Dans le petit jardin de l'appartement aux papillons, un perce-neige va fleurir, tandis que l'hellébore niger est en fin de floraison... Quelques floraisons, vues dans la ville fédérale, ce dimanche pluvieux, un hamamélis aux couleurs magnifiques, une viorne parfumée, un jasmin d'hiver et la floraison d'un noisetier... Sans oublier l'élégante dépouille d'un hortensia bonnet de grand-mère... Le noisetier fleurit pendant l'hiver. Pour pallier l'abscence d'insectes, c'est le vent qui transporte le pollen. L'hamamélis, la viorne et le jasmin d'hiver fleurissent en hiver dès le moindre redoux.
La balade dans la campagne de Wabern fut morne et grise, accompagnée d'une pluie persistante.
Armand Placide et sa femme Marinette aux côtés de leurs deux enfants : Jean et Jacques. Jean, l’aîné, reprendra la succession. C’est la troisième génération.
L’hôtel-restaurant Placide, qui avait fait la renommée du village tençois, vient de fermer définitivement ses portes. Samedi dernier, c’est une vente aux enchères publiques qui a sonné le glas de ce commerce de restauration dont la réputation dépassait largement les frontières du canton. Une assistance très nombreuse se rendait salle de la gare afin de racheter mobilier, vaisselle, objets de décoration et matériels professionnels qui avaient fait les beaux jours de l’établissement.
Les enchères ont semble-t-il été fructueuses au regard des prix atteints par certains éléments de la vente. Quant aux trois bâtiments, ils avaient déjà été vendus depuis quelques temps à une même famille et seront réaménagés en habitation.
Sans conteste, Tence vient de perdre là une partie de son histoire gastronomique. Une histoire qui avait débuté voilà maintenant plus d’un siècle. En effet, l’hôtel-restaurant qui vient de fermer ses portes avait été construit en 1900 par les arrière-grands-parents de Pierre-Marie Placide, lui qui tenait encore l’établissement dernièrement.
C’est au tout début du XXe siècle que la première génération de cuisiniers s’installe route d’Annonay. M. Chol et sa femme Antoinette ouvrent L’hôtel de la gare Chol qui accueillait et restaurait les passagers du train à vapeur. C’est Antoinette qui cuisinait à l’époque.
Ils ont eu deux enfants, dont Marinette qui épousa Armand Placide en 1922 pour reprendre la succession de ses parents. L’hôtel fut agrandi et devint Le grand hôtel Placide.
Formé avec les plus grands cuisiniers de son temps, Armand Placide a reçu une étoile au guide Michelin en 1936.
A retrouver dans notre édition papier datée dimanche 6 novembre 2011
Article publié le 05/11/2011 à 09:21 Auteur : Rédaction L'Eveil Crédits photos : L'Eveil
Nota Bene: le samedi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: www.lakevio.canalblog.com
ZIBELEMÄRIT
Une salve de cris de canards envahi la pièce. Le téléphone portable clignotait et indiquait 04H10. La bise qui s’était levée la veille, s’engouffrait dans la chambre par l’œil de bœuf entrouvert. Il faisait froid, nuit, et l’envie de se lever n’était pas au rendez-vous. Il se retourna dans le lit bien chaud et renonça à quitter la couette. C’était son jour de congé. Sur la table de chevet un agenda était ouvert à la page du 28 novembre. Une note, laconique, écrite à l'encre bleue royale, indiquait: Zibelemärit.
Les minutes passaient. Le silence régnait, troublé par intermittence par les rafales de bise.
Soudain, il se leva. Un appel irrésistible l’avait saisi, il fallait y aller. Il s'habilla chaudement et sorti. Il enfourcha sa bicyclette et, à grands coups dans le pédalier, se dirigea vers la gare. La bise le tirait peu à peu du sommeil. La pendule de la gare marquait cinq heures dix, quand il gara son vélo. Il y avait déjà foule dans le centre-ville. Le quatrième lundi de novembre, se tient, dans la Ville fédérale, le "Zibelemärit" (marché aux oignons). Les Bernois aiment y aller avant de partir pour leur travail. À partir de quatre heures, on boit du vin chaud, mange des tartes ou des soupes à l'oignon, les enfants font des batailles de confettis. Les stands, éclairés au siècle passé par de petits lumignons ou des bougies, proposent des tonnes d'oignons. De nos jours, l'éclairage électrique permet aux visiteurs matinaux de photographier l'oignon sous toutes ses coutures.
Il se dirigea vers la Place fédérale. Il n'était pas venu depuis plusieurs années. Il marchait comme un automate. Il semblait ne rien voir de la fête. Il s'engagea dans une petite rue qui permettait de gagner le centre. Il s'arrêta. Devant lui, une rue qu'il ne connaissait pas. Il s'avança. Les maisons étaient délabrées. Sur une plainte en bois il pouvait lire ÉPICERIE. Des planches de bois en cachait l'accès. La rue baignait dans la grisaille. Le silence était total. Il se dirigea vers l'épicerie, tourna à gauche et se perdit dans un labyrinthe de ruelles. Tout semblait abandonné. Son cœur battait la chamade. L’architecture ne ressemblait pas à celle de la Ville fédérale. Il n'y avait pas de quartier abandonné dans la capitale. Une ombre disparut au détour d'une rue. Il hâta le pas dans l'espoir de rencontrer quelqu’un. Dans ce décor figé, il n’y avait pas âme qui vive. Il se sentait oppressé. Il voulut fuir, mais il ne reconnaissait rien, c'était un dédale de ruelles baignant dans une lumière grise. Il remarqua une flèche tracée à la craie rouge, il suivit la direction indiquée. Il lui sembla avoir senti un souffle. Il devait être près de la sortie. Un cri retenti. Il se retourna. Une lueur vacillait à l'étage d'un immeuble. Il hésita, entra dans la maison. Tout était abandonné, à moitié en ruine, désert, mais il ne voyait pas une trace de poussière. Seule une commode meublait la pièce. Une lueur jaunâtre éclairait une tache blanche. Il s'approcha. C’était une enveloppe. Il sursauta. Un léger souffle avait soulevé l'enveloppe. Instinctivement, il saisit la missive et la fourra dans la poche de sa veste. La lueur s'estompa. Il sortit rapidement de la maison. Une panique le saisi. Il fallait qu'il sorte. Il se mit à courir. Tout se ressemblait, impossible de savoir quel chemin suivre. Il était en sueur. Un éclair violent, l'espace d'une seconde éclaira un coin de rue qui lui était familier. Il se retrouva dans la rue qu'il avait quittée tout à l'heure. Il s'appuya contre le mur. Un gamin le bouscula. Il sentit que le chenapan se saisissait de l'enveloppe. Il tenta de le rattraper, mais ce fut plus qu'une ombre qui agitait l'enveloppe. Puis tout disparu. Il se massa la nuque. Il consulta son téléphone pour savoir l'heure. En fond d'écran, il y avait un tableau représentant une rue abandonnée. Sur la devanture de ce qui avait du être une épicerie, quelques mots étaient tracés à la craie rouge : MERCI DE NOUS AVOIR AIDÉS.
Hier, je n'ai pas fait "mon devoir" comme dit M. Le Goût. J'ai écouté du jazz. Un album de 1987 "No Pain for Cakes" du groupe The Lounge Lizards. C'était magnifique. Le tableau du lundi trône dans le salon. J'aime cette beauté aux lèvres... Le haut de sa robe évoque les coquelicots. Les lèvres... Hier, je n'ai pas fait "mon devoir" comme dit HB. J'ai écrit une longue lettre à mon vieil ami A (ICI). Je lui ai raconté, centimètre par centimètre les lèvres de la jeune femme du tableau, en écoutant du jazz. Des lèvres... J'ai accroché le tableau au mur du bureau. J'ai branché le clavier de l'ordinateur au tableau et je converse avec le belle inconnue. Je lui ai fait découvrir le jazz. Je rêvasse, les heures bleues passent. Le brouillard est descendu sur la Ville fédérale. Minuit a sonné à la pendule du salon. Je n'ai toujours pas fait mon devoir. La police de la toile virtuelle patrouille. Elle a remarqué que mon écran est blanc.Elle va intervenir. Je coupe la virtualité. Les lèvres de la belle inconnue murmure: "Bonne nuit"...
Nota Bene: le samedi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: www.lakevio.canalblog.com
Les murs de la cuisine avaient été repeint à la va-vite, gris foncé pour le bas et gris clair pour la partie supérieur, blanc pour le plafond. Serge, vêtu d'un jean, d'un t-shirt, d'un pardessus et de chaussures de sport, appuyé contre le mur faisant face à la gazinière, fumait un petit cigare. Il avait les cheveux en bataille et portait une barbe hipster. La braise, quand il tirait une bouffée faisait un halo rouge, comme un phare sur une côte avec une mer en furie à son socle. Immobile, habillé de ton gris, il passait inaperçu, tel un caméléon. Sur la table, une pile de factures impayées, un vieux réveil et un cendrier remplit de cendre et de mégots. Quand le café fut coulé, il se versa une tasse qu'il avala d'une traite. Le petit cigare avait rejoint les mégots. Le display de la gazinière diffusait la symphonie en do dièse mineur d'Ernest Bloch. Un compositeur suisse, naturalisé américain, mort en 1959.Il mit les factures et quelques documents en vrac dans une serviette en cuir qui trainait sur une chaise. Il remplit l'assiette du chat avec les restes d'une boîte ouverte la veille. Il éteignit la lumière et quitta la cuisine.
Une Tesla XL rouge franchit la frontière à Vallorbe et entra en France à 04h30, ce dimanche de fin mars. l''heure d'été n'était pas bien vieille! La puissante voiture électrique circulait à vive allure, dans un silence presque absolu. Le conducteur regarda dans le rétroviseur. Le miroir noir indiquait que la route était déserte. Il quitta la N57 pour la D45, s'engagea sur un petit chemin, roula phares éteints sur une courte distance et gagna la cour d'une ferme abandonnée. Il brancha, à une prise électrique extérieure, le câble pour la recharge de la voiture. En moins de dix minutes, il avait échangé le jeu de plaques du canton de Berne contre une immatriculation française de la Charente-Maritime. Les plaques suisses, enfermées dans un sac de jute lesté de pierres disparut dans le puits à purin. Les papiers de la voiture, les papiers d'identité du conducteur ainsi que quelques documents brûlèrent, sur un grill portatif, qui trainait par là. Il ouvrit une enveloppe, dissimulée dans un établi abandonné dans une resserre, et y trouva sa nouvelle identité, cartes de crédit et papier de la voiture. Il sortit du coffre du véhicule une glacière et une bouteille de Chasse-Spleen. Il but un verre de vin, ouvrit six huîtres puis, appuyé contre le mur du bâtiment principal, un mur peint à la va-vite de gris foncé en bas et gris clair en haut, il fuma un petit cigare. Il était rayonnant. Il se prénommait toujours Serge, mais avait changé de nom et de nationalité. Dans quelques heures, son patron serait alerté que le chauffeur n'était pas au rendez-vous à l'aéroport de Zurich pour prendre en charge un client important. La braise du cigare faisait un halo rouge dans la nuit. Il vérifia que rien ne trainait, et la Tesla disparu, silencieuse, dans le jour naissant. Elle filait vers l'océan...
Ernest Bloch - Symphony en do dièse mineur(1903)
I. Lento - Allegro Agitato Ma Molto Energico - 00:00 II. Andante Molto Moderato - 22:05 III. Vivace - 33:17 IV. Allegro Energico E Molto Marcato - 43:36
Mais que diable vient-elle d’apprendre ? Cette toile qu’on pourrait croire de Hopper si cette impression de joie ne venait assurer qu’il ne pouvait avoir peinte vous inspire-t-elle ? Si oui, il faudrait que vous y glissiez les mots :
Elle ferma la porte de l’appartement de deux tours de clé, laissant le petit vestibule dans la pénombre. Sur le guéridon ovale, Louis XV, signé Jean-Baptiste Galet, Paris vers 1770, éparpillés sur le marbre, autour d’une théière « Vieux Luxembourg », un panier en osier contenant des figues de barbarie et trois poires Williams du jardin, une assiette blanche remplie de tomates bio, un compotier d’où exhalait le parfum de williams rouges en attente d’être croquées et, posées à même le marbre, des pommes Red Love à chair rouge. Une pomme spectaculaire pour l’œil, la chair un peu farineuse atténuant l’enthousiasme. Deux cheveux blonds, échappés de la crinière de la marchande de fruits avaient glissé au pied du guéridon. La sonnerie du téléphone résonna dans la cage d’escalier. C’était la puissante sonnerie du locataire du troisième étage.
En sortant, elle se trouva nez à nez avec le chat du premier étage. Elle appliqua un masque chirurgical sur son visage. Une pandémie compliquait la vie de la Terre entière.
Elle avait du mal à respirer en portant le masque et depuis qu’une épaisse fumée obscurcissait la ville, elle ne respirait plus du tout. La forêt qui cerne la ville brûlait depuis des jours. Avec détermination le feu s’approchait des quartiers périphériques. L’aéroport était fermé. Il était impossible de piloter des aéronefs dans cette fournaise. La route et la voie ferrée permettaient de quitter cette apocalypse par une large vallée désertique. Elle s’engouffra dans un taxi. Elle portait un tailleur rouge dessiné par son amie Gabrielle et des chaussures noires à talons. Un sac en cuir et daim tressé noir de chez Balmain, en bandoulière sur son épaule gauche, contenait une réserve de masques, du gel hydroalcoolique et quelques affaires. Le chauffeur du taxi avait mis le volume de la radio à fond. Lynda Lemay chantait « Les souliers verts », une chanson de 1998.
Elle se hâtait pour ne pas manquer son rendez-vous, fixé à 15 heures devant l'ancien buffet de gare, devenu depuis longtemps une enseigne de vente à l'emporter made in USA ! la fumée devenait de plus en plus dense et l’air se raréfiait. Elle le repéra, ombre chinoise devant la vitrine, dans son éternel pardessus gris à poches larges. Les manches de sa chemise dépassaient et on distinguait des boutons de manchette en or. Il avait posé une valise à ses pieds et tenait un bouquet de Black Night, une hybride de thé, crée en 1975 par Huber. Elle lui sauta au cou. Elle aimait, quand il la prenait à bras le corps, avoir ses seins compressés contre sa poitrine. Elle collait ses lèvres aux siennes, jetait ses jambes en arrière. C’était sa façon de sceller leur amour. Dans ce moment-là, elle n’avait besoin de rien.
Il lui glissa à l’oreille, - Un billet de chemin de fer est agrafé à l’intérieur de l’emballage des roses. Dans la valise il y a un sandwich, une bouteille d’eau et page 156 du livre des instructions. Le réseau est grillé. Plan C. Il s’embrassèrent une dernière fois. Ils ne se reverraient pas avant plusieurs mois, peut-être jamais. Ils disparurent, enveloppés dans les volutes des incendies de forêt.
Quand la police boucla le périmètre de la gare, elle ne trouva qu’un caleçon qui traînait sur le sol devant les toilettes De la poche de ce caleçon, vert à pois rouges, dépasse un tournevis. Le train avait passé la frontière et la jaguar du colonel s’était éclipsée dans la nature.
Qu’arrive-t-il à cet homme ? Que subit-il pour être aussi triste ? Que vous raconte cette toile d’Arielle Lange. J’espère que nous en saurons plus lundi.
Lundi 29 novembre. Le brouillard au-dessus de la Ville fédérale fait comme un couvercle. Depuis des jours, le soleil ne perce pas la couche de gris. Les bars sont fermés, le monde de la nuit est à l’arrêt, les musées, cinémas et théâtres sont déserts. A partir de ce soir, les restaurants fermeront à 21 heures. Le Zibelemärit, le fameux marché aux oignons qui devait se tenir ce lundi et attirer des foules de toute la Suisse s’est tenu en catimini, réparti sur plusieurs jours et disséminé dans la vieille ville. Pas de confetti, pas d’attroupement, pas de carrousels. Le 11 du 11 à 11h11, à Bärenplatz, trois personnes masquées et masquées, ont tenu à respecter la tradition de l’ouverture du carnaval. Un carnaval qui n’aura pas lieu. Pour paraphraser la dame à la voix synthétique, qui annonce le motif d’un retard dans un Inter City reliant Genève à Zurich, « un coronavirus en est la cause ! »
Dans cette grisaille ambiante, Line, chaudement vêtue, se hâte de rentrer chez elle. En passant devant les fenêtres de la cuisine du rez-de-chaussée, elle s’arrête et éclate de rire en voyant œuvrer le cuisinier. C’est Luigi. Line ajuste son masque chirurgical et entre dans la cuisine. Elle reste sur le pas de porte. - Salut Luigi. Pourquoi tu as une cuillère dans la bouche ? Le cuisinier à le dos tourné. Il grommelle une réponse que Line ne comprend pas. Le bruit du couteau qui coupe finement des légumes sur une planche en bois a des airs jazzy. - J’ai vu dans un épisode du journal filmé de Marie Roland, un gars qui faisait ça en coupant des oignons. Il dit que les particules se concentrent dans le creux de la cuillère. Un moyen pour éviter de pleurer. - Et ça fonctionne ce truc, demanda Line hilare ? - Sur lui, oui dit Luigi en se retournant. Une larme coule le long de sa joue !
P.-S. Ce texte se lit en noir et blanc, grisaille oblige, et en buvant un espresso. L'épisode du journal filmé de Marie Roland c'est ICI
"J’aime la façon dont tu as agencé ton salon. Ce canapé moderne au milieu de ces quelques meubles anciens est bien choisi. Il y a juste la croûte qui surplombe le canapé qui détonne !"
Paul sourit. Il avait acquis le tableau, installé sur la paroi en bois du salon, au début des années 1980. Le peintre était inconnu à l’époque. La toile peinte en 1977, pour les 30 ans du Tour de Romandie, montrait le sprint d’une arrivée d’étape. On y voit Gianbattista Baronchelli (vainqueur du Tour 77) en tête suivi de Joop Zoetemelk (2e du tour 77), le peloton les talonne. Les grands noms du cyclisme figurent dans le palmarès de cette course à étapes qui se déroule en début de saison.
Bartali, Kübler, Koblet, Bobet, Motta, Merckx, Gimondi, Thévenet, Van Impe, De Wlaminck, Hinault, Roche, Rominger, Indurain, Richard, Jalabert, quelques coureurs parmi tant d’autres qui sont montés sur le podium du Tour de Romandie.
"Ce tableau a été peint par VVG" dit Paul "Alors ce n'est pas une croûte. Tu l'as acheté combien ? Il est assuré ?" "J'adore ta façon de concevoir l'art, mon neveu. Il y a cinq minutes c'était un tableau au-dessous de tout et maintenant tu es intéressé !" "Un VVG ..." "Pour moi c'est un souvenir de ma région, plus insolite qu'un Charles L'Eplattenier. Et puis, c'est plus intéressant d'acquérir une oeuvre d'un peintre qui débute. Cela lui permet de vivre, ou plutôt survivre. VVG est devenu très connu et hors de ma bourse. Quant à assurer ce tableau, autant acheter un tableau par an. C'est un puits sans fond les assurances d'œuvres d'art. L'argent ne remplacera pas le tableau perdu ..."
Une sirène retentit. "Qu'est-ce que c'est ?" demanda le neveu "C'est l'alerte de l'aqua alta. Trois sons crescendo, la marée sera importante !" "Mais il n'y a pas de marée ici, c'est pas l'Océan" dit le neveu avec aplomb. "Au lieu d'avoir le nez en permanence plongé sur l'écran diffuseur de jeux vidéo, regarde ce qui se trame autour de toi" "Alors, la grosse inondation de l'autre jour, c'était une marée géante. C'était super drôle, j'ai fait plein de photos." "Oui, c'est du plus haut comique" ironisa Paul "Venise se détruit, c'est très amusant !" La sirène retentit à nouveau. "Bon, mon garçon, il est temps que tu regagnes ton hôtel. Dans une heure ce sera difficile. Passe demain vers midi. Il est temps que je te fasse découvrir la Sérénissime." "la Sérénissime ?" "La Sérénissime république de Venise, en vénitien : Serenìsima Repùblica Veneta" Chuchota Paul à l'oreille de son neveu. L'appartement avait retrouvé son calme, la course cycliste avait repris son cours. Paul, triste, regardait depuis la fenêtre du salon l'eau monter. Il se dirigea vers la bibliothèque, tira du rayon du bas un disque 33 tours 1/2 minutes et le plaça sur le tourne-disque. "Verte campagne" chanté par Les Compagnons de la chanson résonna dans la pièce. Fred Mella venait de mourir. C'était le dernier Compagnon ...
Verte campagne Les Compagnons de la chanson - youtube
La renommée de l’Hostellerie Placide n’est plus qu’un souvenir
Tence. Avec la fermeture définitive de cette institution gastronomique, un pan de la richesse patrimoniale du Haut-Lignon vient de s’effondre
Retour sur le passé
L’année 2011 restera empreinte de tristesse dans les annales des gourmands et gourmets de la région. Elle aura en effet vu s’achever l’histoire de l’Hostellerie Placide, à Tence. Véritable institution, l’établissement appartenait à la richesse patrimoniale du Haut-Lignon : en quatre générations, l’enseigne s’était mitonnée une fameuse réputation avec ses maîtres successifs qui perpétuaient l’âme de la maison, un souffle indissociable de son fameux « pain d’écrevisse ». Ce n’est plus aujourd’hui qu’un délicieux souvenir.
Il faut remonter à l’an 1900, date de la création de l’Hôtel Chol, près de la gare. Tandis que son mari assurait, en diligence, le va-et-vient des voyageurs du train à vapeur, Antoinette, la maîtresse du logis, se tenait aux fourneaux et accommodait les plats : c’est elle qui imagina la recette du fameux « pain d’écrevisses ». La réputation de l’auberge de la route d’Annonay avait dépassé largement les frontières, puisqu’à cette époque, des clients séjournaient plusieurs mois, venus des colonies comme l’Indochine ou l’Afrique du Nord.
L’établissement connaissait un nouvel essor avec le mariage, en 1920, d’une fille de la maison, Marinette, avec un Yssingelais, Armand Placide (lire par ailleurs). L’hôtellerie agrandie devint le Grand Hôtel Placide. Puis l’Hostellerie Placide subit encore des transformations avec le fils Placide, Jean, et son épouse Simone. Solidement enracinés sur les bords du Lignon, ils en avaient fait un havre de paix et de succulence culinaire. Ils avaient enrichi l’esprit d’une étape, d’un logis qui puisait ses inspirations dans la large palette de produits qu’offrait la région : avec des recettes riches en saveur et en authenticité qui pouvaient se décliner à l’infini et avec beaucoup d’émotion. Celle que l’on partage toujours avec plaisir autour d’une bonne table.
C’était, depuis toujours, une devise pour Pierre-Marie Placide qui avait grandi au milieu des casseroles et avait coiffé la toque des artisans du goût : depuis plus de vingt ans, il avait mis du relief à la bonne cuisine vellave. Mais les aléas de l’existence ne font pas toujours bon ménage avec la passion d’un métier.
Nota Bene: le samedi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: www.lakevio.canalblog.com
Il marchait d'un pas rapide. Les deux pneus de sa Trans Am étaient crevés, quand il avait voulu reprendre la route après une courte pause cigarette.Son téléphone était inutilisable, il n'y avait pas de réseau. Il avait aperçu à travers les arbres d'un parc une villa. Il courait presque. Il avait un rendez-vous important avec son éditeur. L'Été, le bel été s'était installé. La journée était radieuse. Il arriva en vue de la maison. Il respira. Volets et fenêtres étaient ouverts, il y avait donc quelqu'un. Il pourra appeler un garage et prévenir son éditeur qu'il serait en retard pour la conférence de presse. Une fillette, campée devant la porte d'entrée lui faisait des signes. Il buta sur la racine d'un chêne. Il réussi à éviter la chute. Quand il se rétabli totalement, il écarquilla les yeux. La maison était close, portes et volets fermés. Il s'approcha de la porte et frappa. La maison semblait vide. Il senti un souffle chaud dans le coup. Il se retourna. La fillette qui lui avait fait des signes se tenait à quelques mètres de lui. Des oiseaux se chamaillaient sur un arbre. Un seconde d'inattention et la fillette avait disparu. Soudain il l'a vit à l'orée de la forêt. Il se mit à courir et la suivi dans un dédale d'arbres et de fougères. Ils arrivèrent dans une clairière, un étang occupait une partie de l'espace. Le silence était absolu. Un coup de tonnerre retentit. Il leva la tête. Le ciel était d'un bleu limpide. Soudain, il vit la fillette dans l'étang. Elle était en train de se noyer. Il se jeta à l'eau pour la secourir. La fillette le saisit au poignet. Il entendit un ricanement et il fut entraîné au fond de l'étang. La surface retrouva le calme et les oiseaux reprirent leur gazouillis...
Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style.Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)
aujourd'hui, on mange des crêpes !
Alfred de Richemont
Bon Appétit !
Mais attention, avant de manger, il faut travailler !...
Sur cette heure délicieuse d'Alfred de Richemont, je vous propose un texte à trous. Il s'agit d'en trouver essentiellement les verbes ( au nombre de 15 ) qui animeront votre histoire. Faites un récit comme il vous sied, humoristique, sombre, scientifique, philosophique, ésotérique, voire érotique !... Bien sûr, vous pouvez étoffer et compléter les phrases mais ne rajoutez pas de verbes.
(X, personne 1) et ( Y, personne 2) ...
Ils ne ...
Pourtant X ... mais Y ....
Tandis qu'il ... , elle ... mais elle ne ...
Parfois, elle ... , alors il ...
Cependant, il... ; elle ...
Souvent, ils...
Surtout lorsqu'elle... et qu'il...
Mais, en fait, ils...
LES CRÊPES (Comptine)
Ariane et Jules se retrouvaient dans la cuisine, chaque année, à la Chandeleur. Ils ne se voyaient guère pendant les douze mois de l'an. Pourtant Ariane irradiait de beauté mais Jules courait le guilledou.
Tandis qu'il cuisinait, elle le regardait tendrement mais elle ne mettait jamais la main à la pâte. Parfois, elle trempait son doigt dans l'appareil à crêpes, alors il élevait la voix, une voix de baryton. Cependant, il ne frappait jamais ; elle romprait sur le champ.
Souvent, ils s'embrassaient. Surtout lorsqu'elle baillait sur sa chaise, une assiette à la main, impatiente et qu'il agitait la poêle.
Mais, en fait, ils n'aimaient pas les crêpes !
(Tournez le disque)
Face B La recette des crêpes
Pierre Repp "La recette des crêpes" | Archive INA
Champs Elysées : émission du 06 novembre 1982 Pierre REPP joue la "Recette des crêpes"
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Cent pour sans...
Centième devoir, chers amis !
Saurez-vous raconter une petite historiette sur ce tableau coquin,
en cent mots exactement, pas un de plus, pas un de moins ?...
Conte et Comptage lundi !
Dimanche soir, l’estaminet était bondé. Un orchestre de jazz chauffait la salle. Isis, la serveuse avait fort à faire pour assouvir la soif des mâles, des malabars, qui se pressaient dans la salle. Trois vieux grognards occupaient un banc au fond. Pour rien au monde ils auraient choisi une autre place. Le bar fermait à minuit. Le dimanche, dix minutes avant la fermeture, Isis mettait à l’encan sa petite culotte. Ce soir, c’est la centième. Quand elle se penchera pour retirer le morceau de tissus, et le lancer au vainqueur, les grognards jouiront d’une vue imprenable sur le fessier d’isis.
Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style.Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)
Les dix ...
Sans-têtes
Karin Jurick
Sur ce que vous inspire la toile de Karin Jurick, vous voudrez bien placer les dix mots suivants dans votre texte en les soulignant ou surlignant. pour mieux les repérer.
complémentaire
epoustouflant
respirait
baignade
tortionnaire
chanteur
juger
aberrant
pénitencier
profitera
A vos claviers. Retour lundi. Mais n'en perdez pas la tête !
La salle, vaste, avec une hauteur sous plafond de plus de quatre mètres, n‘avait pas de nom, contrairement à toutes les salles et bureaux de l‘établissement. Elle ne portait pas de numéro et aucun horaire des consultations n‘était visible. La seule fantaisie, dans ce lieu austère, était un petit autocollant fixé sur la chambranle de la porte. On pouvait lire "BAIGNADE interdite“.
Les murs de la salle, noirs, étaient percés de deux fenêtres. Le sol et le plafond, jaune sable, faisaient comme un coin de désert. L‘endroit RESPIRAIT le propre avec une vague odeur de désinfectant. Des bancs, alignés dans la largeur, étaient, pour l‘instant, inoccupés. Au-dessus se balançaient des câbles.
Au fond de la salle un imposant écran plasma diffusait le tirage du numéro COMPLÉMENTAIRE de la loterie nationale. Un fondu enchaîné fit apparaître un CHANTEUR qui se lança dans une reprise "des portes du PÉNITENCIER“, une chanson qui avait, jadis, fait chauffer les saphirs. C‘était au siècle passé, à l‘époque du yéyé. La voix peu assurée de ce chanteur d‘opérette rendait le numéro, à en JUGER, par la passivité du public de ce télé-crochet, peu ÉPOUSTOUFLANT. Un TORTIONNAIRE n’aurait pas mieux réussi pour arracher un aveu ABERRANT de la bouche d’un réfractaire au régime autoritaire mis en place par une junte militaire.
Sur un des bancs, quelqu’un avait gravé, au moyen d’un couteau de poche, “à qui PROFITERA le crime?”
Les premiers patients arrivèrent. C’était un couple de retraités. Ils portaient des tenues estivales, dans les tons ciel. Elle et lui tenaient précieusement un sac de jute. Ils contenaient leur fil de vie, encodé sur des disque durs. Aussitôt assis, des infirmiers se précipitèrent pour s’occuper d’eux. Cette salle, sans nom, austère et indiquée nulle part dans l’établissement, accueillait les sans-têtes. Ils venaient ici, trois fois par semaine pour une dialyse de l’âme. Les infirmiers branchaient les câbles qui se balançaient au-dessus des bancs sur le reste de leur tête. Ils glissaient ensuite les disques durs, qui se trouvaient dans les sacs de jute, dans des lecteurs de puissants ordinateurs et les patients revivaient leur souvenirs. Officiellement, cette étrange maladie, qui efface peu à peu la tête n’existe pas. La médecine, impuissante, est dans le déni. Peu à peu, la tête s’efface. Il n’y a pas de guérison et l’effacement est plus ou moins rapide. La dialyse de l’âme est la seule parade.
Bientôt, la salle est pleine et l’on peut observer le ballet-pantomime des infirmiers. Ils connectent les sans-têtes à leur bride de souvenirs.
Par l’une des fenêtres de la salle, on voit le printemps qui démarrent. Dans un pré, un troupeau de vaches est couché sous les arbres. On les imagine ruminer. Elles n’ont pas de têtes.
Vous avez déjà une idée de ce qui surgit de cette toile d’Aldo Balding. Racontez l’histoire que vous avez à coup sûr imaginée et prévenez en le disant en commentaire du devoir que je vous présenterai lundi. Le Goût, c'est ICI
La Vltava roulait des eaux automnales. Sur les égoportraits envoyés aux quatre points cardinaux, au moyen de I-Truc et autres androïdes, le bleu de la plus longue rivière de la République tchèque, en arrière-plan des sourires de circonstance, plus généralement on tirait la langue, montrait des bleus fantaisistes obtenus par l’artifice de logiciels pernicieux qui permettaient surtout de s’offrir des chirurgies esthétiques à moindre frais, exemptes de complications sanitaires. La vie sur la toile virtuelle est une si jolie vie !
Le pont de pierre qui relie Staré Město pražské au quartier Malá Strana, était presque désert. Un soleil d’octobre, tiède et lumineux inondait de ses rayons l’ouvrage vieux de plusieurs centaines d’années. Une femme marchait en direction de la vieille ville. Un homme la dépassa, fit volte-face et lui lança « Patricia sur le Pont Charles, quelle bonne nouvelle ! » Elle s’arrêta. De dos, elle avait l’air d’une madone. Le soleil irradiait sa chevelure. Elle l’interrogea « Vous foutez quoi ici ? » Elle n’avait rien perdu de sa verve. « Vous vous souvenez de notre dernière rencontre ? », elle grimaça, après une brève hésitation elle tenta « En 2004, à la fête de mes 40 ans ». « Archi faux, en 2012, Cité des Doges, Harry’bar, à la table qu’occupait Ernest ». Elle éclata de rire, et ajouta « Vous lisiez Paris est une fête dans une édition revue et augmentée parue chez Gallimard en 2011, na ! » Il resta songeur. Elle compléta « Vous aviez acheté l’exemplaire à la librairie Descombes, à Genève, juste avant sa fermeture définitive »
Ils s’étaient connus à Genève à la fin des années septante. Ils avaient écumé bars, discothèques, salles de cinéma, de concert et de théâtre de la cité de Calvin. Ils avaient fait l’amour dans une loge du Grand Théâtre lors d’une générale. Ils étaient souvent, dans leurs virées nocturnes, accompagnés d’une bande de joyeux fêtards. Ils étaient amis, parfois amants. Enfant unique, ils se considéraient comme frère et sœur. Par jeu, pour épater la galerie, à l’époque de leur rencontre, ils avaient décidé de se vouvoyer. Ils n’avaient jamais dérogé à cette règle. Ils se voyaient quand le destin les mettait sur le même chemin, comme ce lundi d’octobre à Prague.
« Vous êtes libre ? » lui demanda-t-il « Jusqu’à demain à 11 heures » « Ma chambre d’hôtel est une double » précisa-t-il. « La mienne aussi, na ! » « On tirera à la courte paille » Ils parcouraient les derniers mètres du pont côte à côte, insensibles aux bruits extérieurs, en faisant des projets pour la journée. Elle le tira par le bras « Vous avez lu le dernier Sagan ? » « J’ai lu beaucoup de ses romans et de ses pièces de théâtre, mais pas ses dernières productions ». « Je parle de son roman paru en septembre ». « 2019 ? » demanda-t-il. « Oui » « Apprenez ma bonne dame, que Françoise est morte en 2004 ! » « Apprenez mon bon ami que les mystères de l’édition sont insondables. Un manuscrit éparpillé, rabiboché par un fils aimant, qui concocte des préfaces pour les rééditions des romans de sa mère et qui a la chance de préfacer un inédit... » « Oui, je vois... ». Il prit Patricia par le bras. Il lui demanda si elle avait lu le roman. « Il est en lecture, actuellement en attente dans ma chambre d’hôtel ». « Donc, pas besoin de tirer à la courte paille, affaire conclue » Ils éclatèrent de rire. Ils iront à la place Venceslas, se recueillir sur le mémorial Jan Palach puis s’égareront dans la vieille ville sur les traces de Franz. « Finalement vous ne m’avez pas dit ce que vous foutez ici ... » La réponse se perdit dans le brouhaha ambiant.
Octobre 2020 Il trouva devant sa porte un colis. Il n’y avait ni expéditeur ni message d’accompagnement, juste un tableau. Il fut ébahi. De dos on reconnaissait Patricia avec sa chevelure irradiée de soleil. Lui était de face. Les pavés du pont Charles occupaient une grande place du décor. Au fond, en légère ombre chinoise, la vieille ville de Prague. La toile était signée Aldo Balding et datée d’octobre 2019. Quelques jours plus tard, le tableau avait été encadré et trouvé sa place dans le salon du bénéficiaire de ce souvenir inattendu. Entre deux Baratelli*, le Balding attirait le regard.
Octobre 2021 Patricia en rentrant chez elle, trouva, glissée sous la porte de son appartement, une lettre au parfum de mystère. Elle contenait un billet pour un concert accompagné d'un programme. Un chef d’orchestre prestigieux, des artistes connus et un programme alléchant ne manquant pas de retenir l’attention. Elle découvrit rapidement l’expéditeur de ce présent. Parmi les œuvres jouées, l'une était passée au surligneur jaune : Bedrich Smetana (1824 – 1884) La Moldau. Rêveuse, elle pensa à cette rencontre sur le pont Charles et à la Moldau qui roulait des eaux automnales …
*Carlo Baratelli, peintre chaux-de-fonnier est mort en novembre 2017 à l’âge de 92 ans.
Nota Bene: le samedi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style. Lakevio, c'est à cette adresse: www.lakevio.canalblog.com
... Ma grand-mère nous racontait que notre grand-père et son père fauchaient à La faux, en six semaines, l'herbe, qui séchée et engrangée, servira de fourrage pendant l'hiver. Cela se passait dans les années 1915, mon grand-père avait 13 ou 14 ans. Dans ce village, au pied du Chasseral, personne n'avait les moyen d'avoir 15 ou 20 faucheurs. Les faucheurs, faux sur l'épaule, passaient de ferme en ferme pour se faire engager une ou plusieurs journées. la faux doit être bien aiguisée et il ne faut pas toucher le sol. Le faucheur porte à la ceinture un coffin rempli d'eau contenant la pierre à aiguiser. Il faut régulièrement aiguiser la lame. J'ai dans l'oreille le bruit exact de l'aiguisage. Mon père m'avait enseigné les rudiments du maniement de la faux. Je n'avait guère progressé.
Il y a 100 ans aujourd'hui que naissait Danielle Darrieux...
... La belle lumière du soir s'installe en fin d'après-midi. Très présente en été, elle se fait plus discrète en hiver. Ce sont ces instants où le temps semble arrêté, une quiétude baigne le décor. La fenêtre est ouverte, une odeur d'herbe coupée flotte dans l'air. Les oiseaux tiennent des discours incompréhensible et le tracteur du paysan voisin ronronne. Une souffleuse déverse l'herbe coupée et rassemblé en andins réguliers dans un char. Les vaches seront nourries de ce fourrage frais le lendemain à l'heure de la traite matinale.
De nos jours, tout est différent. Je pourrais paraphraser le poète Gustave Roud, qui à la fin des années 1950 parlait "des campagnes perdues". Perdues signifiant pour lui rattrapée par la modernité. Il pleurait ses chères faucheurs disparus, remplacés par des machines. Ce sont les logiciels qui pilotent l'organisation d'une ferme. La belle lumière du soir, électron libre, échappera toujours à l'appât du gain. Rêvons encore un peu...
Nota bene: le vendredi, Lakevio publie sur son blog la reproduction d'une toile, d'un artiste connu ou moins connu. Cette peinture sert de guide pour une création littéraire. Le lundi, Lakevio donne sa version. Dans les commentaires, ceux qui proposent un texte indiquent l'adresse à laquelle leur prose peut être lue. Il est intéressant de lire ces textes, souvent cousins dans la trame mais tous avec leur caractère et leur style.Lakevio, c'est à cette adresse: (ICI)
Treize vers à la douzaine (douze plus le titre) en ...OSE !
Versification libre mais certains sont doués pour les alexandrins, les quatains ou les sonnets,
donc, c'est comme vous voulez !
C'est sûr, nous serons tous applaudis,
dès lundi !
La toile de Anne-Marie Heme n'est là que pour illustrer le sujet du jour.
Vous n'êtres pas obligés de l'utiliser pour la rime proposée !
Treize vers à la douzaine (douze plus le titre)
en ...OSE !
Versification libre mais certains sont doués pour les alexandrins, les quatains ou les sonnets,
donc, c'est comme vous voulez !
C'est sûr, nous serons tous applaudis,
dès lundi !
Café-pause
Il faut que j'ose raconter en prose l'histoire de machin-chose buvant du café en virtuose. Chaque jour, il lui faut sa dose pour atteindre l'overdose, cette artificielle narcose. Chaque jour, il tente la surdose, pour éviter la névrose. La cafetière, sur la table, grandiose attend la métamorphose que lui assènera le glucose.
(Ode au café que j'ai filmé cet hiver)
La cafetière italienne
La cafetière italienne Essai Réalisation jeanjacques666 14 mars 2018
Le Conseil fédéral 2018 in corpore (de gauche à droite): le conseiller fédéral Guy Parmelin, la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga, le conseiller fédéral Ueli Maurer (vice-président), le président de la Confédération Alain Berset, la conseillère fédérale Doris Leuthard, le conseiller fédéral Johann N. Schneider-Ammann, le conseiller fédéral Ignazio Cassis, le chancelier de la Confédération Walter Thurnherr. Crédit photo : « Chancellerie fédérale suisse »
La version animée est moyenne! La photo de 2017, en noir et blanc reste ma préférée (ICI)
En 1993... Ca semble un peu rétro... Le Conseil fédéral 1993 in corpore (de gauche à droite): le chancelier de la Confédération François Couchepin, le conseiller fédéral Kaspar Villiger, le conseiller fédéral Arnold Koller, le conseiller fédéral Otto Stich, le président de la Confédération Adolf Ogi, le conseiller fédéral Jean-Pascal Delamuraz, le conseiller fédéral Flavio Cotti, la conseillère fédérale Ruth Dreifuss
Il pleut, encore une journée à se gaver de courts-métrages...
La Boulangère de Monceau est un moyen métrage français, écrit et réalisé par Éric Rohmer, sorti en France en 1963. C'est le premier volet du cycle des Six contes moraux.
Barbet Schroeder : l'étudiant
Bertrand Tavernier : la voix du narrateur
Claudine Soubrier : Jacqueline, la boulangère
Michèle Girardon : Sylvie, la jeune femme
Fred Junk : Schmidt, l'ami du narrateur
Michel Mardore : un client de la boulangerie
La Boulangère de Monceau | Éric Rohmer | 1963
Une histoire d'eau est un court-métrage français réalisé par Jean-Luc Godard et François Truffaut, sorti en 1958.
Une étudiante essaye de gagner Paris en traversant des zones inondées. Elle est prise en stop par un jeune homme qui entreprend de la séduire.
Réalisation
Jean-Luc Godard et François Truffaut
Acteurs principaux
Jean-Claude Brialy, Caroline Dim
Pays d’origine
France
Genre
court métrage
Durée
12 minutes
Sortie
1958
godard & Truffaut Une.histoire.d'eau.1961.
Pourvu qu'on ait l'ivresse... est un film français réalisé par Jean-Daniel Pollet, sorti en 1958.
Le film, qui ne comporte pas de dialogues, est composé de portrait de danseurs d'un bal populaire. Parmi ceux-ci, un jeune homme qui essaye trouver une jeune fille avec qui danser...
Richard Wetz est un compositeur post-romantique, professeur et chef d'orchestre allemand, né à Gleiwitz, aujourd'hui Gliwice en Pologne, le 26 février 1875 et mort à Erfurt le 16 janvier 1935.
Richard Wetz "Requiem op 50"
Requiem op 50 en si mineur by Richard Wetz 1. Requiem & Kyrie 2. Dies Irae 3. Domine Jesu 4. Sanctus & Benedictus 5. Agnus Dei Marietta Zumbült, soprano Mario Hoff, bariton Dombergchor Erfurt (Silvius von Kessel) Philharmonischer Chor Weimar (Andreas Korn) Thüringisches Kammerorchester Weimar George Alexander Albrecht, chef d'orchestre
Samedi soir, la cuisine de l'appartement des papillons tourne au ralenti. Le display de la gazinière indique 23H15. Un petit transistor diffuse le prélude de l'acte 1 de "Parsifal". Cette musique envoûtante plonge les auditeurs dans le spleen du samedi soir. On n'est pas couché... Samedi soir, des boissons à base de coca moussent dans de grands verres. Des élégantes fument des cigarettes vissées au bout de longs porte-cigarettes en conversant avec des magnats du pétrole déguisés en pingouin. La musique de Wagner, flotte comme un parfum No5 dans l'air irrespirable de "Beijing". Un bar à la mode où flotte une odeur de sardines grillées et de Gauloises bleues. Sur le paquet, c'est écrit: Fumer tue! Un panneau lumineux clignote soudain, indiquant: APPLAUDISSEZ. Le public se lève et applaudit avec ferveur un clône de Maria. La diva salue et entame un bis. Elle chante un extrait de Parsifal. Le public baille. Les corneilles croassent. Les chats du quartier ne sont toujours pas rentrés du ski. Samedi soir, un bus passe. La pizzeria d'en face est déserte. Le néon ne va pas tarder de s'éteindre. Le patron compte la recette du jour. Deux francs cinquante et un bouton. Les affaires vont mal. Il ferme boutique et met la clef sous le paillasson. Sur les réseau dit sociaux, c'est la foire d'empoigne à coup de mot dièse. #jesuispartout!!! Les émissions de la télévision se terminent et la mire est lancée..
Karol Maciej Szymanowski, né à Tymochivka (alors en Russie, aujourd'hui en Ukraine) le 6 octobre 1882 et mort à Lausanne (Suisse) le 29 mars 1937, est un compositeur, pianiste et musicographe polonais.
Szymanowski - Symphony No. 3 "Pieśń o nocy" (Song of the Night), Op. 27 (1914)
Conductor: Karol Stryja Polish State Philharmonic Orchestra, Katowice
Philippe Clay MES UNIVERSITÉS Paroles et musique: H. Djian, Balasko, D. Faure, 1971
Mes universités, C'était pas Jussieu, c'était pas Censier, c'était pas Nanterre Mes universités C'était le pavé, le pavé de Paris, le Paris de la guerre On parlait peu de marxisme Encore moins de maoïsme Le seul système, c'était le système D D comme débrouille-toi D comme démerde-toi Pour trouver de quoi Bouffer et te réchauffer
Mes universités C'était pas la peine d'être bachelier Pour pouvoir y entrer Mes universités T'avais pas de diplômes Mais t'étais un homme Quand tu en sortais Nous quand on contestait C'était contre les casqués Qui défilaient sur nos Champs-Elysées Quand on écoutait Londres Dans nos planques sur les ondes C'était pas les Beatles qui nous parlaient.
Mes universités, C'était pas Jussieu, c'était pas Censier, c'était pas Nanterre Mes universités C'était le pavé, le pavé de paris, le Paris de la guerre Pourtant on tenait le coup Bien des fois entre nous On rigolait comme avant ou après Mais quand ça tournait mal Fallait garder le moral Car y'avait pas de came pour oublier Mes universités C'était mes 20 ans pas toujours marrants, Mais c'était le bon temps
Mes universités Si j'en ai bavé je me ferais pas prier Pour y retourner Bien sûr le monde a changé Tout ça c'est du passé Mais ce passé faut pas vous étonner Il est telle ment présent Qu'on ne comprend plus maintenant Ce qui ne tourne plus rond dans vos universités.
- Mais... c'est l'intervention de cette grosse femme... C'est un ptit peu... enfin... ça va très loin.
- C'est là que je me rends compte que malheureusement, je vous ai beaucoup moins bien réussi que le porc.
Pierre et Thérèse.
Le père Noël est une ordure