L’exercice, le défi, réaliser un vidéogrammes de 30 secondes chaque jour de décembre. Un calendrier de l’Avent numérique qui se poursuivrait jusqu’au 31. Vais-je relever le défi ? Vidéogramme 9/31
Aujourd'hui, la pluie mange peu à peu la neige. Il pleut dans le petit village dans les montagnes (le film ci-dessus), il pleut à Interlaken (les phtographies ci-dessous)...
L'orage du jeudi 22 juin 2023. Le canton de Vaud était en alerte orage aujourd'hui, les courses d'école (sorties scolaires) avaient été annulées, Finalement l'orage déboule à Genève vers 17h00 puis s'enfonce dans le canton de Vaud. Des vents tempétueux ont frappé la Suisse. Le pic de vent a été relevé à Saint-Prex, dans le canton de Vaud !, 135 km/h. Ici, dans le petit village dans les montagnes, la routine, un orage violent arrivé depuis le lac de Brienz. Spectacle grandiose avec bandes de brumes, éclairs et de grands roulements que les montagnes amplifient, spectacle suivi en direct depuis le balcon de l'appartement, en grignotant des morceaux de pastèque. J'ai pas vu grand-chose du spectacle, devant moi avait pris place une dame avec un chapeau énorme. Ce fut pire quand je lui ai demandé de retirer ce chapeau ridicule, il dissimulait un chignon qui a envahi l'espace en se décompressant. Il a fallu appeler un coiffeur en urgence. Le soleil n'a pas tardé à remettre de l'ordre dans cette chevelure.
Il est 22h30 et la pluie tombe à nouveau, mais pas d'orage en vue cette fois-ci.
Le petit village sera en fête pendant deux jours. Il y aura l'élection de la plus belle vache de la commune. Demain matin dès potron-minet, les troupeaux arriveront sur la place du village. Les sonnailles vont nous réveiller.
Photographies, préparation de la place pour l'accueil des vaches L'augstmatthorn aux alentours de 19 heures.
J’aime beaucoup cette toile de Van Gogh. Je pense que vous aussi vous l’aimez. Je suis sûr que vous avez quelque chose à en dire. Ce serait bien si, en le disant vous y placiez ces dix mots : Désert Retraite Solitude. Automne Réaction Fauteuil Épouse Chagrin Froid Chemise Bon, ce n’est qu’une suggestion mais ce serait vraiment chouette.
Désalpe
À 8 heures 49 minutes et 56 secondes, heure de la Ville fédérale, Phébus, d’un pas élastique, boude l’hémisphère nord pour réchauffer celui du sud. Huit heures 49 minutes et 56 secondes, heure calculée par l’Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides (IMCCE), marque l’équinoxe d’automne, ce samedi 23 septembre.
Une information sans incidence sur le récit en cours, lue au hasard des notes égrenées par les agences de presse dit ceci : « Le Cartel Phœbus est un cartel, mis en place dans les années 1920 et 30, spécialisé dans la lampe à incandescence et connu pour être à l'origine de l'obsolescence programmée. »
Les brumes s’étirent, lentement se dispersent dans l’azur. Le petit village dans les montagnes sort de la torpeur estivale. Les troupeaux de vaches vont redescendre des alpages. Une affichette, placardée à la maison de commune (mairie dans le canton de Genève), indique jours et heures de ces transhumances, appelées désalpes.
L’épouse du fromager frappe à la porte d’un chalet situé aux confins du village. Un feu crépite dans la cheminée, le craquement des bûches, mangées par les flammes, est perceptible de l’extérieur. Elle frappe une seconde fois. N´entendant aucune réaction, elle pense que le vieux à l’esprit chagrin, ce matin. Elle dépose la commande, œufs et morceaux de fromage d’alpage au lait cru, sur le bord de la fenêtre de la cuisine. Elle quitte les lieux, elle a froid, sa marche est rapide. La solitude des villages ne convient pas à cette femme qui a grandi dans la frénésie zurichoise. Un fromager joueur de cor des Alpes avait séduit l’étudiante qu’elle était, trente ans se sont écoulés, elle livre des produits laitiers dans un village accroché à la montagne, à plus de 1000 mètres d’altitude.
Janosch, assis sur une chaise, à côté de la cheminée, en face d’un fauteuil usé par les siècles, vêtu de ses habits de semaine, gros souliers bruns, pantalon et chemise taillés dans une étoffe solide d’une couleur bleue tirant sur le gris. Les coudes posés sur les cuisses, il a la tête plongée dans ses poings. Une couronne de cheveux blancs, à la base d’un crâne chauve, se termine en barbe. Une barbe que le vieux Janosch taille le dimanche matin avant d’aller au culte.
Il rumine le vieux. Depuis qu’il est à la retraite il a l’impression que son cerveau est un désert. Lundi matin, sur le coup de onze heure, alors que le premier troupeaux arrivera d’Habchegg et traversera le village, Janosch sera en ville. Un fois de plus, il rendra une page blanche à sa séance d’atelier d’écriture, le 172e, tenu par le professeur Le Goût. Un professeur vraiment chouette !
India Song est un film français réalisé par Marguerite Duras, sorti en 1975.
Et j'aime à la fureur est un film documentaire autobiographique français réalisé par André Bonzel, sorti en 2021.
Le Grand Blond avec une chaussure noire est un film français coécrit, coproduit et réalisé par Yves Robert, sorti en 1972. Film d'espionnage parodique, il s'agit de l'adaptation de l'autobiographie La Cinquième Corde d'Igal Shamir, un récit rocambolesque du violoniste israélien. Il a une suite, Le Retour du Grand Blond (1974).
Maison de retraite est un film français réalisé par Thomas Gilou, sorti en 2022.
Fumer fait tousser est un film français réalisé par Quentin Dupieux et sorti en 2022.
Le Fantôme de la liberté, 31e et avant-dernier film du réalisateur Luis Buñuel, est un film franco-italiensorti en 1974 et coécrit avec Jean-Claude Carrière.
Réalité est une comédie dramatique française réalisée par Quentin Dupieux, sortie en 2014.
Forza Bastia 78 ou L’Île en fête, est un court métrage français réalisé par Jacques Tati et Sophie Tatischeff en 1978. Durée : 26 min
L'École des facteurs est un film français de court-métrage réalisé par Jacques Tati, sorti en 1947. Le film a fait l'objet d'une restauration, sortie en 2013. Durée : 15 minutes
Jour de fête est un film français réalisé par Jacques Tati, sorti en 1949.
Adieu Paris est un film français réalisé par Édouard Baer et sorti en 2021. Il est dédié à Jean-François Stévenin — qui incarne le personnage de Jeff —, mort avant la sortie du film.
Granturismo est un court-métrage français réalisé en 2000 par Denis Thybaud. Il a été diffusé sur Canal+ le 22 janvier 2001
Le Pire Voisin au monde ou La Vie selon Otto au Québec (A Man Called Otto) est un film américano-suédois réalisé par Marc Forster et sorti en 2022. Il s'agit d'une adaptation du roman Vieux, râleur et suicidaire : la vie selon Ove (En man som heter Ove) de Fredrik Backman publié en 2012. Le roman avait déjà été porté à l'écran dans Mr. Ove (2015) de Hannes Holm.
Astérix et Cléopâtre est un film d'animation franco-belge de René Goscinny et Albert Uderzo, adapté de leur bande dessinée homonyme et sorti en 1968
News from Home est un film documentaire dramatique belge de 1977 écrit et réalisé par Chantal Akerman.
Liste des films vus et revus octobre 2021 à mai 2023(ICI)
«Aujourd’hui, histoire de rester dans « l’air du temps » comme disait Nina Ricci, la température me semble un bon sujet de conversation. J’ai donc repris « Le crabe aux pinces d’or » d’Hergé et en ai tiré cette image pour en faire le sujet du devoir. Canicule donc il y a. Comme vous vous en doutez, Heure-Bleue hésite entre la mort et la fusion. Mais vous ? Comment vivez-vous, comment survivez-vous à ces températures qui donnent une idée des conditions de travail des ouvriers de la sidérurgie. Vous serez lues et lus lundi sans aucun doute, et avec intérêt…»
«Nous marchons vers de possibles catastrophes dans un état de rêve éveillé» Edgar Morin
Canicula
Une chaleur intense, l’air qui brûle les poumons, un soleil sans répit, un ciel sans espoir de pluie. Les grains, qui forme ce désert, incandescents, marquent la peau qui s’y frotte, tel un fer rouge.
Il tituba, s’écroula dans la fournaise. La voiture à portée de main semblait inaccessible. Dans un effort surhumain, il dévissa le bouchon de la gourde pour quémander les dernières gouttelettes d’eau. Un sourire figea son visage. Il avait gagné son pari, il avait envoyé au monde un égoportrait, posant en compagnie d’un thermomètre fou qui indiquait 62 degrés Celsius.
Le reste ne sera que péripéties. On retrouvera ou pas son corps desséché. Les charognards ont quitté depuis longtemps cet enfer.
Il avait tout prévu, un sac isotherme pour préserver le téléphone pendant la sortie dans la fournaise. Il avait tout prévu, des bouteilles d’eau en suffisance. Il avait tout prévu, fermer les portes de la voiture et laisser tourner le moteur pour que la climatisation, au bord de la rupture, conserve un semblant de fraîcheur dans l’habitacle. Il avait tout prévu ne cessait-il de marteler à ses millions de suiveurs sur ses différents comptes numériques. Il avait signé un partenariat rémunéré avec une usine d’embouteillage d’eau minérale.
Il avait tout prévu sauf l’imprévu, le chant des sirènes virtuelles ignore l’implacable réalité de la vraie vie.
Dans la carcasse de la voiture, sur le siège arrière, une bande dessinée, « Le Crabe aux pinces d'or » d’Hergé, ouverte à la page 28-29, disparaît peu à peu sous les sables.
Affiche placardée contre l’intérieur de la porte du cabinet d’aisances du Versa bar à Berne. Affiche d’une actualité brûlante.
Les radars annoncent des orages à partir de demain Belle journée, dans le village des vacances de mon enfance Une tarte aux raisinets (groseilles rouges) meringuée Pâte à tarte maison, fruits rouges du jardin, œufs et lait (pour le liant) achetés à la fromagerie Chaleur Déambulation dans le village, dans la belle lumière du soir Fraîcheur J’ai entamé la lecture de «Fontamara» d’Ignazio Silon, c’est son premier roman La préface écrite par l’auteur est datée «Davos (Suisse), été 1930» J’ai fouillé ma mémoire, mais je ne me souviens pas de cet été-là C’est peut-être l’année où j’ai passé une partie de l’été à Londres ou à Capri Sans doute n’étais-je pas encore né puisque ma mère est née trois ans plus tard, ici même, dans le village des vacances de mon enfance Été 1930… Ça sonne bien Été 1930… Ça fait rêver… Ignazio Silone rédige son roman à Davos Ignazio Silone est une écrivain italien (1900 - 1978) La vie était compliquée en Europe dans ces années-là Je n’étais pas né, donc c’est bien en 2023, un soir d’août, par une belle soirée d’été que j’ai commencé la lecture d’un roman écrit entre 1929 et 1931 Assis sur le banc en bois, dans le jardin Les souvenirs s’embrouillent dans ma mémoire C’était en 1930 ou en 2023 ?
Le jardin de Lignières dans la belle lumière du soir, apogée de la journée sur le plan des couleurs
Car postal presque à l’aurore, train I, II, III
Cafés croissants et apéritif chez le Mimi et son épouse, au pied du Mont Raimeux
Retour en train, bateau à vapeur sur le lac de Bienne Train et car postal Rêveries d’un promeneur solitaire en longeant l’île Saint Pierre, où vécu quelques semaines Rousseau Retour à l’heure du goûter dans le village des vacances de mon enfance
S’immerger dans l’atmosphère du jardin Le chant des oiseaux, le vol des insectes Dévorer des raisinets (groseilles rouges) Écouter le vent, c’est le Joran, le vent qui transporte le beau temps Se gaver de la belle lumière du soir
Mettre en conserve, dans des bocaux en verre, un peu de cette lumière magnifique pour rêver à l’Été, au bel été les jours sombres des mois d’hiver
Le soir regarder en format : 35 mm, couleur (procédé : Eastmancolor) Le Fantôme de la liberté, 31e et avant-dernier film du réalisateur Luis Buñuel
Les nuits des Perséides ont commencé le 17 juillet. La pluie d'étoiles filantes va connaître son apogée dans la nuit de samedi à dimanche Il ne faudra pas oublier de prendre un parapluie pour les sorties, si vous aimez le son du cor le soir au fond des bois
Escapade à Adelboden, dans l'Oberland bernois Encore un beau dimanche
La piscine, construite en 1931, a été restaurée dans les règles de l’art. C’est le bassin de 50 mètres le plus haut de Suisse, perché à 1350 mètres. Le décor est saisissant.
Adelboden en 1934, vue aérienne
Le soir, souper sur la terrasse de l'auberge du petit village dans les montagnes
Le 21 juillet 1969, j’avais 12 ans, j’étais en vacances chez ma grand-mère. J’ai tenté de réveiller la maisonnée à 4 heures du matin, en vain, j’étais seul devant le poste de télévision pour regarder un événement extraordinaire, le premier pas de l’homme sur la Lune.
Les quelques voyages sur la Lune à la charnière des années 1960-1970 sont pratiquement oubliés. Cinquante années se sont écoulées.
Aujourd’hui tout le monde veut aller sur la Lune. Les programmes sont alléchants. Il semble que dans moins de dix ans on fera le pied de grue devant des pas de tir saturés. Ça bouchonnera sur les orbites lunaires. Une fusée par jour partira en direction de notre satellite naturel, excepté les jours sans Lune ! Les alunissages seront acrobatiques lorsque la Lune gibbeuse croissante n'offrira qu'un croissant de sa surface pour se poser.
L’IA et la robotique plus le génie humain construiront sur l’astre des nuits, cher aux poètes, des bases lunaires. Piscines, saunas, chambres avec vue sur la Terre, rien ne manquera aux habitants de ces colonies.
A qui appartient la Lune ?
Les juristes préparent des découpages, des lignes de frontière, des lois, des arrangements, des pots de vin. La seule certitude, les sans-abri, les chanteurs des rues, les immigrés, les pauvres et les réfractaires aux lois seront relégués sur la face cachée de l’astre. Dissimulés, à l’abri de l’objectif des photographes de presse, sur une surface hostile, ils seront rapidement oubliés, ils n’auront pas de wifi et seront privés de couchers de Terre. Ces moments romantiques quand l’orange bleue disparaît dans les vapes cosmiques au-dessous de l’horizon lunaire.
Pourquoi ce subit engouement pour la colonisation de la lune ?
La vraie raison est de tester de nouvelles armes et d’occire une bonne fois pour toute les méchants lunaires. Mélies a pu brièvement filmer ces êtres hideux, hostiles, d’une cruauté crasse. On se souvient des premiers voyageurs échappant de justesse à une mort affreuse en réussissant in extremis à quitter l’attraction lunaire, un ophtalmologue habile réparera l’œil blessé de la Lune, conséquence de ce premier passage de Terriens.
Débarrassé de ces faces de lune, on pourra guerroyer entre terriens pour s’approprier les terres rares que l’on a vilipendées sur notre planète.
La Lune sera la base de lancement du grand projet de colonisation de Mars. Quand la Terre sera épuisée par nos facéties, ils faudra bien que l’on se replie quelques part !
En attendant ce jour, des agences privées tentent de construire des fusées fiables, des attérisseurs performants tout en manipulant une denrée impérissable, le dollar.
Un poème lunaire de Raoul Hausmann, l'inventeur du poème « optophonétique », Raoul Hausmann surnommé « Der Dadasophe », cofondateur, en 1918, du groupe dadaïste berlinois.
ADIEU LUNATIQUE AUX TERRESTRES
On m'a prise pour un astre mort
Mais ma peau craquelée de cratères point ne l'est,
parce que le Soleil m'a brûlée.
Je suis une pomme de terre.
C'est pour cela qu'on m'appelle tubercule-lunule.
Je ne suis pas ronde. Je suis allongée. Oblongue.
Je suis blonde de ventre. Je suis pudibonde.
Je cache mon autre moitié dans l'ombre.
J'ai des protubérances.
Vert-de-fil. Patatil. Pataté - Patata.
La planète qui m'enfanta
est oubliée comme des fanes fanées abandonnées.
Je me cogne aux Jupiter et Saturne
aux Vénus et Gémeaux mariés ou germés
qui m'arrachent des sillons de Ciel.
Le Monde se met à genoux devant moi, tant je brille.
Je suis faite de fécule. Je suis faite d'eau
ni lourde, ni double, mais indissoluble.
Je meurs d'une mort peu brillante
dans le gosier chaotique des Espaces.
Je suis, je suis, je reste
jusqu'à ma mort
une patataque Patatou.
Qui me donne le pécule,
Comme je servirai dès demain de véhicule
plate-forme balistique
tellurique
de guerre cosmique, hélas !
Patatatatupacatacombe
Poème extrait de : Une anthologie poétique précédé de RH l'optophonétiste par Isabelle Maunet-Salliet éditions al dante, 2007
Une chanson lunaire, Le chat noir, enregistrée par Aristide Bruant en 1911, disque Pathé 188
En attendant un alunissage plongeons-nous dans l’essai de Günther Anders, « Vue de la lune, réflexions sur les vols spatiaux » paru aux Éditions Héros-Limite, 2022.
L'Augstmatthorn reprend des couleurs après l'orage de hier soir et celui de ce matin, coups de tonnerre qui remplacèrent le réveille-matin.
La page demandée n’existe pas ou n’est plus disponible pouvait-on lire, à l’instar de la mire sur les écrans des postes de télévision, quand un lecteur cherchait à lire mon blog. Sueur froide, échange de lettres électroniques avec l’équipe de Canalblog, incident imprévu, bidouillages dans les entrailles des disques durs, ramollis par le soleil, et, au milieu de l’après-midi, au moment où la cafetière italienne libérait de bonnes odeurs de caféine, le facteur livre un pneu. L’équipe technique de Canalblog annonce que tout est rétabli. Il est temps de sabler le café…
Cette toile de Fernando Saenz-Pedrosa, dont on a déjà vu une toile dans un autre devoir où il était question de quai de gare et d’attente, semble bien triste. Pour quelle raison cette femme semble-t-elle si triste ? Racontez une histoire est soyez sûres et sûr qu’elle sera lue lundi.
Ce serait bien si votre histoire commençait par « Il m’arrivait aussi de me demander si je ne m’inventais pas habilement une excuse en prétendant que j’avais déjà cessé de l’aimer. » Et qu’elle finît par « On méconnaît terriblement la durée de l’éphémère. » Vous êtes tranquilles maintenant, le bac c’est fini !
Oh les beaux jours
« Il m’arrivait aussi de me demander si je ne m’inventais pas habilement une excuse en prétendant que j’avais déjà cessé de l’aimer. » Était-ce l’incipit d’un roman que les gares ne proposent plus faute de kiosques, l’état d’esprit d’une esseulée à la pensée brouillonne, elle larguait ou était larguée par Ben, la consigne d’un atelier d’écriture ou le premier plan d’une histoire cinématographique présentée au 22e Festival international du film fantastique de Neuchâtel avec John McTiernan parmi les membres du jury ?
L’express de 15h04 battait une campagne écrasée de chaleur, au loin, un troupeau de vaches réfugié à l’ombre d’une allée de peupliers d’Italie ruminait les rares herbes échappées de la sécheresse. Plus tard, la voie ferrée passera au large d’un alignement de piscines, plus-values de maisons cossues. L’eau fraîche déversée dans ces cuves de béton nargue trois carpes qui étouffent dans une flaque d’eau, le ruisseau est à sec. Les pluies sporadiques qui accompagnent de violents orages ne ruissellent qu’un bref moment, le mal est plus profond, sous terre, à mille lieues de l’agitation urbaine et des dingueries postées par des jeunes, en mal de célébrité, sur des réseaux sociaux chiffrés de bout en bout, le drame sourd dans les entrailles de la terre, sous le regard impuissant des stalactites, les nappes phréatiques agonisent.
Fenêtres inamovibles, climatisation défaillante, les passagers de l’express de 15h04 transpirent, la sueur forme de petites mares à leur pied que des chiens écrasés de chaleur lapent. Indifférent à ce climat saharien, un jeune gars à l’élégance italienne, partageant son coin avec trois autres voyageurs, épaule appuyée contre la fenêtre, lit « Le soleil sur Aubiac », un essai de Georges Borgeaud, dans la réédition de 2012 des Éditions Zoé. Le train surpeuplé, les wagons surchauffés ne le préoccupent guère, son esprit vagabonde du côté de Saint-Cirq-la-Popie.
Éloignons-nous.
Les clapotis sur les galets d’une plage lacustre se mêlent aux cloches d’une église lointaine, l’angélus du soir. Un muret, un carré d’herbe jaunie séparent la plage de la rue. L’hiver, quand le lac lutte avec les violentes bourrasques d’un vent glacial, ses écumes s’égarent parfois sur la chaussée, léchant la gare, imposant bâtiment en granit imitant les cathédrales. Le muret s’interrompt l’espace d’un passage, un lampadaire juché sur une imposante colonnade en marque l’emplacement. Une serviette de bain déborde d’un panier, un panier tressé, souple, avec des anses démesurées qui permettent de le transporter sur l’épaule. Panier oublié près du lampadaire par des baigneurs impatients de partir en goguette. C’est là qu’elle avait choisi de s’asseoir. Un gars sur une bicyclette en passant près d’elle lança un « Belle demoiselle ». Il avait d’un coup d’œil enregistré les détails de la silhouette, la chevelure dorée par le soleil couchant, le débardeur rouge, les jambes croisées, brunies par l’été, sous une longue jupe presque transparente, un ruban étroit, couleur d’automne, partant à l’assaut de la taille en colimaçonnant, imprimé sur le tissu blanc, les chaussures ouvertes et légères, une main à l’abandon dans le vide et l’autre triturant un morceau de papier. Pensive, elle ne remarqua pas le cycliste qui passait bruyamment, un poste à galène ligoté sur le porte-bagages diffusait une musique à plein volume, un jazz acide, « Virtual Insanity » du groupe de musique britannique Jamiroquai. Elle pensait que marionnettiste, elle manipulait ses amants, qu’avec dextérité sans emmêler les fils elle s’en approchait ou au contraire s’en éloignait. Elle soupira et si c’était eux, Ben, Vincent, François, Paul et les autres qui se jouait d’elle. Un voile de tristesse, ou l’ombre d’une mouette rasant la plage, assombri son visage, rapidement dissipé par un sourire radieux. Elle relu le télégramme qu’elle froissait et défroissait depuis midi. Jef arrive avec l’express de 15h04. Une dame très âgée, cheveux blancs dorés par le soleil couchant, pull rouge en coton, jupe longue, blanche, avec un étroit ruban couleur hiver qui colimaçonne jusqu’à la taille, arrêta son déambulateur à la hauteur de la jeune femme mélancolique. En la regardant droit dans les yeux, elle murmura : « On méconnaît terriblement la durée de l’éphémère. »
Mes chéris, ce devoir est le dernier que je vous propose. Je vous aurai proposé cent-soixante devoirs ! Pensez que je me suis mis dans l’idée de vous soumettre le premier de ces devoirs le 9 juillet 2019 quand Lakevio en a abandonné l’idée. Le sujet de ce dernier devoir est triste. D’abord parce qu’il est question d'une perte évidemment. Mais surtout parce que c’est la mort d’un symbole. La dame que vous voyez sur la photo est retournée « ad patres » hier, dans un silence quasi général. Celle qui remplit, involontairement j’en suis sûr, les rêves de tous les ados des années soixante a tiré sa révérence. Si vous vous racontiez ce que vous auriez dit de cette dame lors de la dernière cérémonie à laquelle est assistera… Si une lectrice chérie ou un lecteur non moins chéri voulait prendre la suite, ce serait sympa et je me plierais volontiers à cette discipline car je ne souhaite pas du tout abandonner ce blog que je squatte depuis 2003 avec une infidélité à une autre plateforme jusqu'en 2006.
Dernière ligne droite avant le lancement de Space X !
Une Ford Galaxie roule sur une route longeant le lac de Thoune. Elle file dans la belle lumière du soir. À son bord, un pilote et sa cartomancienne, la cousine de Bette. Elle tire les cartes routières d’un sac en toile de jute et trace les plans du voyage dans les marcs de café qui stagnent au fond d’une tasse estampillée «Adriano’s bar». Une photographie coincée entre les cartes routières attire l’attention du pilote. « C’est qui cette meuf ? » « Regarde la route » lui suggère la cousine de Bette. Un éléphant rose qui stagne sur la route est évité de justesse par le bolide. Le pilote et sa cartomancienne écoute la bande FM, le courrier du cœur occupe l’antenne. «Elle est de quelle couleur la Ford Galaxie ? » demande un auditeur du courrier du cœur. «C’est qui cette meuf, tu ne m’as pas répondu. On dirait une photographie des années 60 du siècle passé ! » « Regarde la route » se fâche la cousine de Bette. Une mini presque à l’arrêt forme le bouchon d’une longue file de voitures millésimées 2014, un cru qui ne figure pas dans la nouvelle édition de Robert Parker. « C’est qui Robert Parker ?» demande un auditeur du courrier du cœur.
Robert Parker guide les œnologues. La Ford Galaxie est bicolore, blanche sur le dessus et vert émeraude sur les côtés, c’est une voiture américaine, modèle 1959. On distingue, sur la photographie en noir et blanc, Mary Quant. La RTS (Radio Télévision Suisse) a publié un article vendredi qui commence ainsi « La styliste britannique Mary Quant, qui a révolutionné la mode en popularisant la minijupe, est décédée jeudi à l'âge de 93 ans. Elle avait ouvert en 1955 sa première boutique, « Bazaar », dans le quartier de Chelsea alors en pleine ébullition. » Fin de citation.
À bord de la Ford Galaxie, le moteur ronronne, le pilote se laisse guider par le hasard, la cartomancienne, assoupie, rêve en couleur. Elle rêve qu’elle est sur un grand bateau blanc. Les auditeurs du courrier du cœur susurrent des mots, des mots d’amour au microphone. Quand la grande aiguille rejoint la petite sur midi, la montre bracelet du gardien du phare des Baleines indique qu’il est minuit, l’heure des informations sur la bande FM.
Pendant le générique du journal parlé, les rares auditeurs encore à l’écoute s’attendent à ce que la voix monocorde du journaliste lise une liste interminable de guerres, de tremblements de terre, d’une éruption volcanique perturbant le trafic des aéronefs ou de confiture d’orange amer étalée sur «le déjeuner sur l’herbe» pour protester contre l’indolence des politiciens qui occultent le réchauffement climatique provoqué par les vaches affalées dans les prés, qui ruminent paisiblement des idées noires.
PUB :
«24 heures sur 24, la vie serait bien dure si l'on n'avait pas le Pop Club, avec José Artur.» chantent les Parisiennes.
ANNONCE : « Le premier accroc coûte 200 francs », je répète « Le premier accroc coûte 200 francs ».
Le journaliste ouvre le journal parlé avec une nouvelle inédite, un imprévu, un coup de tonnerre dans le ciel bleu d’une journée sans anicroches particulières. Cette nouvelle stupéfiante pourrait mettre en faillite les derniers fabricants de plumes, ces plumes munies d’un réservoir rempli d’encre et qui grattent la feuille blanche. Cette nouvelle qui déchire la mi-nuit pourrait mettre sur la paille des créatrices et des créateurs. Le monde politique et celui des affaires sont en ébullition. Il faut éviter une crise mondiale du dernier carré de la liberté d’expression. Déjà, les Chinois, tel des vautours, s’intéressent à la reprise du concept. Cette nouvelle qui bouleverse la marche du monde est lue d’une voix monocorde par le journaliste du journal parlé : «Mes chéris, ce devoir est le dernier que je vous propose. Je vous aurai proposé cent-soixante devoirs ! Pensez que je me suis mis dans l’idée de vous soumettre le premier de ces devoirs le 9 juillet 2019 quand Lakevio en a abandonné l’idée. » Fin de citation. Sans un rictus d’amertume, sans l’ombre d’une larme qui coulerait sur un visage buriné et connu du tout Majorque, où il a ses entrées, sans un tremblement de la voix, le journaliste récite l’information sur un ton monocorde. Des grésillements empêchent d’entendre la suite. Ce brouillage passager est émis par radio Caroline, 199 mètres OM (1485/1520 kHz), qui tente une résurrection depuis le vapeur « Blümlisalp » ancré dans les eaux internationales du lac de Thoune. Seule la fin du communiqué de presse est audible, « Si une lectrice chérie ou un lecteur non moins chéri voulait prendre la suite, ce serait sympa et je me plierais volontiers à cette discipline, car je ne souhaite pas du tout abandonner ce blog que je squatte depuis 2003 avec une infidélité à une autre plateforme jusqu’en 2006. » Fin de citation.
« Zut ! » lâche le pilote. Il venait d’allumer une Gauloise bleue sans filtre, d’aspirer une longue bouffée de fumée. Juste avant d’expirer ces vapeurs de nicotine, de tabac brut et de produits non déclarés sur le paquet de clopes, au moment où les poumons gorgés de fumée emplissent le cerveau d’un plaisir intense, le journal avait parlé. Il avait recraché la fumée rapidement, une tirée pour rien. La Ford Galaxie s’ennuie sur une aire d’autoroute à l’aspect fantomatique, il est minuit. Le pilote est appuyé contre la portière et la cartomancienne s’est allongée sur le capot. « Tu connais ce mec ? » demande la cartomancienne. Le pilote allume une nouvelle Gauloise. Il avait jeté la précédente, pratiquement intacte, mais totalement gâchée par cette nouvelle surprenante, sortie du poste à galène. Il aspira la fumée, et s’en gargarisa longuement avant de répondre à la question. «C’est le Goût-des-autres, un blogueur émérite qui propose un devoir le vendredi. Il faut rendre la copie le lundi.» La cartomancienne tira une carte routière de son sac. « Il est aussi minuit dans la Creuse» lança-t-elle en dépliant ce coin de France. La Ford Galaxie, construite au mitan du siècle passé, est dépourvue d’écran. Il est indispensable d’embarquer un sac en toile de jute débordant de cartes routières. « Chéri, tu pourrais reprendre le devoir du lundi, ce serait sympa »hasarde la cousine de Bette. Le pilote ne répond pas, absorbé dans l’allumage de l’avant-dernière cigarette. Il tente le jeu des ronds de fumée, réussir à faire passer un petit rond dans un grand rond. Comme dirait Catherine, une amie de longue date, « c’est la dèche ». Il reste une Gauloise dans le paquet qui tout à l’heure sera chiffonné et jeté par la vitre entrouverte de la Galaxie glissant sur une route déserte éclairé par une lune gibbeuse. Il reste un sandwich et un filet d’eau dans une bouteille en verre vert. Le restoroute est fermé. La station essence est ouverte, il est temps d’abreuver la Ford Galaxie.
Après avoir renseigné un étrange équipage, le pilote et la cartomancienne ont repris la route. Un cheval blanc, d’une maigreur épouvantable s’était arrêté à leur hauteur. Il était suivi par un âne que montait un homme de forte corpulence qui ronflait bruyamment. Le cavalier maigre comme son cheval, vêtu d’une armure bricolée avec des boîtes de conserve, tenant une longue pique en bois, demanda de manière courtoise, « Madame la cousine de Bette, pouvez-vous me renseigner, y a-t-il des moulins quelque part ? « Un instant ! » répliqua-t-elle en plongeant un bras ganté de noir dans le sac en toile de jute. Elle extirpa la carte de La Manche, région historique située au cœur de l’Espagne, pointa son doigt sur un tout petit moulin dessiné dans un coin de la carte. L’équipage avait disparu sans bruit. Un mirage.
Le ronronnement de la Ford Galaxie, le paysage blafard éclairé par la gibbeuse provoquent dans le cerveau de la cartomancienne une cascade de trouvailles. « Si on organisait une méga teuf, le devoir du lundi en folie, tous en minijupe, chéries et chéris, ce serait un bel hommage à Mary » « On mettra à donf les Beatles, on projetera sur le mur de la maison le film Kes de Ken Loach » dit le pilote. « Et aussi Deep End de Jerzy Skolimowski » ajouta la cousine de Bette.
Plus tard, bien plus tard, dans une belle lumière matinale, la Ford Galaxie sillonne les rues d’une petite ville. Le pilote et la cousine de Bette cherchent une boîte aux lettres afin d’y jeter une carte postale affranchie avec un timbre à l’effigie du Petit Prince. La photographie affichée sur la carte représente une scène printanière, saison du renouveau, un champ de cerisiers couverts de fleurs blanches. Avant que la carte ne disparaisse dans la bouche de la boîte, on a le temps de lire ceci :
Merci pour tout Monsieur le Goût Gros bec à Heure Bleue
Le pilote et la cousine de Bette
STOP STOP STOP
Bonjour 1er devoir de Lakevio du Goût de ChatGPT (Chat Generative Pre-trained Transformer) A partir de ce vendredi le devoir du lundi sera totalement automatisé. Le vendredi et Le lundi à 6 heures du matin vous recevrez sur votre montre connectée : La présentation du devoir, le texte de présentation, les textes des participants ainsi que les commentaires, le tout généré par ChatGPT. Vous n’aurez plus à vous tracasser d’un manque de temps ou d’imagination, ChatGPT a pris le contrôle de vos cerveaux et du devoir du lundi !
Pour le souper de ce lundi de Pâques, j'ai cuisiné des cailles des Vosges. Rôties en cocotte, poivrées, salées et parfumées à l'alcool de coing, ces cailles ont été servies accompagnées de légumes poêlés (asperges vertes, poivrons, oignons nouveaux et aulx) et de lentilles béluga. Un ananas frais, arrivé par jet privé des pays lointains, ravit les papilles au dessert.
Pour le dîner, j'ai cuisiné pour les convives un menu de derrière les fagots, un menu terre mer. Quand je me suis mis aux fourneaux, aux alentours de 11 heures, la neige tombée pendant la matinée avait disparu.
Repérage entre Shioda et Yokohama. Des hauteurs, on domine toute la ville. Après être passé chez le coiffeur, Tsurumatsu est allé grignoter un toast au « Sun Porch ».
Yasujiro Ozu Carnets 1933 - 1963
18h00, retour dans le petit village dans les montagnes après une semaine passée dans celui des vacances de mon enfance. La bise a entraîné quelques vagues chutes de neige. Le paysage est blanc, un peu, et le vent s'engouffrant par la fenêtre ouverte en bascule, siffle, hurle...
Après les carnets d'Yasujiro Ozu (ICI), l'arrivée des carnets de Bergman dans le petit village dans les montagnes. Les carnet d'Ozu et ceux de Bergman sont édités chez Carlotta, un très beau travail.
Recueil de poémes :
Des essais sur la folie du monde :
Essai sur la littérature des années 1920 et ouvrage de géographie :
Établissements «Shoji» pour un bain «Spécial» avant de passer à la pharmacie «Sankyo». Taxi de Gaien, via Shinbashi, pour Kamata. Taxi encore pour la colline Kyoryûchi de Yokohama. Restaurant «Anraku» dans le quartier chinois. De retour à Ginza, on est passés au café «Colombin», puis au «Mon». On a même joué au mahjong avant qu'Hashimoto ne prenne le train de 11h10 pour Osaka. Vivre à Tôkyô serait franchement éprouvant si je devais vivre tous les jours à ce rythme!
Yasujiro Ozu Carnets 1933 - 1963
Descente avec le car postal de 15h35 pour aller prendre un café et manger une pâtisserie chez Rieder à Interlaken. Remontée à 17h04
Berne, le 11.11. à 11h11 « Le carnaval est annoncé en novembre. Tous les ans, les fêtards ainsi que d'innombrables curieux se rassemblent sur le Bärenplatz (Place des Ours) le 11.11. à 11h11. Les participants enferment alors l'Ours du carnaval au Käfigturm (Tour des Prisons) où le géant velu hibernera comme prisonnier pendant 111 jours. Au début officiel du Carnaval, le lendemain des Cendres, les participants et visiteurs se rassemblent une fois de plus sur le Bärenplatz (Place des Ours) où se déroule le spectacle proprement dit : la libération de l'ours. » Info glânée sur la toile virtuelle
Les chèvres qui broutent dans la parcelle d'à côté, la parcelle en forte pente que l'on voit depuis la cuisine, la parcelle où sera construite une maison l'an prochain, font les folles. Jour et nuit, on entend les clochettes, suspendues à leur cou, tinter.
Les poules qui picorent non loin de la place du village, ont des plumes qui descendent jusqu'au bas des pattes. On dirait qu'elle portent un pantalon chic pour soirées classes dans des clubs de nuit pour poules de luxe.
Neuchâtel Place Pury, aux alentours de neuf heures et quart
Croisière sur le lac de Neuchâtel à bord du vapeur "Neuchâtel", construit par Escher, Wyss & Co à Zurich en 1912. Il n'a pas de pont supérieur. Il a été conçu pour naviguer sur "les trois lacs", Neuchâtel, Morat et Bienne, reliés par des canaux avec de ponts de faible hauteur. Le spectacle était magnifique, nuages, grains, eaux sombres et agitées. Le bateau dansait sur les vagues.
Les vaches sont sur les alpages depuis 4 mois et les premiers fromages sont arrivés au petit village dans les montagnes. Le morceau ci-dessous est donc un fromage d'alpage à pâte dure, au lait cru, fabriqué sur l'Alpe Scherpfenberg, cet été 2022. L'Alpe Scherpfenberg est située dans notre commune, dans une zone de haute lande au pied du Hohgant.
La margose, ou le melon amer / momordique (momordica charantia), est une plante potagère grimpante de la famille des cucurbitacea.
J'ai cuisiné ce légume.
Important, il faut choisir un spécimen bien vert. Dès qu'il commence de murir, il se décompose, se liquéfie. J’en ai fait l’expérience avec un exemplaire acheté bien rouge. Ce légumes est très, très, très amer. Il faut le couper en deux, retirer les graines rouges, le débiter en tranches et le faire dégorger avec du gros sel au minimum 30 minutes. Ensuite bien rincer les morceaux de légumes puis les poêler en ajoutant un peu de curry. C’est assez spécial comme goût…
Ce soir, l'orage est passé au large du petit village dans les montagnes. Il a juste couvert de ses grondements le bruit agaçant du moustique affamé à la recherche d'une proie. La proie, c'est mon bras. J'ai essayé plusieurs fois, mais il est impossible d'apprivoiser un moustique ! Si je parle du moustique c’est qu’il n’y a qu’un moustique. Peut-être qu’ils sont toute une colonie et qu’ils volent à tour de rôle. Mon bras ressemble à une attaque de variole du singe. J’avais naïvement pensé qu’à plus de mille mètres au-dessus des océans l’air était pur. Je me suis trompé, le tourisme « moustiquien » fuyant la montée des eaux et la fournaise des plaines pique en haute altitude. « Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie ! »
- Mais... c'est l'intervention de cette grosse femme... C'est un ptit peu... enfin... ça va très loin.
- C'est là que je me rends compte que malheureusement, je vous ai beaucoup moins bien réussi que le porc.
Pierre et Thérèse.
Le père Noël est une ordure