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Rêveries
3 août 2016

60e été - Ciel de transition

Coin de ciel au-dessus de la Ville fédérale...

L'insigne du 1er août 2016, est déjà promue aux oubliettes. Il existe quelques collections complètes. Crée en 1923 par la fondation Pro Patria,  l'insignes de la fête nationale, vendues par des bénévoles et La poste, permet de financer des projets culturels. Le record de vente date de 1945, avec 900'000 insignes vendues. 

12 juillet 2016

60e été - Berne, coin de rue

Un soir de fin juin 2016
Dans une rue près de l'Helvetiaplatz ce magnifique rosier semble se plaire.

La Fée des neiges est un cultivar fort répandu de rosier floribunda.

                                                               

Ce rosier triploïde a été créé en 1958 en Allemagne par Reimer Kordes de la maison Kordes sous la référence Korbin et le nom commercial de Schneewittchen. Ce rosier est connu aussi sous le nom d' Iceberg dans les pays de langue anglaise.

C'est un croisement de Robin Hood (1927, Pemberton), hybride de Rosa moschata, et de Virgo (1947, Charles Mallerin), hybride de thé.

1 juin 2016

Le jardin en ville


Vendredi 27 mai
2016

Apéritif dans le jardin de ville de Brigitte, vendredi soir, sous l'oeil attentif d'Agatha qui se repose sur une chaise du jardin. Fort âgée, elle reste insensible aux invitations à jouer d'un chaton agé d'un an, qui vient depuis le jardin voisin. Elle aime les caresses mais reste réservée. Elle déteste se faire photographier, bougeant sans cesse pour rendre flou son portrait.
La soirée est baignée  par la belle lumière du soir.
Le repas sera pris à l'intérieur. Les convives se régaleront d'un gigot et d'un gâteau au chocolat sans farine, accompagné de fraises.

 

 

 

29 avril 2016

Coucher de soleil

Magnifique couché de soleil, ce soir...
Pendant que le soleil se couche, les chats du quartier, de retour du ski, braillent. Ils sont rentrés en catimini l'autre jour. Un angora marche avec des béquilles. Des béquilles à l'ancienne, que l'on cale sous les bras. Un autre à un bandage autour de la tête. Un magnifique chat blanc, couvert d'hématomes, est devenu bleu. Ces petits bobos, réminiscences de turbulences sur les pistes de ski, n'empêchent pas ces félins miniatures à ce chamailler pour un coin de gazon.
Dans la cuisine de l’appartement des papillons, une poutine revisitée mijote au coin de la gazinière. La recette de ce classique québécois ne sera pas révélée. C’est pire que l’originale !
C’est l’heure du café, de la vaisselle, du massage des neurones, du clavier et d’aller dormir dans un lit à baldaquin.
Nuit avec un vague clair de lune finissant…

19 avril 2016

Coucher de soleil

Après quelques journées ternes, le soleil est revenu. Dans la belle lumière du soir, le Gurten est resplendissant. Les Alpes sont visibles entre les toitures. Le temps des couchers de soleil est de retour. C'est plus périlleux et moins spectaculaire pour le croquer que depuis la maisonnette les années passées. Il faut monter dans la mansarde pour voir le spectacle.
Mon amour pour les couchers de soleil ne datent pas d'hier. J'ai un souvenir éblouissant des couchers vu depuis la plage d'Honolulu, lors d'un voyage qui passait par les Hawaii en octobre 1983...

 

18 mars 2016

Une feuille de nénufar dissimule un ognon...

                                                                                 15 mars 2016                                                       
                                                                          C'EST PAS LUNDI, RAVIOLI...


Article paru dans la Tribune de Genève datée du 15 mars 2016, l'orthographe est simplifiée. Cela ne m'arrange guère, mes fautes ne sont pas englobées dans le liste des mots que d'imperturbables académiciens ont choisi... Dommage, je resterai un cancre en orthographe.... Je m'en fous, cela ne m'empêche pas d'écrire! La, la, lalère... Je fais des fautes de qualité, grosses comme des maisons hautes de 120 étages... Na!!!!!

 

                                                         Adriano's  bar


                                                    Un aperçu des journaux disponibles à l'Adriano's

Un doppio malabar est bu à l'Adriano's bar en fin d'après-midi, alors qu'un petit crachin humidifie la Ville fédérale. Exceptionnellement, la perturbation est arrivée par l'est. Cette rareté, qui a lieu moins d'une fois par an, a été expiquée sur le blog de météo Suisse. La carte ci-dessous en est extraite.

météo

                                                                        
                                                                                                 16 mars 2016                                                           
                                                                      C'EST MERCREDI, RAVIOLO (un rescapé de hier)...


Aujourd'hui, une carte postale, envoyée de l'est de la Suisse par Pia, s'est retrouvée coincée, dans la boîte aux lettres, entre un lot de factures et quelques publicités vantant des produits miracles pour maigrir, pour grossir ou pour effacer les rides provoquées par le temps qui s'égrène. Il y a bien 35 ans que je n'ai pas vu Pia. Cette carte est une surprise.

20 février 2016

Le bouquet

Le vase brisé

Le vase où meurt cette verveine
D'un coup d'éventail fut fêlé;
Le coup dut effleurer à peine:
Aucun bruit ne l'a révélé.

Mais la légère meurtrissure,
Mordant le cristal chaque jour,
D'une marche invisible et sûre
En a fait lentement le tour.

Son eau fraîche a fui goutte à goutte,
Le suc des fleurs s'est épuisé;
Personne encore ne s'en doute;
N'y touchez pas, il est brisé.

Souvent aussi la main qu'on aime,
Effleurant le coeur, le meurtrit;
Puis le coeur se fend de lui-même,
La fleur de son amour périt;

Toujours intact aux yeux du monde,
Il sent croître et pleurer tout bas
Sa blessure fine et profonde;
Il est brisé, n'y touchez pas.

René-François SULLY PRUDHOMME   (1839-1907)

 

C'est un bouquet printanier qui inaugure le vase offert par Magnolia. Une faïence de Charolles peinte à la main. Ce bouquet printanier pourrait chasser l'hiver. Un hiver qui vagabonde entre neige, bise et chaleur...

22 janvier 2018

Paris...

Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style.Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)

La consigne dit: "Texte libre".

paris annees 50
Cette semaine, c'est une photographie de Paris, que nous propose Lakevio. Une photo magnifique, un très beau noir et blanc. Les branches des arbres font des signes, ils miment l'hiver. Une mère tire son enfant vers la station de métro que l'on devine au loin. Le boulevard est inondé de soleil. Un mystérieux personnage vêtu d'un imperméable et d'un chapeau, semble échappé d'un roman de Simenon. La datation par le radiocarbone, le célèbre carbone 14, dit que la photographie à été prise vraisemblablement vers le milieu du siècle passé. Les voitures sont nombreuses et ne sont pas dessinées comme en 2018. Ce doit être la période du Tabou.
« Très vite, le Tabou est devenu un centre de folie organisée. Disons-le tout de suite, aucun des clubs qui suivirent n'a pu recréer cette atmosphère incroyable, et le Tabou lui-même, hélas ! ne la conserva pas très longtemps, c'était d'ailleurs impossible. » Dixit Boris Vian.



Paris


Sept heures. Octobre.

Brume matinale. La Seine.
Gare de Lyon. Débarquement.
Une tour. Eiffel.
Un arc. Triomphe.
Trois âmes déambulent dans les rues.
Une feuille jaunie s'écrase sur le sol.
Un sourire.
Café-tabac, heure de lecture.
France-Soir. Le Monde Diplomatique.
Quelques cartes postales lancées à travers l'univers.
Il fait bon.
Les grands boulevards, Haussmann, Poissonnières, Capucines.
Nocturne. Saint-Germain-des-Prés. Lumières.
Musique.
Ô Paris.
Trois âmes frôlent les murs, inquiètes, en regagnant leur hôtel.
Nuit. Silence.
Aube naissante, klaxons de voiture.
Bruits matinaux.
Les trois âmes repartent à l'assaut de la vie parisienne.
Métro. Couloirs. Escaliers. Fatigue.
Quelques moments de bonheur.
Rires. Plaisanteries. Cinéma.
Stations de métro.
Huit heures. Soir.
Les trois âmes se serrent la main et s'éloignent chacune dans une direction.
Balard. Créteil.
Un dernier signe depuis le quai.
Le métro démarre, la ville se referme sur les âmes.
Au loin un violon déchire la nuit.
Le rêve s'estompe, la réalité reprend ses droits.

Paris, le 5 octobre 1979


Extraites de mon journal, ces notes racontent un court séjour passé dans la capitale française aux portes des années 1980. J'avais emmené deux collègues de travail, Johanna et Hugo. Ils arrivaient d'un petit village des Grisons et la Ville lumière était, pour eux, un perpétuel émerveillement. Ils n'avaient jamais visité de musées et l'exposition Paris-Moscou au Centre Georges Pompidou les avait fasciné.

                                                         Paris-Moscou

11 septembre 2017

L'été russe - Pause

Pause, à l'adriano's bar.
Canalblog débloque, dès que se sera stabilisé, je pourrai mettre en ligne le tableau du lundi. Quand? Mardi ou jamais...
Comme au bon vieux temps de la télé, un carton à l'écran signale une avarie de la plate-forme C.
Je lis, en attendant, tout en faisant la causette avec Ada, une I.A.

18 février 2016

Il patinait... il patinait...

  • Ce titre est extrait de l'album : Liberté, Egalité ou la Mort de Julien Clerc
  • Année de sortie : 1972
  • Label : Virgin

Le patineur

Dans une ville où je passais,
Bien au Nord du mois de juillet
Sur un grand lac, un lac gelé,
Un homme en noir glissait glissait

Il avait un drôle d'habit noir
Qui avait dû faire des grands soir
De  l'Autriche et de la Hongrie
quand elles étaient réunies

C'était un échassier bizarre,
Il ne sort pas de ma mémoir
Sur une jambe et jusqu'au soir
Il glissait là sur son miroir
Il patinait, il patinait;
Sur une jambe il patinait

Et puis la nuit est arrivée
Il lui a fallu s'arrêter
Car les enfants devaient rentrer
Le spectacle était terminé
Une belle femme aux cheveux blancs
Est venue vers lui gentiment
Mettre une canne dans sa main
Et un long manteau sur ses reins

C'était un échassier bizarre,
Il ne sort pas de ma mémoir
Sur une jambe et jusqu'au soir
Il glissait là sur son miroir
Il patinait, il patinait,
Sur une jambe il patinait

Dans une ville où je passais
Bien au Nord du mois de juillet
Sur un grand lac, un lac gelé,
Un homme en noir boitait boitait
Il patinait, il patinait, sur une jambe il patinait

                                                              Le patineur
                                                              Le Patineur est un tableau peint par Gilbert Stuart en 1782. Il mesure 245,5 cm de haut sur 147,4 cm de large. Il est conservé à la National Gallery of Art à Washington, aux États-Unis.
                                                                

Chaque année, une petite patinoire portative est installée, pour quelques semaines, sur la Place fédérale, en face du Palais fédéral (Parlement). Les patineurs font des arabesques sur la glace avec leurs patins ou en louent sur place. Un café, sous tente, permet de se réchauffer après le sport ou en attendant que la bise s'en aille...

                                                               (Photos de la patinoire prisent par Ric et transmisent via I-Truc le 16 fév.16)

22 mars 2016

22H05, l'avion en provenance de Hambourg, passe au-dessus de la cuisine de l'appartement des papillons.

Une bise, de force moyenne, souffle sur la Ville fédérale,
Une photographie, serrée dans un porte-feuille, souvenir d'un café, bu dimanche à l'Adriano's bar,
Un souffle printanier, s'installe dans les jardins,
Les oiseaux gazouillent sur les réseaux sociaux. On lire, sur les écrans cathodiques, un gazouilli de Christine Bravo qui dit: "Nous sommes tous Tintin et Milou"...

Il est temps de dissiper son ennuis dans un verre d'absinthe, verre sculpté par Picasso. Goutte à goutte, l'eau glacée coule sur un morceau de sucre posé sur la cuillère à absinthe et trouble le brevage...

Photo: extrait d'un article paru dans "Le Temps"  daté du 22 mars 2016. Il s'agit d'un article sur Picasso sculpteur avec une photographie de la "fontaine à absinthe".

12 février 2016

Carnaval 2e jour

C'est sous une averse de neige que les enfants, grimés et joyeux, ont parcouru les rues de la vieille ville de la capitale. Les guggenmusik accompagnaient ce défilé juvénile.
Les confeti, ont fini leur vie sur un sol mouillé. Ils se sont transformés en pâte à papier et ils serviront à confectionner des masques pour demain...




Des avocats de taille géante étaient proposés sur l'étal d'un supermercado. Le dîner fut donc constitué d'un avocat crevette, mayo à l'avocat, taille XXXXXL 

Il me vient, par la fenêtre entrouverte des rumeurs de la vieille ville. Les guggenmusik s'affrontent...

Guggenmusik Berne, carnaval 2011

Berner Fasnacht 2011 4/7 Guggenmusiken

Guggenmusik dans la gare de Lucerne, carnaval 2014:

von fasirazzi/ gugge Rümliggeischter

 

29 février 2016

Le bouquet


                                                                     

Dimanche 28 février 2016
Un bouquet de jonquilles, installé dans un vase couleur printemps, posé sur le guéridon du salon de l’appartement des papillons, illumine le spleen de fin d’hiver. On dirait un soleil égaré de son orbite. Le monsieur  de la météo, qui distille des informations sur les chaînes de télévision, prévoit une tempête de neige lundi. Les flocons tourbillonneront dans les airs avant de blanchir le paysage. Après des records de chaleur pour un mois de février, le mercure, dimanche passé, est monté dans son tube de verre jusqu’à la graduation 17 du côté de la Ville fédérale, pour ensuite, fatigué de cette audace, retomber comme un soufflé aux fruits de mer sorti trop tôt du four, dans le tréfonds du thermomètre.
La nature est épuisée par les sautes d’humeur du général hiver incapable de discipliner ses troupes. Les bourgeons s’ouvrent, se ferment, s’ouvrent…

7 février 2016

Les floraisons d'hiver

Dans le petit jardin de l'appartement aux papillons, un perce-neige va fleurir, tandis que l'hellébore niger est en fin de floraison...

 Quelques floraisons, vues dans la ville fédérale, ce dimanche pluvieux, un hamamélis aux couleurs magnifiques, une viorne parfumée, un jasmin d'hiver et la floraison d'un noisetier... Sans oublier l'élégante dépouille d'un hortensia bonnet de grand-mère...
Le noisetier fleurit pendant l'hiver. Pour pallier l'abscence d'insectes, c'est le vent qui transporte le pollen. L'hamamélis, la viorne et le jasmin d'hiver fleurissent en hiver dès le moindre redoux.

La balade dans la campagne de Wabern fut morne et grise, accompagnée d'une pluie persistante.

1 novembre 2025

Il automne - Par tous les Saints

L'arrivée de novembre croquée au Landeron
Matinée un peu brouillardeuse 

Le Landeron
Le Landeron
Le Landeron

Le Landeron

et cetera desunt

5 novembre 2011

Chez Placide à Tence

Tence : Hostellerie Placide, la fin d’une institution

05 Novembre 2011          
Armand Placide et sa femme Marinette aux côtés de leurs deux enfants : Jean et Jacques. Jean, l’aîné, reprendra la succession. C’est la troisième génération.                       
Armand Placide et sa femme Marinette aux côtés de leurs deux enfants : Jean et Jacques. Jean, l’aîné, reprendra la succession. C’est la troisième génération.

L’hôtel-restaurant Placide, qui avait fait la renommée du village tençois, vient de fermer définitivement ses portes. Samedi dernier, c’est une vente aux enchères publiques qui a sonné le glas de ce commerce de restauration dont la réputation dépassait largement les frontières du canton. Une assistance très nombreuse se rendait salle de la gare afin de racheter mobilier, vaisselle, objets de décoration et matériels professionnels qui avaient fait les beaux jours de l’établissement.

    
 

Les enchères ont semble-t-il été fructueuses au regard des prix atteints par certains éléments de la vente. Quant aux trois bâtiments, ils avaient déjà été vendus depuis quelques temps à une même famille et seront réaménagés en habitation.

Sans conteste, Tence vient de perdre là une partie de son histoire gastronomique. Une histoire qui avait débuté voilà maintenant plus d’un siècle. En effet, l’hôtel-restaurant qui vient de fermer ses portes avait été construit en 1900 par les arrière-grands-parents de Pierre-Marie Placide, lui qui tenait encore l’établissement dernièrement.

C’est au tout début du XXe siècle que la première génération de cuisiniers s’installe route d’Annonay. M. Chol et sa femme Antoinette ouvrent L’hôtel de la gare Chol qui accueillait et restaurait les passagers du train à vapeur. C’est Antoinette qui cuisinait à l’époque.

Ils ont eu deux enfants, dont Marinette qui épousa Armand Placide en 1922 pour reprendre la succession de ses parents. L’hôtel fut agrandi et devint Le grand hôtel Placide.

Formé avec les plus grands cuisiniers de son temps, Armand Placide a reçu une étoile au guide Michelin en 1936.

A retrouver dans notre édition papier datée dimanche 6 novembre 2011

    
            
Article publié le 05/11/2011 à 09:21 Auteur : Rédaction L'Eveil Crédits photos : L'Eveil

L'Éveil, le journal quotidien de la Haute-Loire
 
28 novembre 2016

Zibelemärit

john mckenzie_photo2
John McKenzie

 

Nota Bene: le samedi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: www.lakevio.canalblog.com

 

ZIBELEMÄRIT

Une salve de cris de canards envahi la pièce. Le téléphone portable clignotait et indiquait 04H10. La bise qui s’était levée la veille, s’engouffrait dans la chambre par l’œil de bœuf entrouvert. Il faisait froid, nuit, et l’envie de se lever n’était pas au rendez-vous. Il se retourna dans le lit bien chaud et renonça à quitter la couette. C’était son jour de congé. Sur la table de chevet un agenda était ouvert à la page du 28 novembre. Une note, laconique, écrite à l'encre bleue royale, indiquait: Zibelemärit. 

Les minutes passaient. Le silence régnait, troublé par intermittence par les rafales de bise.

Soudain, il se leva. Un appel irrésistible l’avait saisi, il fallait y aller. Il s'habilla chaudement et sorti. Il enfourcha sa bicyclette et, à grands coups dans le pédalier, se dirigea vers la gare. La bise le tirait peu à peu du sommeil. La pendule de la gare marquait cinq heures dix, quand il gara son vélo. Il y avait déjà foule dans le centre-ville. Le quatrième lundi de novembre, se tient, dans la Ville fédérale, le "Zibelemärit" (marché aux oignons). Les Bernois aiment y aller avant de partir pour leur travail. À partir de quatre heures, on boit du vin chaud, mange des tartes ou des soupes à l'oignon, les enfants font des batailles de confettis. Les stands, éclairés au siècle passé par de petits lumignons ou des bougies, proposent des tonnes d'oignons. De nos jours, l'éclairage électrique permet aux visiteurs matinaux de photographier l'oignon sous toutes ses coutures. 

Il se dirigea vers la Place fédérale. Il n'était pas venu depuis plusieurs années. Il marchait comme un automate. Il semblait ne rien voir de la fête. Il s'engagea dans une petite rue qui permettait de gagner le centre. Il s'arrêta. Devant lui, une rue qu'il ne connaissait pas. Il s'avança. Les maisons étaient délabrées. Sur une plainte en bois il pouvait lire ÉPICERIE. Des planches de bois en cachait l'accès. La rue baignait dans la grisaille. Le silence était total. Il se dirigea vers l'épicerie, tourna à gauche et se perdit dans un labyrinthe de ruelles. Tout semblait abandonné. Son cœur battait la chamade. L’architecture ne ressemblait pas à celle de la Ville fédérale. Il n'y avait pas de quartier abandonné dans la capitale. Une ombre disparut au détour d'une rue. Il hâta le pas dans l'espoir de rencontrer quelqu’un. Dans ce décor figé, il n’y avait pas âme qui vive. Il se sentait oppressé. Il voulut fuir, mais il ne reconnaissait rien, c'était un dédale de ruelles baignant dans une lumière grise. Il remarqua une flèche tracée à la craie rouge, il suivit la direction indiquée. Il lui sembla avoir senti un souffle. Il devait être près de la sortie. Un cri retenti. Il se retourna. Une lueur vacillait à l'étage d'un immeuble. Il hésita, entra dans la maison. Tout était abandonné, à moitié en ruine, désert, mais il ne voyait pas une trace de poussière. Seule une commode meublait la pièce. Une lueur jaunâtre éclairait une tache blanche. Il s'approcha. C’était une enveloppe. Il sursauta. Un léger souffle avait soulevé l'enveloppe. Instinctivement, il saisit la missive et la fourra dans la poche de sa veste. La lueur s'estompa. Il sortit rapidement de la maison. Une panique le saisi. Il fallait qu'il sorte. Il se mit à courir. Tout se ressemblait, impossible de savoir quel chemin suivre. Il était en sueur. Un éclair violent, l'espace d'une seconde éclaira un coin de rue qui lui était familier. Il se retrouva dans la rue qu'il avait quittée tout à l'heure. Il s'appuya contre le mur. Un gamin le bouscula. Il sentit que le chenapan se saisissait de l'enveloppe. Il tenta de le rattraper, mais ce fut plus qu'une ombre qui agitait l'enveloppe. Puis tout disparu. Il se massa la nuque. Il consulta son téléphone pour savoir l'heure. En fond d'écran, il y avait un tableau représentant une rue abandonnée. Sur la devanture de ce qui avait du être une épicerie, quelques mots étaient tracés à la craie rouge : MERCI DE NOUS AVOIR AIDÉS.

20 décembre 2016

Hier, lundi..

Eurypyle (Détail) John William Godward 1921

Chère Lakevio (ICI)

Hier, je n'ai pas fait "mon devoir" comme dit M. Le Goût. J'ai écouté du jazz. Un album de 1987 "No Pain for Cakes" du groupe The Lounge Lizards. C'était magnifique. Le tableau du lundi trône dans le salon. J'aime cette beauté aux lèvres... Le haut de sa robe évoque les coquelicots. Les lèvres...
Hier, je n'ai pas fait "mon devoir" comme dit HB. J'ai écrit une longue lettre à mon vieil ami A (ICI). Je lui ai raconté, centimètre par centimètre les lèvres de la jeune femme du tableau, en écoutant du jazz. Des lèvres...
J'ai accroché le tableau au mur du bureau. J'ai branché le clavier de l'ordinateur au tableau et je converse avec le belle inconnue. Je lui ai fait découvrir le jazz. Je rêvasse, les heures bleues passent. Le brouillard est descendu sur la Ville fédérale. Minuit a sonné à la pendule du salon. Je n'ai toujours pas fait mon devoir. La police de la toile virtuelle patrouille. Elle a remarqué que mon écran est blanc.Elle va intervenir. Je coupe la virtualité.
Les lèvres de la belle inconnue murmure: "Bonne nuit"...

27 mars 2017

Le beau Serge

Nota Bene: le samedi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: www.lakevio.canalblog.com

Aaron Westerberg

 

Les murs de la cuisine avaient été repeint à la va-vite, gris foncé pour le bas et gris clair pour la partie supérieur, blanc pour le plafond. Serge, vêtu d'un jean, d'un t-shirt, d'un pardessus et de chaussures de sport, appuyé contre le mur faisant face à la gazinière, fumait un petit cigare. Il avait les cheveux en bataille et portait une barbe hipster.  La braise, quand il tirait une bouffée faisait un halo rouge, comme un phare sur une côte avec une mer en furie à son socle. Immobile, habillé de ton gris, il passait inaperçu, tel un caméléon. Sur la table, une pile de factures impayées, un vieux réveil et un cendrier remplit de cendre et de mégots. Quand le café fut coulé, il se versa une tasse qu'il avala d'une traite. Le petit cigare avait rejoint les mégots. Le display de la gazinière diffusait la symphonie en do dièse mineur d'Ernest Bloch. Un compositeur suisse, naturalisé américain, mort en 1959.Il mit les factures et quelques documents en vrac dans une serviette en cuir qui trainait sur une chaise. Il remplit l'assiette du chat avec les restes d'une boîte ouverte la veille. Il éteignit la lumière et quitta la cuisine.

Une Tesla XL rouge franchit la frontière à Vallorbe et entra en France à 04h30, ce dimanche de fin mars. l''heure d'été n'était pas bien vieille! La puissante voiture électrique circulait à vive allure, dans un silence presque absolu. Le conducteur regarda dans le rétroviseur. Le miroir noir indiquait que la route était déserte. Il quitta la N57 pour la D45, s'engagea sur un petit chemin, roula phares éteints sur une courte distance et gagna la cour d'une ferme abandonnée. Il brancha, à une prise électrique extérieure, le câble pour la recharge de la voiture. En moins de dix minutes, il avait échangé le jeu de plaques du canton de Berne contre une immatriculation française de la Charente-Maritime. Les plaques suisses, enfermées dans un sac de jute lesté de pierres disparut dans le puits à purin. Les papiers de la voiture, les papiers d'identité du conducteur ainsi que quelques documents brûlèrent, sur un grill portatif, qui trainait par là. Il ouvrit une enveloppe, dissimulée dans un établi abandonné dans une resserre, et y trouva sa nouvelle identité, cartes de crédit et papier de la voiture. Il sortit du coffre du véhicule une glacière et une bouteille de Chasse-Spleen. Il but un verre de vin, ouvrit six huîtres puis, appuyé contre le mur du bâtiment principal, un mur peint à la va-vite de gris foncé en bas et gris clair en haut, il fuma un petit cigare. Il était rayonnant. Il se prénommait toujours Serge, mais avait changé de nom et de nationalité. Dans quelques heures, son patron serait alerté que le chauffeur n'était pas au rendez-vous à l'aéroport de Zurich pour prendre en charge un client important. La braise du cigare faisait un halo rouge dans la nuit. Il vérifia que rien ne trainait, et la Tesla disparu, silencieuse, dans le jour naissant. Elle filait vers l'océan...

 

Ernest Bloch - Symphony en do dièse mineur(1903)

I. Lento - Allegro Agitato Ma Molto Energico - 00:00
II. Andante Molto Moderato - 22:05
III. Vivace - 33:17
IV. Allegro Energico E Molto Marcato - 43:36

14 septembre 2020

L'été de la pandémie - Le polar du lundi

devoir de Lakevio du Goût_470.jpg

48e devoir de lakevio du Goût

Le Goût ICI dit :

Mais que diable vient-elle d’apprendre ?
Cette toile qu’on pourrait croire de Hopper si cette impression de joie ne venait assurer qu’il ne pouvait avoir peinte vous inspire-t-elle ?
Si oui, il faudrait que vous y glissiez les mots :


- Amour.
- Sandwich.
- Lèvres.
- Téléphone.
- Besoin.
- Tournevis.
- Caleçon.
- Seins.
- Gare.
- Cheveux.
- Toilettes.

 

Elle ferma la porte de l’appartement de deux tours de clé, laissant le petit vestibule dans la pénombre. Sur le guéridon ovale, Louis XV, signé Jean-Baptiste Galet, Paris vers 1770, éparpillés sur le marbre, autour d’une théière « Vieux Luxembourg », un panier en osier contenant des figues de barbarie et trois poires Williams du jardin, une assiette blanche remplie de tomates bio, un compotier d’où exhalait le parfum de williams rouges en attente d’être croquées et, posées à même le marbre, des pommes Red Love à chair rouge. Une pomme spectaculaire pour l’œil, la chair un peu farineuse atténuant l’enthousiasme. Deux cheveux blonds, échappés de la crinière de la marchande de fruits avaient glissé au pied du guéridon. La sonnerie du téléphone résonna dans la cage d’escalier. C’était la puissante sonnerie du locataire du troisième étage.

En sortant, elle se trouva nez à nez avec le chat du premier étage. Elle appliqua un masque chirurgical sur son visage. Une pandémie compliquait la vie de la Terre entière. 

Elle avait du mal à respirer en portant le masque et depuis qu’une épaisse fumée obscurcissait la ville, elle ne respirait plus du tout. 
La forêt qui cerne la ville brûlait depuis des jours. Avec détermination le feu s’approchait des quartiers périphériques. L’aéroport était fermé. Il était impossible de piloter des aéronefs dans cette fournaise. La route et la voie ferrée permettaient de quitter cette apocalypse par une large vallée désertique. 
Elle s’engouffra dans un taxi. Elle portait un tailleur rouge dessiné par son amie Gabrielle et des chaussures noires à talons. Un sac en cuir et daim tressé noir de chez Balmain, en bandoulière sur son épaule gauche, contenait une réserve de masques, du gel hydroalcoolique et quelques affaires.
Le chauffeur du taxi avait mis le volume de la radio à fond. Lynda Lemay chantait « Les souliers verts », une chanson de 1998.

Elle se hâtait pour ne pas manquer son rendez-vous, fixé à 15 heures devant l'ancien buffet de gare, devenu depuis longtemps une enseigne de vente à l'emporter made in USA ! la fumée devenait de plus en plus dense et l’air se raréfiait. Elle le repéra, ombre chinoise devant la vitrine, dans son éternel pardessus gris à poches larges. Les manches de sa chemise dépassaient et on distinguait des boutons de manchette en or. Il avait posé une valise à ses pieds et tenait un bouquet de Black Night, une hybride de thé, crée en 1975 par Huber.
Elle lui sauta au cou. Elle aimait, quand il la prenait à bras le corps, avoir ses seins compressés contre sa poitrine. Elle collait ses lèvres aux siennes, jetait ses jambes en arrière. C’était sa façon de sceller leur amour. Dans ce moment-là, elle n’avait besoin de rien.

Il lui glissa à l’oreille, - Un billet de chemin de fer est agrafé à l’intérieur de l’emballage des roses. Dans la valise il y a un sandwich, une bouteille d’eau et page 156 du livre des instructions. Le réseau est grillé. Plan C.
Il s’embrassèrent une dernière fois. Ils ne se reverraient pas avant plusieurs mois, peut-être jamais.
Ils disparurent, enveloppés dans les volutes des incendies de forêt.

Quand la police boucla le périmètre de la gare, elle ne trouva qu’un caleçon qui traînait sur le sol devant les toilettes De la poche de ce caleçon, vert à pois rouges, dépasse un tournevis.
Le train avait passé la frontière et la jaguar du colonel s’était éclipsée dans la nature.

30 novembre 2020

Un automne masqué - Nuit 4/16 - La larme

 homme qui pleure.jpg

Devoir de Lakevio du Goût N°59

Le Goût ICI dit :

Qu’arrive-t-il à cet homme ?
Que subit-il pour être aussi triste ?
Que vous raconte cette toile d’Arielle Lange.
J’espère que nous en saurons plus lundi.

Lundi 29 novembre. Le brouillard au-dessus de la Ville fédérale fait comme un couvercle. Depuis des jours, le soleil ne perce pas la couche de gris. Les bars sont fermés, le monde de la nuit est à l’arrêt, les musées, cinémas et théâtres sont déserts. A partir de ce soir, les restaurants fermeront à 21 heures. Le Zibelemärit, le fameux marché aux oignons qui devait se tenir ce lundi et attirer des foules de toute la Suisse s’est tenu en catimini, réparti sur plusieurs jours et disséminé dans la vieille ville. Pas de confetti, pas d’attroupement, pas de carrousels. Le 11 du 11 à 11h11, à Bärenplatz, trois personnes masquées et masquées, ont tenu à respecter la tradition de l’ouverture du carnaval. Un carnaval qui n’aura pas lieu. Pour paraphraser la dame à la voix synthétique, qui annonce le motif d’un retard dans un Inter City reliant Genève à Zurich, « un coronavirus en est la cause ! »

Dans cette grisaille ambiante, Line, chaudement vêtue, se hâte de rentrer chez elle. En passant devant les fenêtres de la cuisine du rez-de-chaussée, elle s’arrête et éclate de rire en voyant œuvrer le cuisinier. C’est Luigi.
Line ajuste son masque chirurgical et entre dans la cuisine. Elle reste sur le pas de porte.
- Salut Luigi. Pourquoi tu as une cuillère dans la bouche ?
Le cuisinier à le dos tourné. Il grommelle une réponse que Line ne comprend pas. Le bruit du couteau qui coupe finement des légumes sur une planche en bois a des airs jazzy. 
- J’ai vu dans un épisode du journal filmé de Marie Roland, un gars qui faisait ça en coupant des oignons. Il dit que les particules se concentrent dans le creux de la cuillère. Un moyen pour éviter de pleurer.
- Et ça fonctionne ce truc, demanda Line hilare ?
- Sur lui, oui dit Luigi en se retournant.
Une larme coule le long de sa joue !


P.-S. Ce texte se lit en noir et blanc, grisaille oblige, et en buvant un espresso.
L'épisode du journal filmé de Marie Roland c'est ICI

18 novembre 2019

Aqua alta

 

 

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 Peinture de Miki de Goodaboom

Devoir de Lakevio N° 16 (ICI)

Aqua alta

"J’aime la façon dont tu as agencé ton salon. Ce canapé moderne au milieu de ces quelques meubles anciens est bien choisi. Il y a juste la croûte qui surplombe le canapé qui détonne !"

Paul sourit. Il avait acquis le tableau, installé sur la paroi en bois du salon, au début des années 1980. Le peintre était inconnu à l’époque. La toile peinte en 1977, pour les 30 ans du Tour de Romandie, montrait le sprint d’une arrivée d’étape. On y voit Gianbattista Baronchelli (vainqueur du Tour 77) en tête suivi de Joop Zoetemelk (2e du tour 77), le peloton les talonne. Les grands noms du cyclisme figurent dans le palmarès de cette course à étapes qui se déroule en début de saison. 

Bartali, Kübler, Koblet, Bobet, Motta, Merckx, Gimondi, Thévenet, Van Impe, De Wlaminck, Hinault, Roche, Rominger, Indurain, Richard, Jalabert, quelques coureurs parmi tant d’autres qui sont montés sur le podium du Tour de Romandie. 

"Ce tableau a été peint par VVG" dit Paul
"Alors ce n'est pas une croûte. Tu l'as acheté combien ? Il est assuré ?"
"J'adore ta façon de concevoir l'art, mon neveu. Il y a cinq minutes c'était un tableau au-dessous de tout et maintenant tu es intéressé !"
"Un VVG ..."
"Pour moi c'est un souvenir de ma région, plus insolite qu'un Charles L'Eplattenier. Et puis, c'est plus intéressant d'acquérir une oeuvre d'un peintre qui débute. Cela lui permet de vivre, ou plutôt survivre. VVG est devenu très connu et hors de ma bourse. Quant à assurer ce tableau, autant acheter un tableau par an. C'est un puits sans fond les assurances d'œuvres
 d'art. L'argent ne remplacera pas le tableau perdu ..."


Une sirène retentit.
"Qu'est-ce que c'est ?" demanda le neveu
"C'est l'alerte de l'aqua alta. Trois sons crescendo, la marée sera importante !"
"Mais il n'y a pas de marée ici, c'est pas l'Océan" dit le neveu avec aplomb.
"Au lieu d'avoir le nez en permanence plongé sur l'écran diffuseur de jeux vidéo, regarde ce qui se trame autour de toi"
"Alors, la grosse inondation de l'autre jour, c'était une marée géante. C'était super drôle, j'ai fait plein de photos."
"Oui, c'est du plus haut comique" ironisa Paul "Venise se détruit, c'est très amusant !"
La sirène retentit à nouveau.
"Bon, mon garçon, il est temps que tu regagnes ton hôtel. Dans une heure ce sera difficile. Passe demain vers midi. Il est temps que je te fasse découvrir la Sérénissime."
"la Sérénissime ?"
"La Sérénissime république de Venise, en vénitien : Serenìsima Repùblica Veneta" Chuchota Paul à l'oreille de son neveu.

L'appartement avait retrouvé son calme, la course cycliste avait repris son cours. Paul, triste, regardait depuis la fenêtre du salon l'eau monter. Il se dirigea vers la bibliothèque, tira du rayon du bas un disque 33 tours 1/2 minutes et le plaça sur le tourne-disque. "Verte campagne" chanté par Les Compagnons de la chanson résonna dans la pièce. Fred Mella venait de mourir. C'était le dernier Compagnon ...

Verte campagne Les Compagnons de la chanson - youtube

 

12 décembre 2011

Chez Placide - Tence

Publié le 12/12/2011 à 06:00      Journal Le Progrès      

                        La renommée de l’Hostellerie Placide n’est plus qu’un souvenir        

                    

Tence. Avec la fermeture définitive de cette institution gastronomique, un pan de la richesse patrimoniale du Haut-Lignon vient de s’effondre

 

  •                                                           

Retour sur le passé

L’année 2011 restera empreinte de tristesse dans les annales des gourmands et gourmets de la région. Elle aura en effet vu s’achever l’histoire de l’Hostellerie Placide, à Tence. Véritable institution, l’établissement appartenait à la richesse patrimoniale du Haut-Lignon : en quatre générations, l’enseigne s’était mitonnée une fameuse réputation avec ses maîtres successifs qui perpétuaient l’âme de la maison, un souffle indissociable de son fameux « pain d’écrevisse ». Ce n’est plus aujourd’hui qu’un délicieux souvenir.

Il faut remonter à l’an 1900, date de la création de l’Hôtel Chol, près de la gare. Tandis que son mari assurait, en diligence, le va-et-vient des voyageurs du train à vapeur, Antoinette, la maîtresse du logis, se tenait aux fourneaux et accommodait les plats : c’est elle qui imagina la recette du fameux « pain d’écrevisses ». La réputation de l’auberge de la route d’Annonay avait dépassé largement les frontières, puisqu’à cette époque, des clients séjournaient plusieurs mois, venus des colonies comme l’Indochine ou l’Afrique du Nord.

L’établissement connaissait un nouvel essor avec le mariage, en 1920, d’une fille de la maison, Marinette, avec un Yssingelais, Armand Placide (lire par ailleurs). L’hôtellerie agrandie devint le Grand Hôtel Placide. Puis l’Hostellerie Placide subit encore des transformations avec le fils Placide, Jean, et son épouse Simone. Solidement enracinés sur les bords du Lignon, ils en avaient fait un havre de paix et de succulence culinaire. Ils avaient enrichi l’esprit d’une étape, d’un logis qui puisait ses inspirations dans la large palette de produits qu’offrait la région : avec des recettes riches en saveur et en authenticité qui pouvaient se décliner à l’infini et avec beaucoup d’émotion. Celle que l’on partage toujours avec plaisir autour d’une bonne table.

C’était, depuis toujours, une devise pour Pierre-Marie Placide qui avait grandi au milieu des casseroles et avait coiffé la toque des artisans du goût : depuis plus de vingt ans, il avait mis du relief à la bonne cuisine vellave. Mais les aléas de l’existence ne font pas toujours bon ménage avec la passion d’un métier.

Le journal Le Progrès

28 octobre 2012

Heure d'hiver

28 Les yeux des Suzanne, la Thunbergia alata

Il neige depuis hier soir. Ces chutes de flocons marquent le retour de l'heure d'hiver....


Film réalisé par jeanjacques666
Décor hivernal à Ostring

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Café à l'Adriano's bar vers 10H15


Film réalisé par jeanjacques666


Film réalisé par jeanjacques666
 

La ville fédérale n'avait plus connu de neige en octobre depuis 2003! 

Berne sous la neige...

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Adriano's bar 17H30
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Chaud les marrons, Bärenplatz

 

 

Retour à Ostring en tram 7

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22 mai 2017

Une journée d'été

 Nota Bene: le samedi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: www.lakevio.canalblog.com

Danielle Richard 4

 Il marchait d'un pas rapide. Les deux pneus de sa Trans Am étaient crevés, quand il avait voulu reprendre la route après une courte pause cigarette.Son téléphone était inutilisable, il n'y avait pas de réseau. Il avait aperçu à travers les arbres d'un parc une villa. Il courait presque. Il avait un rendez-vous important avec son éditeur. L'Été, le bel été s'était installé. La journée était radieuse. Il arriva en vue de la maison. Il respira. Volets et fenêtres étaient ouverts, il y avait donc quelqu'un. Il pourra appeler un garage et prévenir son éditeur qu'il serait en retard pour la conférence de presse. Une fillette, campée devant la porte d'entrée lui faisait des signes. Il buta sur la racine d'un chêne. Il réussi à éviter la chute. Quand il se rétabli totalement, il écarquilla les yeux. La maison était close, portes et volets fermés. Il s'approcha de la porte et frappa. La maison semblait vide. Il senti un souffle chaud dans le coup. Il se retourna. La fillette qui lui avait fait des signes se tenait à quelques mètres de lui. Des oiseaux se chamaillaient sur un arbre. Un seconde d'inattention et la fillette avait disparu. Soudain il l'a vit à l'orée de la forêt. Il se mit à courir et la suivi dans un dédale d'arbres et de fougères. Ils arrivèrent dans une clairière, un étang occupait une partie de l'espace. Le silence était absolu. Un coup de tonnerre retentit. Il leva la tête. Le ciel était d'un bleu limpide. Soudain, il vit la fillette dans l'étang. Elle était en train de se noyer. Il se jeta à l'eau pour la secourir. La fillette le saisit au poignet. Il entendit un ricanement et il fut entraîné au fond de l'étang. La surface retrouva le calme et les oiseaux reprirent leur gazouillis...

Fréhel - Si tu n'étais pas là

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CINÉMA

- Mais... c'est l'intervention de cette grosse femme... C'est un ptit peu... enfin... ça va très loin.
- C'est là que je me rends compte que malheureusement, je vous ai beaucoup moins bien réussi que le porc.

Pierre et Thérèse.
Le père Noël est une ordure 

 

GUERRE

La guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas.
Paul Valéry

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