ai cuisiné pour les convives un menu de derrière les fagots, un menu terre mer. Quand je me suis mis aux fourneaux, aux alentours de 11 heures, la neige tombée pendant la matinée avait disparu.

Lignières
menu du samedi 11 mars 2023

Calamars grillés, légumes d'hiver
Orge perlée façon risotto
Topinambours

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26 février 2023

Les mois d'hiver - Cinéma japonais

DIMANCHE 26 FÉVRIER 1933

Repérage entre Shioda et Yokohama. Des hauteurs, on domine toute la ville. Après être passé chez le coiffeur, Tsurumatsu est allé grignoter un toast au « Sun Porch ».

Yasujiro Ozu
Carnets 1933 - 1963

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18h00, retour dans le petit village dans les montagnes après une semaine passée dans celui des vacances de mon enfance. La bise a entraîné quelques vagues chutes de neige. Le paysage est blanc, un peu, et le vent s'engouffrant par la fenêtre ouverte en bascule, siffle, hurle...

17 février 2023

Les mois d'hiver - Le catalogue des nouveautés littéraires

Après les carnets d'Yasujiro Ozu (ICI), l'arrivée des carnets de Bergman dans le petit village dans les montagnes. Les carnet d'Ozu et ceux de Bergman sont édités chez Carlotta, un très beau travail.

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Recueil de poémes :

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Des essais sur la folie du monde :

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Essai sur la littérature des années 1920 et ouvrage de géographie :

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12 février 2023

Les mois d'hiver - Cinéma japonais

DIMANCHE 12 FÉVRIER 1933

Établissements «Shoji» pour un bain «Spécial» avant de passer à la pharmacie «Sankyo». Taxi de Gaien, via Shinbashi, pour Kamata. Taxi encore pour la colline Kyoryûchi de Yokohama. Restaurant «Anraku» dans le quartier chinois. De retour à Ginza, on est passés au café «Colombin», puis au «Mon». On a même joué au mahjong avant qu'Hashimoto ne prenne le train de 11h10 pour Osaka. Vivre à Tôkyô serait franchement éprouvant si je devais vivre tous les jours à ce rythme!

Yasujiro Ozu
Carnets 1933 - 1963

9853ECA8-7242-4E63-AEBB-12F64051ABA6Descente avec le car postal de 15h35 pour aller prendre un café et manger une pâtisserie chez Rieder à Interlaken. Remontée à 17h04

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2 janvier 2023

Les mois d’hiver - Couché de soleil sur la Tamise - Nuit 6/11

« Je voudrais bien l'an prochain

réduire ma vie à l'essentiel

(...) et vous êtes dans cet essentiel. »

Albert Camus, Lettre à René Char

24343AC1-7D9E-4777-B51C-DB65BEC3CEB6Londres, ici Londres

La cathédrale Saint-Paul vue depuis une salle du Tate Modern 

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C’est lundi, c’est raviolis à Paris
En revanche, à Londres, le lundi c’est le Tate Modern
2 janvier 2023
Images, montage, réalisation Jeanjacques666

11 novembre 2022

Il automne - Le 11.11. à 11h11, c'est le coup d'envoi de la saison des carnavals.

Berne, le 11.11. à 11h11
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« Le carnaval est annoncé en novembre. Tous les ans, les fêtards ainsi que d'innombrables curieux se rassemblent sur le Bärenplatz (Place des Ours) le 11.11. à 11h11. Les participants enferment alors l'Ours du carnaval au Käfigturm (Tour des Prisons) où le géant velu hibernera comme prisonnier pendant 111 jours. Au début officiel du Carnaval, le lendemain des Cendres, les participants et visiteurs se rassemblent une fois de plus sur le Bärenplatz (Place des Ours) où se déroule le spectacle proprement dit : la libération de l'ours. »
Info glânée sur la toile virtuelle

2 novembre 2022

Il automne - Des chèvres un peu folle...

LA VIE DANS LE PETIT VILLAGE DANS LES MONTAGNES

Les chèvres qui broutent dans la parcelle d'à côté, la parcelle en forte pente que l'on voit depuis la cuisine, la parcelle où sera construite une maison l'an prochain, font les folles. Jour et nuit, on entend les clochettes, suspendues à leur cou, tinter.

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Les poules qui picorent non loin de la place du village, ont des plumes qui descendent jusqu'au bas des pattes. On dirait qu'elle portent un pantalon chic pour soirées classes dans des clubs de nuit pour poules de luxe.

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 L'Augstmatthorn dans la belle lumière du soir

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15 septembre 2022

Il automne - Le vieux vapeur "Neuchâtel" danse sur les vagues

Neuchâtel
Place Pury, aux alentours de neuf heures et quart 

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Croisière sur le lac de Neuchâtel à bord du vapeur "Neuchâtel", construit par Escher, Wyss & Co à Zurich en 1912. Il n'a pas de pont supérieur. Il a été conçu pour naviguer sur "les trois lacs", Neuchâtel, Morat et Bienne, reliés par des canaux avec de ponts de faible hauteur.
Le spectacle était magnifique, nuages, grains, eaux sombres et agitées. Le bateau dansait sur les vagues.

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26 août 2022

L'été de tous les dangers - Le premier fromage de l'été 2022

Les vaches sont sur les alpages depuis 4 mois et les premiers fromages sont arrivés au petit village dans les montagnes. Le morceau ci-dessous est donc un fromage d'alpage à pâte dure, au lait cru, fabriqué sur l'Alpe Scherpfenberg, cet été 2022. L'Alpe Scherpfenberg est située dans notre commune, dans une zone de haute lande au pied du Hohgant.

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25 août 2022

L'été de tous les dangers - « Bizarre, vous avez dit bizarre bizarre… »

La margose, ou le melon amer / momordique (momordica charantia), est une plante potagère grimpante de la famille des cucurbitacea.

J'ai cuisiné ce légume.

Important, il faut choisir un spécimen bien vert. Dès qu'il commence de murir, il se décompose, se liquéfie. J’en ai fait l’expérience avec un exemplaire acheté bien rouge.
Ce légumes est très, très, très amer. Il faut le couper en deux, retirer les graines rouges, le débiter en tranches et le faire dégorger avec du gros sel au minimum 30 minutes. Ensuite bien rincer les morceaux de légumes puis les poêler en ajoutant un peu de curry.
C’est assez spécial comme goût…

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17 août 2022

L'été de tous les dangers - Un moustique, la soirée avait commencé quand des grondements se sont fait entendre...

Ce soir, l'orage est passé au large du petit village dans les montagnes. Il a juste couvert de ses grondements le bruit agaçant du moustique affamé à la recherche d'une proie. La proie, c'est mon bras. J'ai essayé plusieurs fois, mais il est impossible d'apprivoiser un moustique ! Si je parle du moustique c’est qu’il n’y a qu’un moustique. Peut-être qu’ils sont toute une colonie et qu’ils volent à tour de rôle. Mon bras ressemble à une attaque de variole du singe. J’avais naïvement pensé qu’à plus de mille mètres au-dessus des océans l’air était pur. Je me suis trompé, le tourisme « moustiquien » fuyant la montée des eaux et la fournaise des plaines pique en haute altitude.
« Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie ! »

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10 août 2022

L'été de tous les dangers - Extase

Le petit village dans les montagnes, vers 20h.
Depuis le balcon, le spectacle est grandiose. Loin des rumeurs de la ville, c'est le calme. Une odeur de foin s'engouffre dans les narines, ravivant des souvenirs de vacances d'enfance dans un autre village. Quelques cloches de vaches retentissent au loin. Je savoure ces moments de quiétude qui marquent le passage du jour au crépuscule puis à la nuit. Il fait encore tiède...

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17 juillet 2022

L'été de tous les dangers - Encore un beau dimanche

Iseltwald, un village au bord du lac de Brienz attire les touristes. Le car postal était plein à craquer. Une série tv coréenne, tournér dans le village et les environs a popularisé la région en Asie. Depuis, c'est un tsunami de touristes.

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Le soir, souper à l'hôtel/restaurant Bären, dans le petit village dans les montagnes. La vue depuis la terrasse est magnifique et la cuisine est bonne. 

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6 juillet 2022

L'été de tous les dangers - Une oasis au cœur d'Interlaken

Interlaken, mercredi
La ville est très touristique. Après un arrêt de deux ans, les touristes sont revenus. Il existe une petite oasis, dans une rue à l’écart du brouhaha, où le touriste ne vient guère. C’est un petit coin qui nous plonge dans le sud. La confiserie tea-room Rieder (depuis 1972) est toujours pleine à craquer. Ce sont les rentiers du coin qui viennent prendre un thé ou un café et manger une pâtisserie. Le café est buvable, les pâtisseries intéressantes.

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8 juin 2022

L'été de tous les dangers - Jeux de textures

En fin de journée, les nuages se sont estompés après un lent passage au-dessus des sommets. Le petit village dans les montagnes est très vert en ce début d'été. Les sols sont très humides à la suite d’abondantes chutes de pluie. La semaine prochaine les thermomètres vont chauffer prédisent les oracles.

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12 septembre 2022

Il automne - Horacio Quinoga, auteur que je n'ai jamais lu, j'en très envie de lire « Contes d'amour, de folie et de mort » !

136ème devoir de Lakevio du Goût

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« La consigne du Goût (ICI) »
Cette toile de Gustave Courbet dite C Jo la belle Irlandaise » me dit quelque chose.
Pas seulement parce que « Jo, la belle Irlandaise » a permis à Gustave Courbet quelques privautés.
Mais vous, qu’en avez-vous à dire ?
J’aimerais que cette note commençât par « À quoi Bon ? Enfin… Vous ne supposez pas que ce n’était pas en apparence ? »
Aussi qu’elle finît par « J’ai bien été le premier à vérifier l’exactitude de la chose, quand j’étais votre amour… en apparence. »
J’espère que vous aurez une histoire à raconter à partir de ces deux phrases tirées des « Contes d'amour, de folie et de mort » d’Horacio Quinoga.
À lundi…


La belle irlandaise

« À quoi Bon ? Enfin… Vous ne supposez pas que ce n’était pas en apparence ? » Son murmure était inaudible. 
Assise devant une table qui lui sert de coiffeuse, elle parle à voix basse, en remuant à peine les lèvres. Elle regarde son reflet dans un petit miroir, qu’elle agite comme un éventail. Sa main libre triture ses cheveux. Le peu de clémence du climat a terni son abondante chevelure jadis belle et soyeuse, elle n’a pas vingt-cinq ans. Elle passe ses journées dans sa chambre, au premier étage d’une maison construite sur pilotis. Toutes les maisons du hameau sont surélevées pour échapper aux mygales et serpents qui infestent cet endroit, et, aussi, pour être à l’abri des inondations quand le fleuve déborde. Fleuve qui roule des eaux boueuses à plusieurs kilomètres de là. Des pluies diluviennes le gonfle parfois, il s’étire alors au-delà des maisons de ce bourg égaré au cœur de la jungle. La chaleur humide est accablante. Tout est moite. Le hameau ne reçoit pas de soleil. La canopée, où bruit une vie cachée, ressemble à un amas de nuages immobiles à jamais.
Assise devant sa coiffeuse, murmurant dans le vide, cette jeune femme à la crinière de lion, sort peu de sa chambre. Les habitant du bourg en parlant d’elle, disent « la folle », certains, les plus vieux, l’appellent, « la belle irlandaise ». Son grand-père, un Irlandais épris de vie sauvage, s’était installé dans ce hameau, alors prospère, au mitant du siècle passé. Le prénom de la jeune femme, oublié par les gens est parfois prononcé par son père. Le seul témoignage de sa mère se lit sur une stèle clouée au pied d’un arbre. La mousse efface peu à peu le souvenir de cette mère morte depuis longtemps. Égarée dans le dédale inextricable de la jungle les appels au secours, furent vains. On retrouva le corps de la mère à moitié dévoré par des fourmis.
Agitant son miroir, elle a quitté sa chambre en entendant une galopade. Son prince arrivait. Au bas de l’escalier, elle ne prit pas garde, pressée, elle n’avait pas chaussé de bottes, elle était en chemise de nuit. La galopade était une chimère, la vipère ne l’était pas. Elle sentit à peine la morsure au bas de sa jambe, deux marques d’où s’échappaient un filet de sang. Elle remonta dans sa chambre. Une douleur vive atteignit son mollet. Son père absent, personne pour faire un garrot au-dessus de la blessure. Elle remua des lèvres de plus belle. Des gouttes de sueur perlaient sur son visage. La douleur paralysait sa jambe. La porte de sa chambre s’ouvrit enfin. Elle se retourna, se leva et étreignit son prince, qui se tenait debout sur le pas de la porte. Ses bras saisir le vide, la maison était déserte, et elle s’affaissa sur le sol. Elle crut entendre son bien aimé lui murmurer une phrase mystérieuse « J’ai bien été le premier à vérifier l’exactitude de la chose, quand j’étais votre amour… 
en apparence. »

31 octobre 2022

Il automne - Deux devoirs du lundi pour un !

141e devoir de Lakevio du Goût

La consigne :
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Évidemment, cette toile de Thierry Duval me rappelle quelque chose.
Mais à vous ?
Rappelle-t-elle quelque chose qui commencerait par « La joie venait toujours après la peine ».
Et si en plus votre récit se clôt sur « Pendant quelques heures, nous posséderons le silence, sinon le repos. Enfin ! » ce sera parfait.
À vous de jouer !
À lundi.

Le décor de l'histoire qui va suivre est inspiré d'une toile d'Edward Hopper. Toile proposée pour le 140e devoir de Lakevio de Goût. 
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LA MAISON VIDE

« La joie venait toujours après la peine », la voix d’Appolinaire sortait de deux écouteurs antiques datant des année 1940. Ils étaient branchés sur un petit poste à galène. Guillaume dit un de ses poèmes, il parle dans un pavillon et ses vers sont gravés dans les sillons d’un disque phonographique couvert de gomme-laque noire, qui tourne à environ 78 tours par minute. Le poème parle d’un pont, de la Seine qui coule sous des amours, de Marie Laurencin, d’Honoré-Gabriel Riquetti de Mirabeau.
La maison est vide, silencieuse ; seule la voix du poète comme venue d’outre-tombe se dilue dans l’espace. Un trou dans l’un des sillons empêche l’aiguille du gramophone d’avancer, elle est rejetée sans cesse et
« La joie venait toujours après la peine, la joie venait toujours après la peine, la joie venait toujours après la peine, la joie venait toujours après la peine » se duplique à l’infini.
La maison, dessinée par un architecte avant-gardiste, composée d’un seul niveau, construite sur un promontoire à quelques mètres au-dessus des eaux méditerranéennes, offre au regard, depuis le vestibule, une vue sur l’ensemble des pièces agencées en enfilade. Le toit plat de cette maison, rectangle de béton, aménagé en terrasse, accessible depuis l’extérieur par un escalier à vis, théâtre de folles réceptions, désert depuis des décennies, muré dans un silence juste bercé par le clapotis des vagues, se désagrége lentement par une conjugaison des embruns salins et des pluies d’automne.
Cette maison ressemble à celle que l’on voit dans le film « Le mépris » mais sans Brigitte, sans Michel ni Jean-Luc, l’ombre de Fritz Lang ou de celle de Jack Palance sont absentes et pas une trace de paparazzis qui traqueraient le moindre fait et geste de cette maison fantôme.
Personne non plus pour remettre à l’ordre le gramophone, « La joie venait toujours après la peine, la joie venait toujours après la peine, la joie venait toujours après la peine, la joie venait toujours après la peine »
La lune a rassemblé ses quartiers, pleine, elle jette ses lueurs blafardes sur la mer, les rochers rouges et le béton de la maison. Il est presque une heure du matin.
La clarté lunaire entre par de larges baies vitrées donnant sur la mer. Clarté qui meurt sur le sol des pièces, où alternent le parquet, le sol en béton peint en couleur vive ou un sol en plancher recouvert d’un épais tapis. L’épaisseur du tapis amorti « 
le roulement de quelques fiacres attardés et éreintés » qui traversent la ville.
Depuis le vestibule, on distingue dans la pièce voisine l’amorce d’un tableau. Cette pièce est meublée d’une crédence et d’un canapé tapissé d’une étoffe rouge carmin. Le tableau qui orne cette pièce, peint par Thierry Duval, est accroché à l’endroit. « New York City 1 » réalisé en 1941, par le peintre néerlandais abstrait Piet Mondrian, est accroché à l’envers depuis septante-sept ans.
Le tableau de Duval que survolent des mouettes est un morceau de Paris. On voit des ponts, la Seine dans laquelle se diluent des amours, le Louvre, on n’y voit pas de voitures hippomobiles, mais de bruyantes berlines à pot catalytique. Il n’est pas encore une heure du matin et le bruit empêche la concentration. Concentration requise pour écrire un poème, « La joie venait toujours après la peine, la joie venait toujours après la peine, la joie venait toujours après la peine, la joie venait toujours après la peine ».
La porte vitrée du vestibule est ouverte. Un escalier taillé dans la roche, perpendiculaire à la maison, descend jusqu’à la mer. Des serviettes de bain, décolorées par le soleil, abimées par le vent, attendent depuis longtemps le retour d’un, deux, des, nul ne le sait, baigneurs. Un indice, une voix, « La joie venait toujours après la peine, la joie venait toujours après la peine, la joie venait toujours après la peine, la joie venait toujours après la peine »
Un autre indice, dans la cuisine, la planche à pain sur laquelle sont gravés ces mots :
« Pendant quelques heures, nous posséderons le silence, sinon le repos. Enfin ! »

C’est un document radiophonique exceptionnel, enregistré entre 1911 et 1914. Le son, certes lointain, donne à entendre la voix de Guillaume Apollinaire lui-même lisant "Le Pont Mirabeau".

 

3 octobre 2022

Il automne - le dernier train pour gun hill

139e devoir de Lakevio du Goût

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D’après vous, qu’est-ce qui m’a poussé, à voir cette toile, à vous proposer un devoir ?
Oui, comme la semaine dernière, c’est une toile d’Émile Friant.
Celle-ci m’a particulièrement interpellé.
Pourquoi ?
Je vous le dirai lundi.
Mais vous ? Que vous a-t-elle inspiré ?
Ce qui serait vraiment bien, c’est que vous commenciez votre explication par :
« J’arrive tout couvert encore de rosée »
Et que vous la finissiez par :
« Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches. »

Acouphène

« J’arrive tout couvert encore de rosée », dit à mi-voix la jeune femme assise à côté de moi. Elle lit un livre. J’ai pris le train à F. J’ai trouvé une place sur une banquette entre un barbu et une jeune femme à chapeau. Le train est bondé. En face de moi, la banquette est arrondie et une petite table en métal permet d’y déposer un gobelet en carton rempli de mauvais café ou d’y laisser choir son sac. Il est occupé par une trentenaire, avachie sur la table. Elle a rassemblé ses affaires pour laisser une place à trois jeunes, un garçon et une fille. Ce sont des étudiants qui sont montés, comme moi, à F. La trentenaire, aux cheveux filasseux, de temps en temps, pêche une bouteille dans son sac. C’est une bouteille de vin blanc. Un millésime bouché par une capsule métallique. Elle boit à même le goulot de grande rasade d’un vin italien acheté dans un magasin pratiquant des ristournes. Son téléphone ne cesse de sonner.
« Michel, allô ! Michel, Je ne t’entends pas ». Elle essaye de rappeler, en vain, le téléphone resonne. « Michel ? oui, Michel, allô Michel ». Elle regarde son téléphone, attrape la bouteille de blanc, boit une rasade.
Les étudiants bavardent. Le jeune a posé son téléphone sur la table. La trentenaire le saisi et dit « Merci » puis ajoute en le reposant, « Non, je rigole ! »
Les étudiants échangent leurs impressions sur les cours qui viennent de commencer. Le jeune s’aperçoit en tripotant son téléphone, que son billet, dématérialisé, juste illustré par un code QR, ne correspond pas au train dans lequel il a pris place.
La jeune femme à chapeau, assise à côté de moi semble mémoriser le texte qu’elle lit. Elle referme sans cesse le livre en se servant d’un doigt comme marque page. Ses lèvres bougent, remuent, parfois des bribes de l’œuvre arrivent aux oreilles des voyageurs. Mes yeux son rivés sur le livre. Je peux enfin lire le titre et l’auteur. Je suis stupéfait. Je possède un même exemplaire dans ma bibliothèque. C’est un livre imprimé par Kundig Genève (Suisse), pour le compte des Éditions de Cluny, 35 rue de la Seine, Paris VIe, le 37e ouvrage de la collection « bibliothèque classique de Cluny ». Il est sorti des presses suisses en novembre 1943. C’est un recueil de poèmes de Verlaine contenant « Romances sans paroles », « Dédicaces » et « Épigrammes ».
« Michel, Michel ? Allô, je n’entends rien » La bouteille en verre vert, contenant un vin fond de cuvée fait des cercles dans l’espace restreint du wagon.
La lectrice parfois replie son bras et pose la tête sur sa main droite. Elle a un regard mutin. Le chapeau qui coiffe ses cheveux coupés à la garçonne est en paille noircie piqué d’une plume et de fleurs artificielles. Avec sa chemise rose tirant sur le rouge, une veste bleu lagon foncé et son pardessus en laine de vigogne elle semble échappée d’une toile d’Émile Friant. Ce peintre, mort en 1932, est considéré comme le dernier naturaliste. Cette voyageuse lectrice peinte par Friant aurait pu être un tableau proposé par Le Goût pour un devoir du lundi. Il aurait demandé que le texte commençât et se terminât par deux vers extraits d’un poème de Verlaine, « Green ». C’est le poème que la jeune femme assise à côté de moi tente de mémoriser, poème que l’on trouve aussi dans « Anthologie de la Poésie française » de Georges Pompidou, anthologie dédiée à Claude, page 422 de l’édition du livre poche, dans « Anthologie de la poésie française » d’André Gide, page 622 de la bibliothèque de la Pléiade, juillet 2000. « Green » que l’on peut également lire dans « Anthologie des poètes français contemporains », page 374, Delagrave éditeur Paris 1918.
« Allô, Michel, Michel je ne t’entends pas, Michel », le contenu de la bouteille de vin blanc est presque évaporé.
Mon voisin barbu compose un numéro sur son téléphone. On apprendra au fil du voyage qu’il déménage, que tout s’est bien passé, que le camion est restitué et qu’il va rechercher sa voiture à B. Il conseille à X ou Y, nous n’avons aucune indication sur la personne qui est à l’autre bout de la 7G, de faire du bénévolat, pour avoir un objectif dans sa vie d’oisiveté.
Je me demande comment nous faisions au siècle passé, les téléphones étaient fixés au mur et le mot objectif n’était pas en vogue, pourtant nous avons fait de beaux quatre cents coups.
Le devoir du lundi est un atelier d’écriture virtuel proposé par Le Goût. La classe se déroule sur les blogs. C’est très intéressant, la page blanche est disponible à l’infini. Nous noircissons l’écran avec nos histoires, tout est possible, même l’improbable. Nous avons un terrain de jeu sans limite, il faut juste bien lire la consigne et respecter les délais. A la fin de la classe, on envoie notre copie au maitre.
Le train a du retard, un signal indiquant une porte mal fermée à L et le même signal à F. a retardé le train d’une vingtaine de minutes. Il roule à vive allure. Une vitesse excessive dans ces courbes qui s’enchaînent. Il fait nuit et le brouillard automnal rôde.  
« Allô, Michel, Michel je ne t’entends pas, Michel », la bouteille de vin blanc vide est jetée dans le pied de la table qui fait office de poubelle.
La jeune femme à chapeau concentrée sur sa lecture ne semble pas posséder de téléphone. Mon voisin barbu, plongé dans la description de son déménagement, ne remarque pas l’ivresse de la trentenaire. Les étudiants babillent.
Soudain, le chaos et l’horreur s’invitent au voyage. La locomotive percute de plein fouet un train arrivant en face, un train mal aiguillé. Le choc est brutal. Dans un bruit d’enfer les wagons s’encastrent, se tordent, se disloquent. Je suis éjecté, une longue chute, je hurle. Mes hurlements me réveillent. Je suis dans mon lit, en sueur. Dans ma tête la voix de la jeune femme à chapeau, comme un acouphène, une phrase tourne en boucle dans mon crâne, « Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches. »

8 août 2022

L'été de tous les dangers - 134e devoir de Lakevio du Goût

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134ème devoir de Lakevio du Goût

Encore une histoire de porte.
Celles qui donnent sur de nouveaux mondes.
Celles qui donnent sur des mondes anciens.
Ce qui serait chouette, c’est que vous réussissiez à y mettre les mots.
- Attirer.
- Affoler.
- Effrayer.
- Fermer.
- Ouvrir.
- Trouver.
- Aimer.
- Perdre.
- Mourir.
- Noyer.

Peu importe le temps, le mode, où que ces verbes soient usés de façon pronominale ou non.
À lundi j’espère…

Note
Merci M. Le Goût d’avoir choisi pour ce 134e devoir une toile torride, qui frise, pour ceux qui ne fréquentent pas les alcôves secrètes du musée d’Orsay, l’indécence.

Préambule
Le dernier devoir de l’année, en début juillet, a remonté ma moyenne de plusieurs points. Julie m’a accordé un 19/20. Je passe dans la classe des grands à la rentrée.

 

L’ORIGINE DU MONDE

La pièce est silencieuse, baignée d’un rayon de soleil qui se fraye un passage par la fenêtre. Une fenêtre qui donne sur une cour. Une cour sombre, au milieu de laquelle est planté un buddleia de David (Buddleja davidii) aussi appelé buddleia du père David. Il végète au fond de ce puit de six étages. Le soleil lèche son feuillage lorsqu’il atteint le zénith de sa trajectoire estivale. Personne ne remarque cet instant magique. Les habitants qui ont vue sur cour sont allongés sur des serviettes de bain au bord de plages lacustres dans la fournaise de l’été. Cet arbuste originaire de Chine est juste bon à attirer les papillons.
Des planches polies par le temps et le passage répété de chaussures, des planches tout en longueur, des planches fixées côte à côte, constituent le plancher de la pièce. L’essence choisie est le chêne. Le rare curieux qui effleurerait ce plancher pour affoler ses sens esthétiques pourrait perdre le nord. Ce plancher pourrait effrayer les effraies puisque ce n’est qu’un vulgaire sol en vinyle, il faut noyer le poisson.
Un valet de trèfle, déguisé en valet de chambre passe ses journées du lundi à fermer la porte de la pièce. Une porte mystérieusement toujours ouverte. En face de la porte ouverte, séparée par un couloir, un couloir constitué de planches de chêne imitant le vinyle, une porte fermée atténue le dialogue courtois dit par un comte et une marquise. On remarque aussi des blanchisseuses qui entrent et sortent dans cette pièce-là. Une pièce que l’on pourrait résumer par un proverbe : « Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée ». 
Le valet de trèfle, déguisé en valet de chambre passe son temps libre à ouvrir les volets de son imagination pour trouver la clef de sol, une clef qui, introduite dans le poste à galène posé sur la table à côté de la porte, permet d’écouter en boucle « aimer à en perdre la raison ».

Sur le montant de la porte ouverte, un interrupteur en porcelaine est fixé par deux vis rouillées par le temps. Le visiteur qui quitte la pièce, avant d’éteindre la lumière, aura le temps de mourir d’aimer en regardant une reproduction de « L’origine du monde », peinte par Courbet, placée bien en vue sur le bord de la table.

1 juin 2022

L'été de tous les dangers - Les mercredis de capucine

Relire Heidi, dans une édition de 1939. C'est dans ces livres que notre grand-mère paternelle nous lisait l'histoire de Heidi et de Pierre.

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        L'Été, le bel été

                                                          Un été à la Schenkstrasse - 2011                             
                                                                                   Été urbain - 
2012
                                                                  Un été de porcelaine - 2013
                                                                                         Été'14 - 2014
                                                                       Un été aigre-doux - 2015
                                                                                          60e été 2016
                                                                                     L'été russe 2017
                                                                              Un été sans fin 2018
                                                                           Un été en Suisse 2019
                                                                     L'été de la pandémie 2020
                                                                                           65e été 2021
                                                          (Cliquez sur les dates pour admirer la splendeur des étés)

                                               Les mercredis de Capucine

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31 mars 2022

Il pleure dans mon cœur // Comme il pleut sur la ville ;// Quelle est cette langueur// Qui pénètre mon cœur ?

Brève escapade à Winthertour, une ville située à 25 kilomètres de Zurich. Espoir contrarié de voir mon tableau fétiche. Une exposition temporaire ne donne pas l'accès aux collections permanentes.


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                       Winterthur

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                      En-cas pris dans le wagon restaurant entre Berne et Interlaken

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                       Retour dans le petit village dans les montragnes. 
                       Journée de pluie,

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22 décembre 2021

Les mois d'hiver - Archives familiales - Nuit 18/18 supplément XI ...

... Les suppléments,  appelés aussi compléments alimentaires/nutritifs ou produits de santé naturels, ne sont pas classés comme des aliments ou des médicaments et ne sont pas assujettis au Canada à la Loi et au Règlement sur les aliments et drogues.

 

César était mon arrière-grand-père maternel. Je ne l’ai pas connu, il est mort en 1942. Ernest, le fils de César, n’a vécu que six mois. César avait pour épouse Marie. Ils ont eu deux autres enfants, Roger né en 1901, mon grand-oncle et Willy né en 1902, mon grand-père. La carte est signée Tante Aimée. Nous n’avons pas de renseignements sur cette personne. L’encre a traversé les siècles sans pâlir et la calligraphie est magnifique.
Pensive, ma mère m’a soufflé, si cet enfant n’était pas mort si jeune tout aurait été différent. J’ai ajouté, je ne serais pas en train d’écrire au sujet de cette carte… Ainsi va la vie !

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20 décembre 2021

Les mois d'hiver - C'est fini les ancolies, les vacances aussi ! - Nuit 18/18 supplément IX ...

... Le supplément en temps pour le travail régulier de nuit de même que le supplément de salaire pour le travail irrégulier de nuit ne doivent être accordés que pour la durée de travail tombant pendant les heures de nuit. Dans un établissement dont l’horaire de travail de nuit est fixé de 24 h à 7 h, un employé qui travaille régulièrement de nuit par exemple de 18 h à 0.50 h (pauses incluses) n’a droit à un supplément en temps de 10 % que pour les 50 dernières minutes de travail, soit 5 minutes.

 

Quoi de neuf à Lignières, le village des vacances de mon enfance ? Neige, soleil avec parfois du brouillard, un décor de Noël et la lune qui regarde ce qui se passe sur la Terre. 

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La luna ...

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Rêveries
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CINÉMA

- Mais... c'est l'intervention de cette grosse femme... C'est un ptit peu... enfin... ça va très loin.
- C'est là que je me rends compte que malheureusement, je vous ai beaucoup moins bien réussi que le porc.

Pierre et Thérèse.
Le père Noël est une ordure 

 

GUERRE

La guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas.
Paul Valéry

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